UN PEU DE THÉÂTRE
Opéra-Comique. — Les Absents.
Lne charmante chose, ce petit acte des Absents; la musique est gaie, vive et spirituelle, cela rappelle notre très-regretlé maître Adam ; c est d une tournure toute française, leste et pimpante ; parci, par-là, un petit grain de sensibilité "tout juste assez pour changer le rire en un sourire attendri; tout cela accompagné d'un livret point ou tout banal, finement écrit, et assez amusant, par lui-même pour que, mémo joué sans la musique, vous eussiez plaisir à l'écouter, trouvez-moi beaucoup d'opéras-comiques dont on puisse en dire autant. Les absents ont tort, dit le proverbe, les absents ont raison, disent MM. Poise et Daudet; ils ont si bien plaidé leur paradoxe que je. suis de leur avis, et telle est l'influence qu'ils ont pris sur chacun, que la mise en scène n'est point ridicule, et que les costumes sont bien compris. Mlles Révilly et Girard enlèvent leurs rôles, Sainte-Foy a parfaitement chanté ses couplets, quant à Capoul... je crois que le malheureux se débattait ce soir-là contre un rhume, aussi ne parlerai-je que de sa bonne volonté.
Gymnase. — Les Curieuses.
Êtes-vous comme moi? Je déteste aller seul au théâtre, et si parfois je m'y décide, mon premier soin, dès que je suis installé dans mon fauteuil, est de chercher dans la salle quelque figure sympathique, et si je la trouve, il me semble alors que je suis moins seul; lorsqu un passage de la pièce me plaît, je tourne les yeux vers l'inconnu, et je suis heureux de découvrir que nous rions ou pleurons ensemble; j'étudie ses impressions, je me donne un autre spectacle à côté de celui de la scène, et bien souvent l'un complète l'autre. C'est ainsi que, l'autre soir, tout en goûtant l'esprit et la finesse du petit acte des Curieuses, j'ai bien senti combien il repose sur une idée vraie et toute d'actualité, et combien cette curiosité dos femmes du monde pour celles qui n'en sont pas, existe réellement.— Dans une loge voisine de ma place, se trouvait une famille venue là sans doute sur la foi de la vieille réputation du théâtre de Madame ; tandis que les vieux parents disparaissaient un peu dans l'obscurité, une jeune fille d'une vingtaine d'années était assise au premier rang, le menton appuyé sur sa main dioite, gantée d'un long gant de Suède; un nez droit, des lèvres assez fortes, de grands yeux étonnés, le front un peu bas, une masse de cheveux châtains relevés en bandeaux courts, et ramenés en une grosse natte comme une couronne; l'oreille petite et sans boucles d'oreilles; un gros collier de perles noires autour du cou, et se détachant sur un canezou blanc, égayé par un ruban rouge formant cravatte.
A peine Mlle Delaporte avait elle dit, avec cet accent russe qu'elle imite si bien, comment elle se trouve locataire d'une « petite dame, » que ma curieuse devint attentive; ses yeux se portèrent sur chaque détail de l'ameublement, et je crois qu'elle lit plus d'attention à la toilette de la soubrette qu'à la robe audacieuse de Mlle Delaporte. Elle ne perdit pas un mot du dialogue avec Bébé Patapouff, un nom de génie ! que porte si vaillamment MllePierson; et son visage exprima même un peu de déception lorsque la toile tomba sans que Ja propriétaire réelle de l'appartement eût paru.
Eh bien! je voudrais, moi, qu'on leur montrât à ces curieuses, tout ce que ces toilettes, ce luxe cachent de bêtise et de fausse beauté. Sans tourner au mélodrame, sans dire toute la boue et le sang dont sont pétris souvent ces diamants que vous admirez, sachez, mademoiselle, qu'un regard ému, passant à travers vos longs cils recourbés, a mille fois plus do prix, et n'ayez à leur sujet ni envie ni curiosité!
