‹ La Vie parisienneChapitre 8 sur 662 · D L'ANNÉE 1863 CM · texte numérisé non relu

D L'ANNÉE 1863 CM

Mortes aussitôt que nées, Que fait-on de vous, années?

Où donc vous enfuyez-vous?

Vous venez de la nuit sombre; Vous dissolvez dans l'ombre, Qluand sonnent les douze coups ?

Allez vous, loin de la terre, Conter à quelque autre sphère L'histoire de yos exploits ?

Ou bien, dans un autre monde.

Recommencez-vous la ronde Eternelle de vos mois ?

Dussé-je dire un blasphème !

Je vous vois toujours la même ?

Mêmes soleils, mômes froids, Mêmes morts, mêmes naissances.

Mêmes fleurs, mêmes semences, Mêmes peuples, mêmes rois!

L'homme a toujours la berlue ; Vous naissez, il vous salue :

« Béni soit l'Inconnu ! » dit Le fou qui toujours espère.

Et, quand vous quittez la terre, Le même homme vous maudit,

A'ous laissez, sur votre route, Tomber les jours goutte à goutte Et, lorsque vous n'êtes plus.

Il nous reste, pour chéances, De moins quelques espérances, Et quelque rides de plus !

Vraiment le mieux est d'en rirr, Et pour se venger dire Le récit de vos hauts faits.

Au coin de sa cheminée ; Et, ma foi ! défunte année, C'est aussi" ce que je fais !

Mes enfants, cette année me coûte douze mois et mes moyens ne me permettront bientôt plus une pareille dépense, disait mon grand-père quand la famille entrait le 1" janvier dans sa chambre. Cette année. 1803 vaut-elle réellement les 365 jours que nous avons déboursés ?

Chacun fait, en ce qui le touche, le bilan de cette période écoulée, essayons donc de résumer ce qui se dit

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