‹ La Vie parisienneChapitre 239 sur 662 · QUELQUES J.OTS SUR FREDERICK LEMAITRE · texte numérisé non relu

QUELQUES J.OTS SUR FREDERICK LEMAITRE

Le l' Autographe publiait il y a quelques jours ces quelques lignes de lui : Lorsqu'on a mi» t? pied dans la faute Lanière du théâtre, il faut la parcourir jusqu'au bout, épuiser ses joits et ses douUurs, vider sa coupe et son calice, boire son imcl et sa lie ; il jaut fin r comme on a commencé muurir comme on a vécu ; mourir comme est mo/t Molière, au bruit des applaudissemtnts, des tifflets et da bravos. Toute sa vie est là dedans.

Il est l'enfant de la planche ; il lui appartient jusqu'au boni, jusqu'au jour où il tombera suffoque par un suprême et dernier effort et que cinq touilles du parquet se soulèveront pour faire sa bière; il est voué au feu de la rampe comme la Vestale au feu sacré et il mourra sous le harnais.

Lorsque par la pensée, par le récit oes contemporains, par les critiques de l'époque on parcouit les diverses phases de son existence théâtrale, depuis ses débuts à qualre patles dans le rôle du lion de Pyrame et Tiasaè jusqu'à ses grandes créations de Ruy-Blus, ie.R ch.urd ùartinyton, de Ke(in,At ïiobert Mucai'e, de Don César, de Paillusie, ou est comme effrayé de la souplesse de ce génie dramatique.

On l'avait vu d'un dramatique élevé, d'une distinction royale dans i? ■?/- Blas; le lendemain, Robert Macaire vous élira j ait de son cynisme. Un grand sculpteur, pailaut de lui, nous disait : « C'eut l'Antinous sous des guenilles,» et avec cela une audace permise à lui seul. A la tin du fameux repas avec Bertrand, il froissait de ses belles mains, tout en chantonnant, le p ipier du fromage et disparaissait dans la coulisse. Un instant apiès, il rentrait le vis?ge épanoui, tirant sou gilet, et reprenait sa conversation. Le directeur palissait rhaque fuis, mais cet ebet de scène était exécuté d'une façon telle, que ce n'était qu'au bout de quelques minutes que le public finissait par comprendre cette fausse sortie et la salle croulait sous Je fou- rire.

Nous avons pu nous rendre comple de la finesse de ses nuances. A huit jours d'intervalle, nous l'avons vu dans 1) n Cé>ur de Bazau et dans le Chif- /<»•«». ter de Paris. Dans ces deux pièces on sait qu'il y a une scène d'ivresse. Dans la première, il était gris devin, mais comme un homme bleu ék.vé; dans la seconde, il était taoul qu'on nous passe le mot, saoul d'eau-de-vie ; soutenu par deux laquais, la tète affaissée, l'œil hébété, lu lèvre pendante, il était hideux de réalité.

Dans Richtrd Burlington, il avait celle distinction froide et comparée du gentleman ; sa scélératesse même avait je ne sais quel vernis de bonne compagnie I avait une manière d arranger ses manchettes, après avoir fermé la lenèiie du balcon par dess s lequel il vtnait de jHer sa lemme, qui chez tout aulre. eût pas?é pour une ficelle scénique et qui chez lui se trouvait dans l'ensemble du personnage.

liais qui vous redira sa verve, son dialile-au-corps dans Kean, lorsque dans l'accès d'une jalousie épiieplique il arrache en scène ses oripeaux et jette un déli public à la tèle du prince royal d Anglet rreî

C'ttait son triomphe. Du reste, n'esi-il pas un peu Kean? Et lui-même n'at-ii pas eu, à peu près, un pendant à <;et.e scène? — Au théâtre de Bruxelles, un coup de siiilcl part ; Frédénck tournait le dos à la scène. 11 se retourne furieux et s'écrie .

— Vous êtes des pignoufs !

Et il sort avec ce grand air qu'on lui connaît. Tumulte épouvantable ! Ce sont des cris d^ cannibales. Le commis-aire de police se rend a sa loge, et, après avoir parlementé pendant une heure, obtient de lui qu'il va faire des excuses.

