‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 7 sur 455 · IV. — LA RUE A P.VRIS · texte numérisé non relu

IV. — LA RUE A P.VRIS

Bonaparte fit de Paris la capitale de l'Europe. € Je voulais, a-t-il déclaré (Mémorial)^ que Paris devint une ville de deux, trois, quatre millions d'habitants, quelque chose de fabuleux, de colossal, d'inconnu jusqu'à nos jours. > Dès le Consulat, il travaille à la réalisation de son rêve. On établit 10.000 nouveaux becs de lumière. Le pavé est remis à neuf, ainsi que les égouts. Des voies larges, aérées, saines, sont pratiquées. On dégage la rue de lllvoli, la rue Saint-llonoré, la place du Carrousel et celle de la Bastille. On borde la Seine de quais. Des ponts sont jetés sur le fleuve, On construit le canal de TOurcq.

Malgré ces réformes, Paris ne change pas beaucoup d'aspect, les rues étroites sont toujours nombreuses et Fabsence de trottoirs les rend dangereuses pour les piétons. Les élégants n'y marchent que sur la pointe des pieds, pour ne pas se crotter. La physionomie générale de la ville, maintenant que les bonnets rouges, les piques, les inscriptions révolutionnaires ont disparu, est presque semblable à ce qu'elle était avant 1789. On y revoit, même en i804, chez les libraires de la rue du Coq et ailleurs, le portrait de Louis XVI.

Cependant Fanimation n'est plus aussi grande que sous les rois. Le chiffre de la population (6(30,000 habitants) est d'un dixième audessous de celui de i780. Mlle est très mêlée. L'aflluence des passants se remarque surtout dans les rues Saint-Denis, Saint-Honoré, sur la rive droite; Saint-Jacques, sur la rive gauche. Les jours de parade militaire, on envahit la place du Carrousel. Le Palais-Royal est le rendez-vous, suivant l'heure de la journée, des promeneurs ou des agioteurs, des célibataires ou des gourmets; la rue de Richelieu (rue de la Loi) appartient aux grands magasins , où les femmes à la mode font leurs emplettes; la rue Vivienne est aux courtiers de la Bourse; le boulevard de Coblentz aux désœuvrés et aux émigrés. Le mouvement de Paris commence aux Halles, dès quatre heures du matin, avec les charrettes des laitiers et les voitures des maraîchers. Il finit^ la nuit, A la sortie des cafés et des spectacles. Alors Paris dort ou sommeille, pendant que Bonaparte, d'abord premier consul, puis consul & vie, songe à ses armées et à l'Empire.

Charlbs Smond.

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PARIS SOUS LE CONSULAT

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l*résitJant. Tan Vlll. à la ItHe <le la fonHalion «le la République, le frère du [)remier consul, Lucien, rappelait qu'à la fin cl au retour de chaque siècle, le peuple romain, rassemble au pied duCapitole, invoquait les divinités prolectrices de l'Empire. « Nous touchons, disait Lucien, au même renouvellement, et le sentiment qui nous réunit n'est pas moins religieux. Il me semble que, debout sur la statue brisée ou sur le tombeau détruit d'un des anciens rois de France, le siècle qui va finir prend l'essor, et, s'adressant au siècle qui commence : — Je te lègue un

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