‹ La Vie parisienneChapitre 434 sur 662 · LA SOUPE · texte numérisé non relu

LA SOUPE

Du ratai encore du rata! toujoursjdu rata!

mense salle. — Deux balustrades la coupent en trois parties. — La plus grande, au milieu, destinée aux sous-officiers et aux soldats, — les deux autres, latérales, réservées aux officiers de tous grades. Partout, les unes sur les autres, des petites tables rondes autour desquelles, en se serrant, on pourrait tenir quatre et qui servent pour huit ou dix. — Bah! en campagne 1 — Une macédoine d'uniformes , d'epaulettes, de galons, de brandebourgs ; épaulettes de laine, d'or, à graines d'épinards, étoilées. Frottez-vous bien les yeux pour vous rendre compte de la situation, puis bouchez vous les oreilles pour ne pas être frappé de surdité foudroyante et tâchez de percer l'épais nuage de fumée produit par les cigares, les cigarettes et les pipes. — Tout au fond vous finirez par distinguer une apothéose d'opéra -comique. Des êtres divins et éthérés qui apparaissent comme à travers une gaze.

— Ce sont les chanteuses.

— Il y en a de belles, de pas mal et même de laides, mais à Mourmelon toutes les femmes sont jolies :

une grâce du pays. Elles sont là, formant état-major autour de celle qui se fait entendre, non, je me trompe, qui tâche de se faire entendre. Attitudes timides, tendres, provocatrices, dédaigneuses, brunes, blondes, châtaines, rousses, robes blanches, bleues, roses, jaunes.

Qu'on dirait un bouquet de fleurs

Orné de ses mille couleurs.

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