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CIRQUE-OLYMPIQUE

Le cirque Franconi avait brûlé le 23 mars 1826. A l'aide de nombreuses souscriptions qui, en deux mois, atteignirent le chiffre de 150.000 francs, il fut reconstruit sur le boulevard du Temple (2). Antoine Franconi, le fondateur de la dynastie, né à Venise en 1738 et venu en France pour la pre-

(1) Je me borne à menlioTiner, sans commentaires, les sept théâtres de banlieue qui existaient dans la dernière année du règne : ceux de Montmartre, des Batignolles, de Belleville, de Montparnasse, de Grenelle, des Ternes et du Ranelagh.

(2) En 1844, l'administration du Cirque-Olympique fit construire aux Champs-Elysées, sur les dessins de llillorff, une nouvelle salle, affectée aux spectacles d'été, et qui prit le nom de Cirque-Nalional.

mière fois vingt ans après, mourut en 1830, à quatre-vingt-dix-huit ans. Ses successeurs avaient été, depuis 1807, ses deux fils Laurent et Minette. Ce dernier céda lui-même, non pas la direction — car le Cirque-Olympique appartenait alors à une Société — mais une partie de la direction, les exercices des écuyers et des chevaux et la mise en scène des pantomimes, à son iils adoptif, Adolphe Franconi. Les deux autres directeurs étaient Ferdinand Laloue et ^'illilin de Saint-Hilaire. Ferdinand Laloue contiibua beaucoup à mettre à la mode les spectacles militaires.

« Le Cirque, écrivait Auguste Luchet(l), n'est pas un théâtre, pas une scène, c'est un champ de bataille, un camp, une caserne ; tout le monde y sort, tout le monde y monte la garde ; on n'y connaît d'autre bonnet que le bonnet de police, d'autre code que le code militaire, d'autre appel que le tambour. On ne sonne pas l'heure des répétitions comme dans les autres théâtres, on la bat. Là, on ne joue pas la comédie : on se «fait, on se cruit le personnage que l'on représente. Tout est pris au sérieux. J'ai vu les comparses du cirque groupés et causant dans les coulisses, se ranger respectueusement, se taire et porter la main au front parce que l'acteur chargé déjouer l'empereur pas-

(1) Xouveau Tableau de Pans, 183i. Article sur le Cirque- Olympique.

LES THÉÂTRES DR l38o A iS/jS 1G5

sait ;m milicni d'eux. J'ai vu un acteur rcudi'C au directeur le rôle qui lui avait été distribue'', pai'ce que c'était un i-ùli! de traître, et que lui, vieux soldat de Napoléon, disait-il les larmes aux yeux, aimait mieux ilonner sa démission et mourir de faim, que de jamais trahir son empereur... J'ai vu des fiourants pâlir de colère et se mordre les poings parce qu'il leur fallait le soir s'habiller en Autrichiens, et se battre coutre la France, eux qui avaient espéré être de la garde impériale. La garde impériale est la légion d'honneur du comparse de F'ranconi : un homme a servi pendant deux ans avec distinction comme Autrichien, x^nglais ou Russe, il devient soldat français l'année suivante, avec perspective d'entrer dans la vieille oarde un au dIus tard. Un homme s'est mal couduit, il est venu ivre aux répétitions, il est insolent, querelleur, mauvais camarade, on ne lui inflige point une amende, on le met dans les Autrichiens : c'est le punir dix fois plus. Ces quehjues traits, choisis entre mille du même genre, rendent facile l'explication de l'admirable vérité imitative des représentations militaires du cirque... »

Le célèbre clown Auriol débuta au Cirque-Olympique le l*"" juillet 1834 (I). Fils d'un gymnaste

(1) La même année qu'un équilibrisle, Fedril-Righas, surnommé Abdul-Maza, qui jouil d'une grande vogue. « Le contrat écrit, note le Journal des Arlisles, en 1834, n'obligeait

et d'une écuyère il avait déjà eu de grands succès en province, lorsqu'à vingt-huit ans s'inaugura sa brillante carrière parisienne qui devait durer jusqu'en 1855 (1).

l'artiste qu'à exécuter les tours de son répertoire; mais doué par la nature de ces hellos formes dont les statues antiques nous donnent l'idée, Fedrit-lîij:lias se i)laisait, en dehors de son enqiloi, à minier le Laocoon et d autres personnages niytlioloyiques avec un énorme serpent vivant. » (1) Auriol mourut en 1881, âgé de soixante-quinze ans.

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