ONDA ARGENTINA
Nom d'un petit ruisseau qui coule au pied de l'Aventiri etqui va se jeter dans l'ëgoût de Tarquin (cloaca massimay. Cette eau^est d'une incroyable limpidité.
Dans un des vieux quartiers de Rome Coule un mince ruisseau qu'on nomme L'onde Argentine ; étroit canal, Si transparent et si limpide Que parfois on le «roirait vide, N'était par hazard une ridej Sur l'imperceptible cristal.
Cette eau diaphane et tranquille, Avant de passer par la ville Où doit se terminer son cours, Longtemps, dans sa course incertaine, Au gré du courant qui l'entraîne,
Erre du vallon à la plaine En poursuivant mille détours.
Tantôt elle arrose au passage Un site riant ou sauvage.
Tantôt un bouquet d'oliviers, Et plus d'une villa princière A fait passer l'humble rivière Sous la fraîcheur hospitalière De ses dômes de citronniers.
A peine un murmure insensible Signale sa course paisible Sur un lit de mousse et de fleurs; Telle dans l'ombre du silence Coule une heureuse adolescence, Sans connaître de l'existence Ni les chagrins ni les douleurs!
Sans doute l'heureuse fontaine A connu Virgile et Mécène, Sans doute, du temps des anciens, Ces eaux claires et pacifiques Tombaient en gerbes magnifiques,
Sur les parvis de mosaïques De leurs thermes patriciens.
Où bien sa naïade ignorée, Au culte des dieux consacrée, Épanchait son urne d'argent Dans des piscines d'eaux lustrales, Ou glissant sur de chastes d'ailes, Lavait les pieds nus des Vestales,' Vierges comme son flot changeant.
Et pourtant, ainsi va la vie, Celui que lo bonheur convie Rencontre le pire destin; La timide et chaste fonlaine, Uui n'osait murmurer qu'à peine, \ quelques pas de là se traîne Dans le cloaque de Tarquin.
EN CAREME