LA MODE
Los courses ont. été brillanles. C'était, parmi les femmes, à qui serait la plus jolie et surtout originale; toules ont essayé à l'être, beaucoup ont réussi. La mode actuelle s'égare assez volontiers dans les mille chemins de la fantaisie pour que I on ose s'ajusler d'après ses propres inspirations et selon son air, ce qui est le plus sûr moyen de plaire.
Cela ne m'empêchera pas de désigner ce qui est généralement adopté, car en dépit de la latitude que .ous laisse le caprice, il est ries choses qui nous servent, pour ainsi dire, de point de repère dans notre costume féminin.
Voici la saison des toilettes de mousseline. Je les conseille beaucoup. Rien n'est plus joli que ce blanc nuageux dont s'enloure ure femme. La grande Maison de Blanc l'a b en'compris en créant ses coquelles malinées el ses voilettes de déjeuner.
Ces dernières toilettes sont le dernier mot de la coquetterie en négligé, — la plus dangereuse des coque: leries ! ■ — Voyez plutôt.
Une ample et longue jupe de mousseline ornée d'une ruche formant grecque; une veste en mousseline simulant par devant le gilet sur lequel elle s'arrondit et se terminant par derrière en demi-pans d'habit. *
Le tout encadré de la ruche.
Une autre toilette analogue ; jupe de mousseline avec entredeux de plis crevés encadré de ruches. Veste couverte de plis crevés, formant pans d'habit et ornée de ruches.
Les innovations de la qraivle M«is m de Blanc, sont toujours trèsheureuses, du reste il n'en peut Cire autrement. Elle ne pouva.t rester au-dessous de sa réputation européenne.
J'ai remarqué clans ses salons de fine lingerie des bonnets d'appartement et des parures dont la forme et l'arrangement ne saurait trop se définir. Comment expliquer l'effet d'un ruhan tourné , d un bouillon fourré de velours, d'uni: dentelle chiffonnée avec art t Ce que je constate, c'est que toules ces fantaisies sont de haut goût et d'une grâce à captiver le regard de ceux qui se moquent le plus de nos modes.
A cette heure la Compagnie Lyonnai e est le véritable temple du goût et du luxe. Son exposition du mois dernier élait splendidc. Tout Paris l'a visitée. C'est là où l'on pouvait prendre les renseignements les plus exacts à propos de la mode.
.1 ai parlé le mois dernier de ses robes de mousseline peintes, de ses moires et de ses taffetas; parlons aujourd'hui de ses châles, de ses vèlemenls et de ses dentelles.
Je cite comme très-haute nouveauté, un châle de grenadine, à fond violet, ou de toute autre couleur, — encadré d'une large dentelle blanche, tissée et non raltachée à l'a suile de l'étoffe.
Il y a aussi les châles de grenadines avec festons de couleur et petite bordure brodés (ceci est très-parisien). Puis les châles de cachemire blanc avec broderie noire et encadrement noir. (Également de irè»-haut goût.)
On remarque des châles de grenadine double, depuis les plus simples jusqu'aux plus richement brodés. Quelques-uns de ces derniers offrent de merveilleuses broderies dont les motifs, — Musée Càrnpana. sont plutôt c insidérés comme des œuvres d'art et des curiosités que comme des objets de toilette.
Les vêtements sont plus variés dans la forme. Je cite le paletot Marquise, très-ample par le bas, ^râce à d'énormes plis partant, derrière, de la riche passementerie marquant la taille, — partant, sur les côtés, de deux mignonnes poches couvertes de broderies.
La rotonde en drap pourpre, pour bains de mer, toute rayée de noir et lormanl par derrière un gros pli Watteau, décoré de passe-
menteries rouges avec glands noirs. Celte rotonde fermée par de riches plaques de passementerie rouge, drape admirablement une femme. Pour jeune fille il y a le Pahtot-k bit; vêtement très-cinlré sur lequel des morceaux de taffetas blanc rayés de velours noirs jouent les revers eL les basques de t'habit, les boutons blancs sont traversés do petites croix noires. C'est excentrique un peu et joli beaucoup.