Il arrive. Un silence glacial règne par toute la salie. Lui s incline légèrement e! s'avançant vers la rampe :

— Je vous ai appelé pignoufs, c'est la vérité. . Vous me demandez des excuses... j eu suis bien fâché.

Des tonne res d applaudissements éclatent de toutes parts. Personne, excepté le commissaire peut-être, ne comprit que la lendemain. Mais il éiait trop tard, Frédénck était parti.

Il est aujourd'hui dans le Comte de Saulles ce qu'il était partout et toujours, sauf une légère altération dans la voix; mais la meilleure des preuves qu'il n'a rien perdu de son talent, c'est que lui seul aujourd'hui dans le drame a le don de galvaniser notre génération glacée.

Sir Edward.

LES COURSES

Longchamps, 8 mai.

BARONELLO EST FOU !

Je ne crois pas, malgré les propos de quelque; intéressés, que sa conduite soit une manœuvre, un parti pris, une combinaison. — Tant de calculs, tant d'habileté d ^passeraient la limite du bon goût et de la riison.

Baronello est foui c'est sa fulie qu'il tau t traiter. — On a déjà proposé une vingtaine de remèdes, et cefii sur lequel on compte'assez volontiers est l'arrivée du jockey anglais, Wild , qui montait brillamment dans le Derby un cheval difficile, Xambour-M ■j'.r.

J'apporte aussi un conseil, que je crois bon ; ira-t-il à son adresse? je l'ignore ; en tous cas, je le livre à l'appréciation des turfistes-chercheurs.

D'ailleurs, Baronello reste , sans concurrence, mon favoti dans le Derby et c'est ce qui explique mon insistance

Donc, si j'étais le jockey de Baronello je mettrais au moment du départ la tê'e de mon cheval sur la "ligne des croupes des autres chevaux et j attendrais, en maintenant, autant que possible, cette position au rebours, le signal du départ.

Et à ce moment seulement je ramènerais rapidement, sans brusquerie néanmoins, mon Baronello dans le groupe. Il perdrait bien deux bonnes longueurs à celte préparation, mais une fois parti, la course serait si une, et ce n'est pas Bois-Roussel qui lui monlrerait les talons.

Je n'irai pas jusqu'à dire: « Hors cette manœuvre, pas de victoire». Mais enfin il faut tenler quelque chose; — une nouvelle chance de succès, c'est le changement de terrain. — Et je n'étonnerai personne en disant que cette seule circonstance devrait ramener à Baronello de nombreux partisans.

S'il n'est pas le héros de Cbaiiti.'ly, c'est q-e. . nous nous serons trompés,— ou que M. de Lagrauge tient en réserve quelque sujet inconnu et hors ligne.

Le prix des Tertr.s a été gagné par Astrolabe, à M. Daru, et c'est encore là une de ces vicoires dont un ami des courses doit se réjouir. — M. Daru est un des hommes qui font le plus, en France, pour l'institution des courses, et même le urand Hippodrome de Bade lui doit quelque chose de son exceptionnelle situation dans le Sport.

M le baron d'Auriol, propriétaire de Timbour-Battant, a gagne le Handicap dans lequel ne couraient , à l'exception de Jar icoton, que des chevaux de deuxième ordre. , . , . . ,

Enfin le prix de Neuilly s'ajoute à la longue série des victoires aciuises a l'écurie de M. de Lagrauge. — Vulafranca devait bien ce dédommagement aux admirateurs de ses performances.

Malgré l'intérêt de ces courses, l'attention du public n'était pas toute acquise aux coureurs - — et c'est à peine si les enlr'actes sulfi-aient aux chercheurs d'étoiles et aux amateurs de grandes toilettes; — car, à Longchamps, bon nombre de chroniqueurs quittent volontiers la toque et la «asaque de jockey, pour ne voir que les robes et les chapeaux des illustres Parisiennes.

On veut être un peu partout et les comptes rendus se re-seuteut de la double attention de leurs auteurs. - Cheval et robe, jockey et coiffure, petits commérages et gros pans, tout cela fourmille confusément dans les paragraphes. M^eux vaudrait systématiser le lécit de la journée. — Entre la première et la secuu le course on placerait une étude sur les chap au* ; — filtre celle-ci et la troisième, un aperçu critique sur la nuance des étoffes; — puis, viendrait 1 appréciation des jupes, l'examen des botlines.

