‹ La vie parisienne à travers le XIXe siècleChapitre 74 sur 441 · I.K CAIIAHKT DU l'KRfi l.l'KETTK · texte numérisé non relu

I.K CAIIAHKT DU l'KRfi l.l'KETTK

Photographié et redessiné par L. Paiir.it,

« u'Ie Imii < l .1 li-, Simoml.)

I <■ . bai i l Ju père lunette, rcndci-TOui fametiv des m.iir.i leurs cl gens du wvnsvatM tW, •>■ re»l* eelrltn- duNI le» .mules surfile Me*.

des plus agréables que l'on mil les dames en grande toilette, les épaules et les bras nus. «c rendre, comme dans les suions, dos corridor» a ravnnl-fover et nu fover public. Il est a désirer que cette circulation reste à la mode .1 l'Opéra. Ce sera un spectacle sans pareil à ajouter à celui que le monument représente La reine Isabelle a d'ailleurs donné l'exemple: elle se promenait avec le roi et on leur faisait curieusement escorte, sans trop les gêner.

Le second acte de In Jttiif n'a rien présenté de particulier A cet acte a assisté, dans In loge présidentielle, le jeune M. de Mac Mahon, dans son costume de sainl-cx ricn.

L'ouverture de dm liait m? Trll. parfaitement exécutée par l'orchestre ; la Béuétlirtiott tles Poignard*, enlevée par les chœurs et dont le solo a été bien chanté par M. Gailhard: enfin le ballet de la Source, avec mademoiselle Sangalli, telles

LA hub i>r l'KTiT-roNT (maison n« 10).

Photographié et redessine |wr L PAStlST. — (Coll. <|, Simond.) l'ne Mis vieilles maisons du <|uurtier dr 1 Sorbonne.

ont été les attractions de In lin de cette soirée mémorable.

rCHCFMCNT lit' n«l LKV Mtl» SA INT-6RRV A I X

Salle où se tinrent les séances du tribuoal révolutionnaire de septembre 1792.

li'Aprèf nature, par Scott. — 'Musée Girniivnlet ) I i-mpl icrmi nt est actuellement orcupe par lit rar Ootlia.

Kn résumé, celle inauguration de l'Opéra a tenu, et au delà, les promesses qu'elle avail pu faire concevoir.

La représentation a réuni, ainsi qu'on devait s'y attendre, toutes les aristocraties, celle du rang, celle de la fortune, celle de l'art, celle de l'élégance parisienne.

niÉw Hic k i.i iiwthi:, dans le rôle du 11 ni: iiAciit:TT>: de K. B r. (CullKliaa deClr!.)

La première de " Carmen

(:t mars )

On fut un peu surpris, légèrement déconcerté et presque scandalisé. On n'admira pas comme il convenait le tact et la mesure avec lesquels MM. Meilhac et Ludovic llalév.v avaient adapté aux nécessites du théâtre la nouvelle sombre et brutale de Mérimée; on se déclara choqué d'un réalisme que les librettistes (l'un d'eux nous en a fait l'aveu l auraient volontiers atténué, mais que le compositeur avait » férocement . maintenu: on trouva l'action bien

noire, les couleurs de la postula bien crues au second acte, et les amours de la Carmencita bien vulgaires pour le temple classique des entrevues matrimoniales On n'apprécia guère davantage la partition, dont un seul numéro, la chanson du Toréador, obtint les honneurs du bi* : les plus indulgents et les mieux disposés qualifièrent celte première audition de t laborieuse ». et, tout en concédant au musicien qu'il savait son métier, jugèrent la mélodie « brumeuse », la coupe des morceaux « peu claire », les chœurs « tourmentés et ambitieux ». l'ouvrage eu somme ■ long et diffus Kn revanche, on distingua les costumes qu'avait dessinés Itetaille pour les dragons espagnols el Clairain pour l'héroïne de la pièce; on approuva la mise en scène et les décors: surtout on applaudit les interprètes. Bouchy el Mlle Chapur. parfaits tous ileux comme toréadors, el Micaela l.heiie. un José dont la voix laissait à désirer mais qui jouait avec chaleur: enlin Mme Galli- Marié. a laquelle les auteurs n'avaient pas songé tout d'abord (car ils avaient eu un moment l'idée de faire engager Mme Zulma IlouOar) et qui. par son allure, ses mines, sa grâce féline, sa hardiesse provocante et ses inflexions de voix, réalisant le tvpc de Carmen, fit du rôle une des créations les plus complètes de sa carrière dramatique. Mais, il faul bien

