‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 345 sur 441 · GLORIA VICTIS · texte numérisé non relu

GLORIA VICTIS

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eux seuls l'exécrable forfait, se retrouvent tous les objets qui ont servi à l'accomplir, ù frapper, à blesser, à martvriser. — tous les instruments de torture : un eoulenii. un marteau, une boite de ferraille, une plaque de fonte, une canne, etc M. le conseiller Martinet préside en magistrat résolu à tout dire, h tout mettre en lumière, mnis sans exagération aucune Les détails, du reste, parleront, hurleront assez fort par eux-mêmes.

C 'est par Crégoire qu'il commence nécessairement son interrogatoire Tout de suite, le passé de l'ocrusé éclaire le public sur son compte: C'est un paresseux, un ivrogne, un brutal et un débauché. Une nuit qu'un cabaret où il avait ou lu me de .Vnivrcrrestnit ermé, malgré es appels, il u fonçai l la itrte d'un coup le pied, dama ni .1 ut a boire "our bris de I Ain re on le oudamnait ù ie l'amende, l'eccudillc; tais sa brutnilé. et aussi sa iVheressc de • rîur, se délonlraicnl en e si QOlllhreues circonslati- . s que son pére e déshéritait 'uis il est peintre en bâtiments tic sou étal, mais le pinceau fui délaissé pour la bouteille; il fait la connaissance d'une brave et honnête jeune lille. Aurélie Léeuver, qui se « toque ■ de lui — et, en dépit de tous conseils et de toutes remontrances, déclare bientôt « ne vouloir épouser que cet homme-là ■.

Le mariage eut lieu Aurélie Lècu^er mourait quelque temps après Trois enfants étaient nés de celle union. Le premier, Maurice, mourait d'une méningite n huit ou dix mois. Le second, Marcel, quelque jours après la venue de la lille Deshave dans la vie de son pére, disparaissait abandonné on ne sait où, jelé à la misère Iles-

lait le troisième, le plus jeune, un enfrtnl « (oui rose et tout mignon », le |ielil Pierre, âgé de Jeui ans et demi, — lenfant marier. Il semble qu'au début la fille Dcsha.ve aurait eu pourtant quelque pitié. Klle donnait vin^'t francs à Grégoire pour lui acheter un berceau. L'excellent homme courait au cabaret et bu\ait le berceau. — « Bast, disait-il, le gosse seru aussi bien sur les planches • Hèflexion l'aile, la fille acquiesçait, trouvant suffisant de s'occuper de ses trois eulants, à elle

Du moins, s'il s'élait contenté de le faire coucher sur les planches! Mais on va voir la longue traînée de souffrances de ce frêle enfant, le long et douloureux calvaire où il a usé, ensanglanté son corps

Dès les premiers mots du président, le système de Grégoirc se dessine.

Grégoire — C'est alla qui m'a monté. • Il n'est pas & toi, me répétait-elle constamment; il ne le ressemble pas. • Alors, ma foi, je tapais. • Va «loue, criaittlle. débarrassons-nous île ce gosse, on l'a assez vu. •

Fille Demiayb. — Tu menst

GuttiotM, — Allons donc!

Fille Dkshayk. — Tu nu-us, te dis-je. est-ce, que jamais or»

me l'a vu battre?

GnÈooinE. — D'abord, tu lui Manquais des coups de balai dans les reins ; et puis, quoi t tu mo disais de le battre; tu me lo faisais faire : c'est la mémo chose.

Kl des veux de la furie sort la lueur dont nous parlions, lueur farouche, tandis que ses lèvres irritées balbutient :

— Menteur, va, menteur !

Grégoire de répondre .

— Lui donnais-tu seulement des gâteaux, loif Moi, au moins...

Mais les murmures du public lui fout tourner la tète — et il se tait.

Le président. — Ce que je puis i dire, c'est que cet enfant auquel vous auriez donné des gâteaux ne vouluit jamais vous embrasser II (allait que vous le menaciez pour qu'il vint timidement à \os côtés essayer de vous caresser.

Au surplus, nous allons être fixés sur les abominables brutalités de ce père dèualure, brutalités auxquelles prenait part le plus souvent la tille Desbaye, préliminaires du crime atroce qui leur est reproché à tous deux de complicité avec la veuve Grégoire.

Le président, à Grégoire. — D'abord, avec votre m&itresse vous habitiez rue Simart. C'était un quartier trop fréquenté pour vos projets. Rue du Dessus-

des-Hcrges, près des fortifications, voua «-lini sissioz. dans un endroit des plus solilaires, une petite maison avec un jardinet.

GftMOMB. — Pour élever des poules et des pigeons. . .

Lr i-hksii'Bnt. — Pendant quelques semaines, on apercevait l'entant jouant dans lu pclil jardin; puis, bientôt, on no lo voyait plus. Les volets se fermaient. Vous voua étiez mis à voire o-uvre. Gomment vous

'llÔTKL LAVAI.LIKUB, Hl'E SAINT-JACOl ES

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traitiez votre enfant, je vais vous le due. F ne vieille caisse d'oranges avait été apportée par voua. Elle servait de lit, avec un morceau de vieil édredou, au pelit malheureux qui y était couché nu Ni jour, ni air. ni exercice, ni soins de propreté. Malgré tout, connue il avait bon appétit, vous recommandiez à votre maltresse — qui ne se luisait pas faute de vous obéir — de ne pas lui donner trop à manger. L'enfant, sorti do sa boite, so traînait souvent jusqu'à la niche du chien, trempant sa cuiller dans sa soupe...

• ,m ihi;. — Ça, pour la soupe au chien, c'est la lille

Dcshaye qui me l'a conté en me disant : • C'est bien assez bon pour lui I »

CUARLKHJW.NE ET LES i\iln> ROLAND ET OLIVIER

.Matue érigea |iUr« do l'ar»i» Nolre-I'arue rWiur frèrea. sculpteurs.

(D'après une photographia.;

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