‹ La Vie parisienneChapitre 164 sur 662 · I. MOI. — par MM. Labiche et Martin · texte numérisé non relu

I. MOI. — par MM. Labiche et Martin

Je crois que les Français tiennent enfin leur succès de l'hiver; succès mérité mais peu consolant pour l'humanité, car il est basé sur la vérité des caractères. C'est l'égoïsme que MM. Labiche et Martin ont pris corps à corps et su disséquer et stigmatiser sans les aboiements de Destrenais ni les tirades humanitaires des drames du boulevard. Dans la pièce du Théâtre-Français, l'égoïste porte en soi sa propre punition, l'abandon, qui découle tout naturellement des faits et des péripéties qu'il crée sans le savoir ni le vouloir : il ne fait que recueillir ce qu'il a semé. C'est tout bonnement vrai avec tout le terre-àterre de la vérité.

On ferait une bien jolie comédie en pendant à celle-ci, en prenant au contraire pour 1ype l'égoïsme intelligent dont la formule est : Ne faitts pas aux autres, etc.

Les deux égoïstes dont il s'agit dans la nouvelle pièce n'appartiennent pas à l'espèce intelligente : ils sont simplement deux variétés de l'espèce commune.

L un, La Porcheraie, avoue franchement son péché mignon; il le proclame, l'élève à la hauteur d'un principe et s'en fait gloire : c'est un Montjoye qui est né tout arrivé et ne veut laisser entamer son petit bonheur par aucunes des obligations ni aucuns des devoirs de la société. Il a une femme, et s'en est séparé après six mois de mariage, et lorsque celle-ci, après dix ans de séparation, veut le forcer le code en main à lui laisser réintégrer le domicile conjugal, il s'étonne qu'il y ait un article 214 qui lui en donne le droit après une aussi longue séparation « sans nuages, » et il s'écrie :

— « lille a cédé sans doute à des conseils amis. Il y a des gens qui ne savent qu'inventer pour troubler les ménages. »

L'autre, Dulrecy, n'avoue pas son vice, même à lui-même, encore moins aux autres, et essaie de se donner le change; il est de bonne foi et se trouve méconnu. 11 soigne sa santé, prend des bains de pluie, ne déjeune jamais seul par ordonnance du mé ecin, et quand il sent qu'il va se mettre en colère, il sait se contenir de crainte de se faire du mal : il crie à demi-voix. Il a un vin pour lui et un autre pour ses invités ainsi que les cigares d'amis. Celui-ci est le héros de la pièce comme appartenant à la variété la plus répandue.

Il y a une scène au dernier acte qui le peint de main de maître.

Lors qu'espérant trouver dans une jeune femme une bonne gardemalade qui le soignera et le dorlotlera, il se décide à épouser sa nièce; une amie de celle-ci, pour le dissuader, se met à lui conter combien elle a été malheureuse avec son vieux mari goutteux ei morose :

— « lit lui? »

— « Il ne s'en est jamais aperçu. J'ai toujours été pour lui bonne, et souriante et je l'ai suigné jusqu'à son dernier jouravec le dévouement le plus absolu. »

— « Eh bien ! qu'est-ce que je demande? »

Il y a ainsi une foule de mots heureux, non de ces mots acerbes et désillusionnants qui vous forcent à rire, il est vrai, mais vous laissent comme un remords et vous arrivent comme un seau d'eau froide au moment le plus pathétique. On peut être drôle sans être méchant; ce n'est pas si difficile qu'on croit de faire rire : marchez sur la patte d'un chien pendant le finale de la Lucie, elje suis certain que toute la salle éclaiera.

Dans la pièce des Français, les mots procèdent tout autrement : ce sont de bonnes plaisanteries, sans fiel, qu'on peut recevoir en pleine poitrine sans chanceler. C'est ainsi que M. Émile Perreire a pu, dans sa stalle, partager l'hi.arité de la salle lorsqu'on a parlé de la Grande Compagnie immobilière. 11 en a ri le premier et plus que personne.

Comme de juste, en opposition avec les deux égoïstes, il y a deux jeunes gens qui piatiquent le dévouement et le sacrifice et en sont récompensés au dénoûment tout aussi naturellement que les autres sont punis.

Ace sujet, j'exprimerai un regret. Pourquoi n'avoir pas créé une troisième variété d'égoïste : l'égoïste jeune ? Je sais bien qu'il est de convention que l'égoïsme est uu vice des hommes de quarante ans qui pousse avec le \ en Ire; mais, dans ce siècle de mobilier ei primes fin-; ourant :

« La valeur n'attend pas le nombre des années. »

Nous y aurions gagné probablement un acte de plus à la pièce de MM. Labiche et Martin, et personne ne s'en serait plaint.

