BAPTÊME DU PRINCE LOUIS NAPOLEO.N
D'après une gravure du temps.
(.Musée CarnavnL'l.)
elles, étaient réservées des places pour les princes et princesses, les fï^rands-ofliciers et les dames de leur cour. Sur deux lij^mes parallèles et dans toute la longueur de la salle, étaient placées une partie des dames invitées: les hommes circulaient derrière leurs sié^'es : un vaste carré long, réservé aux quadrilles, restait libre.
A neuf heures, on a annoncé LL. AA. Il les princesses Louise et (laroline : elles sont entrées par une porte latérale, suivies de leurs dames L'assemblée s'est levée:
un moment après a été annoncée l'impératric*' Accueillie par les plus Yifs applaudissements, suivie fie ses dames, de ses chambellans et de plusieurs pages, accumpagnée de deux maréchaux de renijùre. elle a été se placer sur un des fauteuils qui lui étaient préparés.
Au nom de l'Kmpcreur, on a battu aux champs : l'orchestre a fait entendre une fanfare, et les acclamations les plus Tivesont éclaté de toutes parts. L'Kmpereur, suivi des princes ses frères, de l'archi-chancelier et de Tarchi-trésorier, de l'un des colonels-généraux de sa garde, et de l'aide de camp de scrvi<'e, a été conduit à sa place par MM. les maréchaux de l'empire.
Le concert a commencé par un beau chant de guerre, imité par M. Etienne, son auteur.
de celui des i Preux doMharlemagne ». Plusieurs morceaux des « Bardes » ont été ensuite exécutés, et
LE UALAYKIR.
Les j)etits métiers de Paris.
D'après une gravure de h)i.\. (Hibliothèque Je U ville de l'uris.)
chantés par Lais, Chéron et Roland. Ces morceaux ont fait une vive sensation, quoicjue |»ersonne n'ait cru convenable d'applaudir, mais l'émotion, profon<le, a été générale, lorsque Lais, Chéron et Roland ont chanté, sans accompagnement, l'air à jamais célèbre : Charmante GahrieUe. Le Vivat, vicat, exécute le jour <hi couronnement, et déjà devenu céb bre. a terminé le concert L'Empereur a témoigné alors à MM. les maréchaux combien l'ordonnance de la fêle donnée à I Impératrice lui parai^^ait parfaite en tout |)oint, et de suite deux «|uadrilles ont été formés.
Après une seconde contre- danse, formée d'un {dus grand nombre de (luadriiles. les valses ont commencé. Pendant ce temps, l'Empereur était descendu dans l'enceinte du bal, et adressait successivenuMit la parole à toutes les femmes cpiil trouvait sur son [»assage ("est en conversant ainsi avec chacune d'elles qu'il a fait deux fois le tour de la salle. Le bal s'est alors extrêmement animé. 11 est peu de femmes qui n'v aient pris part : toutes, à la richesse de leur parure, avaient su réunir l'élégance et la légèreté du costmne de bal. L'éclat di; leurs attraits, la variété «jui naissait <les uniformes étrangers et des costumes parés, l'empressement des dans(Hin5, les mouvements timmltueux des valses formaient un ensemble difficile à décrire. La circ:ulation était libre partout, la plupart
LA PENSIO.N EN mOMENAOE. LE .MARCHAND D EAU.
Euux-rurtes de DnpUf si-Bertaux. — (Billiolhèque d(S Beaux-Arts.)
PARIS sors LE PREMIER EMPIME
des personnes plarées cJans les lo^resélaicnl descendues et répandues dans la salle Le nombre des personnes invitées avait été calculé assez linhilenient pour ipi'il \ eut de ralïluence jjarlout et de la foule nulle part. N'ers nnnuiL LL M.M. se sont retirées. Le hal s'est prolontré jusciuâ six heures du matin. MM. les aides de ciinip des maréchaux de rem[)ire en ont fait les honneurs et surveillé tous les détails avec cette exquise polites.ve. cette urbanité et cette ^^alanterie, qui est partout le propre des militaires dislini^^ués j»ar leurs services. et l'apanai^^e incontesté dc^ militaires français Joiinidl des Ucbats (:2.j janvier 181)5).