Il y aurait, de tette façon, un peu d'ordre, ce qui est indispensable, et un peu d'exactuude, ce qui est poli pour tout le monde.

IFFE'ZIIEIM.

CHOSES ET AUTRES

La Cour de cassation a cassé l'arrêt de la Cour d'Au, condamnant Armand à 90 000 francs de dommages-intérêts envers Roux. Voilà Aiinmd renvoyé devant une autre Cour. C'est égal. Quand je pense que sur chacun de nous est suspendue une pareille épée de D.unoclès, et que, s il plaît a un individu de m'accuser je serai arrêté je passerai huit mois en prison, et j'aurai a payer trois avocats célèbres, j'avoue que je passe mes nuits sans quiétude.

Et, si Armand n'avait pas été riche 't 1 ?

Les tribunaux donnent mand, La Pommerais. On de La Pommerais. Vous mire, moi, cet homme. Il gnie d'assurance sur la vie enrichir leurs actionnaires la fable de La Fontaine et le voisinage !

. Ils ne veulent pas que nous chômions. Après Arne. s'occupe que de La Pommerais. On ne parle que connaissez l'affaire, n'est-ce pas ? Eh bien, je l'ada trouvé le seul moyen de tirer parti d'une Compa- . Jusque-là, lesdites Compagnies n'avaient servi qu'à , Seulement, La Pommerais a eu un tort ; il a oublié s'est confié à une femme. Le voisinage, Messieurs,

Qu'en adviendra-t-il ? La bonne femme est bien morte. Les Compagnies seules gagneront à ce procès. Les Compagnies sont nées coiffées.

Ces Compagnies se ressemb'ent toutes. Un jour, je me trouvai chez un pauvre homme dont la maison venait il'ètre brûlée. Les Compagnies qui l'assuraient refusaient de payer, parce que le feu avait pris par suite (le l'imprudence d'un locataire. « Eh. ! Monsieur, medi-ail l'homme, quand le fen prend, c'est toujours par suite de quelqu'un nu de quelque chose. Qu'est-ce- qu'on m'assure alors ? que l'argent donné est sorti de ma poeliu ? 9

Dimanche dernier, je me suis présenté à la grille du jardin des Tuileries, dans l'espoir avouable de me rendre me du Bac. Un factionnaire m'a déclaré, avec la politesse qui caractérise ces messieurs, que ce jour-là, pe; sonne n entrait dans le jardin, sans avoir piété quelque chose aux ouvriers. Comme je me souvins d'avoir autrefois confié à un maçon vingt francs, qu'entre parenthèse, il ne m'a jamais rendus, je pro'eïtai de mon droit, mais en vain. Il paraît que ce n'est pas de cette manière qu'il faut prêter. J'ai appris depuis que j'aurais dû verser mes vingt francs dans les mains d un monsieur décoré, qui ne me les eût pas rendus non plus , mais qui m'eût remis à la place un papier jaune.

L'étrange façon de prêter aux gens.

Les habitants de Deal sont dans la consternation. Ils ont remarqué que la mer, d'ordinaire gris-salp, est devenue bleu-clair. Tous les savants du pays recherchent la cause de ce phénomène extraordinaire. Les uns disent qu'il a plu des poissons bleus ; les autres signalent la fin du monde dans ce bleu-clair de l'Océan.

Quant aux sceptiques, ils croient que le ciel était très-beau ce jour-là.

Une pièce intitulée le* Coiffeur*, vient d'élre représentée aux "Variétés. L'insuccès a été complet. Nous aimons à citer de pareils faits.

Les monuments de Taris continuent à annoncer la renaissance de l'architecture. Je regret'e seulement qu'on sacrifie tant à l'amour des calottes. On voit poindre à la fois trois de ces coiffures g gantesques. Calotte sur l'église du boulevard Malesherbes ; calotte sur le Tribunal-du Commerce ; calotte en forme de mitre sur le pavillon des Tuileries. La portée de ce symbole nous échappe .

Un symptôme fâcheux de l'été qui s'approche se fait sentir, au détriment de notre esprit. Trois feuilles sérieuses ont rappelé l'anecdote du chasseur, qui achète son gibier chez le rôtisseur. Il devient évident que les gens de bon goût commencent à partir pour la campagne.