Je ne parle pas des rotondes de dentelle de la Compagnie Lyonnaise; mes lectrices savent toutes que cette maison est la première dans chacune de ses spécialités. S'habiller à la Compagnie Lyonnaise, c'est acquérir un cachet inimitable, de distinction et de goût ; s'habillât-on le plus modestement du monde. Je parlais des rotondes de dentelle Celle de Cmnbmi est belle et très-recherchée. Je dois donner à son sujet une indication qui a son importance, liés son début, la rotonde de dentelle était petite, puis on la fit grande, trop grande même, et l'on en revient, avec raison, à une dimension moyenne.
Il y a aussi un autre progrès.
La grande rotonde présentait depuis le cou jusqu'au bas de la jupe une ligne trop longue. On y a remédié en y ajoutant un capuchon. Cependant je le répète; la rotonde de un mè re dix à un mètre vingt, est plus gracieuse, surtout si, plus petite encore, elle est ornée d'un ou de deux volants. La dentelle de y k est toujours en grande vogue pour plusieurs raisons. Elle a de ces Ions nacrés qui adoucissent merveilleusement le teint. Elle est à la fois souple, légère et chaude, chaude en ce sens qu'une femme légèrement habillée peut se garantir d'un air subilement rafraîchi en ramenant sur ses épaules ce vêtement toujours élégant et distingué.
La création la plus nouvelle en dentelle est le genre cam-ïeu. Les dessins offrent desclairsobscurset des ombres du plus délicieux effet. On en porte de très-jolies pointes.
Je recommande aussi la dentelle pour longue ceinture, c'est plus léger et plus riche que le ruban ; c'est aussi moins vulgaire.
Les chapeaux à'Alexmdrine sont plus que jamais en faveur, après ceux-là il n'y en a plus d'autres. C'est à qui »« A" *ha'
TOILETTE DU MATIN D'après un modèle de la Grande maison de Blanc.
selantes formant l'intérieur. Le chapeau Paqu ta, en tulle blanc, se trouve clair-semé de petites boules de. paille. Une voiletleloup de tulle, avec bord de blondi; à glands de paille, retombe du ruban qui orne la passe. Une fleur de narcisse double, est posée sur le milieu de cette passe, la tige traînant sur le fond, narcisse à l'intérieur. Ce chapeau est d'une grande légèreté et d'une grâce inimitable.
Parlerons-nous aussi des fleurs de Piisson ? Oui, car on danse aux eaux comme à Paris, et, — surtout en été, — on doit tenir à la beauté des (leurs que l'on porte: car, alors, les fleurs naturelles sont de terribles rivales. Heureusement, on peut défier la grâce de ces dernières avec les fleurs de Pli-son, que l'on croirait, fraîches écloses. C'est un véritable parterre que ses cartons de pâquerettes, d'aubépine et de roses.
Le lilas, la blanche églanline, la pervenche, le muguet, le myosotis s'enchevêtrent comme dans un buisson merveilleux. On n'a qu'à cueillir et à se parer; les gouttes de rosées scintillent;les papillons de nacre el les insectes planent sur ces délicates coiffures. On est véritablement naïade ou déesse des bois ! A coté de son talent pour la fabrication des fleurs. Plissa i a aussi l'art de l'arrangement. Ses coiffures sont très- fantaisistes ; il sait, en véritable artiste, coiffer une femme d'après son visage, et c'est là un grand point : que de femmes qui sont laides paraissent jolies avec le secours de l'art!
Il est vrai que l'art ne s'arrête pas seulement à la coiffure. Demandez plutôt à S^guy, qui, pour le plus grand triomphe de la Pari-
porlera un de ces cha
peaux si prestigieux à l'étranger même. Beaucoup de demi élégantes songeraient bien aussi à s'adresser à elle, malheureusent les chapeaux d'Alex"n>t<iae ne conviennent guère qu'aux merveilleuses, pour lesquelles le luxe n'est plus qu'une distration et un jeu. Voici ses derniers modèles :
Le chapeau Bébé, qui a eu un grand succès aux dernières courses, est en tulle blanc bouillonné. Quatre guirlandes de petites marguerites lilas, partent du haut de la passe pour aboutir au bavolet, rayant ainsi le chapeau dans toute sa hauteur. Des roses de mai ornent l'intérieur.
