‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 323 sur 441 · C A SI M I R- P E R I E R · texte numérisé non relu

C A SI M I R- P E R I E R

PRÉSIDENT DE LA REPUOLtUCE (O'APHKS VHt PHOTOOM AFHIKJ

Hoybet, un Tvrhurg traité avec uni! incontestable maîtrise. Uochegrossc expose des Orientiilc- caquetant à l'heure de la sieste, iroagination originale, bizarre, recherchée comme le titre : linltil d'ttisetiti r.

Le drame historique, à situations grandiloquentes, soulève bien haut la foule : l'on y lu tutuintite, île P.oppée, iciivre claire, de ton très juste, de souille cornélien, olitieul à l'Udéon un succès prolongé, et il ne manque nu Fit» de l'AteHu, du vicomte de Hornier. qu'une construction aussi savante, une urilonnanee ri u ^ — 1 harmonieuse pour qu'on eu puisse dire autant.

Kl c'est une légeilde exquise que nous COnle Kdmnii I Itoslailil dans la Prittftssê loni- Ittitte, ilont Sarali llernlianlt restitue le chariiic imprécis et troublnnl. Malgré ce que ces umiv r <• s i in | > 1 1 quentde haute probité d'Aine, de | m • 1 1 - 1 • • • gêné

relise OU de fanl;

sie gracieuse, le public accorde >es préf< rences aux pièces marquées à l'estampille de si.u époque, aux savoureuses comédies psychologiques de ■Iules Lemaftre \le l'union.

rAge difficile) el de Maurice Dounav < Amants), aux études de mauvaises nnei,rs( I'miwjc.

de l.avi ilaii. les Dnni-lin ,/>•*.

de Marcel Prévost i ou aux thèses vigoureuses sur le divorce de Paul lier vieil (fnt Tenailles >. Les Français perdent (îot. dont la représentation de retraite à la fois si brillante et si mélancolique rappelle ces rôles, Aruolphe, Poirier on tîiboyer, qu'il marqua d'une irriffe léonine.

An Cirquc-d'lliver. choc de flnmherges, éclairs de d Agnes dans le tournoi d'escrime franco italien Pini ferraille contre Itoillr-atl, Paris contre Turin.

Moins tumultueux, mais parfois aussi serrés pont les assauts d'éloquence à l'Académie lors des réceptions de Paul Boorget,dc llérédia. Henri lloussaye. L'Institut, l'École nor-

*« <;c>tb v*rv)i Enii:

Né en 1*1',». décédé loi:» terrier 189..

I>r»tin fie Rmi ki b'Io/A^ii |r«prf<i un m>'*'Millnn grme |mr Inrii-v |i ..lli-.-ii.,n do l'Art '

maie célèbrent le glorieux centenaire de leur fondation. Les memhres des cinq académie*, auxquels se joignent des savants et des ar- !i>le«, étranger*, sont reçus à Chantilly chez le dm* d'Anuiale. An milieu de ces fêtes solennelles, les normaliens exercent leur souplesse d'esprit en des couplets île revue dont leur vie Intime fait les frais. Kl l'archiciihe Krancisquc Sarcev tressaille «le joie à la pensée que parmi ce* jeunes gens, futurs journalistes, diplomat e, députés ii nièine... professeurs

ll'Kcole Conduit à louli. quelquesiii s sont marqués du signe du (Mirlnil vamleville.

I.a médaille d'honneur e-t accrochée au SommrU de Tt»fnttl, de Hébert, récompense tardive d un artiste délicat quia su rendre les délicieuses nié la ncolies des milices filles aux grands \eux de lièvre ella désolation des malarias A la sculpture, un Lu ItorficlaMwr/etN superbement campé de Ralguière, fait face A la Jeanne d'An- d'Antonin Mercié, qui vient aussi de terminer la statue de Mcissonier. La bonne Lorraine reprend d'un geste inspiré Pëpée qui tombe des mains de la l'rance défaillante. Le morceau est de grande allure, sans déclamation ni mièvrerie. I l'est nue feuvre superbe,

De Hartlioldi. une œuvre considérable d'artiste de plein air : la Suisse seeouittnl les donlent* dt Strtutbmiy twndanl lu unerre de 1X70. Il sied encore de ne pas oublier les bons animaliers Krémiel (Ornnft*-*»tloHfi* de lU»nèo\. (iardet (l'et niches) et Vallon. Kn octobre, on inaugure sur la place de H tdéon le monument d'Kmih- Augier. par Harrias.

