‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 64 sur 441 · ENTREE DES CATACOMBES · texte numérisé non relu

ENTREE DES CATACOMBES

D'apre» un» photographia, — (CollecUoo Charles Simond.»

Georgius Konstantin.

/ ^ KDKÙirB Konstantin, plus connu sous le I -r nom de 1 iiommk tatoik de Rirma. Célèbre ^* phénomène de potichomnnie humaine, né en Albanie vers IXJII. De sa jeunesse, on ne sait rien de positif. Lui-même, par suite de la cruelle opération qu'il a subie, a perdu le souvenir de l'emploi de ses premières années. Il se rappelle seulement qu'une vieille diseuse de bonne aventure avait annoncé à ses parents que la Providence avait forme beaucoup de desseins sur lui, mais qu'ils ne se verraient que plus tard Comme on va le voir, l'avenir justifia cette prophétie. — Vers l'année ISfii. Gcorgiua Konstantin faisait partie d'un groupe de chercheurs d'or qui exploitaient leur industrie dans la Tarlarie chinoise, lorsque eut lieu un soulèvement île la population. Rien qu'en pareille circonstance, le mot d'ordre d'une association de chercheurs d'or parût être : Filon», ils restèrent et se mirent à faire le commerce des armes et vendirent des fusils aux insurgés. La révolte avant été réprimée et les vaincus ayant fait leur soumission, ceux qui leur avaient lu uni i les moyens de combattre furent faits prisonniers. Nos chercheurs d'or étaient au nombre de douze; neuf furent massa-

Ll VIKCT, PARIS. -- f.A lU'E MOUPPETAItli.

Photographié «I redeiiiné par L. PaMCT. — (Coll. Ch, Simone! i l .t rur MoulTolard doit «on nom, D'Ion Dutaure, à une corruption

île SIohs Crl<inlm, mont OUrd, tnimrnci* 011 aurait tlé enterre

•ami Marcel, livéqiirdo l'ari». vrrs Tan i3f>.

créai sur place après une instruction criminelle auprès de laquelle celles des COU/M rf> ftr «i Ut

LB VIKfX IAMS. — LA BUE HOUPFETARD.

l'holographie «I redi-«»ina par L. pAftUT, — (Col. th. Si nd.)

La ru* Mnufletard, ancienne rus du Mont > , i..r,l, te trouvai! dè» 1 [>• [ti de Cbaliei Marie! dam la voie bltM de la rus Saint- Jacqtte*, i l'endroit où naissait la rue Galande rl allant jusqu'au champ de slpullura* pour aboulir au mens Ctlarius mtnv- YW<- fait mini yrS\t du l'aria niéioviofflcn.

Pi i im« ?1 V >l MtMeWAI.

minute du mois de mai 1871 eussent paru d'une lenteur démesurée Les trois autres, nu nombre desquels était Gcnrgius Konstaiitin, furent condamnés a la peine du tatouage — Nos lecteurs savent tous ce que c'est que cette décalcomanie appliqué.- à la peau humaine. Nous dirons seulement qu'il y a tatouage et tatouage; et que celui

auquel furent condamnés Ccorgius Konslantin cl ses deux camarades ne ressemble en rien aux légers dessins — quelquefois inémc aux dessins un peu légers — que nos matelots rapportent sur leurs l>ras d'un voyage aux pn\s lointains Le tatouage que l'on lit subir a GcorgillB knnstantin est un tatouage artistique d'abord, et considérablement renforcé, car il consiste u ne pas laisser sur le corps du patient un centimètre carré qui ne soit recouvert de figures ou de signes quelconques. Tout l'espace disponible est employé

minutieusement, depuis les onglesdu pied jusqu'à la racine des cheveux. Deux des compagnons de Ccorgius ne purent supporter ce burinage, el succombèrent nu moment où les opérateurs terminaient sur la fesse droite une reproduction des traits de Vélocipède IV. Seul, f.eorgius Konstanlin résista jusqu'au bout. Son tatouage avait

demandé trois mois d'un travail assidu, à raison de trois heures par jour. Au bout de ce temps, il réussit a s'évader et se sauva à travers la Chine II atteignit un port indien où il de manda a un navire anglais de le recueillir. Repoussé, il usa d'un stratagème ingénieux. Il s'enferma dans une grande caisse sur le dessus de laquelle il avait écrit : En uni île cachemire* à In maison Chevreux-Auhrrlot de Pari$. Le capitaine du navire lit lever le couvercle, et voyant le dos de Ccorgius Konstantin. embarqua de confiance la caisse, n'ayant aucun doute sur l'authenticité de son contenu Transporté d'abord à Mtnilla.ramcnéà Hong- Kong, l'homme tatoué revint en Grèce après avoir traversé l'isthme île Suez A partir de ce moment, il voyagea en Europe, excitant partout lu curiosité. Dans tous lesendroits où il passait, les plus grands médecins tenaient à honneur de l'examiner avec le plus grand soin U semblait m in croyable qu'un homme eût pu résister à une telle opération, que les savants craignaient tous d'être la dupe d'un subterfuge misérable : comme par exemple une teinture quelconque ou quelque maillot mince et adhérent recouvrant la peau Cette défiance exposait Georgius Konslantin a des désagréments sans nombre, chacun d'eux usant de ruse pour lâcher de trouver le mol de l éniniue Tantôt, au restaurant, c'était un monsieur qui se glissait sous la table cl lui pinçait le mollet pour s'assurer que c'était bien sa peau; tantôt, c'était un fumeur qui s'approchait de lui, et,

yORT tlE TIMOI'tl »SK.

