LE VIEUX PARIS. — BUE MONSIEUR, M
Destin d'après photographie. — (Collection Oiarl •• ^Simond.) L« o* S de la rue Moniteur, occupé par 1rs Père* rUroaMtes, est l'ancien hôt«l de Jarnac.
ronflements sonores des quelques personnes qui se sont endormies; néanmoins, à la dernière stance. on verse des larmes d'attendrissement, et le directeur reconnaissant lui offre la correspondance pour... Charenton.
Mlle Lilie, grande, sèche et mince comme un clou, faisait tous ses efforts pour écouter M. Arthur, sans pouvoir jamais v parvenir; elle désirait qu'il eut fini pour pouvoir, elle aussi, briller A son tour. Toute Hère du talent qu'elle croyait posséder, elle grimpa les trois degrés aussi lestement qu'une petite chatte, et se mit à nous miauler la complainte de Geneviève de Brahant ou Je Perfide Golo, en s'appesanlissant sur les malheurs de cette pauvre femme qui, n'ayant que sa longue chevelure pour toute parure, avait dû bien souffrir des rigueurs de l'hiver.
Mlle Lilie eut du succès, et le dernier couplet fut bissé. Aujourd'hui, elle fait les délices de l'Alhambra. elle a quinze sous par soirée, les espérances en plus. C'est toujours ça.
PARIS SOUS LA TROISIÈME RK PURLÏQUE.
l a complainte était A peine terminée, qu'une femme, les cheveux en désordre, la tète enflammée, se précipite sur l'estrade comme une tigresse, enjambant les chaises et les tables, brisant un verre par-ci, une bouteille par-lA, renversant tout ce qui obslruc son passage. En deux bonds elle est sur la scène: son regard est courroucé, elle se voile la face avec un vieux mouchoir en loques, et se drape le mieux qu'elle peut dans le tablier de sa mére.
Qu'est-ce que c'est que cette femme?
C'est la fille de la marchande de jujube, qui. tout en détaillant sa marchandise, s'est sentie une vocation pour kl tragédie.
Elle vient de composer une petite pièce de vers : elle s'apprête A les réciter. Ecoutons-la :
0 absinthe! 0 ma mère ! . encore une victime! Prenez celte liqueur, jetez-la dans l'abîme. C'est un poison très lent qui torture le çtMir, Qui vous ronge le foie... 0 ma mère! O horreur ! Si j'en buvais beaucoup, je deviendrais donc folle. Puis-je faire autrement Il est mort, mon idole
Allons, encore un verre, et puis cessons de vivre: Christophe, mon amant, je ne puis te survivre.
Si nous avons fauté, tous deux, par le suicide, Si, pour te retrouver, la femme se décide A appeler la mort... sois certain que Caron La conduira vers toi, dans l'antre de Pluton.
La salle croula sous les bravos, niais bientôt deux camps bien distincts se formèrent et. se mettant l'un et l'autre A crier et A commenter chacun A sa façon, allaient en venir aux mains, lorsqu'un groupede gens pacifiques qui. jusque-là.
uAriTAL DB LA MATERNITE, ti'ipr. . un<" phnlopriphie. — Collection Cturlra Sinimid.i L'hôpital de la Maternité, créé en 1795, oeeopr le» ancien; biliments
de l'jhbaje de Port-Royal. Il contient 5t."> liti.
s'était tenu coi. se précipita entre les deux partis, afin de les séparer et de rétablir la paix.
Mais, tandis qu'à l'envi tout le monde y conspire,
J'ai gagné doucement la porte sans rien dire,
Avec un bon serment que si, pour l'avenir.
En pareille cohue on peut me retenir.
Je consens de mon cœur, pour punir ma folie,
A réciter le» vert de ffl f notre Aurélie.
Paul Monskigi-e.
Arrivée du shah de Perse à Paris.
TOUflCACV rièCOtIVRRTS tOI IlE LA MONTAGNF.-VUNTE-GENEVIEVE
EN CMVSANT PU ÉGOIT.
I>ef«in de Lix, d'aprV-» le rroqui* de M. Tnm, - (Villrvlîi.ii (i. flarlntann,
six heures et quelques minutes le Irain royal touche au débarcadère construit près du Itanelugh pour la circonstance. Le sol, couvert de sable rouge, disparaît presque sous les tapis et sous les fleurs. Un immense vélum abrite ce merveilleux reposoir.
Le shah met pied A terre et apparaît aux regards éblouis des assistants.
Tout ce qu'on avait dit des magnificences orientales est dépassé par la réalité.
I.r shah est coiffé du classique bonnet persan: ce bonnet est tout noir, en mérinos lin, et il est orné d'une simple aigrette en diamants, dont il n'y a pas trop à dire, si ce n'est que la pierre centrale représente une valeur d'environ cent cinquante mille francs
Oc sa chaussure, nous ne parlerons pas : ce sont des bottines vernies: le pantalon A l'européenne est noir, sans aucun ornement.
l'hospice national DES QUINZE-VINGTS
Situé rua de Cbarenton, 18 (ancien 38'. Mut autrefois ru» Saint Honoré, au coin de la rue Saint- Nleaise. L'ancien hospice eut'pour fondateur saint Louis et fut construit ver» li«t> et destiné i loger et entretenir 300 aveugle* pauvres. Les ouin/— Vingts, en t779, furent transférés eu leur nouvelle habitation que Louis XV «rail fait construire pour ses mousquetaire* noirs.
que celles de nos officiers généraux, mais dans lu composition de laquelle la • graine d'épinards • est remplacée par des diamants. Le long du buste, du roi A la taille, une triple rangée de boutons de dimensions différentes, et dont le moindre a la grosseur d'un œuf de pigeon. Ces boulons sont un énorme diamant, ou un rubis phénoménal, ou une topaze brûlée d'une valeur inestimable, ou un saphir aux reflets resplendissants Les pierreries, se détachant sur le fond du drnp, brillent des feux les plus invraisemblables.
La poitrine du shah n'est pas une poitrine humaine; c'est une constellation! Sa Majesté porte en sautoir le ruban de grand-croix de la Légion d'honneur. Iles soleils, des croix de tous les ordres, pour lesquels on croirait qu'ont été «■puisées les mines de Coleonde, scintillent et forment comme un emhrasement. Une ceinture de rubis, d'émeraudes et de diamants dessine la taille du monarque. Cette ceinture, d'après le trésorier de la cour de l'erse, vaut à elle seule un million.
Enfin, le shah tient ù la main, très haut et ■ ippuvé au côté, un cimeterre dans son fourreau. Ce fourreau est une merveille de joaillerie. On le croirait fait d'un seul diamant, tant les pierres qui le composent sont d'un sertissage serré.
Une ample tunique fermée en haut ettomhant, & pans droits, bien au-dessous des genoux, telle est la partie du vêtement qui mérite une description spéciale.
A chaque épaule, une épaulettede la même forme