La promenade du Bœuf gras
(io février)
LA promenade du b(i3uf ^^ras, cjui n'avait pniut eu lieu depuis 1790, s'est faite aujourd'hui, et continuera lundi et mardi. Le costume que portaient les bouchers de première classe, et choisis par les sjndics, adjoints et doven d'à^^e de la l)0ucherie de la commune «h» Paris, a été récrié ainsi qu'il suit : 1" lisseront coiH'éset poudrés en tresses, couverts d'un chapeau à la Henri IV, fond violet. panache blanc; quant à la forme, la marchande de modes arrangera cela; :2" cravates blanches, mises éj^alement, et très larges; collet de chemise débordant; 3" gilet, pantalon et veste en bazin rayé, le tout fait à la hussarde; les passe-poils et bordures seront de couleur semblable au fond du
MEDAILLE FRAPPEE A L OCCASION DU PROJET DKIIECIION HE LA COLONNE VENDOME.
LMiiséc des médailles de la Monnaie )
PALAIS nu CORPS LÉGISLATIF.
D'après une gravure du temps. — (Bibliothèque de la ville de Paris.) Le Palais du Corps législatif, ainsi appelé sous l'Empire, «e nommait Palais Bourbon avant la Hévolulion et Palais du cotiseil des Cinq-Cents sous le Dinctoire. Commencé en 1732 par Girard in, il ne fut nchevé qu'en 1775 par Jacques Gabriel. En 1804, sous la direction de Poyet, commença h s'élever en bordure du quai le péristyle grec de douze colonnes formant la fat,'ade principale. Au fronton du péristyle, Chandet sculpta l'empereur présentaDt à la députation du Corps législatif les drapeaux enlevés aux vaincus d'Ansierlitx. (Ed. BuAunitrAiRE.)
bonnet, seule couleur qui convient au rostume; 4' bottes également â la hussarde, c'est-à-dire en demi-bottes brodces cl irlands en or. éperons vissés; 5" ils i! iront charun une ceinture sendjhable, rpii ne doit sdus aucun prétexte différer de la couleur d u j.assepoil (dite uniforme); le irland d(^ la ceinture doit être en blanc; (>" le mMiiteau écarlate.brodéenor; 7";4ants à la Crisjdn, noirs et i»ii|ués de blanc, et iin«» cravarbe uniforme. cordon et ^daiids en or.
Six chevaux nattés, panachés, le tout j\ la hussarde, chabraque traînante c<imme oflicier. Quatre inamelucks ordinaires, six s^mv âges, six Homains, ([uatre (Irecs cuirassés, six chevaliers français. six costumes
polonais, deux costumes espagnols, deux coureurs. Un tambour-major, six tambours, deux lifres, dixhuit musiciens, un enfant magniliquemcnt mis en Amour et soutenu par doux mamelucks: un petit bœuf d'environ 13 à 1 400 pesant, richement panaché et décoré; douze garçons bouchers, jjorteurs de tous les attributs de la bouclierio, précédés d'un piquet de cavalerie ou de chasseurs à cheval, d'un peloton d'infanterie, pouc fermer la marche. Promminde du lio'uf (jraf^.
Profjramrne (h' la fête (Placard de V époque).
qui termine cette colonne sont gravés les douze signes du zodiaque, dont la révolution s'opère dans l'espace d'une année; un serpent, symbole de l'immortalité, indiijue leur passage.
Le mécanisme qui indique la partie essentielle et, pour ainsi dire, l'àme de cette pendule, et que renferme le soubassement formé par huit portes en glaces, se remonte comme une pendule; il fait entendre, toutes les heures, un concert d'un duo de flûtes Iraversiéres. arcompagné d'un fort piano à deux parties, ce cpii donne un quatuor très har-
1» I. A .\ c; i; .\ K H A L D K P A H I S EN 1805.
Dressé par A. Meunier d'après les documents de l'époque. (Collection Charles Simond.)
La pendule de M. Bourdier
LE ministre de l'Intérieur s'est transporté chez M. Dourdier, horloger-mécanicien, rue Mazarine,n'' 1580, pour examiner une pendule destinée au roi d'Kspagne, et dont le mécanisme a été imaginé et construit par cet artiste. Cette pendule, de la hauteur de onze pieds, est composée d'un soubassement circulaire porté par huit cariatides soutenant des arcades, à travers lesquelles on voit tout le mécanisme. Immédiatement au-dessus de ces arcades, est un bassin (jui reçoit les eaux (jUGn dirait voir couler de la proue de quaire galères, adaptées aux quatre faces d'un piédeslal servant de base à une colonne trajane. Cette colonne est revêtue de bas-reliefs, représentant les provinces d'Kspagne et leurs principales productions; dans le joint en hélice qui sépare ces bas- reliefs, sont marquées les heures et les minutes que parcourt un médaillon en forme de soleil, et sur le globe
monieux. Ce concert exécute seize morceaux différents de musique, qui se font entendre successivement par l'effet même du mécanisme de la pendule. Les mêmes rouages qui mettent en jeu les instruments de musique, communiquent le mouvement au mécanisme qui figure les cascades et la chute de l'eau dans les. bassins.