Non, la poésie n'est pas morte. Il y a encore des jeux Floraux et M. "Viennet chante.

Voici ce que chante M. Viennet :

« Merci vous dis, Maîtres du gai savoir, « Dont l'antique laurier vient 0111b ager ma tète,

Est-ce assez? Oui. — Cela me rappelle (suit dit sans comparaison aucune avec M. Vienne!) qu'un jour, à la Chambre, M. Belmonlet se leva, et dit : « Moi, Mess buis, qui us suis qu'un poë.e...

La Chambre entière se mit à rire.

M. Viennet répondait à M. Rodière modérateur. Qu'est-ce que c'est qu'un modérateur'.' Ce mot jusqu'ici m'avait paru convenir à un appareil à gaz.

I! s'agit d'une grande dame étrangère arrivée samedi soir à F'aris. Elle n'a plus vingt uns, comme 00 dit devant les femmes de quarante-deux ans, mais elle jouit d'une réputation d excenuicité s'appuyant sur la vertu la plus solide et la moins farouche. Sun salon est célèbre dans l'une des grandes capitales de l'Europe: Rome, Berlin, Pétersbourg ou Florence, suivant son bon plaisir. Jamais une femme n'en afrandu le seuil autrement qu'en visite, et dans la journée, quelque insistance qu'on ait mise à briguer cette faveur. La soirée est spécialement consacrée à ses amis, presque tous hommes politiques.

Nous avons dû à noue qualité d étranger la fiveur de lui être présenté à l'époque où nous courions le inonde, et son salon estune descuriosités les plus p-quautes de ce temps-ci.

On y vient vers minuit en sortant du théâtre, et l'étranger qui s'y aventurerait vers onze heures se murfondraiten ttee des guéiidons chaigés de tous les journaux de l'Europe.

Vers minuit, la dame rentre, fait une nouvelle toilette et attend que son salon soit à peu près au complet pour faire son entrée : on y cause politique; on y joue. Il y a trois tables, l'une de trési lo, pour les Italiens et les Espagnols, I antre de whist, pour les Anglais et les Français : une troisième pour les artistes chargée de papier Ingres, d'aibums, de crayons et de couleurs à l'aquarelle : Zuchy, le sculpteur Véla, Yvanoff, Ferdinand Heilbutli, Passim, le grand Cornélius, le poêle Alarcon, Clésinger, Litz et bon nombre de peintres et littérateurs de talent, cosmopolites qui passent facilement de la place d'armes de Berlin à Crockford, du Prado de Madrid à la perspective de Newski, font partie delà Tertullia, c'est le nom qu'on a conservé à ces soirées. La dame est née

à Madrid qu'elle ne peut plus habiter pour de ténébreuses raisons que nous dévoilerons plus tard et qui sont tout à son honneur.

Les hommes politiques qui figurent chez elle sont les divers représentants des puissances, les Anglais de passage, la plupart des sénateurs du royaume, et surtout et avant tout.' les hommes cpii ont une valeur personnelle, à quelque classe de la société qu'ils appartiennent.

A deux heures juste, un valet de pied apporte un plateau et dresse, sur un petit guéridon, un souper composé de sandwich, de caviar et de pilaw cuit à l'orientale pour la dame du logis ; les habitués, depuis le moment où on s'est réuni jusqu'à la fin, peuvent choisir, sur un buffet placé à l'extrémité du premier salon, les divers rafraîchissements qui leur conviennnent.

C'est général ment vers cette heure que les aides de camp de service et les gentilshommes de la chambre, les camériers ou les cardinaux reviennent du palais Pt racontent les divers incidents qui se sont produits; toutes les diverses dépêches ont éié lu»s au coin du R i, chez Sa Sainteté ou chez I Empereur, se!on les troi-î pays'qu'ebe habite successivement; chacun, bien renseigné reprend le rhe'min de sa demeure. Il est rare qu'on se retire en voilure ; on erre parfois encore sur les places jusqu'au jour, et tous les soirs, depuis aujourd'hui neuf ans. les mêmes personnes se trouvât, réunies autour de celte aimable faune que tous ses commensaux appellent Pépa, et dont tout le monde baise la main sans jamais aspirer à être autre chose pour elle qu'un ami sincère.

