‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 344 sur 441 · I. HOPITAL B01C1CAIT · texte numérisé non relu

I. HOPITAL B01C1CAIT

Je ta Convention. Oî, fondé p»r \*gt de M"' ISoncicjul, projiricUire de* BMfAStai du Don Mûrtki, inauguré «a 1837.

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LES ÈCIIOS DE PARIS

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Cérémonie à Notre Dame en l'honneur des victimes du Bazar de la Charité.

(8 mai.)

"nk foule considérable était massée dans la ruedu Petit-Pont, dans la rue d'Arcolc, rue du Cloître et sur la place du Parvis, le long de l'Hotel-Oieu, sur la terrasse duquel se trouvaient les internes et, parmi eux, le docteur Grenier en costume arabe; aux fenêtres, de nombreux malades, et sur les toits des infirmiers et des infirmières.

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Le portail de la cathédrale était tendu d'une immense draperie de deuil, sur laquelle se détachait un cartouche noir et blanc encadrant les

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initiales R. F. A droite, «levant le petit jardin qui entoure la statue équestre de Charlemagne, était élevé un catafalque a draperies noires et argent, avec quatre urnes brille-parfums argentées. Sur ce catafalque étaient déposées de nombreuses couronnes, parmi lesquelles on distinguait celles du cercle de la rueRovalc, pensées, roses et lilas: du Conseil des ministres, lilas blanc et orchidées mauves; du Souvenir français. Société nationale pour l'entretien des tombes militaires, perles noires et ruban tricolore: de l'ambassadeur d'Autriche et de la comtesse de W'olkenslein ; de l'ambassade d Italie, immense faisceau de palmes entouré d'un ruban aux couleurs nationales italiennes: du Cercle agricole, et

surtout une grande croix formée de fleurs, roses et lilas.

apportée par les élèves du lv-

i ée Stanislas, avec cette sus-

criplion : ■ Aui martyrs de la

charité! > Devant le catafalque

était placée une tribune Lendue

du deuil, où M Harthou a prononcé son discours.

Au passage des voitures du

corps diplomatique, qui longent le trottoir du

côté de l'Hotel-Dieu, on reconnaît : le grand-duc

de l.euchtenberg, représentant ( empereur de Russie, en grand uniforme, portant en sautoir le

grand cordon de la Légion d honneur: le prince

«ialit/ine, grand écuyer du tsar; le prince Radzi-

will, représentant l'empereur d'Allemagne, en

prend uniforme de général prussien, casque à

pointe avec panache retombant noir et blanc, tunique et pantalon bleu foncé avec col. passepoils et doubles-bandes amaranthe. Le prince est de haute taille, très gros, les cheveux grisonnants; il porte la moustache et les favoris courts et épais. II n en sautoir le grand-cordon de l'Aigle .Noir, de couleur jaune, et, sur la poitrine, un nombre incalculable de croix et de médailles.

Tous les autres souverains sont représentés par leur ambassadeur a Paris et le personnel des ambassades.

Tous les ministres arrivent a leur tour, ainsi que M. Delpeuch, sous-secrétaire d'Etal aux postes et télégraphes; derrière eux, descendent de voiture le général Saussier, gouverneur militaire de Paris; le colonel Muriier, sous-chef du cabinet du ministre de la guerre : les ducs de Vendôme cl d'Audiflrct-l'nsquier, représentent la famille princiére d'Alencon, le comte Greiïulhe, le prince de Sagan, etc.

Un grand nombre de délégations ont été envoyées aux obsèques, mais les organisateurs, craignant l'encombrement, ne les laissent pas pénétrer A l'intérieur de l'église. Une seule excep-

L INCENDIE DU BAZAR »E LA CHAUITC. — LA KEN ETRE l>B L'HOTEL l»C CALAI*

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tion est faite à cette règle en faveur de la délégation de l'École spéciale militaire de Sainl-Cvr, représenté* par trois oflicierB et une dizaine d'élevés en petite tenue de ville (capote et shako sans plumet).