Je ne vous parlerai pas du Ménage en ville, qu'on donnait ensuite ; je ne vous dirai pas non plus si les nièces des Brohan continueront la dynastie; àpeineai-je été distrait même par l'excellent Numa. Mes voisins ayant trouvé sans doute que le théâtre de Madame était peutêtre un peu vif, n'étaient plus là, et moi j'étais bien loin!
porte saint-martin. — les Drames du Cabaret.
Vous souvenez-vous d'un acte donné il y a quelque temps aux Variétés, avec une petite pointe d'émotion : {'Homme n'est, pas parfait? C'était amusant, et cependant c'est l'idée mère des Drames de la Portc-Saint-Marlin, délayée en cinq actes, poussée au noir, et entremêlé des inévitables : Sauvez mon enfant!!! — Je suis perdue, alors ! ! ! — Il est empoisonné ! 1 ! etc. Le côté comique s'est effacé, mais le côté larmoyant s'est tellement accru, que les âmes sensibles commencent à se moucher dès le second acte, - et ne s'arrêtent plus. — la donnée est excessivement morale du reste, et mieux vaut, en somme, essayer de prouver que l'ivresse est une vilaine passion, que de déranger l'histoire de France et de faire circuler de la fausse monnaie historique. Puis, il y a une idée hardie dont il faut savoir gré à
12 novembre 1864.
LA YIE PARISIENNE
MM. Dumanoir et Dennery; ils ont introduit un noble comte, qui n'est point une horrible canaille, et qui a un fonds d'honnête homme ; cela ne s'est jamais vu au boulevard ; il est vrai qu'il reste un rich°, qui est un affreux sacripant; mais enfin, on ne peut trop demander à la fois, et je trouve la tentative trop belle pour ne pas l'encourager. — Le seul reproche que je forai au noble comte, c'est de proférer M"0 Rousseil à MlleManvoy; elle est pourtant bien jolie avec sa toilette panachée , vanille et framboise du premier acte; puis, sa robe gris-de-souris du second; et son peignoir de dentelles, de l'empoisonnement de la fin !
Pour moi, je préfère de beaucoup cette adorable nullité à l'ancienne pensionnaire de l'Odéon, avec ses effets manqués et ses cris à faux. .
M"c Duverger a eu l'abnégation de jouer sous la bure; mais, pour remplacer ses diamants, elle a toujours ses beaux veux, bien qu'un peu poches.
Paulin Ménicr est plus monocorde que jamais; il souligne trop et a des souvenirs du Courrier de Lyon qui vous font chercher Fouinard derrière lui.
Théâtre Déjazet. — Le Petit Journal.
Nous sortions de table, nous ne savions que faire. Quelqu'un proposa un petit théâtre; aller aux Folies-Marigny, pas un visage à regarder dans la salle! Trop de cochers et de femmes de chambre, et puis Paul Legrand est parti pour le Brésil, engagé pour y jouer le Brésilien du Palais-Royal; sa figure blanche devant sauvegarder les susceptibilités nationales. Restait la revue de Déjazet ; après bien des débats, après avoir tiré à pile ou face, et avoir eu une envie terrible de faire le contraire de ce que le sort décidait, nous murs sommes trouvés à Déjazet. Le contrôleur nous annonce qu'il ne reste plus que Pavantscène du directeur; nous faisons semblant de le croire et nous entrons; l'ouvreuse, pleine d'attention nous enlève les petits bancs et nous donne le numéro du jour du Petit Journal; le rideau venait de se baisser, il représente une épreuve du Petit Journal ; la toile se relève, les acteurs récitent des articles du Petit Journall Ah ! comme nous regrettions les Folies-Marigny ! Nous étions attérés, horrible ! horrible ! et devant notre imagination épouvantée se dressait la perspective d'un sommeil troublé par le cauchemar du Petit Journal, bien certains que le coup était trop rude pour ne pas avoir des suites. Le moins abattu de