‹ La Vie parisienneChapitre 201 sur 662 · L'ÉTERNELLE QUESTION DU MAQUILLAGE · texte numérisé non relu

L'ÉTERNELLE QUESTION DU MAQUILLAGE

La question il u maquillage n'est point encore résolue; nous trouvons dans un article sur I] vie moil> rit, île Ch. Beaudelaire, paru dans le Figaro, re pissag' cloquent destiné à p ner un rude coup aux adversaires do cette mode encore un peu honleu. e.

T. a femme est bien dans son droit, et même elle eronmplit une espèce de devoir en s'npnliqnanl à par ilre magique et snrnalnreHft; il faul qu'elle étonne, qu'elle eharree : idole, o|k doit se dorer pour elr» adorée bile doit donc emprunter a Ions les arts les moyens de s'élever au-deesus rie la nature pour mieux subjuguer les erenrs et frapper les esprits. I importe tort peu que la rose et l'artifice soient connu5 de 'ous, si succès en est certain et l'effet irrésistible. C'est dans ces consHéralbrif que l'artiste philosophe trouvera facilement la IfSgi'imn'inn de tontes les pratiques employées dans tous les temps par les femmes pour consolidei et diviriser. pour ainsi dire, leur frappe beauté. I.'énnméralion en serait, innombrable; mais, pour nous restreindre à ce que noire temps appelle vulgairement mriqirilïnoe, qui ne voit que l'usage de la poudre de riz. si niaisement anathémattsé par les philosophes candides, a pour but et pour résultat de faire disparaître du leinl Inities les taches que la nature y a outragensemenl semé' s. el de créer une unité abstraite dans le grain et la couleur de la peau, laquelle ttnilé. comme celle produite par le maillot, rapproche immédiatement l'être humain de la statue, c'est-à-dire d'un être, di'in et supérieur? Quant au noir artificiel qui cerne l'œil et au rouge qui marque la partie supérieure de la joue, lien que I usage en soit tiré d.i même principe, du besoin de surpasser la nature le résultat e t fait pour satisfaire a un besoin tout opposé. Le rouée et le noir représentent la vie, une vie surnaturelle et excessive; ce cadre noir rond I" rétro rd plus profond et plus singulier, donne a l'œil une apparence pln< décidée de fenêlre ouverte sur l'infini ; le ronge, qui enflamme la pommelle augmente encore la clarté de la prunelle, et ajoute h un henn visage féminin la passion mystérieuse de la piêlresse.

Ainsi, si j ' suis hie ' compris, la peinture du visage ne doit pas être employée dans le but vulgaire, inavonab!e, d'imiter la naluio et de riva lis- r avec elle. On a d'ailleurs observé q e l'arltfice n'emhelliscni' pas la laideur, et ne pouvait servir que la branlé. Qui o-erait assigner à l'art la fonction slérile d'imiler la pure nature? Le tnaquil'age n'a pas à se cacber. à êviler de se lasser deviner; il peut, au contraire, s'étaler, sinon avec affeclaiion. au moins avec une espèce de candeur.

Je permets volontiers à ceux-là, que leur lourde gravité, empêche de chercher le beau jusque dans ses plus minutieuses manifestations, de rire de mes réflexions et n'en accuser la puérile solennité; leur jugement austère n'a rien qui me touche; je. me contenterai d'en appeler auprès des véritables arlisles, ainsi que (les femmes qui ont reçu en naissant une étincelle de ce ieu sacré dont elles voudraient s'illuminer tout entières.

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