Ce chapeau d'une forme toute particulière découvre beaucoup le haut de la tête.
Le chapeau Soleil en paille de riz ; un ruban maïs en traverse le fond sousuneagralïede blonde et vient servir de brides.
Des plis de crêpes ne trois nuances S2 dégradant jusqu'au maïs, forment sur la passe une sorte de V. Une tulipe de blonde à cœur jaune et à feuillage bruni, est posée sur l'un des côtés de la passe, et s'enchevêtre à une branche de feuilles ruis-
CHAPEAUX NOUVEAUX D'après les modèles d'Alexaudrine.
sienne, a composé le blanc nymphéa aux tons blancs, rosés et teintés, le rose d'armide, le pencil japonais, et que sais-je encore? Que de visages auquels Ségvy donne, d'une main savante, la transparente fraîcheur de l'Anglaise, les yeux de l'Ilalienne, les lèvres vermeilles de l'enfant ! Décidément, il n'est plus permis aujourd'hui de vieillir ou d'êlre laide!
Il me re-le à faire un petit cours d'hygiène sur les soins de la toilette et de la beauté.
La beauté se cultive comme une fleur rare et précieuse. On la conserve en l'arrosant avec la précieuse eau de beauté de la Rein* des abeilles (la maison Violet) ; celte eau est blanche ou rosée, selon qu'elle se prépare, au cold-cream ou à la crème froide au suc de fraises.
Celle eau remplace le vinaigre de toiletle que les peaux délicates ne supportent pas toujours. Indépendamment du duvet neigeux qu'elle dépose sur le icint, elle le préserve de toutes affections dcrmoïdales, et lui sert pour ainsi dire de rempart protecteur.
Il y a aussi à la Rtine des abeilles la crème Pompadour, transmise
à M. Violet, par la camérisle de cette favorite.
Celte crème prévient les rides et rafraîchit le visage. La fleur de riz rusée, parfumée à l'ambroisie, est également d'un usage très-rafraîchissant.
L extrait de menthe conctubé communique à 1 haleine le frais et suave parfuaa des fleurs.
L'acidulé de violette est un bain de fleurs rafraîchissant.
Enfin, le savon royal de Thridace est le meilleur des savons pour l'hygiène de la peau ; le suc de laitue qu'il renferme donne une mousse laiteuse, qui forme une lotion nutritive, et conserve à l'épiderme son velouté.
yess DE »**
Le Propriétaire-gérant, MARCELIN-
PartB.— lmp. VALLEE, 15, rue Breda.
Quand il est minuit, que les tisons s'éteignent dans les cendres, que la lampe pâlit et que les yeux se ferment, le mieux, chère madame, est d'aller se coucher.
Quittez votre fauteuil, enlevez vos bracelets, allumez votre bougie rose, et lentement, au murmure de votre jupe qui traîne et frissonne sur le tapis, dirigez-vous vers votre cabinet de toilette, ce sanctuaire parfumé où votre beauté se sachant seule soulève ses voiles, s'analyse, jouit d'elle-même et compte ses trésors comme un avare fait de ses écus.
Devant, le miroir entouré de mousseline qui raconte si bien ce qu'il voit, vous vous arrêtez toute nonchalante et vous jetez avec un sourire un long regard heureux; puis de vos deux doigts vous attirez l'épingle qui retenait votre coiffure, les longues tresses de vos cheveux cendrés se déroulent, tombent à Ilots et voilent vos épaules nues. D'une main coquette dont le petit doigt se soulève, vous caressez en les réunissant les flots d'or de votre riche chevelure, tandis que de l'autre main vous promenez dans les épaisses profondeurs de la b'onde forêt le peigne à dents d'écaillé qui s'enfonce et plie sous l'effort.
