‹ La Vie parisienneChapitre 640 sur 662 · M . ,. ,. CE QUE DISENT LES MEUBLES D'UNE IORETTE · texte numérisé non relu

M . ,. ,. CE QUE DISENT LES MEUBLES D'UNE IORETTE

MoCdSYe' PautoSfMpton^ ^ Coffret, par EmUe. - Moi, dit ]e Tapis par Anatole

des Potiches, par eèlui-ci - S"f 'dïtï'n ?,V™ l'ilT118' palî -4 l?erL 77 Moi> dit la «la(=e, par Edgaïd ' - Mûf fflnïZ et le petit chieïil et touti/.... Bah' s'il vôulfalWtyfena^HpT,, ? !a Pe"dule' et '?? Torchas! et les Tent ares ' vous n'auriez de repos que lorsque von Mes lai au de? f .if v«, flrp nt Ce qUe Ce5 maudlf? meubles vous disent d'elle ' sophe; dites-vous qu'en fin de comme knLi,»N»B vendre etlui en auriez donné d'autres. Soyez plutôt ohi/o vous-même et pardonnez-lui en fave'ur 'de si joUs pefgnote. D ne P6Ut d°nner C6 qu'elle n'a P^; atoez-la pour

M décembre 1864.

UN DINER DE NOËL A jlONDRES

Revoici Noël, — Noël, le carnaval d'hiver de l'Angleterre, comme le Derby en est le carnaval d'été.

A Paris, les seuls signes extérieurs et visibles de ce grand anniversaire sont ces petites baraques, affreuses, rangées de planches qui gâtent la beauté de vos brillants boulevards. A Paris, Noël n'est que le précurseur du jour de l'an.

Mais chez nous Noël est un grand événement, jugez-en par ce programme : Nous payons nos dettes... quand nous pouvons ; nous offrons des étrennes, ou, comme nous disons, faisons des présents, — nous décorons notre intérieur, — nous essayons de pardonner à nos ennemis; nous réglons nos querelles de famille, — et traitons nos amis.

La France a eu les fleurs de lis, aujourd'hui elle a l'aigle. L'Ecosse est fière de son chardon et l'Irlande de son trèfle. Quant à l'Angleterre on lui prête comme emblème naturel le Roastbef et le Plum-pudding. Après tout, ce ne serait ni si sot, ni si mauvais, — si Noël durait tout le cours de l'année.

Roastbef et Plum-pudding à Noël,— telles sont les conditions auxquelles l'Anglais accepte et supporte la vie !

Dans les Workhouses, c'est la bombance, des pauvres, — dans les prisons, c'est le régal des voleurs ; sur mer, c'est le menu du réveillon des marins ; dans les phares, les gardiens s'en engraissent. Des sociétés de charité se forment pour distribuer aux classes pauvres une chaire délicate, des friandises toutes préparées. Si le Derby est le carnaval des courses de chevaux, -- Noël est sans contredit le carnaval de la charité.

On s'aperçoit d'abord de l'approche de Noël à la devanture des boutiques — ° toutes ornées de guirlandes de houx et de gui. Les bouchers étalent leurs viandes fortes en graisse sous des dômes de verdure que, de leur vivant, les pauvres bêtes aimaient à brouter. Les fourreurs exposent des chapeaux, des manteaux et des bottes avec lesquels on peut affronter toutes les rigueurs des régions arctiques. Et les confiseurs! voyez leurs magnifiques temples en sucre d'orge,— leurs o'àteaux glacés, couverts d'une couche de sucre éclatante comme la neige des5 régions arctiques elles-mêmes ! Rceufs, moutons, dindons, porcs et oies sont offerts en sacrifice (de pleine graisse) au dieu goulu de la gastronomie.

Mais Noël a ses horreurs aussi bien que ses délices. Une belle nuit, par exemple, je suppose quelque temps avant le vingt-cinq — plongé que vous êtes dans les délices du sommeil, vous voilà éveillé en sursaut par un hurlement, un mugissement terrible et qui n'a rien de. terrestre !

