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PAIX ET LIBERTÉ

Puis :

RECUEIL DES ARTICLES PUBLIÉS PAR I.A PrCSSe EN 1865

Le public doit remercier M. Emile de Girardin de lui communiquer ses articles un an d'avance. Au moins sanra-t-il à quoi s'en tenir avant de s'abonner.

Je demanderai à la régie pourquoi, augmentant cbaque année le prix des cigares, chaque année aus=i elle en fabrique ou fait fabriquer de plus détestables ? Alphonse Karr prétend que l'administration a pour but de guérir les Français atteints de la funeste manie de fumer. La régie, que j'aime mieux croire qu'Alphonse Karr, dit que ce n'est pas sa faute si son tabac est gàlé, qu'il faut d'abord emp'oyer la mauvaise récolte et qu'ensuite on en aura une bonne.

Qu'est ce que la régie dirait d'une marchnnde de fruits qui ne voudrait se déf.iire des pommes saines qu'après avoir vendu les gâtées?

Une jeune Revue, admirablement rédigée d'ailleurs, a fixé le prix de son abonnement à cinquante francs, et donne en prime un ouvrage illustré par le plus connu de nos dessinateurs, du prix de soixante-d'x francs. — De quelle heure à quelle heure peut-on se présenter pour toucher les vingt francs qu'on nous offre si généreusement !

Le jour de la fermeture de la chasse, dans une battue sur ses terres, M. de *** a tué cent-sept pièces, dont un garde et son beau-père.

Il y a très, mais très-longtemps de ceci.

Un ministre avait fait appeler un peintre de talent dont le nom m'échappe, afin de lui parler d'un travail dont le gouvernement l'avait chargé. Son Excellence prend la pi rôle, discute, disserte, et en résumé, se lève sans avoir dit un mot du travail dont il s'agissait, mais ayant développé cent jugements ingénieux, sur Raphaël, Michel-Ange, Vélasquez, etc., etc. — Pardon, Monseigneur, dit l'artiste en se rasseyant , si nous parlions un peu de Richelieu?

Un statisticien affirme qu'on vient de mettre en vente la dix-millionième réponse à M. Renan.

Au dernier bal de Mme G.. . , on a fort remarqué l'élégante toilette du comte de X... Corsage dérolleteté, rehaussé d'ornements en vieille guipure; la jupe était enrichie de quinze volants en même dentelle. La comtesse sa femme était mise avec l'élégante simplicité qui la caractérise; habit à longues basi;ues, très-ouvert sur la poitrine et laissant voir le linge... La comtesse était coiffée à la Titus.

' On lit dans le catalogue de la vente de Delacroix : « Lions combattant des hommes ou des animaux. » Pourquoi ce doute ?

A l'une des dernières représentations de Mon tjoie, j'ai entendu la phrase suivante s'échapper des lèvres d'un monsieur assis à l'orchestre : « Je ne sais rien de plus adorable que la corporation de Mlle Pierson... Que diable ! pouvait-il entendre par ces paroles.

On me disait ce matin que la vente de Delacroix avait produit 000,000 fr.— 800,000 fr.. a ajouté quelqu'un. — 11 parait que la Bourse a donné; c'était une rage.

Un pâté d'encre fait par le grand coloriste et non signé, 200 fr.

Un autre pâté d'encre, presque de la même grandeur, mais signé, 500 fr.

Quand la Bourse donne!

Les bons dessins se sont vendus horriblement cher, et c'était justice. Mais 1 es autres? On parle de la coterie des Ingristes. — Je ne trouve pas les admirateurs de Delacroix moins exclusifs. Cet engouement furieux et aveugle est trop exagéré pour qu'on puisse le croire sincère. Je ne crois pas, dans tous les cas,

que les qualités un peu âpres et farouches du grand maître soient de celles qu'un public de gens du monde puisse goûter sincèrement.

Si l'on doit se méfier de l'exagération et des excès de la mode, c'est surtout dans les hommages rendus à la mémoire/d'un homme.