Vos cheveux sont si abondants que votre petite main suffit à peine à les contenir. Ils sont si longs que votre bras tendu arrive à peine à leur extrémité. Aussi n'est-ce point sans peine que vous arrivez à les tordre et à les emprisonner sous les plis de voire bonnet brodé...
Ce premier devoir accompli, vous tournez le robinet d'argent et, dans un large vase en porcelaine émaillée arrive en jaillissant une eau limpide et pure. Vous y jetez quelques gouttes de cette liqueur rosée qui parfume et assouplit la peau et, comme une nymphe au fond d'un bois discret qui se prépare à faire sa toilette, vous écartez les plis qui pourraient vous gêner.
Mais quoi, madame, vous froncez le sourcil! en ai-je trop dit ou
n'est-ce pas assez? Ne sait-on pas que vous aimez l'eau fraîche, et croyez vous qu'on n'ait point deviné qu'au contact de l'éponge ruisselante, vous frissonniez de la tête aux pieds?
Mais qu'importe, votre toilette de nuit s'achève, vous êtes fraîche, reposée et blanche comme une nonne dans votre peignoir brodé, vous enfoncez vos pieds nus dans des mules de satin, et rentrez dans votre chambre en tremblotant un peu. A vous voir ainsi marcher à petits pas pressés, serrée dans le peignoir et votre jolie tête cachée dans son bonnet, on vous prendrait pour une fillette qui sort de confesse et vient de dire un gros péché...
Arrivée près du lit, madame quitte ses mules et, légère, sans effort, s'élance dans les profondeurs de l'alcôve.
Cependant monsieur qui s'endormait déjà le nez sur le Moniteur se reveille en sursaut au mouvement que fait le lit.
— Je te croyais couchée, ma chère, murmure-t-il en se rendormant; bonsoir.
— Si je m'étais couchée vous vous en seriez bien aperçu. (Madame
étend ses pieds et les agite, elle semble cherche: quelque chose.) Je no suis point
si pressée que vous de dormir, Dieu merci.
— (Monsieur tout à coup et visiblement contrarié.) Mais qu'as-tll, chère
amie, tu t'agites, tu t'agites... j'ai besoin de repos ! (n se retourne.)
— Je m'agite!... je cherche ma boule tout simplement, vous êtes prodigieux.
— (Avec humeur.) Ta boule, ta boule.
— Certainement, ma boule, j'ai les pieds glacés. (Elle continue à chercher.) Vous êtes aimable ce soir, en vérité; vous avez commencé par sommeiller dans la Revue des Deux-Mondes et je vous retrouve ronflant dans le Moniteur... A votre place je changerais mes lectures... Je suis sûre que vous avez pris ma boule?
— J'ai eu tort, je m'abonnerai au Tintamarre... Allons, bonso'r,
ma chérie. (« >e retourne). Tiens, taboulé est.au fond, je la sens au
bout de mon pied.
— Eh bien, avancez-la, croyez-vous que je peux aller la chercher au diable?
— Faut-il que je sonne 1a femme de chambre pour t'aider? (li ui un mi-uv ment de mauvaise humeur, rcmoi.te U couverture jusqu'au mentQn et eut uit sa têie dans i'i renier.) Bonsoir, ma chère.
— (Maiian.e piquée. ) Bonsoir, bonsoir.
La respiration dé monsieur s'égalise et se ralentit, ses sourcils se détendent, son iront reprend son calme, monsieur va perdre complètement la conscience de la réalité.
Madame frappe légèrement sur l'épaule de son mari.
— Hum, fait monsieur en grognant.
Madame frappe de nouveau.
— Eh bien, quoi?
(Madame d'une voix anjtélique.) Mon ami, voudrais-tu souffler la
bougie.
(Monsieur sans ouvrir les yeux.) La boule, la bougie, la bougie, la
boule...!
Mon Dieu, comme vous êtes irritable, Oscar. Je l'éteindrai
moi-même ; ne vous dérangez pas. Vous avez un caractère fâcheux vraiment, mon ami ; vous êtes d'une humeur massacrante et si l'on vous poussait un peu vous en arriveriez en cinq minutes à tous les excès.
