‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 201 sur 441 · LA SOL'PB KL' MATIN · texte numérisé non relu

LA SOL'PB KL' MATIN

Dessin de Norbert Gibneutte, d'après son tableau. — (Colh-cliou do l'Art,)

LES ÉCHOS DE PAK1S

Kli.M>r IttRt

Compositeur, né a Marseille en 1SÏ3, auteur de Sigurd et de Salammbô, membre de l'Académie des Heaux-Arls Onu oc J "»pn t un-' pbolopnpbU' da DtroM. iHil<liollié<|ii« .Ntliooale.)

Assassinat du préfet de l'Eure.

(13 janvier.)

ki ni soir, h neuf heures, le conducteur d'un Iriiin de marchandises venant de Parts, en passant par .Maisons-Laflitle, sorti l de sa guérite et (il un signe incompréhensible au chef de gare, qui se trouvait sur le quai, en lui criant <|ucli|iieK molsi|ui se perdirent dans le roulement des wagons.

Le chef de gare crut d'abord qui] élait arrivé un accident au train, mais, ne le voyant pas s'arri 1er. il supposa alors qu'il se passait quelque eliuse d'anormal sur la voie

La lijrne du chemin de fer traverse la Seine, a un demi-kilomètre environ de Mai sons-Lnflitte, sur deux points successifs que franchissent deux bras du neuve, lesquels entourent une Ile assez grande. L u lampiste, envoyé à la dérouverte, traversa le pont situé du côté de Maisotis-Laflittc sans rien remarquer d'extraordinaire; mais, arrivé au pont établi du côté de Paris, il aperçut un corps humain étendu dans l'cntre-voie : ce corps élait couche sur le coté droit, le bras droit derrière le dos, le pantalon retroussé jusqu'au genou.

Kffravé. le lampiste revint sur le pont et rendit compte de sa découverlc. Le chef de

gare fit prévenir la gendarmerie et un médecin. On ramena le corps u ln gare où on le déposa dans un petit magasin situé en face de la station.

Ln dépêche suivante fut immédiatement en vovéc àu chef de In gare Saint-Lazare :

Trouréen (aeedn kilomètre 16. sur te pont du grand bras de la Seine, <i neuf heures, le eadurre d'une personne qtti a été reconnue pour être M. Burrème, préfet de l'Eure

Le cadavre était celui d'un homme d'unequarnntaine d'années, de taille moyenlie, portant des

f Une enveloppe non décachetée, mais légèrement déchirée sur un coin et contenant 500 francs en billets de banque ;

3* Un porte-monnaie renfermant 37 fr. 50 en menue monnaie.

Un n'a trouvé ni portefeuille ni montre. Ce sont deux gendarmes de la brigade de Saint- Ccrmain, assistés du docteur Lick, qui ont procédé aux premières constatntions.

Le docteur Lick a remarqué que le cadavre portait a la tempe gauche une plaie produite par une balle de

moustaches et des favoris noirs.

Défait vêtu d un costume noir et enveloppé d'une pelisse île loutre Un mouchoir de cotonnade grossière, à carreaux blancs, lui bandait les veux et était fortement serré derrière le errtne. Ce mouchoir porte l'initiale V

Il n'appartenait pas a la victime.

Le visage du mort était taché du sang qui coulait d une blessure cachée sous le mouchoir qui bandait les veux .

Dans les poche* du mort ou a trouvé :

1° l ue carte de circulation de la Compagnie de l'Ouest ;

A LSI A » DDF. ICI AS FILS Dessin de Ringsi. kIlliach, d'après le médaillon en bron/u gravé par lui (Collection de l'Art )

revolver de petit calibre, qui a pénétré dans la tète à une profondeur de dix centimètres ; le projectile avant atteint le cerveau. M . Barrème a du être foudroyé.

A l'occiput, la victime était atteinte également d'une blessure de trois centimètres de longueur, et qui pouvait avoir été produite soit par un instrument tranchant, suit par le choc de la tète contre In glace du compartiment.