le reconnaître, nul parmi les spectateurs n'eut alors la sensation qu'il venait d'assister à l'audition dune œuvra de premier ordre, et que celte soirée du ■ i mars 187.?i marquerait dans les annales du théâtre et de la musique, puisque Carmen est, avec Miyuou, le succès le plus grand, le plus universel et le plus durable auquel la seconde salie Favart ait donné naissance. On sortait du théâtre avec moins d'illusions qu'en v rentrant, et l'on n'était pas éloigné d'approuver cette boutade d'un spectateur qui. apprenant la nomination de Georges Itizet comme chevalier de la Légion d'honneur le jour même de la première représentation, disait avec aplomb : t On l'a décoré le matin, parce qu'on savait qu'on ne pourrait plus le décorer le soir! »

Quelques années ont sulli pour retourner complètement l'opinion; mais, cet éclatant revire-

PARIS SOUS LA TflOISlKMK RÉl'lTBLïQli:.

lit

Lk fW<l hé novtrnp, pas koiiti .w n'après le tableau exposé en 1875. — (Collection ilo V A rl.)

\jt peintre espagnol MnrînM Korlitn; . né en lÊJi et mort en 1371, peu Je temp» <ipr.' - » nomination de membre ourr. *pon.! Je l'Inililol. Son «llegorir du h'aml, de «•nonol. repère d'.ipAth&te, i>ul, «11 IS75, un grmd iuo-f» » l'an», on il était trèt connu et venait «Sjourner fréquemment. Kortuny fut de «on vivant consider- conitif un l'.irmpn, quoiqu'il h >l>il.it Home, s>» ntivr.iges. rendu» epri* ni mort, ont illeinl de» pri» fort ««levé*.

ment, llizel ne l'a pas connu. Né a Paris le ï5 octobre 1K38, il mourait a Uou^'ival le mercredi soir 2 juin 1875, brusquement, si brusquement même qu'on se demanda si celle lin était naturelle. Les journaux publièrent qu'il avait succombé h une maladie de en-ur. En réalité, personne, pas

AXTOMIN MERCIÉ Sculpteur français.

n'jprè» un dt'»[n de Ch. WtbMHf.

(Bthlkrtheqoe Nationale. I

même l'ami le plus intime, ne Tut admis à le voir sur son lit de mort, cl celte inexplicable consigne laissa le ebamp libre à bien des suppositions. Chose curieuse, alors que le compositeur paraissait plein de jeunesse et de sanlé, une remine avait eu le pressentiment de ce malheur, et. quelque temps après. 51. Krnest Ile ver le racontait ainsi dans le Journal <fVs Ih'M* ; • Un soir, pendant le Irio des Cartes, Mme lïalli-Maric ressentit une impression inaccoutumée en lisant dans son jeu les présages dr mort. Son ctpur battait à se rompre: il lui semblait qu'un grand malheur était dans l'air. Ilentrée dans la coulisse, après des elïbrls violents pour aller jusqu'à la fin du morceau, elle s'évanouit. (Juand elle revint A elle, on essaya de Incalmer, de la rassurer; la même pensée l'obsédait toujours, le même pressentiment la troublait. Mais ce n'était pas pourelle qu'elle avait peur; elle chanta donc puisqu'il fallait chanter. Le lendemain. Mme Calli-Marié apprenait que dans la nuit lîizet ètail mort. »

A. Sot mies et Ch. .Malherbe.

(Hitto'xre de l'Opf'ra-Comiqur.)

