ACTE QUATRIÈME
petite chambre... en haut!... c'est très-commode... on est tout porté... (.\ AifreJ.) Vous êtes garçon, alors ?
ALFUED.
Sans doute.
GONDREMARK.
A la bonne heure, si vous aviez été marié... il vous aurait fité impossible... (En le regardant avec curiosiié.) Ainsi, là, vraiment, vous les connaissez toutes?...
Sans exception... Qui est-ce qui les connaîtrait, si, moi, je ne les connaissais pas?...
GONDREMARK.
Quelle existence !...
ALFRED
Ahl...
GONDREMARK.
Celle-ci après celle-là, la blonde après la brune, la brune après la blonde... C'est alléchant, je ne dis pas le contraire. c'( st alléchant, mais, au milieu de celte ribambelle de femmes, a-t on le temps d'aimer et d'être aime?...
ALFRED
Mon Dieu, vous savez, ça dépend du service.
GONDREMARK.
Vous dites?
ALFRED
Vous voulez prendre la question de plus haut... ça m'est égal, prenons-la de plus haut! Vous me demandez si, au milieu de celle ribambelle de femmes, on a le temps d'aimer...
GONDREMARK.
Et d'être aimé?...
ALFRED
Non, on ne l'a pas... (Avec fo.ce.) Non, on ne l'a pas... mais, voyons, monsieur, on ne peut pas tout avoir... avoir les femmes et a\oir i'amour, ce serait trop; celui qui a l'amour ne peut pis avoii' les femmes, celui qui a les femmes ne peut pas avoir l'amour, il faut choisii', moi, j'ai choisi les femmes...
GONDREMARK.
Vous avez bien fait.
ALFRED
N'est-ce pas?
GONDREMARK, s'inclinant deyant Airred.
Décidément vous avez bien fait, et il ne me reste qu'à mo féliciter d'avoir rencontré un homme aussi... Voulez-vous ma faire un plaisir "?...
ALFRED, saluant.
C'est mon état...
GONDREMARK.
Dites-moi votre nom...
ALFRED
Alfred!...
GONDREMARK.
Alfrei?..;
ALFRED
Alfred, maître-d'hôtel !...
GONDREMARK, furieux.
Maître-d'hôtel 1
Mais oui ..
GONDREMARK.
M. de Gardefeu, lui aussi, m'a dit qu'il était maîtred'hclel, il m'a dit que les quarante messieurs qui nous suivaient au bois de Boulogne éiai.Mit quarante maîtres-d'hôtel, et vous venez à votre tour...
ALFRED
Mais, monsieur...
GONDREMARK.
Je châtierai M. de Gardefeu quand je le rencontrerai; quant à vous, puisque je vous tiens, votre car';e! dorinez moi votre carte !
ALFRED, tirant de la poche de son habit une carte de restaurateur. Ma carte, voici.