Il y a eu, au l«r acte, un incident touchant. Lorsque Lafontaine a rappelé la mort héroïque de ce brave officier qui, à Cherbourg, s'est dévoué pour sauver de malheureux pêcheurs en danger, les bravos

spontanés et enthousiastes de la salle ont prouvé que l'auteur ne s'était pas trompé en comptant sur la fibre généreuse du public. Je n'aime pas, en général, les allusions directes, mais j'ai été bien heureux de cet hommage rendu à ce pauvre Besplas. Il me semble encore le voir avec sa bonne figure, énergique et douce à la fois, lorsqu'il no s racontait ses campagnes de Chine. Pauvre et brave garçon !

On ne peut mieux jouer que ne l'ont fait Régnier et Got, les deux égoïstes. Quant à Lafontaine, qui est trop marqué pour son rôle de jeune homme de vingt-cinq ans, je ne puis en dire autant. Il dit les tirades comme on chante une cavatine, alternant sa voix de poitrine avec sa voix de lêle : tout comme Mario, mais moins heureusement. Et puis, lorsqu'il veut faire de l'émotion, il prend des temps et halète comme s'il venait de monter à la colonne Vendôme.

Les toileltes de bal de M"es Dubois et Hicquier sont d'un goût sobre et charmant. — Rien de chez Worth.

Je ne sais où étaient les coryphées habituelles des premières représentations lundi dernier. La salle était presque exclusivement honnête : le Sénat, le conseil d'État, le Corps législatif y étaient représentés, ainsi que la politique et la haute finance, par ses membres les plus marquants. La presse, comme de juste, était à son poste, mais en garçon, à une seule exception près. Peu ou point de toquettes, seulement juste ce qu'il fallait pour faire tache.

Je ne sais si on a aboli la claque au Théâtre-Français, ou si elle avait mal répélé, mais, ce qu'il y a de positif, c'est que je n'ai pas entendu ce bruit automatique et agaçant qui part à un moment donné comme par une détente et ressemble à une grosse pluie de printemps tombant sur un toit de zinc. Je suis étonné qu'on n'ait pas inventé, pour la remplacer, une sorte de crécelle gigantesque, mue au besoin par la vapeur, que le souffleur ferait retentir à volonté en lâchant le piston.

Quoi qu'il en soit, MM. Labiche et Martin n'ont pas eu à regretter la claque : le public l'a remplacée avec avantage.

CHRISTOPHE

il. — IL NE FAUT JURER LE RIEN

pau Alfred de Musset

Je me hâle de dire, avant tout, qu'il est impossible de monter une pièce avec plus de soin et de respect, et si je regrette un instant l'exquise dislinclion de M"10 Allan qui, autrefois, dans le rôle de la baronne, trouvait moyen d'êlre fantasque et bavarde sans cesser d'être grande dame, je suis bien forcé d'avouer que Ml|e Victoria joue le rôle de Cécile avec une adorable perfection ; je suis forcé d'avouer qu'Alfred de Musset lui-même, ayant à choisir une actrice pour ce rôle difficile, n'aurait pu souhaiter plus de grâce, de cœur, de pureté. — Mais e le eu la seule qui, pour moi, rentre absolument dans l'idéal de son rôle, et en rende toutes les exquises finesses.

Pourquoi f tut-il qu'on ait coupé tant de passages adorables dans la scène de la forêt ; pourquoi faul-il que les difficultés matérielles aient forcé de supprimer des scènes ou d'en confondre deux en une seule pour simplifier les décors? Que font les décorations à ce petit chefd'œuvre? ne serait-on pas tenté de dire à l'administration : mettez un paravent, mais pour l'amour de Dieu ne retranchez rien ? Rendezmoi ma pièce, intacte, complète, telle que je la sais, telle que je la lus pour la première fois, telle qu'elle est dans mon vieux livxe, telle aussi qu'elle est dans mon cœur. Rendez-moi le ciel parsemé d'étoiles sans lequel lascène de la forêt ne se comprend plus. Rendezmoi les chaudes larmes que me fit verser le poète. Rendez-moi mes 18 ans.

Aucun directeur de théâtre ne se chargera, je le sais, de me rendre tout cela; aussi dirai-je simplement que 11 ne faut jurer de rien est une de ces pièces délicieuses qui perdent fatalement à la scène, en dépit du talent de ses interprètes, en dépit du soin avec lequel elles sont montées. Elles restent, à la rampe, inférieures à l'idéal qu'on s'en est fait. Elles vous sont entrées trop profondément dans le cœur; elles se lient trop intimement à vous même, elles ont fait naître dans votre vie des émotions trop profondes pour qu'un tiers entre elles et vous soit supportable; or, l'acteur est précisément ce tiers importun.