L'année nuedrah* ne laisse pas d'être aussi féconde, ans»i remplie par le seul gont du beau que les expositions plastiques. Les directeurs de l'Opéra inaugurent spontanément des concerts svmphoiiiques aux programmes très éclectiques. Kernand Kvuvnn.

t. vm < v i \ T- ?. \ Il r. . — COU M l«K RUMB I/.ijmvs une photographie.

MIS ÉCHOS DE PARIS

Les Funérailles de Pasteur.

(S octobre.)

MAr.MKiyt E-i ont été, hier, dans l'imposa nt«* tristesse «le ce jour gris d'octobre* les funérailles que le pays faisait à Pasteur

LA UlCUIMlIVE lli: LA G*«Ë yuNTl'AUNAS^E TOMBANT IMXI LA Ml'K

u. 111,1 H* Kéli« Pi«MUM««. — (\h«it AU.trê.)

C'est A dix heures que «levait avoir lieu. & l'Instilut l'jsteur, la levée «lu corps. Dés huit heures «lu matin, l'étroite rue Ihilot, occupée par les gardes municipaux, était vhlée «le ses passants et réservée aux membres «lu cortège et aux invités. La première division, eommandée par le général Matlelor, occupe le boulevard de Ynugirar«l ; la deuxième division, eommandée par le général de Suint-Julien, occupe la partie sud de l.i rue Dutot et le fond du boulevard. Toutes ces troupes, auxipielles n'adjoignent hienlot des fractions «I«' eavnlerie et «l'artillerie, sont placées sous l> s ordres «lu général Sautsier. majestueux sur son cheval, le grand cordon rouge sur lu poitrine.

Les difTércntcsdélégulions arrivent tour a tour, et prennent pla«-c dans le jar«lin. Seuls, les personnages ofl'niels pénétrent «lans l'Institut, et, guidés par M . Cro/ier et les allarbcs au protocole, arrivent «levant le catafalque veillé pardeux religieuses et qu'entourent desgardiens delà paix immobiles.

Dans la chapelle ardente, jusqu'au «lernicr moment, s'est tenue la famille C'est seulement a dix heures moins cinq qu'elle s'est retirée Mme Pasteur, dont les larmes silencieuses avaient une éloquente tristesse, donnait le liras A M. Vallerv-Hadot, auquel M. Sunsbiruf. au nom des

COUD tiR I.A CASKIINE MCI ntTITVI'KRKS

Ruo de la ltun«]tic.

|Vt*mo d'après nature. — (Bil.ln>tliéqiK Nntiimate.f

Sociétés alsaciennes -lorraines, venait de remettre une lettre de condoléances.

A dix heures précises, le ehar funèbre se range & la liaiilenr des grilles de l'Institut II eut aiiclé de

si\ chevaux caparaçonnés, décoré d'ornements d'argent, de earlouehesà l'initiale I1 , de trophées de dra|iean\ ( ricnlores, et surmonté de cinq grands | > a naehes nuirs

I n quart d'heure plus tard, le clergé de la paroisse Sainl-I.anihert procède n la cérémonie de la levée du corps. Aussitôt, le cercueil esl tiré du catafalque et porte dans le char On entend, le long de lu rue Ihitot et s'éleignant vers le boulcYfird de \ uugirard . les i coninandeiiients répète-, de :

« l'orlex urines ! l'roeiile/ armes i • Aussitôt courent des roulements de tara- 1 , s <

bours et les notes frisson- i»»prè> un*

nanles de la marche de Chopin s'élèvent dans le silence.

Les cordons du poêle sont tonus par MM. Poincuré. Hoissier, Bertrand, Hergeron. IVrrol et Itromirdel.