l'rix -li Ruine, i.fnnd prit de f>. iniuic en 187*. l.Mem de M, Hi-muci ilc.le dit l'un v )

LA SEINE A L KCLOi: HE 1.4 MONNAIE.

Drain de L»N*vm. — (ColUcUon d« l'Art)

sous prétexte de lui demander du feu, le brùlait sur la main avec son cigare, pour voir si ça forait une cloque. — On raconte qu'un jour de l'été dernier, a Londres, un savant anglais, qui soupçonnait fort Georgius Konstanlin d'être tout simplement peint à l'huile, résolut d'en avoir le cœur net. Il corrompit le domestique de Georgius et sut par lui que le 27 juillet, à deux heures, son maître devait aller au bain froid Immédiatement il alla trouver le directeur de l'école de natation où Georgius devait se rendre, et. moyennant une indemnité de *>0,000 livres sterling, obtint qu'il remplacerait, pendant toute la journée du lendemain. I eau de la Tamise qui alimentait son grand bain par de I "essence A l'heure dite, ticorgiu* Konstanlin arriva, se déshabilla et piqua une tête pendant que le savant le guettait d'une cabine où il restait caché Après avoir nagé pendant une demi-heure, l'homme tatoue sortit de l'eau — c'est-à-dire de l'essence — aussi bleu qu'il v était entré Le savant anglais en fut pour ses frais . Georgius Konslantin vient d'arriver à Paris, où il se montre au public chaque soir dans rétablissement des Folifs-Herijrre

Sa vogue est déjà 1res grande, et menace — tant est grand l'empressement du public féminin — de ramener Paris aux beaux jouri des triomphes de Léotard.

IJlE.N VENU.

(Le Trombinoscope, parTouchatout.)

« La Haine »

Trois cent soixantedeux mille francs furent dépensés pour monter In Haine, et, dans ce chinVc, les armures (dont la moitié seulement put être employée) figurent pour la somme de cent seize mille francs, ces cuirasses , ces casques , ces épées à ileux mains avec lesquelles Guelfes et Gibelins s'assenaient de si formidables horions que le forer se transformait en ambulance.

La première fut donnée le 3 décembre 1X74.

Jamais salle ne présenta coup d'oeil plus gracieux que la Gailé ce soir-la, grâce aux tnodilicalions apportées par Oflcnhach dans la distribution du service Les deux premiers rangs du alcon n'étaient donnés qu'à bon escient : journalistes, artistes, hommes du monde, les titulaires devaient être mariés i>u parents d'une femme charmante Au lieu de porter deux numéros se suivant, les coupons assignaient un fauteuil du premier rang, l'autre correspondant au second rang, et le balcon ne formait ain>i qu'un chapelet de têtes exquises et «le toilettes ravissantes

Les craintes de Sardnu devaient se réaliser. Le public perdit de vue, au milieu de la pompe qui l'enserrait, l'action déjà ralentie par certaines faiblesses d 'interprétation, puis la neige survint, qui s'abattit avec fureur sur Paris, exerçant à l'égard des recettes une influence funeste.

L ACCWENT DE L OMNIBUS DE llASTII.I.E-GIlEXELLE AU TONT liE LA TOI HNEI.I.B D«pr*» un cron>. pris «u moment de I .0 idenl. RiblMb«,ue B«U..n.I*

Lit l'F.TIT* «*TIUI« M l'AHI'*

l.e mtri Un.l do •tal>M>lt< •

Prolonger l'épreuve .

c'était marcher à une condamnation certaine.

Sardou le comprit, et au bout de dix jours, dit à Jacques son intention formelle de retirer la Haine Lui se récria d'abord, hésitant à abandonner si brusquement l'œuvre tant caressée ; puis M. Vizcntini lui avant fait remarquer que ces armes, ces costumes, toutes ces richesses pourraient reparnftre lors de la solennelle reprise de Geneviève

de Brabant depuis longtemps projetée, il se rendit et, le 28 décembre, communiquait a la presse la lettre suivante :

Mon cher Ami,

Ce que j'apprends do la Haine est bien triste.

