‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècle (volume 2)Chapitre 83 sur 455 · LE THEATRE DE L*ODÉON EN · texte numérisé non relu

LE THEATRE DE L*ODÉON EN

D'après une gravure du temps. — (Collection G. Hartmann.)

Construit en 1779 sur remplacement de l'hôtel de Condr, et terminé en 1782 par les architectes de Wailly et Peyrc l'ainé, ce théâtre porta d'abord le titre de Théâtre- Français; puis, en 1790, celui de Théâtre de la Nation. Détruit le 18 mars 1799. par un incendie, qui ne laissa debout que les quatre murs do l'édifice, il fut, en 1807, entièrement réparé sur les dessins de Cbalgrin. Celui-ci surmonta d'un attique le fronton de la façade et prolongea ce bâtiment en y ajoutant un rang d'arcades. Le théfttre reçut alors le nom grec d'Odéon. On y joignit plus tard, sous l'Empire, le titre de Théâtre de l'Impératrice (Dulaure).

PARIS SOUS LE PREMIER EMPIRE

le spectacle commençât, il a bien fallu que Ravel prît le parti de commencer. J'avoue que je n'ai pu comprendre la fin de celte dispute, car, dans ce genre de spectacle, ce sont les plus médiocres sujets qu'on fait paraître les premiers. Commencer n'est ni un honneur ni un avantage.

Les deux champions ont tour à tour étonné l'assemblée par les plus brillantes prouesses ; ils ont étalé ce qu'il y a de plus admirable et de plus périlleux dans la danse de corde : des orages d'applaudissements ont successivement crevé sur la tète de l'un et de l'autre. Forioso ne s'était

Après quelques instants d'interruption, Forioso paraît tout effaré, et, sur la corde comme sur une tribune, veut haranguer le public. On se tait ; et le sublime orateur commence par se plaindre de la trahison de Havel, qui lui refuse les auxiliaires dont il a besoin pour faire un saut périlleux. Les danseurs de corde ne sont pas forts sur la rhétorique et connaissent peu les [)récautions oratoires. Forioso, dans son dépit, s'était servi de termes fort durs ; le public, sans entrer dans le fond de la question, a condamné la forme : d^s huées et des sifllets ont aceueilli la harangue.

RETOUR DE THÉSÉE, V .\ I >' Q U E l R D V M I X 0 T A U R E .

Prix de Rome, grand prix de peinture en 1807. — Tableau de Heim (école des Boaux-Arts).

Ce tableau, peint en bitume, remarquable par la composition, s'est malheureusement en partir effacé sous Taction de la lumière.

point engagé dans le camp de son rival sans avoir une nombreuse escorte de ses braves et fidèles amis, qui du parterre veillaient sur lui, et faisaient à propos des détonations terribles : on peut bien penser que Ravel, sur son terrain, ne manquait pas aussi de partisans. Tout allait bien, la victoire flottait indécise entre les deux combattants ; elle semblait même un peu pencher du côté de Forioso, qui s'était abandonné en désespéré, et qui avait exécuté, comme un enfant perdu, les tours de force les plus périlleux, déterminé à vaincre ou à périr. Ravel, plus maître de lui-même, s'était ménagé avec prudence, et n'avait montré au public que ce qu'il y a de plus agréable dans ce genre d'industrie.

Sans en être autrement déconcerté, Forioso en est venu aux actions Les préparatifs nécessaires pour exécuter son tour de force se sont faits lentement, maladroitement et de la manière la plus ridicule, mais le vin était tiré, il fallait le boire. Forioso, dans un mouvement de colère, a sauté en avant par-dessus deux hommes, sur le dos l'un de l'autre; tous les spectateurs f fémissaient : il a sauté ensuite en arriére ; mais, en retombant d'une si haute élévation sur une corde qu'il ne voyait pas, le pied lui a manqué, et cet échec malheureux a porté quelque atteinte à sa gloire. Ravel, tout radieux, lui a succédé ; il a voulu aussi pérorer et faire entendre quelques mots d'apologie : heureusement pour lui, on ne lui a pas accordé

Page 1