nous tous saisit d'une main défaillante la lorgnette, et cherche un cordial dans la vue des jambes des malheureuses, condamnées àjouer tous les soirs : il paraît que cela l'avait un peu remis, et il propose de nous assurer de l'effet produit sur ces infortunées après dix représentations. Dans l'état d'exaspération où nous étions, nous ne reculions devant rien, et nous voilà rue de Vendôme, accomplissant bel et bien un rapt nocturne. Nous conduisons les victimes au café Anglais, où il leur reste assez de force pour engloutir quelques douzaines d'huitres impériales, consommés aux œufs pochés, saumon froid, rôtis de cailles et perdreaux, salade de légumes, parfait au café, le tout couronné par un brie de clôture, et arrosé de PouiUac et de tisane de Champagne. Quant à nous, n'étant pas encore bien remis de la secousse de la soirée, nous nous contentons d'une simple tasse de thé, tout en poursuivant nos études; ma voisine, une grande belle fille aux yeux noirs, qui s'était distinguée par quelques pas risqués sur la scène, me dit entre deux bouchées : «,Ce n'est qu'à des anciennes qu'on donne les principals rôles. » Je lui versai bien vi'e a boire, plein de terreur qu'elle ne se mit à me réciter la pièce. Bref, cela m'a mené à rentrer chez moi à dix heures du matin, et à constater le total suivant :
Ma part de voitures et de théâtre 1 lou;s
Ma part de souper \ o „ "
Etude personnelle sur l'influence du Petit Journal chez les sujets soumis à un régime quotidien .5 »
t . ,. , .... Total 8 louis.
Je regrette bien de ne pas avoir etc aux Folies-Marigny ! ! !
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CHOSES ET AUTRES
On s'est quelquefois étonné de la longueur des représentations de la Gaité. Voici une affiche de province qui laisse bien loin derrière elle les souvenirs des mélodrames en douze tableaux. Dernièrement, à Toulouse, on donnait en une seule soirée : Edgar el sa bonne, la Dame aux Camélias, le Courrier de Lyon el les Buguenols Le prix des places n'avait pas été diminué :
Alphonse Karr vient de donner au Théâtre-Français une pièce en un acte et en vers. Nous espérons que le public se montrera indulgent pour cette première œuvre du jeune débutant dramatique. Les sociétaires demanderont sans doute quelques corrections.
M. Gounod se reposera-t-il ? Nous l'espérons. On nous annonce pourtant deux
œuvres nouvelles du grand compositeur : Cinq-Mars el de Thon, un opéra; el les chœurs d'une tragédie de M, Legouvé. M. Legouvé est, m'a-t-on dit, pour la liberté. Quand donc comprendra-t-il que le premier droit de l'homme consiste à ne pas entendre de tragédie?
Un grand Ouvrage va paraître sous le titre de Charlotte Cordoy. Il y aura des autographes. C'est la faute de M. de Villemessant-,
Est-il vrai qu'on a voulu faire prendre de la strychnine aux jurés, dans l'affaire Trumpy ? Nous croyons qu'une phrase mal entendue dans la Vie Parisienne a été la cause innocente de cette erreur. A propos du procès de la Pomerais, nous avions fait appel à la loi de Grammont, en faveur des pauvres bûtes sur l'estomac desquelles un éprouvait, l'effet du poison. On a cru faire mieux cette fois en choisissant des jurés. C'est peut-être un progrès; mais la Vie Parisienne ne l'entendait pas ainsi.
Maître Guérîn a-t-il réussi? n'a-t-il pa9 réussi? Il devient de plus en plus impossible de savoir la vérité sur les succès ou les luttes du Théâtre-Français. C'est un théâtre où l'on ne siffle jamais; mais, comme on s'y ennuie toujours, pas de sifflets ne prouve rien. Quant aux applaudissements, c'est mauvais ton ; une main gantée n'applaudit jamais qu'à demi.