N'avez-vous pas, dans vos vieux papiers, une lettre que vous n'avez jamais osé biûler, une lettre chérie, toute tachée de larmes, toute frémissante des baiseis que vous y avez déposés; votre cœur et votre jeunesse sont encore là vivants; vous l'avez lue cent fois, et vous tremblez encore quand vous en soufflez la poussière et y jetez les yeux. Si un étranger se chargeait de vous la lire, si bien qu'il lut, vous en seriez indigné.

Je ne suis point sorti du Théâtre Français indigné, ce serait trop dire. Mais rentré chez moi, j'ai relu ma pièce chérie et je me suis, dit : A la bonne heure! et j'ai soufflé ma bougie.

Cette impression m'est toute personnelle, et je n'aurais pas osé en parler si je n'étais convaincu qu'elle est partagée par toute cette génération pour laquelle Alfred de Musset ouvrit, de sa clef d'or, les portes de la jeunesse ; pour cette génération qui sait Rolla par cœur et conserve avec religion le pieux souvenir des premières larmes.

Pour dire toute la vérité sur la reprise de 11 ne faut jurer de rien, aux Français, il faut avouer que Mme Augustine Brohan joue en dépit du bon sens. L'idéal de la distinction ne consiste pas, je vous l'assure, madame, à parler beaucoup trop fort, et' à imposer ses violences de débit par un aplomb inso.... exagéré. — Voyez ce. que la monotonie du vacarme, secondée par un aplomb infernal, ont produit chez ce pauvre M. Monrose.

M. Monrose. est pourtant un bien grand exemple à éviter.

Quant à M. Delaunay, on peut dire, sans méchanceté, qu'il est en carlon. — M. Brindeau, tout au moins, avait une certaine réalité, et sentait son mauvais sujet de bonne maison. — Je suis sûr que M. Dressant avec une ombre de moustache eût été préférable.

11 s'en suit de cette fade et conventionnelle interprétation, que MM. Provost et Got paraissent exagérés. — Ml Goé, surtout, qui n'est que vrai, et finement vrai, paraît trop coloré, grâce aux pâleurs de ses voisins.

CHOSES DU JOUR

Quoi 1 Lisette, est-ce vous ?

Vous, en riche toilette,

Le Théâtre-Français s'est fijt faire un habit neuf ; le Théâtre-Français a pris un tailleur à la mode, et. sous sa riche toilette, sous ses bijoux, sous son aigrette, on ne reconnaît plus le Théâtre-Français.

On est obligé de demander son chemin, et l'on reste pétrifié devant l'escalier monumental qui conduit à la première galerie. Cet escalier ressemble pas mal à celui de l'ancien musée du Louvre, le chef-d'œuvre de Percier et Fontaine. On y foule un vrai tapis, rouge épais, et du plafond descend un énorme lustre d'un Louis XVI empâté et disgracieux. Quant au foyer, à la grande salle qu'on vient d'ouvrir à l'extrémité de la galerie des bustes, cela ressemble à tous les cafés chantants présents et à venir. D'énormes glaces sur lesquelles s'étalent de grosses guirlandes en cuivre repoussé, — un plafond surchargé, d'ornements de mauvais goût et un ciel trop bleu occupant ie milieu de celle étalage de bijoutier de province. A l'une des extrémités, une colossale cheminée en marbre, parée d'un bas relief banal et terne. — En face, le... — une drôle d 'idée!

Figurez-vous une baignoire en marbre, et sur cette baignoire, au milieu, et

un peu exhaussé, le chef d'oeuvre de Houdon, le Voltaire assis. Ce diamant, au milieu du clinquant, fait un singulier effet. A droite et à gaHch.3 du Voltaire, des fleurs achèvent de remplir la Daignoire. Je voudrais, au milieu de ces fleurs, deux petits jets d'eau ; un d'eau froide et un d'eau chaude.

C'est une chose singulière, je m'étais imaginé le foyer du Français tout autrement. Je me figurais les magnifiques bustes se détachant sur un fond harmonieux de vieilbs tapisseries, peu ou point de dorure et le Voltaire sur un piédestal discret, trônant dms celte salle comme un grand seigneur dans son propre salon.