La société change suivant qu'elle habite Rome, Berlin. Florence ou Saint- Pétersbourg; elle a maison montée d ins chacune de ces capitales.

Les femmes ont bien souvent len'é de faire le vide dans le salon de la comtesse, mais on abandonne leurs bals vers une heure du malin pour prendre l'air du salon de Pépa, et les épouses timorées ont fini par en prendre leur parti.

Elle se fera difficilement à notre monde , et bien des exilés que je connais, qui se regardent comme des étrangers dans nos froids salons parisiens, vont recommencer ici , dans le salon de son hôtel,, la vie qu'ils menaient dans le petit palais de la Méda.

Si e'Ie nous pardonne ces peti'es indiscrétions, nous raconterons son roman, et on verra que tous le drames inventés ne le cèdent eQ rien à ceux qui se passent dans la vie réelle.

L'autre soir, j'ai été prusement entendre Rohert le Etabli, à l'Opéra. De toutes les partiiions de Meyerbeer, c'est assurément la plus jeune et la plus rhythmée; non la plus savante, mais peut-être la plus for'e; si par force on entend : faculté de fr.ire bien, spo"tanément. J'entrai précisément, pendant le duo de Bertram et de Piaimbault. Je n'en sais pas de plus beau : la ha-se puissante et railleuse, le ténor charmant et timide ; avec quelques chapitres de Notre Dame de Paris, et les lithographies du Fnustàe De'acroix, ce duo est ce qui nous reste de plus typijue de l'Ecole romantique, nulle part n'est mieux indiquée cette demi-foi artistique au surnaturel qui caractérise les fervents de 1830.

Malheureusement, le plaisir dure peu à entendre el à voiries nauséabondes médiocrités de 1 exécution. Que nous avons raison .l'honorer les grands hommes morts, avec tant de pompe publique et d'ostenla'ion officielle. Quant à les faire revivre dans leur œuvre, quant à les relire tranquillement, à, art soi, à chercher naivement à les comprendre et à s'élever à leur suite, qui y songe?

D'ailleurs, qui le peut? Tous es braves gens qui s'époumonaient là. sont de bonne vô'onté après tout, mais ils vivent en 1864 et non en 1830. L'honnête et consciencieux Gueymard peut bien valoir Nourrit, mais il ne se jettera jamais par la fenêtre, pour quelques mauvaises charges que je lui pourrais faire sur ses chaussons de lisière neustnens, et ses pantalons en or sans sous-de-pieds. Et il aura bien raison !

L'ennui est qu'on ne peut dans rt< bert le Diable, comme dans les autres grandes partitions, se rabattre sur le ballet. Il n'en e>t pas de plus sacr fié et de plus défavorable pour ces demoiselles. Leur soi-disant costume de friilô.ne, au saut- nu-lit , e>t précisément emprunté à cet instant de la toilette où une fen me n'est plus du tout ce qu'un vain peuple pense : rien qu'un jupon de dessous et pas coiffée! L'administration n'ayant ici aucun frais de custume, ne pourrait-elle au moins fournir des cheveux à ses pensionnaires? On ne saurait croTe quelles queues de rat rares frétillent piteusement sur les épules de ces pécheresses ressuseitées.

Nos compliments à l'administration de l'exposition de peinture, pour les grand ve,.anums de mousseline rayée qui tanusent le jour cru qui tombait autrefois du toit vitré. Lu vrai jour de boudoir ; a ce point qu'on ne regarde guère les tableaux parce qu'on ne regarde que les femmes tant elles sont jolies éclairées ainsi.

Le Soiferino de Meissonnier est décidément une merveille, surtout a considérer attentivement les personnages microscopiques qu'on aperçoit dans le lointain à travers les jambes des chevaux. Le peintre s'est mis en évidence dans l'état major, fort coquettement harnaché ; tunique militaire noire a boutons de cuivre, képy noir, grandes bottes à l'écuyère, eu bandoulière une lorgnette de course , un st.uk à la main. Mais le principal personnage nous parait un peu sacrifié. A noue avis le vrai titre de ce tableau devrait ê.re :

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