Après le rhar prennent place quatre huissiers portant sur des coussins les décorations du défunt. I.'épèe. l'habit d'académicien et le grand cordon de la Légion d'honneur ont seuls été places sur le cercueil.

MM Jean-llaplMe Pasteur et Vallerv-ltadot, Achille Laurent, Maurice Loir, et quelques autres parents conduisent le deuil. Le commandant Kouigcois représente le président de la République, qui s'est rendu directement a Notre- Dame tous les ministres sont présents, à l'exception de M. Lebon. éloigné de Paris Les représentants du corps diplomatique, parmi lesquels on remarque l'ambassade japonaise, prennent place ensuite, suivis des délégations de toutes les classes de l'Institut.

Le cortège se met en marche, précédé par la première division d'infanterie, en tète île laquelle s'avance le général Saussier. Les délégations des Sociétés sont en nombre si considérable qui' nous renonçons a les énumèrer. Les couronnes aussi sont en nombre prodigieux.

La seconde division d'infanterie, suivie de la cavalerie et de l'artillerie, ferme le cortège, dans lequel ont pris place, outre les personnalités déjà citées, les délégations du Sénat, de la Chambre des députés, du Conseil municipal : les représentants de tous les corps constitués : Conseil d'Etal, tiour de cassation, Cour des comptes, Cour d'appel, etc., etc.

HS< I l> COl HS — M"* El liKSIK BUrt'Cr ET SA TMOI'I'E pkaiagmpbl* du Monde itlutlri. — Nibliolbfejue NaUonal* ;

l'ARIS SOUS LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE.

La foule s'est portée Bur tout le parcours que suivra le cortège et demeure calme el respectueuse. Les fenêtres des maisons sont bondées ; l'ingéniosité des camelots s'est comme toujours donné libre cours, et le9 estrades, les échelle*, sont disputées par les curieux. On peut évaluer a plus de deux cent mille le nombre de* personnel échelonnée* sur le parcours. Rue

de Rennes; sur les toits, les gens

se penrlient au risque rie tomber; boulevard Saint-Michel, ou s'écrase Connue toujours, les robes rouges des ma^islrals , les généreux à plume Manche, les of Aciers de toutes les armes, provoquent la curiosité.

Le cortège . sans incident . a gagne le parvis Nntre-hame.

Des voûtes admirables de l'église, eu la calme fraîcheur nui règne dans l'énorme vaisseau, de douces lumières pleurent, comme voilées et recueillies.

.Mais, autour de la tribune du chœur, quantité de dames en grands atours, nombre de messieurs sanglés dans l'habit triste, niellent au faite des longues portières funéhreS connue un ourlet, une sorte de garniture de mondains.

Ile là-haut, (ont d'abord, les veux n'ont & contempler, derrière le vaste catafalque, qu'un peuple de chaises vêtues d'étoffes noires et serrées dans la nef principale Elle est. cette nef. à peu prés déserte encore ; niais les lustres, avec leurs milliers de flammes d'or, j luminehl splendidement.

Iles ilcux cotés, les doubles collatéraux demeurent vides aussi

haris h- chœur, cependant, les maîtrises, déjà, sont présentes, et, dan* l'immédiat voisinage de l'autel, lus chanoines, convoqués, apparaissent ligés dans des llols blancs de mousseline.

Mais voilà qu'un orage de sons profonds et graves harmonieusement se déchaîne dans les deux tour9 cl que, de la sacristie, le cortège de la messe s'en vient vers le chœur et v cnlre. Il est midi moins le quart.

Ln dépouille mortelle de Louis Pasteur franchit le seuil de la cathédrale

Elle est accueillie par l'nrehiprêtre qui la précède jusqu'à l'immense catafalque dressé dans l'avant-chœur, Ce catafalque, sauf les quatre sta- I il s des angles, que remplacent, des faisceaux de drapenu t tricolores, est de tous points semblable a celui qui servit aux obsèques de M. Cantot. Un dais funéraire, accroché & la voûte, plane au-dessus de lui.