— (Monsieur d'une voix perdue dans l'oreiller.) Mais non! j'ai Sommeil,
chère amie, voilà tout... bonsoir, ma petite femme.
— (Madame avec vivacité.) Vous oubliez qu'en ménage la bonne intelligence a pour base la réciprocité des égards.
— j'ai tort... allons, | bonsoir... (il se redresse un ie..) Veux-tuque je t'embrasse ?
— Je ne le veux pas, je le tolère. (Ele approche son visage de celui de sen maii qui l'embrasse au fiont.)
— C'est trop de bonté, vraiment, vous avez embrassé mon bonnet.
— (Monsieur souriant ) Tes cheveux sentent bon... C'est que, voistu. j'ai tellement sommeil... Tiens, tu as des petites nattes ; tu t'ébourriffes donc, demain?
— Je m'ébourriffel vous avez été le premier à trouver que cette coiffure en l'air ■ m' allait bien ; d'ailleurs, c'est la mode, et c'est demain mon jour. Voyons, monsieur l'irrité, donnez-moi l'accolade une bonne fois, et ronflez à votre aise, vous en mourez d'envie. (eIIV approcha son cou du visage de son mari.)
— (Mo su ur riant. ) D'abord, je ne ronfle jamais... Je ne plaisante
pas, jamais, (il embrasse longuement le cou de sa femme et reste la tète appuyée sur son épauje.)
— Eh bien! qu'est-ce que vous faites là?
— Mais je digère mon baiser.
Madame minaude et regarde obliquement son mari d'un œil à moitié désarmé. Monsieur aspire à pleines narines le parfum aimé.
— (Après un silence, et bas à l'ore Ile de sa femme.) Dis donc, ma chérie,
je n'ai plus sommeil du tout. Est-ce que tu as toujours froid aux pieds? Je vais aller chercher la boule.
— Oh ! merci, éteignez la bougie et dormons, je tombe de
fatigue. (Elle se retourne en posant son bras sur le visage de monsieur.)
—'Non, non, je ne veux pas que tu t'endormes avec les pieds froids, il n'y a rien de plus mauvais... Tiens, voilà la boule; réchauffe-les, tes pauvres pieds... là... comme cela.
— Merci, je suis très-bien.— Bonsoir, mon ami, — dormons.
— Bonsoir, ma chérie,
Après un long silence, monsieur se tourne et se retourne, et finit par frapper légèrement sur l'épaule de sa femme.
— (Madame ciiarée.) Qu'est-ce qu'il y a, mon Dieu, que vous m'avez fait peur ?
— (iio.seur souriant.) Serais -tu assez bonne pour éteindre la bougie ?
— Comment! c'est pour cela que vous me réveillez au milieu de mon premier sommeil. Je ne pourrai plus me rendormir. Vous êtes insupportable.
— Tu me trouves insupportable, (il s'approche tout près de sa femme.) Voyons, raisonnons : que je t'explique ma pensée.
— Mais, je veux dormir; — c'est un supplice, — ô ma mère!
— Moi, aussi, je veux dormir; c'est justement pour nous entendre à ce sujet-là que je voudrais t'expliquer ma pensée.
Madame se retourne, — son regard rencontre l'œil... plein de douceur de son mari. — Elle part d'un éclat de rire. — Tiens, dit-elle, tu es un tigre. Puis s'approchant de son oreille, elle murmure en souriant : Voyons, explique ta pensée... pour avoir la paix.
— (.Madame après un très-long silence et à moitié endorm'e.) Oscar !
— (Monsieur les yeux fermé.-, (l'une voix faible.) Ma chérie!
— Dis donc, petit mari, et cette bougie, elle brûle toujours?
— Ah ! la bougie... je vais l'éteindre. (11 souffle.) Si tu étais bien gentille, tu me donnerais la moitié de ta boule, j'ai un pied gelé... bonsoir.
— Bonsoir.
Ils se serrent la main et s'endorment.