Si l'on nous avait prédit qu'une pièce écrite avec tant de soin, d'amour et de conviction!... accueilliepar ses interprètes avec un tel enthousiasme ! . . . montée par toi avec tant d'art et premier soir avec les honneurs peu communs d'un rappel d'artistes à tous les actes I... et forte le lendemain de l'approbation presque unanime do toute

Mèt&ASjjL • la •• ingl cinquième

\W j | W' ~4r -\ \ représentation, ne ferait 1 1 1* S^J*^ pas do receltes capablos do ?jf AÀj ™V\ ~TL couvrir ses dépenses!..

HS^^Ht nous ne l'aurions cru ni toi.

ni moit

Et c'. st pourtant c e qui arrive!

J'ai trop la fierté de mon navre pouradmetlrequ'elle se traîne dans des recettes indixnes d'elle.

Et je t'aime trop pour t associer plus longtemps à son injuste destinée.

Je te demande en griicc de cesser les représentations de ta Haine et de rassurer les spectateurs qui ne trouvent pas cette tragédie en prose osiez amutanle, en leur promettant de ma part que je n'en ferai pas une autre.

Ton affectionné,

Victorien Sam.oc.

i.t» l'tTir» «.tin;» m mua L* iinrchaiid d.' lunctles.

de goût! applaudie le

I t- l'ÏTIT

Le

les journaux que le public prit en masse le chemin du théâtre; chacun voulait voir la Hainr; on criait A l'injustice.

00 assiégeait la location

Devant ce revirement de l'opinion, Sardou resta inflexible, el le drame, qui avait nécessité trente et un jours de relrtrhe, ne fut joué que vingt-huit fois.

Le soir où elle disparut de l'affiche, la Haine faisait une recette de 10.200 francs.

André Martinet.

(Offenbach, ta vie et ton

m petit» mm.,- i» p»m*.

l/écrivain public

i.r.» prrm aiTitR» i>« l-e chanteur ambulant

i joueur d'orgiii-.

A peine cette lettre eut-elle été répandue par

Le Marché des Musiciens en

Le marché des musiciens a une origine très ancienne. Aux dix-septiéme et dix-huitième siècles, il se tenait dans la rue des Ménétriers, ainsi nommée parce que c'est la qu'on allait chercher les joueurs de violon et autres musiciens dont on avait besoin. La rue Rambuteau n'avait pas encore absorbé dans son parcours la vieille rue des Ménétriers que les musiciens l'avaient, depuis longtemps, abandonnée pour aller tenir leurs assemblées à la pointe Saint- F.uslache:

ils se fixèrent ensuite à la rue du Petit-Carreau,

où ils sont depuis les premières années de ce siècle.

Le café «lu n* 18 est le lieu de réunion Le maître de rétablissement a un registre sur lequel les musiciens sans emploi se font inscrire, avec le nom de l'instrument qu'ils jouent et le chiffre du salaire qu'ils ambitionnent De celle façon, on peut, pendant la semaine, en s'adressant n ce café, organi- ia> mm >.,t.»— &a i»bi-. ser par correspondance, l« marchand 4'abat-jour.

du malin au soir, un orchestre complet.

Les prix sont, pour ainsi «lire, règles à l'avance et ne varient que dans de faibles proportions; les musiciens & la soirée coûtent de 5 à 25 francs, selon les instruments dont ils jouent Les violon» et les basses sont le» mieux pavés: la flûte et la clarincllc sont peu demandées et dans les prix de 2fr 50 à 3 francs.

<>n engage également à ce marché des exécutants au mois et on en voit beaucoup, hélas! qui se contentent de SO francs d'appointements Les premiers violons sont pa vés jusqu'à 500 francs.

Le débitant qui tient le registre des musiciens et donne leur adresse pendant la semaine ne prélève aucune espèce de droit.

(Mu$re unietrul )

Le boulevard Montmartre.

Ksoir. après diuer, sur les sept heures, nous nous asseyons sur un hanc et, avant de rentrer, nous jouissons du spectacle animé que présente toujours le boulevard Montmartre Devant nous, sur la chaussée, se croisaient en tous sens les véhicules les plus divers : le chariot

J'Jd ^0",,"e^,',, el le lourd

j j\ omnibus qui roule sans | 1 M cesse de la Madeleine à la i Il Haslille ; l'équipage de mai- : ^RJ Ire à l'allure fringante et «J^ rapide, et le tiaere modeste

au cheval moins fougueux dont le pas alourdi trahissait la fatigue. Il n'était pourtant pas A la lin de sa journée, le malhru reux ! Et il avait encore de longues heures a battre le pavé de son sabot meurtri, pour recommencer le lendemain dés l'aube: car le repos, a Paris, sur la voie publique, rommence tard et Doit toi, le tarif de jour est applique de six à sept heures le matin jusqu'à minuit et demi, et l'autorité, par cette lixation. semble .•.r.im.im..HM>., **o«r resserre entre ces U mtrthuid duuan deux limites la nuit olli-

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