Cette pendule ne se remonte que tous les quinze jours. Son balancier est à é«happement libre et à compensation ; elle bat les secondes et sonne les heures et les demies : son mécanisme est principalement composé de deux mouvements, qui s'adaptent par (|uatre vis, (ju'on met à la main sur le mouvement du concert mécanique; le premier de ces mouvements est accompagné d'un petit cadran ordinaire, où il marque les heures, les minutes et les secondes ; ce cadran sert à régler ki pendule et à la mettre d'accord avec l'heure de la colonne ; le second mouvement est
(lit d'ahtistks kx 1805.
D'après un tableau composé la miniie année par L.-L. Boilly.
Charles-Louis Corbet, sculpteur Me premier à droite, en haut). — Chenard, chanteur du ThéAtrc Italien (en chapeau, à côté de r,orl»el). — Léopold-Louis Boiily, peintre là g.iuche de Chenard). — Peroier, archilecte (à ^authe do Boillyi. — Joseph-Xavier Bidault, peintre paysagiste (2" rang, l" k droite). — Talma, de la Comédie-Française i& gauche de Bidault). — Jean-Thomas Thiébaul ou Thibault, peintre et architecte (à gauche de Talmat. — (iirodet, peintre (à gauche de Thibault et au-dessous d<> (Chenard). — Jean-Baptiste Isabey. peintre (à gauche de Girodet). — Martin DroUing, peintre (à côté d'Isabcy). — Baptiste ain% de la C4>niédie-! rançaise (l'"" adroite, :i« rang).
— .Swebach, peintre (en chapeau, à côté de Baptiste alaé). — Jean-Krançois Vandael. peintre de fleurs (à gauche de Swebach). — .MéhuI, com{>ositeur (et gauche de Vanda.l). — Guillaume Lelhière, peintre (à gauche de Méhul, et au centre du groupe). — Taunay, peintre de batailles (en lunettes, à gauche de Lethiers). — Charles B3urgeois, peintre en miniature (à gauche de Taunay, un peu au-dessus). — François Lcmot, sculpteur (de proiil, k gauche, sur le 3« rang). — Giovacchino Serangeli, peintre d'histoire (entre Bourgeois et Taunay, un peu au-desso.is). — Beloulé, peintre de Heurs (l*"" à droite, i*' rang, la main au menton). — Charles Meynier, peintre d'histoire (à gauche de Redouté^ — ChauJet, sculpteur (à gauche de Meynien. — Fontaine, architecte (à gauche de Chaudet, la léte penchée). —
— Marne, dit Demagnette, peintre de p.aysages et d'anim.iux (à gauche de Fontaine, un peu au-dessus). — Maurice Blot, graveur (à gauche de Marne). — Carie Vernet, peintre (à gauche de Blot, de profil . — Duplessi-Bertaux, dessinateur et graveur (au bas de l'estampe). — Hoiïmann, critique des Dibats (à gauche de Duplessi-Berlaux). — Gérard, peintre (de profil, h gauche d'Hoffmann).
détendu ;'i chaque minute par le premier, il conduit le ni^'canisme qui^ renferme la colonne sans apporter juicuu retard à la marche de la pendule: ce mécanisme est combiné do manière que le soleil qui mar(|ue les heures sur la colonne, n'avance que par reprise et d'une minute /i la fois; les heures rie la colonne étant placées dans la
DAPTISTE AÎNÉ, HU THÉATHE-mANÇAlS.