Il y avait énormément de monde au cimetière le jour de la Toussaint. Il y en avait très-peu le jour des Morts. Voulez-vous que je vous dise pourquoi ? Le jour de la Toussaint, les coquettes vont au cimetière ; le jour des Morts, ce sont les amis de ces derniers.
On lit dans certains journaux :
h Monseigneur le cardinal Wiseman, revenant do Belgique, s'est arrêté à tel endroit, où il a couché dans le buffet de la gare.
11 doit y avoir conl'usioo. Un ivrogne couche volontiers sur la table ; mais un cardinal ne passe pas la nuit dans un buffet.
Un nouvel ouvrage de M. Michclet : la Bible de l'humanilé. Les lauriers de M. Renan empêchaient M. Michelet de dormir. Espérons que désormais M. Michelet dormira-
La veuve de Jasmin vient de recevoir une pension à titre d'encouragement littéraire. Encouragement à quoi ? à continuer l'état de son mari ?
Une demoiselle vient de se faire recevoir bachelière. Encore un degré, mademoiselle, et vous pourrez être nommée professeur de troisième dans un lycée quelconque. Le diable' soit de moi, si je ne regrette pas d'avoir terminé mes classes.
On a dernièrement distribué des prix aux idiots de Bicêtre. Nous gagnons à cela de savoir qu'il y a des degrés dans l'idiotisme. Mais est-ce le plus, est-ce le moins idiot qui est préféré ? C'est ce que l'administration a négligé de nous apprendre.
Deux maires viennent de prendre deux arrêtés Surprenants : l'un proscrit l'usage des champignons daus toute l'étendue de la commune, parce que sa femme n'aime pas à en rencontrer; l'autre invite les ramoneurs à dresser des rapports sur la construction des cheminées. Les rapports devront être ainsi conçus :
« Nous, ramoneurs de la ville de...., nous sommes transporté, etc., etc.... où nous avons, etc., etc...
Le tout sur papier timbré... Mais M. le Maire, il y a des ramoneurs qui n'ont pas cinq ans, et qui ne sont pas bacheliers.
— Les fabricants de bijoux à l'usage du sexe faible sont à bout de ressources! Ils ont beau torturer l'esprit pour satisfaire les exigences de leurs belles clientes, ils n'arrivent la plupart du temps qu'à atteindre le ridicule. Nous avions déjà les haltères appliquées à la régénération des fausses nattes, j'ai découvert, chez un bijoutier de la rue de Rivoli, un peigne vraisemblablement destiné à régénérer les chignons phtisiques ! C'est un escargot fixé sur uue plaque d'or dont le corps, sortant de la coquille, descend vers la nuque... Monsieur Josse, c'est bien de songer à la glorification du limaçon, — les chenilles comptent sur vous pour être réhabilitées !
— Vous savez combien de k... conduit mal! et combien de fois il accroche...
— Parbleu ! il a été obligé de remplacer par du cold-cream le cambouix de ses essieux ! !..-.
12 novembre 1864.
— La naïveté est peut-être admirable chez les enfants, mais elle est odieuse chez les personnes mûres ; cette réflection misanthropique m'est inspirée par une aventure récente. — J'arrive à dix heures du soir chez un ami intime, marié depuis peu ; — nue vieille domestique ouvre. — Monsieur est couché. — Oh ! je reviendrai. — Mais je crois que monsieur va sortir avec madame — car au moment où j'ai passé devant leur chambre pour venir ouvrir à monsieur, madame disait à son mari : « Attends-moi ! »
MODES DU JOUR
Le froid a du bon. Il apporte avec lui aux jolies femmes les riches robes de soie et les splendides confections de velours et de fourrure éditées par la Compagnie Lyonnaise, cette aristocratique maison qui dicte la mode sans appel.
Mais à côté des soieries magnifiques, des moires, des velours, des confections de tous styles et de toutes richesses ; des éclatants cachemires de l'Inde, des dentelles, etc., etc., il y a les étoffes simples, les choses de fantaisie et d'intérieur. La Compagnie Lyonnaise veut satisfaire également, toutes les femmes — fussent-elles millionnaires ou de position modeste. Elle n'impose qu'une seule chose et à toutes indistinctement : c'est le bon goût.