N'était-ce pas là l'idée? Ne fallait il pas, au théâtre qui se p:que avec raison d'être le dernier asiie de nos chefs-d'œuvre dramatiques et qui représente en Europe le bon goût littéraire, qui, grâce aux subventions de l'Etat, n'a point recours aux moyens ordinaires pour attirer la foule, qui, enfin, n'est point une boutique, mais une sorte de temple, ne fallait-il pas, dis-je, à ce théâtre, un foyer qui n'eût rien de commun avec l'Eldorado, l'Alcazaz, le café du Géant, et le rnaaasin de Potil et Chabot?

Un maîire de maison qui possède, comme le Théâtre-Français, des merveilles artistiques, se doit à lui-même et aux autres de les placer pieusement dans un milieu qui les laisse briller et ne les insulte pas par les éclats d'une ornementation à 6 francs le mètre.

Ah! Lisette, je vous préférerais sans aigrette et sans bijoux! — Jeté préférerais, vieille salle entumée, grave, un peu triste, passée de mode, où les jours de première représentation, on voyait M. Janin, maintenu dans sa cuirasse desatin noir, se chauffer le gras des jambes au milieu des potentats de la critique. Comme il rne semblaient beaux ces princes de lesprit, il y a longtemps de cela! et comme j'aurais payé cher le droit d'*n écarter deux ou trois pour réchauffer un peu à la cheminée de Molière mes pauvres pieds de collégien transis par quatre heures de queue.

Mais peut-être le souvenir de mes premières impressions me rend-il trop sévère. Je regrette les corridors étroits et incommodes, les escaliers iiiffiles que j'enjambais quatre à quatre, au son grincheux des six violons d aveugles qui précédaient le lever du rideau ; je regrette ce parfum de vieillerie, ce mépris du luxe à la mode, ce je ne sais quoi d'un autre âge, qu'on trouve partout ri- Oieule, mais qu'on vénère chez ses grands parents.

Armand a-t-il assassiné Maurice Roux , ou ce dernier a-t-il voulu se procure- r une honnête aisance aux dépens du premier? Telle est la question à l'ordre du jour... Je ne me charge pas de la trancher; mais quel domestique insupportable que celui qui met son maître dans la nécessité de l'assommer 1

Les accidents ont , comme les actes, un cours réglé. Ils arrivent par séries : à la Marche, le premier dimanche, une foule de culbutes sans aucune lésion. Le dimanche suivant, culbutes moins nombreuses mais désastreuses pour les cavaliers, évanouissements, contusions, fractures (Quinton s'est cassé la jambe), et dimanche dernier la journée a été néfaste aux chevaux : Bas-bleu s est déboîté le boulet de la jambe hors monloir, et Moritona s'est tuée à la rivière... ce qui a fait dire à mon voisjn : « Osez blâmer, après cela , les courses de taureaux! »

Les visite- rs se succédaient auprès du lit d'un de mes amis qui s'est cassé la jambe ces jours derniers :

— Tu as reçu comme un ministre, lui disait sa mère.

— Oui, répondit-il, cotrinii un ministre dans son portefeuille.

conseil d'un fils a son père. — V Autographe publie une pièce de vers de Outras fils à Dumas père : Coule dans ton lit de roseaux', dit le fils.... Espérons que le pèie n'en fera rien.

Le montant de la vente des manuscrits de Mme la duchesse de Berry s'est élevé à !'S,075 fr.

C'est M Barbev de Jouy qui a acquis (les uns, disent pour 1 empereur; les aulres, pour le musée des Souverains) le précieux Livre d'heures du roi Henri II et de la reine Catherine de Médicis, qui contient 55 portraits miniatures de Clouet , dit Jones , et S de Petitot , représentant des membres de ia mai on de France. Le prix s'est élevé 'a 60,000 fr.

Les deux numéros les plus chers ensuite ont élé Liber de vita Christi, de Ludolphe le chartreux, trois volumes rehaussés d'un grand nombre de miniatures, adjugés pour 3,800 fr. à M. Didot, et les Heures de la Vierge, 107 miniatures et 2i vignettes au marquis Costa de Beauregard , pour 3,500 fr. —

M. Courbet a déjà envoyé au Salon, un tableau dont le sujet ne manque pas d'un certain piquant. Comme il est possible que le commissaire de police prive le public de la vue de cette toile, je crois être agréable en en disant un mot : Une femme tout à fait sans voile — et vous savez avec quelle élégante distinction l'auteur des baigneuses traite la nudité — se vautre sur un lit ; une autre de ses compagnes, dans le même accoutrement, lui parle avec animation.