Le corps ainsi déposé, l'archi prêtre s'en retourne sous le porche et y reçoit le présidentde la République, qu'il conduit jusqu'à son fauteuil, lequel se trouve placé dans l'avant-choeur, à gauche, prés de la grille du choeur

Dans le chœur même et à gauche encore, en face du fauteuil de l'archevêque de Paris, se

I.K VIKt'X PAWI». — I. A RDS SAUStttS D'iyrtl MM ' • ■ ' ' ■ •' Vartl.il IVnunonr. iCntlertioa V. Proiiia.l Ollc rue fui t«-rv<! a» Irriiiemi' ai<< le sur l'emplacrmriit d'une ujfor »p|.nr!etiant au wigoeur d« Cnlanda.

trouve le fauteuil de l'archevêque de Sens.

Viennent «rentrer, derrière le président, le grand-dur Constantin et le prince Nicolas de Créée, cote & côte.

Puis s'acheminent, après la famille, les ministres, les délégations de l'Académie, les membres du corps diplomatique (au milieu duquel nous remarquons le prince l.ohatiofT). les généraux et leurs états-majors.

LE VIEI'X TARIS — HOTEL EN liKlIoUTION.

i i um. It'lTALIR

i .l« I.. PaRRRV, — (CoJltflioo Ch. Sin ocul.l

Le train fou de la gare Montparnasse.

(îî octobre )

Un occident, un très grave accident, dont les conséquences matérielles sont énormes, mnisqui aurait pu, sans l'intervention d'un hasard aussi heureux qu'inimoginabic.

être une effroyable catastrophe, est arrive, hier après midi, a quatre heures précises, à la pare Montparnasse : un train lancé à toute vitesse a.

en Iromhc, traversé la salle d'arrivée; la machine, malgré les eiïorls inouïs du mécanicien .

a broyé les trottoirs, défoncé le mur de façade

LK VUCVI IUIIM, — Lf> i.».hM»:n»> UKIII.El>l i v i i i h (( h cm i

De^iiii de !.. Parut. - (Collection Ch

LU VIEUX PAIIIS. — NI K COBVKAIIT ET DOll.BVMU. l/lT W te

LV«m, de !.. IWir. - («lli-clwa Clurlo Simoa.1

et est venu ■ abattre, d'une hauteur de quinze ou vingt mètres, sur la place de Itcnncs, entraînant dans sa chute le tender et le fourgon de tète Une personne. — une seule, — et c'est ce qui est incroyable, a été tuée, non dans le choc :

par la chute de la machine ("est une pauvre femme, une malheureuse mère de famille qui. sur la place, vendait des jouroaui. — L'accident s'est, comme nous lavons dit, produit exactement à quatre heures Cinq minutes avant devait venir se ranger, le long du quai, sur la voie d'arrivée, la voie u» U, l'express de Uranville : train n» H Mais ce train, parti de liranville le matin à

M XIMlNS

LE VIECX TARI». — LE 01 Al liï- (.11 A 1I>*- Al 1.1 > 1 1 \ * Drisla dr L. Pa»i\t. — iCnlMKtire Charlt* Simond )

LE VIEUX l'UK. — LE QI AI «ALAQCAI* DcniadtL ParOT, — (Cnllrclion Cbjrin Simond.

PARIS SOUS LA TROIS I KM K H ÉI'UBLIQL'E. *9S

CANALISATION DES KAl'X D 8 I.'aVIIK

Carie dressée par A. Mkimkii. — (Collection Ch. Simond.)

H heures 45. avait été signalé de Vensnilles avec ment • au frein <; le chauffeur, sur les roues,

quelques minutes de retard On ne l'attendait vidait son sablier; en vain! l'allure ne ralenlis-

donc, en gare Montparnasse, que pour quatre sait pas: le train était • emballé » Chacun, dans

heures trois ou quatre minutes. Tout a coup, du la gare, devina la calastrophe : les employés se

quai, où les facteurs étaient déjà rangés, on sauvèrent ; loin devant le butoir, la place se vida

l'aperçut dans le lointain débouchant a une vi- en uuc seconde : le train passa, rapide, à une

lesse inusitée l.e mécanicien siffl.iit désespéré- vitesse d'au moins quinze kilomètres, devant

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