LE .MARECHAL FERRANT
D'après une gravure de Duplessi-Bertaux.
avec laquelle les femmes déploient plus d'un métré de queue, ci l'admirable adresse des hommes qui, pressés de tous les côtés, entraînés par la multitude, trouvent moyen de ne pas mettre en
DECROTTEl'R ET RAMONEIRS.
D'après une gravure do Duplcssl-Bortaux.
((k)lleclion de la Ribliothè*|uc de la ville de Paris.)
pièces le frêle tissu qui flotte devant eux. J'entendais bien dire de temps en temps : Monsieur, prenez donc garde : ah ! ma robe ! etc. Mais je ne fus témoin d'aucun accident grave, et les queues étaient toujours Ilottanles. Encoura«;é par l'exemple, j'ose mélanccr dans le tourbillon D'abord porlc I>ar un groupe d»» promeneurs, jo parviens au bout d'une allée sans avoir, ^viive î\ Dieu, endonmiagé la queue d'aucune promen(Mi*;<* Mais, bêlas î au relour. je lus moins luMiroux; je me trouvai tout à coup [)orlé prés «le la plus louf^ue des quenea
Plein d'inquiétude*, les \cu\ péniblement lixés devant moi. tréf)i^nianl comine si j'eusse craird de marcber sur fies cbarboris ai'dens. je retin*^.
pagne; je ne pouvais endurer cette insulte; je répondis avec hauteur. Le jeune homme répliqua plus vivement encore; une querelle s'élevait; nous allions nous assigner un rendez-vous, si , à l'instant même, chacun de nous ne se fût trouvé porté, par des flots opj)osés. aux deux extrémités du jardin.
Je pris le j)arti de reinuieer, pour cette fois, au plaisir de la [U'omenade; je me dégageai de la foule «"oniFue je [)us; et avant eu le bonheur de me F'éfugier dans un coin, je me livrai a des réflexions très graves sur l'inconvenance des longues f] urnes des robes.
Jh'nide philitsophifjiie. 10 fruetidor an \\\\
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LK IIASTH I .N«. r K
D'après une f,'ravure do 1803 (Bibliullièipn' do la ville do Paris).
rjiaU'diiltri mil racoiihMiireu Hrriv-itil à l'.iiis en Im»0 ( l/''//tow»-.s rf "tf/e -^)m'" ) il ne vit pirluiil que f«*le8, (l»iises *■! iM^lriii^'iics
OU hais (le jruiiigucllo
pendant quelques minutes, la foule <pn me poussait. Mais un de mes pieds atteint la garniture... Mala<lroil !.. Etais-je donc si coupable? — La dame relève aussitôt sa robe avec dépit, et contemple en murmurant léchancrure ... (Juel est celui qui n'a éprouvé une pareille disgrâce? En voulant jeter les ^eux sur cette dame, j'accroche encore la fine mousseline... nouveau craquement, nouvelle épithéte, mais plus aigrement accentuée que la première.
Un jeune hoFume, qui lui donnait le bras (pour lui, il ne méritait aucunement le reproche que je fais aux dames; car il n'avait qu'une espèce d'habit de chasse, un pel-en-Vair), grasseie, d'un air menaçant, l'apostrophe injurieuse de sa com-
Madame Angot.
(1^1 niai)
CLvg cent mille personnes courureid à Madame Aniiot{\). Pour lui faire visite, tonte la bonne société du temps se cloFinait rendez-vous chez Nicolet dans les loges d'apparat, tous les amateurs de la rue MoufTetard se rendaient au parterre. L'Europe envovait là ses représentants. J'v
(1) Madame Amjot, amusante caricature des ]iarvonu!i du Dirocloire et du Consulat, obtint un succès prodigieux grâce À l'acteur Corse dans le rôle de .Mme .\ngot. Seul un homme pouvait représenter cette opulente per>onne. la Sémiraniis des Malles, dont le souvenir s'ist encore réveillé chez nous grAce à la musique de Lecocq. (Ch. LKMKnr.;
LA TOUR d'aiiyi:hgne.
D'après un tableau attribué à Greuze (Musée Carnavalet).
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BAPTISTE CAr)ET DANS « LES HERITIERS w. D'après uno gravure do nupIcssi-Herlnux.
ai VU entrer d'iionnèles ouvriers, les bras nus, le bonnet de laine sur l'oreille et le tablier de cuir en sautoir, coudoyant dos ambassadeurs qui avaient deinanflé la pièce. Ces jours privilégiés, la salle était éclairée en bougies. On s'éventait du inoucboir aux petites places; on rafraîcbissait l'air aux premières loges avec des éventails.
La Mme Angot du tbéàtre a fait fortune en vendant du saumon, et. pour se décrasser nn peu. elle prend des airs, un ton. Elle instruit son domestique à la servir avec respect, h annoncer élégamment le monde qui vient cbez elle, à lui porler la queue, ce dont le valet s'acquitte en la tirant en arrière quand elle veut marcber en avant. La [lauvrettc se trouve mal comme une [»etite-maitresse: on veut lafaire revenir avec de leau. elle demande un poisson d"eau-de-vie
Dans Mudinne Anijot, se classaient adroitement les plaisanteries du salon, les mots du jour. les lazzi des merveilleuses et des incroyables (il y en avait enrore) : on pouvait y reconnaître les masques; ils couraient en foule les rues de Paris : c'était gai, ressemblant, bien observé, bien mis en scène, joué curieusement. C'était de l' Aristopbane en sabots: peut-être un peu trop de gros sel ; mais comme l'a dit Hoffmann dans un de ses vigoureux mouvements d'humeur, il faut bien du gros sel pour saler les grosses bêtes.
J'ai beaucoup connu la famille Angot; elle était partout; elle avait pris toutes les bonnes positions de la société; elle possédait les grands capitaux, habitait les hôtels magnifiques, allait passer la
belle saison dans de superbes domaines, se pavanait à Longcbamps : elle était si riche, cette famille! Les Angot avaient fait toute espèce de métiers : Figaro n'eOt été qu'un novice, et Crispin. qui savait tant de choses, un apprenti, auprès de cette famille-lA. La famille Angot savait parfaitement acheter : mais peut-être savait-elle mieux revendre : elle avait le tic d'aimer l'argent et d'en faire avec tout. I/Angot ne voyait qu'un mal réel dans le monde, celui de faire pitié : aussi comme il se remuait pour faire envie ! comme il bravait le mépris, le persiflage! comme il éclaboussait l'épigramme! L'Angot était apothicaire, et vendait des souliers: il était chapelier, et vendait du café: il était avocat, et tenait du poivre, du sucre et du suif: il était limonadier.et vendait du savon; il fournissait avant
ARMAND ET m"» MARS DANS « LA JOCRNÉE DE HENRI IV ». D'aprè:} une gravure «.le Duptessi Bcrtaux.