— Mon cher, me disait un de mes amis, il y a un morceau dans la cuisse qui est peint! vois-tu, c'est à en manger! — Où la faim peut-elle vous conduire, grand Dieu I Le jour où il en mangerait, je ne le reverrais de ma vie.

Autre tableau entrevu en courant. — Un corps de femme étendue sur une table de la Morgue. Mille accesso rs d'une délicate réalité l'entourent, et. dans le fond, la mère de la victime, accablée de douleur, se précipite dans les bras d'un sergent de ville. Les croque-morts de M. Lambron sont dépassés. — Pourvu que le commissaire de police de tout à l'heure n'aille pas encore nous priver de ce petit morceau !

Les nouvelles élections du jury pour l'exposition de peinture donnent, en tous points, raison à l'administration.

— Vots-iu, me disait un coloriste de mes amis, l'Institut c'est la tête du Turc, quand on tape dessus il faut amener 500 ou ne pas s'en mêler. Mon ami le coloriste doit, être content, nn a amené db'O.

C'est mercredi dernier qu'a eu lieu à l'École lyrique la représentation de la comtesse Julie Bathyany Apraxin. dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs. Jamais la salle de la salle de la Tour d'Auvergne ne s'était trouvée à pareille fête : on se serait cru dans un salon et la rue était encombrée d'équipages armoriés. 'La noble débutante a interprété le; rôles de Phèdie et du Gamin de Paris. C'est ce qui s'appelle prendre le taureau par les cornes. Dans Phèdre, elle a été réellement étonnante si l'on tient compte de son origine et du peu de temps qu'elle est en France; elle porte surtout le peplum comme si elle n'avait jamais subi le joug de la crinoline et de la ceintu-e régente.

Entre les deux grandes pièces on a essayé de jouer une petite comédie dont elle est l'auteur, Un rêve d artiste, mais on a dû baisser le rideau à la seconde scène par suite d'un accident grave arrivé à la toilette du jeune premier.

Mrae Balhiany, qui est une vraie Bathyany et une vraie Apraxin — rien moins que cela — n'en est pas du reste à son coup d'essai ni en littérature ni en théâtre. Elle a publié plusieurs romans et nouvelles en français, Ilona et lima Szerendy, soit sous son nom, soit sous l'anagramme Eihij Nixarpa, et a paru sur la scène eu Hongrie sous le pseudonyme de Julie de Bude. — Peslh ! — pardon.

Pour sa représentation, el e a étudié Phèdre avec Beauvallet et Samson et le Gamin avec Bouffé. C'était tout simple, mais ce qui était moins facile à trouver, et cependant tout aussi nécessaire; était un professeur de toupie. Que faire? La charmante comtesse ne recule devant rien : elle prend une voiture et se fait conduire au Château-d'Eau. Là, elle avise quatre gamins qui jouaient une partie de dormeuse; elle s'approche d'eux et leur donnant un louis elle leur demandé de la laisser jouer avec eux. Les t'tis empochent la pièce et, ramassant à la hâte leurs toupies, s'empressent de s\sb<uner. — Qu'on nie encore l'esprit des gamins de Paris! — Elle a dû chercher alors un professeur à domicile, mais il partit que celui-ci lui a volé son argent tout comme les gugustes.

Ahlles principes!... Ces jours derniers on parlait, (levant une dame, de certain livre assez scabreux. Comme elle n'en manifestait pas moins l'envie de lehre:

— Quand voulez-vous que je vous l'apporte? lui dit son interlocuteur.

— Après le Carême, répondit-elle. &

LES GRANDES INDUSTRIES DE PARIS. — LES NOUVEAUX MAGASINS DE LA PORTE-MONTMARTRE

Une enseigne-blason, un escalier Drincier, "H personnel très-dist'n£ué voilà le faubourg- Montmartre àla hauteur du faubourg St Germain. ;

— Kest-ce pas , maman, qu'il est bien plus gentil que pa^a, le monsieur qui ouvre la porte

Il est si joli, ce dessin dfc la ramp^ de l'escalier, que cette dame a \ oulu absolument en l'aire broder un pareil sur son par dessus.

ri "V

DISTINCTION l

BONHEUR SDR TERRE CONSULTATION NON GRATUITE MAIS OBLIGATOIRE Av e un habit signé Durvis, VOUS SG-

D»r nDSrvism'de° la ïorte" Mont* Impossible, en effet, d'oser se montrer au Bois, sans avoir été à la Porte- Montmartre, consulter riez parfaitement reçu à la cour. £artre. ' Durvis sur la manière dont on porte ses habits d'amazones. — Même sans incitation ;

Page 1