I n peu avant midi, un mouvement se produit dans la foule : c'est le lord-maire de Londres qui arrive en landau découvert; petit, minée, la

l'ARIS .SOIS LA TROISIEME RÉPUBLIQUE. 5S7

LOCATAIRES KÉCALCITHANTS UK L'AVENUE DE CtICHT Clic l-é >!• Uint «ick'nnc M.»i»t>n Bekci k.)

noire couverte de larges broderies d'or, descendant au-dessous du genou; il est roifle d'un tricorne Louis XV a plumes noires.

h;ms sn voilure ont pris place : son massier, coiffé d'une énorme perruque poudrée & marteau, portuni une énorme masse dorëe et curieusement

travaillée, et SOU porte-glaive, vêtu d'une ample simarre de soie noire, coiffe d'une haute toque de fourrure fauve à longs poils en forme de eolbach très évasé du haut, Ranime de soie ponceaii et tenant Cépée dans son fourreau de velours noir, la pointe en l'air.

Dans le second landau, un secrétaire en habit noir h la française, culotte et bas de soie noire, et deux ollicicr s anglais en tunique érarlale, pantalon bleu noir a bandes d'or : l'un porte le < asque d'acier recouvert du panache de crin retombant des dragons, l'autre le chapeau à cornes des oflieiers d'état-major.

Sur le siège de chacune des voitures, à coté du COOhcr, un valet île pied à cheveux poudrés, admirablement Stylé, et, détail curieux, c'était Celui qui était chamarré d'or qui se trouvait sur le siège de la seconde voilure; sur le siège de celle où était le lord-maire, la livrée du valet de pied était très simple : marron foncé avec le crêpe noir au bras.

Presque en même temps que le lord-maire, arrivent Mme Félix Faure, Mlle Lucie Faure, en toilettes de deuil, uccompugnées de M. Blonde!.

A midi moins cinq minutes, les cloehes sonnent.

ligure rasée et vive, encadrée «le cheveux frisés d'un blond ardent, il porte uneumplc robe de soie

LE CHARMEL'R li'oisEAI X DES TDILEMES D"n|ire» une pho(«gr«phir — Collection Ourle» >im< nd.)

PAtllS DE 1800 A 1900.

L'Enfant martyr.

l'aFKAIKK GRÉGOIRE, PKRR ET MRIHTHIRR DU PETIT PIERRE. Al'X ASSISES DR I.A SEINE.

(2o mai.)

Le monstre a trente ans. Un nez long presque crochu, aux niles amincies; un menton osseux, volontaire; des lèvres serrées; des .veux ternes, comme retournés en dedans, plongeant dans l'horreur d'une abjecte nature; sur le front, l»as. écrasé, des rides où se logent la cruauté et la lâcheté L'ne moustache en pointe Des cheveux luisanU, assez soignés, mais rejeté* en arrière et s' en vol a nt comme effarés de couvrir un aussi vilain crâne. Enfin, dans tous les traits, mobiles et torturés, dans toute In phys ionomie du pincé, de l'aigu, du coupant, et des frissonsqui courent, dévoilant

la terreur éprouvée.

La femme, maîtresse de Crégoire — fille Desliave — une mégère sans âge Visage flétri. A coup sur, cinq ou six ans de plus que son amant. Sèche, rèchc et revèchc. Dans ses veux, de méchantes lueurs Elles se changeront tout a l'heure en éclairs de haine qu'elle distribuera à droite, â gauche, sur ses coaccusés, Crégoire et sa mère.

Cette inére, la veuve Grégoire, une vieille de soixante ans, a la tète cachée par une mantille noire On ne voit guère d'elle qu'une houppe de cheveux blancs Le reste sanglote convulsivement.

Après celte ébauche des criminels, regardons ce qui photographie encore mieux le crime : la table des pièces & conviction. C'est là qu'en morceaux disparates, inertes, mais reproduisant à

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