Qu'est-ce donc ?

Est-ce un chant, une psalmodie funèbres? Une lamentation nationale?

Sont-ce les cris de terreur de vingt paisibles passants soudainement attaqués par deux cents «garrotteurs »?

Non ! Ce sont les musiciens ambulants et nocturnes de la saison, les Chrislmas waits .'//.,..

Les waits se composent :

D'une bande de quatre musiciens plus râpés l'un que l'autre, un violon, une clarinette, un basson et un trombone.

Evidemment, — à en juger par ses sons aigres, — le violon est affligé, perclu de rhumatismes.

La clarinette est oppressée d'un catarrhe — tant elle pousse des cris aigus !

Quant au basson, c'est un gémissement, un grognement voilé. On dirait un rhume compliqué de gin.

L'ophicleïde cro-ero-croasse un mélange de sciatique et de bronchites .

Mais nous ne sommes pas un peuple artistique, — et plus d'un bon bourgeois, digne de respect, s'il vous plaît, — se retournera dans son lit confortable et dira :

« Ah ! que les AVaits jouent bien ! »

Et puis il y a les comptes reportés à Noël, les notes à régler et...

Mais il y a des sujets par trop horrribles pour qu'on en traite. Echappons donc à ces règlements de compte grimaçants pour nous retourner vers de plus souriants objets, une bonne lettre, par exemple, telle que celle-ci :

« 1") décembre.

» Mon cher et vieux Billy, » Venez dîner avec nous le jour de Noël. — Dîner à 6 heures, » — Aiguisez votre appétit, et tout sera pour le mieux.

» Votre tout dévoué,

» A.-B.-C. Dee. »

Le 25 arrive : notre cher et vieux Billy endosse vaillamment de pied en cap son costume de soirée, — prend un cab, - cab, cocher et cheval tout enverdis de houx — et le voilà parti.

Tout le monde dîne en ville le jour de Noël, - à l'exception, bien entendu, de ceux qui restent chez eux pour traiter les autres. La plus grande faveur que vous puissiez accorder à un Anglais, c est d accepter son invitation pour ce jour-là. Avalez une tranche de son pudding, ingurgitez-vous une cuillerée de sa sauce A Vcau-de-vtc et vous vous faites un ami pour la vie.

Me voici à la porte.

Rap-rap-ra-ra-rapl rap! rap !

Je paie la course, - le double ou le triple du tarif - à mon cocher, qui, portant la main à son vieux chapeau graisseux , me dit avec une grimace qui voudrait être un sourire ;

a Merci, monsieur. « A Merry Christmas and a happy new year. »

Le voilà reparti pour conduire d'autres fidèles aux saints dîners de Noël.

I a porte s'ouvre — et le concierge, revêtu de sa livrée toute neuve, — une branche de houx à la boutonnière — ordre de Saint-Roastbeef et du sacré Plum-Pudding - m'accueille le sourire sur les lèvres. Brave Robert! Je n'oublie jamais de lui donner des etrennes sa « christmas box ».

Quatre enfants, à la peau satinée, - aux « knickerboekers » de velours, — et aux yeux limpides, se tiennent sur l'escallier.

Dès que je suis signalé, - un cri de triomphe résonne dans lo vestibule.

« Hollo! M. Pitzbarlow dit Sack, — frais émoulu de son école, de ses latin, grec, ballon et bataille, — comment allez-vous ? Je ne suis arrivé à l'a maison que mardi. « Pa » et « Ma » sont au salon. Voulezvous monter ? »

« IIollo! Billy, s'écrie mon hôte, à mon entrée. »

.. — Mon cher Fitzbarlow, dit l'hôtesse, — si enchantée de vous voir. »

Mon hôte a été autrefois grand chasseur et entretenait une meute nombreuse. Quant àmon hôtesse, c'est une sp'endide femme de trente ans, dont l'air resplendissant a quelque chose du rayonnement solaire, au milieu de son salon encombré de convives.