Qui s'en plaindra?
Plus que jamais on portera cet hiver des robes de moire antique — d'abord parce que c'est ce qu'il y a de plus beau — ensuite parce qu'on ne craint plus la susceptibilité de cette étoffe depuis que M. Périncau a trouvé le secret de la rendre une seconde fois neuve!
Une robe de moire est-elle fanée? vite on l'envoie à la Teinturerie Européenne ( boulevard Poissonnière), et bientôt l'on reçoit cette moire— de la nouvelle nuance que l'on a choisie — d'un velouté et d'un éclat si surprenants qu'on la croirait de nouveau sortie d'une maison de nouveautés.
Les plus grandes dames ne craignent pas d'avoir recours à ce moyen, car l'économie est bien portée depuis qu'il est si avantageusement mis en œuvre.
Les tailles de robe sont de plus en plus courtes - à moins qu'elles ne se prolongent en longs pans d'habit. Une jolie taille est donc plus que jamais indispensable pour s'habiller aujourd'hui, et je ne saurais trop répéter que la Ceinture-Régente seule doit être le corset irrévocablement adopté.
Comment le commander? en ne s'adressant qu'à Mines de Vertus elles-mêmes, afin d'éviter les | contrefaçons, et en envoyant, Chnussée-dAntin, les mesures que j'ai données dans le numéro précédent.
Les confections de Mlles Ruffin sœurs, place de la Bourse, ne méritent que des éloges ; les tissus sont de premier choix, c'est élégant et commode à porter ; détail intéressant, les prix sont raisonnables, car Mlles Ruffin tiennent beaucoup à ce qu'on sorte de chez elles avec le dessein d'y revenir ; leur assortiment de fourrures est des plus riches et des plus variés. Nous allons du reste donner une idée des charmantes créations que nous avons pu récemment admirer dans cette maison.
D'abord l'habit en drap bleu garni d'une petite bande d'astrakan noir mise en biais et surmontée d'un joli bouton carré nuir.
L'habit Louis XV en velours noir doublé de peluche pensée et garni dé queue de martre zibeline.
Dans un autre genre et comme sortie de bal une rotonde en velours ponceau doublée et garnie de renard blanc, compose un vêtement riche et du plus grand effet.
Il y a aussi le dolman hongrois en gros grain noir avec manches et capuchon, doublé en ventre de petit-gris, le tout garni d'une frange en chèvre du Thibet. Ce vêtement sied bien à une jeune femme.
Mais le morceau le plus délicat, le morceau de la fin, c'est d'abord un petit manchon en renard blanc et un autre en skons, vrais bijoux, chauds, coquets, légers à la main, et qui à eux seuls seraient capables de faire le succès et la réputation de Mlles Ruffin.
Si j'ai recommandé tout haut d'avoir une jolie taille , je conseille tout bas de se faire un gracieux et frais visage. Que l'on ne soit pas positivemént jolie, qu'importe? il n'y à de la réalité à l'idéal qu'un pas à franchir... c'est le boudoir de Sêguy, où le blanc nymphéa, le rose d'Armido et le pencil japonais transforment les femmes en fées...
Par exemple un teint « de lys et de roses » exige des perles dans la bouche et c'est encore ici que l'art se distingue. Ilejardin (boulevard Sébastopol) est à ce propos très estimé par toutes les femmes qui veulent rester jolies et jeunes. Il a des dentiers si solides et si naturels ; il sait, à l'occasion, remplacer une dent perdue avec tant d'avantage pour sa cliente, qu'il a obtenu la considération de toutes
le titre de dentiste à la es produits exquis de la maison Violet (rue
les femmes et peut revendiquer hardiment mode.
Un dernier mot sur Saint-Denis).
Il s'agit, comme on le voit, toujours de beauté.