Cette, semai,-,», il est convenu que Delacroix n'a jamais eu des défauts, — jamais : — Mais enfin, est-ce que vous ne trouvez pas que dans la chapelle de Saint-Su Ipice. ..

— La chapelle de Saint-Sulpice "... Ah ! tenez, vous me feriez sortir de mon caractère; jamais la puis-ance flamboyante de son é;ourdissant génie... Vous connaissez la phrase comme moi.

Lemùnx, c'est qu'à la mort de M. Ingres, que je ne souhaite pas, le même public qui s'est pâmé aux premières représentations de Ponsard, qui s'est rué sur des plats ébréthés de vieille faïence de Bouen et les a payés au poids de l'or, sans d'ai.tre raison que celle de la mode qui aujourd'hui s'agenouille devant deux traits de plume de Delacroix, sera aussi enthousiaste, aussi furieusement partial, et, les larmes aux yeux, échangera des billets de banque contre un pâle petit croquis fait ave un clou et représentant une élude de cuirasse faite pour la Jeanne d'Arc.

Toute la ville de Saint-Malo, raconte très-spirituellement le Constitutionnel, est en émoi. Un hôtelier de cette vil'e, en ouvrant une huître, a été mordu par l'animal, — devenu furieux, sans doute. — La main et le bras de la malheureuse victime se sont subitement gonflés, enflammés, et la mort s'en est suivie bientôt. Un des garçons, également mordu, serait dans un état alarmant.

On ne saurait nier dans ces actes de violence des intentions de vengeance, qui, quoiqu'un peu tardives de la part de ces pauvres animaux, son* excusables après tout. On a dû procéder à quelques arrestations.

Dernièrez nouvel es. — On parle d'un soulèvement général de tous les bancs. Ce n'est encore qu'un bruit vague. On aurait donné immédiatement l'ordre aux employés de la douane de visiter avec soin les bourriches à leur entrée eu France, dans la crainte d'armes cachées.

Une circulaire annonce que les artistes membres de l'Institut, décorés ou ayant obtenu une médaille de 1 2° ou 3° classe, sont exempts du jury. Il n'est pas parlé des médaillés de Sainte-Hélène.

On fait circuler le bruit qu'au prochain bal costumé de la duchesse de B... M. Ingres aurait l'intention de se travestir en Pureté de la ligne.

Gustave Doré est en train de brosser les décors d'une grande pièce de V. Sardou, qui s'appellera Bon Quichotte, et qui sera représentée cet ét, au Gymnase. Ne sachant à qui confier le rôle de l'âne de Sancho, M. Montigny se serait, dit-on, adressé à la Compagnie Nantaise.

Le Pai/s a publié la semaine dernière la charade en vers de M. Ponsard représentée cet hiver à Compiègne. Elle a été composée pour le petit Prince Impérial qui y remp:issait le rôle de l'Amour. Le, mot était : AB.MEAUN1D pour Harmonie. Monsieur Ponsard, voilà une singulière leçon d'orthographe ! Écrivez-vous donc aussi : IIARMOBBAS ?

On a fait sur le directeur d'un journal excessivement satirique, et marchant à grands pas à la fortune, le mauvais couplet que voici, sur l'air de Cadet- Roussel :

Cadet-Rousse! a trois chevaux, Un peur les monts, deux pour les vaux; Et quanti il va voir sa maîtresse, Il les met tous les trois en lléche.

Ah ! ah ! ah ! oui vraiment, v'ia c'que c'est d'n être pas bon er.fanl!

En sortant d'une réprésentation du Mau/uis de Villemer, à propos des personnages plus beaux que nature, que Georges Sand s'est plu comme toujours à mettre en scène, quelqu'un a dit :

Ni hommes, ni femmes, tous honnêtes gens ! X.

L'abondance des matières nous force à supprimer aujourd'hui la Reçue de la Semaine,

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