L'affreuse et inévitable entrée en matière, — conversation sur le temps, — épuisée, - des lèvres du puissant maître-d'hôtel tombe succulente, bienvenue, adorable, la phrase :

« — Le dîner est servi ! »

L'hôtesse qui connaît les goûts de son monde, me désigne pour compagne une charmante brunette au profil grec, aux yeux d'opale et le reste à l'avenant. Nous descendons.

Cette fois les plus grands enfants sont admis à la grande table avec la compagnie; quant aux plus jeunes, ils ont déjà eu leur fête dans la « Nurserv», à une heure moins avancée.

Sur la table figure le menu de tous les dîners ordinaires avec l'addition de roastbeef, de plum-pudding et de « mince près... »

Lecteur français, - cette dernière friandise qui n'a pas d'équivalent dans la langue, - se mange mieux qu'elle ne se décrit.

Les enfants procèdent à l'attaque des plats comme s'il n était rien survenu de sérieux depuis le déjeuner, et maman les surveille.

L'animation se répand parmi les convives après les entrées; la o-aieté et le rire bruyant éclatent à l'arrivée du pudding. Les manières de ma charmante voisine sont maintenant moins réservées qu au debut Elle parle, - elle sourit, - elle rit des tentatives que fait son cavalier pour amener une conversation. Une vive couleur rehausse la richesse naturelle de son teint,- et ses yeux-brillent d un éclat plus intense.

Est-ce l'effet du vin?

Ou du roastbeef?

Ou du pud ?

24 dpcemlirn iSC4.

^ AUX ITALIENS GW-

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LA SOIUIE

Qu'en pensez-vous? le plus joli moment d'une soirée aux [laliens serait-il celui où l'on en sort?

Une des dernières jolies elioses qui restent encore à voir à Paris que cette sor tie des Italiens I A l'Opéra, le spectacle dure trop longtemps et l'on s'en va bien avant la fiu : rien ne vous presse ici, et, avant d'aller au bal, l'on a le temps encore de se lmontrcr un peu sur les marches de ce grand vestibule à hautes colonnes, à escaliers bien distribués, garnis de fleurs et de tapis.à la douce chaleur des calorifères. Un contraste avec le singulier vestibule de Covent-Garden, vous rappelez-vous, bas comme une loge de portier, avec une petite cheminée ù la prussienne où le feu l'unie jusqu'en juilet, avec un seul escalier étranglé, que rélchauffe et rehausse seul le beau ton rouge de l'uniforme du Life's quard, qui, de long en large, balaie le plafond de son bonnet à U poil. Ici, comme là-bas, les divinés ont quitté leur Olympe, je . veux dire leurs loges; un moment passager et charmant d'intimité s'établit entre elles et les simples mortels qui marchent respectueusement sur leurs jupes traînantes, tout en s'assurant jusqu'à quel point les couleurs de leur teint sont naturelles.

El.NDA DI CHARABIAJIOUNI ET SON SEDUCTEUR

Ali ! la pauvre- petitel

Quant à ce qu'on chante ici, vous le savez par cœur; la serinette a quatre ou cinq airs, le Barbier, le Trovulore, Don Pasfjuale, Rirjoletto, et elle perd des notes d'année en année. Cette année, la serinette n'a plus qu'une note, heureusement que tout le monde l'aime, c'est la Patti On a eu beau faire, on a eu beau chercher des taches dans ce petit soleil, pour ne pas dire comme tout le monde, tant de jeunesse, de beauté, surtout tant do désir de bien faire, vous désarme; l'on finit par se reprocher d'avoir peut-être fait de la peine, et l'on meurt d'envie d'apporter des dragées à

l'enfant. Et pourtant avait-on tout à fait

tort. V.... Enfin, mettons qu'elle ait renoncé aux tailles longues, mettons qu'elle sache ce qu'elle chante quand son rôle parle d'amour, mettons que sa nouvelle toilette du troisième acte de la Traviata, satin blanc et acier, ne ressemble pas à un de ces bibelots d'exportation sur lequel il ne manque qu'une vue de la colonne Vendôme en nacre à reflets, et parlons d'autre chose.

24 décembre 1864.

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