Catastrophe du ballon le " Zénith".

L«y ascension a duré quatre heures, l'arli A midi de l'usine à gaz de la Yillette par un magniliquc soleil, l'aérostat atteignit vers une heure l'altitude de S.OOil mètres. Une

partie «les expériences, but de l'expédition, étaient terminées On monta encore cl à une heure vingt minutes on atteignit 7,000 mètres. < Sivel et Crocé sont pilles et je me sens faible, » écrit dans son journal H. Tissandier • Je respire de l'oxygène, <pii me ranime un peu Nous montons encore. Sivel se tourne vers moi cl me dit : « Nous

l .i w.\i i atmn «m DnRGEns

Tableau de ConciiRr. — Pri\ de Home. — Grand-prix de peinture de 18T.-»

1 1 aie «les Pcaux-Arti )

élail encore Irés lucide : j'avais les yeux sur le baromètre et je vois l'aiguille passer sur le chiffre de la pression 200, puis 280 qu'elle dépasse. Je veux m'èerier : « Nous sommes à 8,000 mètres ! • Mais ma langue est presque comme pural.vsée Tout à coup, je ternie les yeux et je tombe inerte, perdant absolument le souvenir : il c: ait environ

une heure et demie.

A deui heures huit minutes, je me réveille un moment:

le ballon descendait rapidement. J'ai pu couper un sac de lest pour arrêter la vitesse. Sivel et Cracé étaient encore évanouis au fond de la nacelle »

.Mais aussitôt après, l'néronaulc retombe dans sa syncope Un vent violent de bas en haut indiquait nue descente rapide.

• (Quelques moments après, ajoute-t-il. je me sens secouer le bras el je reconnais Crocé qui s'est ranimé :

• Jelez du lest, me dit-il. nous descendons > Mais c'est ù peine si je peux ouvrir les \eilX Cl je n'ai pas vu si Sivel était réveillé Je me rappelle que Crocé n délaclié l'aspirateur qu'il a jeté pardessus bord, cl qu'il a jeté du lest, des couvertures, etc. .

Tout cela esl un son venir extrêmement confus qui s éteint vite, car je retombe dans mon inertie plus complètement encore qu'auparavant. Que s'esl-il

avons beaucoup lie lest, faut-il en jeter? » Je lui réponds : • Faites ce que vous voudrez » Il se tourne vers Crocé el lui fait la même question, Crocé baisse la tète avec un si-ne d'afliimation Irés énergique Trois bîics sont vidés el le ballon monte rapidement. M Tissandier dit ensuite: t Je me sens toul à coup si faible que je ne peux pas tourner la tète pour regarder mes compagnons... Je veux saisir le tube à oxygène, mais il m'est impossible de lever le bras. Mon esprit

passé? Je suppose que le ballon, délesté, imperméable comme il l'était el 1res chaud, a remonté encore une fois dans les hautes régions A trois heures quinze minutes environ, je rouvre les yeux: je me sens étourdi, affaissé: mais mon espi'it se ranime l.e balbiu descend avec une vitesse effrav mile, la nacelle est balanccc avec Violence et décrit de grandes oscillations ; je me trouve sur mes genoux el je tire Sivel par le bras ainsi que Crocé. • Sivel! Crocé! in'érriai-je. réveillez-vous ! » Mes deux compagnons étaient

PARIS SOCS LA TROISIKMK RÊI'f BL10UK. 1*3

Une visite au Salon.

(30 avril )

rm s i|uinze jours environ d'un soleil d'avril,

accroupis dans la nacelle, la tète cachée sous leurs manteaux. Je rassemble mes forces et j'essaje de les soulever. Sivel avait la figure noire, les veux ternes, la bouche liéante et remplie de «an?; Crocé-Spinelli avait les veux fermés et la bouche ensanglantée » Ils étaient morts. Sivel était un ancien capitaine au long cours, quoique

A qui, plein d'accortise au début, avait fini par convertir ses caresses en morsures, mai nous est arrivé traînant après lui une de ces

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