‹ La Vie parisienneChapitre 121 sur 662 · IL M · texte numérisé non relu

IL M

LA SEMAINE

Le ballet tant prôné de la Maschera ou les nuits de Venise a été donné samedi à l'Opéra. Mais, à part la richesse des costumes et des décorations et malgré quelques applaudissements, la surprise première s'est transformée en déception. Mlle Amina Borchetti elle-même, en dépit de sa physionomie gracieuse et souriante et de l'aciéré de ses pointes, n'a pas reçu l'accueil qu'elle mérile. Ne serait-ce pas parce que nous ne sommes pas habitués à ce faire italien.

La salle élait splendide. L'Empereur et l'Impératrice s'y trouvaient : l'élite de la cour, de la diplomatie, des arts et de la finance semblait s'y être donné rendez-vous.

— Les journaux annonçaient enfin pour hier, vendredi, dans II ne faut jurer de rien les débuts aux Français de Mme Victoria. Il a dû y avoir fou'e.

— Les Italiens ont repris Martha.

Mlle Patli s'y est monlrée sous un nouveau jour qui lui a valu un grand et vr.ii succès. Elle a été simple et modérée dans son chant, repoussant ces exubérances de fioritures que ne peut admettre du reste la musique si sympathique de. M. de Flottow. Un bravo d'encouragement à cette enfant gâtée.

— On assure que Mistral, le poète provençal est à Paris pour diriger, au Lyrique, les ' dernières répétitions de Mirtillo.

— La Faustine de Louis Bouilhet a été représentée à la porte St-Martin. Succès douteux, — sans doute à cause de l'époque romaine (sous Marc- Aurèle) où se passe l'action, — en dépit de l'intérêt qu'y a mis l'auteur et de l'habile mise en scène du directeur.

Ce n'en reste pas moins un succès littéraire ?

— Un merveilleux prodige d'équitalion a été annoncé pour jeudi dernier au cirque Napoléon dans le Brigand malgré lui ou l'Escalade des roches périlleuses. Vingt-cinq chevaux et leurs cavaliers ont du franchir

des montagnes presqu'abruples, construiles là où se trouvait l'orchestre.

— La nouvelle Infante de toutes les Espagnes a été largement gratifiée à sa naissance. Sans compter le grand cordon que son père déposa sur son berceau, elle a reçu QUATRE-VINGT-DOUZE noms de baptême de ses parrain et marraine.

— C'est lundi et mardi que l'arislocratique troupe de Mme la princesse de Beauvau donnera, au profit de l'oeuvre de Ste-Anne, ses représentations de les Enfants d'Edouard et de Embrassons-nous, Follcville. Les jeunes cousines des Broban réciteront des vers dans les intermèdes.

— Ilossini est enfin sorti de son far niente, si l'on en croit le bruit qui court. Il aurait composé cet été dans sa villa de Passy une messe avec soli, chœurs et orchestration, dont on annonce une audition prochaine.

Mais si cela n'allait-être qu'une audition intime ou... une africaine !

— Samedi, à la première représentation de la Maschera, on a craint un duel entre M. J. M..,, un de nos grands financiers et M. B... l'un des administrateurs du chemin de fer de l'Est. M. J. M. . . aurait à deux ou trois

reprises refusé de rendre un salut que lui aurait donné M. B . . Les caries auraient été échangées. Mais depuis, d'après le Constitutionnel , M. ,1. M... se serait ravisé et, en présence de MM. V..., M... et C. ., il aurait exprimé son regret à M. B..., son adversaire.

— La vente Delacroix se continue avec succès à l'hô'el des commissaires priseurs. Enlr'aulres mots auxquels elle a donné naissance, je citerai : l'élévation et l'exaltation de la croix,

— Décidément les demi- mondaines ne sont pas toutes ce que pense le vain peuple des Cocodès.

En voici une, Mlle Cora Pcarl, une anglaise, qui consent à payer ses dettes et — mieux encore — débat les prix trop élevés des fournisseurs. Elle vient de faire diminuer de 1,000 fr. (au tribunal), une note de 9.500 fr. remise par Mme Houx de Florins.

Voici enlr'aulres des prix et des arlic'es qui nous semblent caractéristiques : « un deshabillé avec zouave soutaché, 12,ï fr.; un peignoir bébé mousseline, entre-deux valenci»nne, 200 fr.; six pantalons de toile avec entre-deux valencienne, 270 fr.; deux Gvibaldis organdi, 85 fr.; un saute-en-barque cachemire, 78 fr.; six chemises bapliste, avecvalencienne dans le haut et dans le Ij-s et chiffres brodées 840 fr.; etc. »

Que la vie va devenir clière à leurs Mécènes, si ces dames se rangent!

— On a vendu récemment à l'hôtel delà rue Drouot, un violon Stradivarius, pour 5,740 fr.

— Qui s'y serait attendu .' Voici que la musique a de l'influence si>r l'huile de pétrole. Nous reverrons bienlôt le miracle des trompettes de Jéricho.

Chez un M. V. Capouillet, rue aux Laitues, dit un journal belge, toutes les lampes brûlant à l'huile de pélro'e s'éteignent — chaque fois qu'on la répète, — à une certaine note donnée par un instrument en cuiwe. Il en est de même à un certain passage de certain quatuor. L'expérience ne faut jamais. ( Que ne nous indiquet-on celle noie, ce passage et ce quatuor?)

Il y a mieux : un professeur du Conservatoire de Bruxelles, M. Duhem, éteint, toute fois et quand il le désire, — hu:t lampes à la fois, d'un son de sa trompelle. — - Rien du gaz ni de l'huile à quinquet.

Quel est donc de mystère ?

— La chasse est fermée, au grand détriment des gourmets et au désespoir plus grand encore des amateurs, qui jusqu'à l'automne prochain devront mettre un frein à leurs exploits cynégétiques.

— M. Th. Pelloqueta tenté ces jours derniers, aux conférences de la rue de la Paix, une critique orale (qui devait-être hebdomadaire) des représentations théâtrales de la semaine. Son courage n'a pas suffi; il a du renoncer à la parole et s'excuser en se retirant.

PASCAL D

Couhses : — Les 6, I3|et 20 mars, à Lamarche; le 23, à Vmc'ennes. Régates : — Le 27 mars, la société des régates parisiennes, donnera une course d'ensemble des moyennes et petiles séries, avec des prix distincts.

Le Propriétaire -gérant, MARCELIN-

Paris.— Imp. VALLÉE, 15, rue Breda.

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