Rôle (lu « Capitaine « dans les Deux Frère» de Patrat. (CoUoclJon Banco. — Bibliothèquo de la Ville do Paris.) Nicolas Ansflinf. dit [Jnplisio aîné, n«q:iit h Bordeaux le 18 juin 17(51. Elève de I.ekain, il débuta successivement à Arras, Huuen, Paris. Beaumarchais lui confia le rôle du comte dans la Mnc coupable : au Tli'-'itre-Français, il excella dan;» la comédie.
même verticale, il en résulte que le soleil fait le tour de la colonne pour passer d'une heure à l'autre, en suivant le joint en hélice où l'on a gravé les minutes de cinq en cinq. Ainsi, à chaque heure, le soleil s'élève d'un douzième de la hauteur de la colonne, et. aus.sitùt qu'il est arrivé à la douzième heure, placée prés du chapiteau, il retourne tout d'un trait sur ses pas, et ne met que dix secondes pour arriver au pied de la colonne où est gravée la première heure
(Hf'clame de Vèporiue.)
L'Aveugle du Bonheur
(11 mai)
LA cour de justice criminelle de Paris a commencé le procès de Philippe-François Bellanger. âgé de cinquante-cinq ans. aveugle, demeurant aux Quinze-Vingts, faubourg Saint-Anloinc, artificier, et distributeur de numéros de loterie. Il a seulement été fail lecture de l'acte d'acrusation ; aujourd'hui les débats ont été ouverts II en est résulté que Hellanger avait pour conductrice une femme nommée Tanchette, veuve Mapelet. qu'il salariait depuis cinci ans, et à laquelle il était fort attaché. Un jeune honnne.
nommé Pinson, que (le[iuis trois mois il em[)lovail à traîner la petite voiture en forme de (bar qui portait dans les carrefours divers objets de curiosité, avait fait à Fanchette des propositions de mariage qui il l'eut craindre à lîellanger d'être abandonné par cett(; femme qui lui était devenue nécessaire. 11 en connut une haine imjilacable contre Fan- «betle, qui labandonnait.
contre Pinson, auteur de cet abandon, et contre la dame Pinson, aveugle, tante du jeune Pinson, laquelle avait donné son consentement à ce ma-
Il signala son ressentiuient en plusieurs occasions, notamment dans une réunion chez un marchand de vin, rue Saint-Antoine, où, après s'être livré à des transports de fureur et de violence, il se laissa tomber à terre, fit le mort, et, demandant pardon à Pinson qu'il avait voulu frapper d'une bouteille , il dit qu'il ne savait pas ce qu'il avait fait.
Le sieur Roty, aveugle, retiré à l'hospice des Quinze- Vingts, et la fille Lajoie qui faisait son ménage, ont déclaré que Bellanger. leur voisin, était venu leur demander une bûche bien ronde, bien saine, exempte de nœuds et de gerçures, sans dire l'usage qu'il en voulait faire. Agnès Lajoie choisit ellemême la bûche; elle a reconnu aujourd'hui à l'audience le morceau de bois qu'elle avait remis à Bellanger.
Le sieur Mainfroy, menuisier, et son garçon, ont aussi reconnu le quart de bûche pour être scié, le morceau de bois que Hellanger leur fit forer à
deux reprises, le trou qui avait été fait huit jours
PARIS SOLS LE PREMIER EMPIRE
lis
auparavant ne lui ayant point paru ni assez largo ni assez profond. Ils ont fait remarciuer que cette bûche portait l'empreinte de la pression (ju'eile avait éprouvée dans l'étau où ils l'avaient mise pour la trouer avec une tarière.
Le sieur Mainfroy a ajouté que Bellanger ayant sondé avec le doigt la largeur du trou, qu'il lui dit être profond de huit pouces, il s'en alla en disant que cela faisait son affaire.
La tante du jeune Pinson et Fanchette ont dit que le lundi gras. 6 ventôse dernier, Hellanger vint dans leur ch;imbre à huit heure*; du soir; il envoya Fanchette acheter une mesure d'eau-devie. A son retour, celte femme fut étonnée de voir Bellanger s'éloigner du poide où il était placé en entrant dans la chambre, et se lenii* prés du lit
de la dame Pinson
qui était couchée.
L'eau-dc-vie fut versée dans (juatre verres. Bellanger but sa part et se retira, en disant qu'il était fort pressé.
Pinson, mari de Fanchette, rentra un quart d'heure après.
On ne hii dit pas que Bellanger était venu, parce qu'il le craignait, quoique cependant il se fût engagé à traîner sa voiture au retour de la belle saison. 11 fut question de faire des gaufres ; il faisait un feu clair.
Pinson fut surpris de voir placée sur l'amas de bois, qu'il avait fendu la veille, une bûche qui ne l'était pas. Sa tante et Fanchette lui dirent que sans doute il avait oublié de la fendre.
Il partagea cette bûche en deux mor-