Cette maison — la Reine des Abeilles — offre une parfumerie naturelle et saine qui renferme le vrai secret de l'éternelle jeunesse.
Ainsi nul savon ne vaut son savon de thridace au suc de laitue (médaille à toutes les expositions). Ce savon préserve la peau ;de toute altération et lui conserve sa primitive fraîcheur.
Comme pommades efficaces, on trouve, à ta Reine des Abeilles, la pommade fondante de l'Impératrice; la thymeliane, pommade des soirées; le baume de violettes et la crème Duchesse blanche à la vanille.
Les eaux de toilette offrant aussi un très-heureux choix : l'eau de beauté de l'Impératrice; la rosée des abeilles; l'acidulé de violette... le nom seul de ces compositions n'en donne-t-il pas l'idée la plus exquise?
Parmi les crèmes et poudres, je recommande surtout la crème Pompadour,. qui efface les rides ou les prévient, et la poudre des fleurs de lis.
Enfin les extraits d'odeur sont du meilleur choix ; mais où s'arrêterait-on si l'on voulait énumérer tous les secrets de beauté de la Reine des Abeilles ?
Je préfère renvoyer mes lectrices au charmant livre « M Talismans de la beauté, » écrit par M. Louis Claye; elles y gagneront une lecture agréable et de précieux conseils.
Nous croyons être agréables à nos lectrices, en leur décrivant les curieuses toilettes de Mmc Plessy, dans Maître Guérin.
La première toilette était en soie havane-claire. Sur la première jupe, garnie d'un volant, brisé et surmonté d'un biais de velours violet, était drapée une seconde jupe avec les mêmes ornements. Le corsage-babit, décolleté carrément, avait sur le devant deux longues basques relevées. Sur les côtés et par derrière il se déroulait en une longue queue pointue. Le biais de velours violet qui bordait le haut delà poitrine se prolongeait par derrière sans être ajusté, et rappelait les anciens dadas des élégantes de Louis XV. La coiffure, une espèce de bonnet résille à longs pans de la môme nuance que les ornements de la robe.
Au second acte, le costume de veuve se composait d'une robe, une espèce de crêpe, garnie de plusieurs petits velours noirs, toujours longue queue pointue, absence de crinoline. Un manteau Macfarhne, même étoile et même garniture que la robe. Toque de velours noir, delà dimension d'une couronne fermée et de laquelle échappaient par derrière des flots de rubans rivalisant de longueur avec la queue de la robe. Autour du cou, cravate en crêpe, gros nœuds et grands pans.
Au troisième acte, une robe blanche en drap de. Lyon, 3 mètres de queue et un par-dessus Dolman formant également une queue prolongée. Ce par-dessus est orné d'un haut volant de dentelle noire, surmontée dHin chef en velours noir très-historié. Le corsage Louis XV est très-décolleté. Pour coiffure, une demi-guirlande de roses blanches, placées au sommet de la tête, et desquelles échappaient de longues barbes de dentelles dépendant jusqu'à la taille.
Elle ne paraît pas au quatrième et se montre au cinquième en gris perle. Le bas de la robe est dentelé. D'énormes bouquets, brodés en soie de même nuance, mais de différentes teintes, s'élèvent jusqu'à mi-jupe et sont encadrés par des crenés de soie grise entremêlés de passemneterie. Un châle en dentelle de yack, dentelé à la façon des feuilles de houx, est croisé sur la poitrine.
Toutes ces toilettes viennent de chez Worth et coûtent 5,200 franc=.
D après l'engagement de Mme Plessy, elles sont à la charge du Théâtre-Français.
La petite maison du troisième acte a été découverte au Croissy par Augier. M. Thiery l'a fait reproduire exactement sur la demande de Fauteur.
Vicomtesse de *'*.
Le Propriétaire-gérant, MARCELIN.
l'aris. — Irap. KTJGELMA.NN, 13, rue Grange-Batelière.
19 novembre 1864.