DEUX FETES A VKR S AILLES
A propos des fêtes qDi ont lieu en ce moment à Versailles, nous publions à la page précédente deux dessins intéressants. Tous les deux sont rigoureusement
MLe premier est un souper aux lumières sous Louis XIV. Il fut donné dans la cour de Marbre, et faisait partie des divertissements dont se composèrent les célèbres Plaisirs de 1 ile enchantée : dans la journée, on avait assisté au défilé de Royer et de sa suite, brillante cavalcade où figuraient le roi et tous les principaux personnages delà cour; les costumes étaient les mêmes, à de légères variantes près, que ceux du uratid Carrousel. Uoger et sa suite abordaient dans l'île d'Alcine, couraient la' bague, et assistaient à un ballet des Saisons terminé par un défilé de grottes d'enchanteurs montées sur des roulettes, et, de ménageries ; toutes choses un peu naïves et qui nous feraient certainement sourire aujourd'hui. Vile enchantée consistait en un petit théâtre de danses dressé au milieu du grand canal et placé assez loin des spectateurs, assis du côté du bassin d'Apollon. L'espace entre les spectateurs et ce théâtre était remp.i-par de grandes tapisseries dressées contre des échafaudages de chaque côté du canal, formant ainsi une galerie à ciel ouvert; de chaque côté, sur des rochers simulés, sortant de l'eau et longeant ces tapisseries, étaient établis les musiciens en costumes; entre ces tapisseries eniin, naviguaient les trois monstres de carton défenseurs de l'ile. Après le spectacle, on vint diner, aux lumières, dans la cour de Marbre. La table avait été dressée autour d'un jet d'eau qui existait alors dans cette cour. Un immense surtout à heures allégoriques et chargé de bougies, s'élevait par-dessus le jet d'eau, et était lui-même surmonté d'u-o colonne de bougies disposées en spirales, aboutissant à une grande fleur de lys lumineuse.
Le second dessin représente Une soirée de gala dans la salle du Théâtre. La fète donnée au roi d'Espagne a lieu demain, il nous est doue impossible d'en parler aujourd'hui; dans huit jours, ce sera de l'histoire ancienne. Nous préférons donc consulter nos souvenirs'd'une cérémonie analogue, nous aidant d'une aquarelle J d'Eugène Lami.
Un immense dais de velours rouge dominait la loge impériale; partout des fleurs et des arbustes ; un plancher avait été établi par-dessus les banquettes do l'orchestre, et de petites tables avaient é!é dressées pour de petites sociétés, dispositions beaucoup plus favorables à la causerie, que les longues tables d'nno seule pièce, qui rappellent toujours un peu les repas de noces et les diners de table d'hôle. Des uniformes resplendissants, et il faut l'avouer, hélas, tuant les toilettes des femmes: que peut une milice et délicate rivière de diamants contre l'éclat de l'énorme plastron brodé? Un uniforme remarqué entre tous, celui d'un hussard autrichien : tunique blanche soutachée or, culotte collante rouge, et bottes do maroquin également rouges; par-dessus, le longdolman garni de fourrures ; et pour coiffure, le talpach de peau fauve. Ce martial costume a d'ailleurs beaucoup I d'analogie avec celui de Môrante dans Néméa.
.20 août 18C1.