Il v a eu probablement lutte, car une partie de l'épaule de la pelisse élait arrachée.

La jaquette noire dont était vêtue la victime était restée boutonnée.

PAItlS SOIS LA TROISIÈME R K I" l! HL1QI' E.

Chose singulière : on a remarqué que le gilet était déchiré ; île plus, la chemise était légèrement tarhéc do sang.

(.'est par le train de six heures cinquante-c inq minutes du soir, qui n'a pas d'arrêt entre Paria et Mantes, que M. Rarréme avait quitte Paris

Deux minutai avant le départ du train, le contrôleur monta dans le eompartiment de première classe où se trouvait M Rarréme pour vérifier les

billets.

Le préfet de l'Eure n'était pas seul : il avait en face de lui, à droite, dans un coin, un homme d'une quarantaine d'années, Têtu très correctement et parfaitement gunté.

Dix minutes avant le départ, deux individus demandèrent a . , ..

l'employé qui exa< mine les hillets à l'en-

dessus de la moyenne, avant une barhe grisonnanle. Têtu d'un long pardessus de couleur foncée, coiffé d'un chapeau de feutre à bords plais, converser un instanl sur le quai d'embarquement avec M. Rarréme.

Cet homme, après avoir quitté le préfet de l'Eure, sortit et alla prendre un billet au guichet ; puis il revint cl monta dans un wagon.

Au moment i>ù le train arriv ait, jeudi soir, en gare de Manies, un homme dont je signalement correspond avec celui de l'individu qui éveil

rTJscJ \ causé avec M Barrème,

kHBBkSi > \ descendit à ouitre-v m|.\

Statue de Mahqcet i>e Vasselot, érigée à Passy, le 7 juillet 1886. — Dessin d'après nature.

(Bibliothèque Nationale )

trée de la salle d'attente si le préfet «le l'Eure était monté en wagon. L'emplové répondit qu'il ignorait si M. Rarréme était dans le train qui allait partir, mais qu'ils pouvaient s'en assurer euxmêmes en allant sur le quai avec un billet qu'on leur donna.

Les deux individus, dont l'un paraissait avoir une cinquantaine d'années et l'autre fie trentecinq à quarante ans. revinrent quelques instants après et rendirent, en le remerciant, les liekets à l'emplové.

Plusieurs emploies de la gare Snint-Lazare ont déclaré qu'ils ont vu un homme d'une (aille au-

in.

Un emplové lui av ant fait des observations à ce sujet, l'homme lui aurait répondu :

— Je me suis trompé On ne vient pas tous les jours à Manies!

Et il disparut.

<»n ne sait pas ce qu'il est devenu.

Il a été remarqué ensuite par deux jeunes filles qui se trouvaient a la gare de Mantes, et qui l'ont vu parcourir plusieurs fois les rues de la ville. Il 6e retournait d'instant en instant et jetait de rapides regards de tous eiMès.

Les billets de banque cl les autres objets trouvés sur le corps de la victime font supposer que le

vol n'a pas été le mobile du crime. M. Barrème, de l'assassinat était connu de M. Barrèrne, puisque croyons-nous, a été victime d'une vengeance. — si, ainsi que tout semble l'indiquer, c'est bien

Celle dernière supposition semble d'autant plui l'individu remarqué & la gare île Paris et A la admissible qu'il est presque prouve que l'auteur gare de Mantes — il a causé tranquillement avec

PARIS b f. 1140 A \'t..

IN HWijIKT PRÉSl&KXTIEL Curiraturc de Cahas ii'Achk.

sa victime el esl monté avec elle dans le même compartiment.

Dans ce cas. la montre n'aurait été enlevée ù M Barrême que pour égarer les recherches de la justice.

Une enquête est ouverte (1).

vains cynégétiques, M. de la [lue, ex-inspecteur des forêts.

Nous emprunlons à son mémoire le passage suivant :

« Chez totisles peuples, les plus sauvages comme les plus civilisés, onemplnie h la guerre le cheval.

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