‹ La Vie parisienneChapitre 32 sur 662 · EN SOIRÉE · texte numérisé non relu

EN SOIRÉE

Pardonnez-moi, chère madame, d'arriver si tard. Ce — Aimez-vous lu musique, monsieur?

serait-on aperçu de mou absence?

— Oh ! au tout, du tout, du tout!

Je n'en sais rien; je ne l'écoute jamais.

P.ien de plus difficile que de se mettre au piano, si ce n'est de s'en retirer une fois qu'on y est.

Mme et MUe de P.isqu'enville risquant les modes "de l'avenir, en jupes plates et chignons hauts.

On fait danser son bon ami

— Vous ne me ferez pas la peine de vous retirer si tôt, cher monsieur; la grosse madame X. vous réclame pour le cotillon.

ainsi? La gaze de votre corsage se soulève et se go.ifle, et votre petit cœur bat vite, je le vois bien.

— Ah! madame, vous l'aimez donc bien fort, ce joli cavalier qui se jette à vos pieds? Que n'essuyez -vous donc de votre line dentelle le diamant humide qui va tomber de ses yeux?

Enchâssez-la dans l'or, celte chaude larme d'amour, et faites-en une bague pour signer au contrat.

Mais votre femme de chambre apporte sur un plat d'or le chocolat fumant. Le rêve s'évanouit et l'illusion se brise comme un verre de Venise à l'approche du feu. Vous frottez vos paupières, mais vous souriez encore aux douces espérances que cachait le mensonge de ce rêve plein de vérités.

Qu'on prépare le peignoir, qu'on approche près du lit le bas de soie rosée.

Faites un effort, madame. Prenez un grand parti. — Soulevez la couverture et laissez-vous chausser.

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