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CAFÉS ET RESTAURANTS. BALS ET CONCERTS, LA VJE MONDAINE

« Ce fut un singulier s[»ectac]e que celui de Palis livré à la révolution triomphante. Un GouA'cruement qui siimprovisait au milieu de difficultés qu'il est juste de reconnaître et avec une activité qu'on ne saurait nier; les rues pleines encore des combattants de la veille et sillonnées de barricades qui ne s'abaissaient qu'avec défiance ; les palais municipaux et royaux, la jtlupart des établissements publics envahis par des^bandes

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armées, qui s'y étaient installées dès la première heure, et qui y vivaient au hasard des provisions trouvées ou des réquisitions continuelles; des députations de toutes sortes apportant au pouvoir nouveau des félicitations, des conseils, des menaces ou des ordres et entravant ainsi l'action gouA^ernementalc ; une anxiété mal dissimulée chez beaucou]), dos espérances eFFrayantes clicz quelques-uns, des illusions et des espérances sincères chez d'autres : tel Fut le tableau ([ue présenta la capitale de la France, pendant les premiers jours qui suivirent la chute de la royauté (1). »

Paris n'avait pas encore repris son calme. Il ne le reprendra qu'après deux années d'agitation et de fièvre. La révolution se continuait par des discours et des déFilés. Sur chaque borne se dressait un orateur en plein vent qui, devant un public de plusieurs centaines de personnes, louait ou Flétrissait le Gouvernement. Précédés par des dra])eaux et <les tambours, des cortèges d'ouvriers, groupés en corps d'i'tat, remplissaient les rues, et, aux accents de la Mafscil taise, se dirigeaient vers l'Hôtel de N'ille, pour y prononcer ou y entendre des phrases patriotiques.

Prenant leur revanche des mesures prises con-

(1) Annuaire de l.csur. Année IS'iS (rédigée par A. Folqiikr), p. 107.

LA RUE. LES PUO.MEN.VDES -JdT

tro oux SOUS le régime qui venait de finir, les erieurs de journaux étaient les maîtres du pavé. Avec leurs abominables feuilles, (ju'on leur arrachait des mains, tant on était pressé de les lire, ils répandaient dans Paris, des boidevartls aux quartiers populaires, la peur, le mensonge et la haine.

Cette haine poui- le vieux roi vaincu et déchu, elle n'avait pas diminué. Elle s'étalait sur les murs, à la devanture des marchands de gravures. Le pamphlet et la caricature, contre lesquels le Gouvernement n'osait pas sévir, semblaient faire assaut de grossièreté.

On criait un peu partout, et on vendait ouvertement : les Amours secrètes de Louis- Philippe, le Mariage de la duchesse d'Orléans avec Abdel-Kader^ les Révélations sur la mort du duc d'Orléans, etc., etc.

Charles Monselet raconte (1) qu'il vit, au tournant du pont de la Concorde, un individu qui présentait aux passants, dressée au bout d'un bâton, une affiche ainsi conçue :

« M.vRLv Stella, ou échange criminel d'une demoiselle du plus haut rang, contre un garçon de la condition la jjIus vile. Ce livre, qui a eu deux

(1) Mémoires d'un pasMtnI. Tableau de Paris en iS^iS {Hevue de Paris, IV du 2U novembre 18C4).

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éditions de 1830 à 1839 (1), a été détruit avec une espèce de rage par la police du roi déchu. Il serait diil'icile d'ollrii- au peuple un drame d'une lecture plus curieuse et plus foudroyante. Louis-Philippe, garçon de la condition la plus vile, y est démasqué d'une manière complète. Tout est appuyé de preuves solides dans ce livre écrit en caractères de feu. »> Pendant que les crieurs de journaux vociféraient et que se déroulaient les cortèges, les orgues de Barbarie, abandonnant leurs habituelles romances, dévidaient des hymnes patriotiques, d'innombrables saltimbanques dressaient leurs tréteaux, étalaient leur tapis, plantaient leurs piquets, sur toutes les places, à tous les carrefours, et une grosse jeune fille blonde, aux puissantes mamelles, comme la Liberté des Ïambes^ chantait une chanson de circonstance dont chaque couplet était suivi de ce refrain :

C'est moi qu'on noninre avec orgueil

Charlotte la républicaine ; Je suis la rose pléliéieiine

Du quartier Monloryueil !...

(1) La première édition parut en lS3ii " ciie/. les principaux iiljraires » et elle était censée se vendre au prolit des pauvres. On essayait de prouverdans cet ouvrage que Louis- Philippe, fils de (vhappini, geôlier de la petite ville de Modigliana, en Toscane, avait été substitué à un fils légitin.e du duc et de la duchesse de Chartres, devenue plus tard lady Maria Stella Newborough, baronne de Sternberg. Il y eut une quatrième édition en 183!i. L'imprimeur de ce pamphlet, Pihan Delaforest Morinval, était un ardent légitimiste.

Chanter est un des plaisirs du peuple. Détruire en est un autre. Le GouA^ernement proA'isoire eut de sérieuses raisons de craindre qu'on ne tentât de démolir, sous prétexte qu'ils rappelaient des souvenirs monarchiques, certains monuments ou tout au moins certaines statues, comme celle de de Louis XIII, à la place Royale, de Louis XIV à la place des Victoires, et même celle d'Henri IV, sur le Pont-Neuf. On se contenta, en fin de compte, de les coiffer d'un bonnet rouge, ce qui dut bien les étonner. Le Gouvernement comprit qu'il fallait, pour empêcher le peuple de céder à ses instincts démolisseurs, leur donner satisfaction en rebaptisant des rues ou des palais, dont les noms sentaient trop l'ancien régime.

Les collèges royaux deAÙnrent des lycées (1), et on modifia, non pas l'enseignement qui y était donné mais l'uniforme de ceux qui le recevaient, et alors comme aujourd'hui n'en profitaient guère. Le Théàtre-F'rançais et l'Opéra reprirent leurs anciens titres de Théâtre de la République et de Théâtre de la Nation.

Le Palais-Royal fut désormais, au moins en théorie, le Palais National, comme sous la Révo-

(1) Les collèges Louis-le-Grand, Henri-IV, Saint-Louis, Bourbon, prirent les noms de lycées Descartes, Corneille, Monge et Bonaparte.

lution, et un décret, du 24 avril, lit du Louvre le Palais du Peuple.

Place des Vosges, de la Révolution, ces noms reparurent pour redésigner, officiellement. In place Royale et de la Concorde. M. de Rambuteau, qui avait été un fort brave homme et un excellent préfet de la Seine, céda sa rue à Barbes, et Coquenard à Lanuirtine (1). « De même furent rebaptisées les rues do N'alois, du Roule (devenue Cisalpine ^ comme en 1797), de Valois Palais-Royal (du Lycée) et la rue Notre-Dame-de-Lorotte, dont les habitants apprirent avec stupeur, un beau matin, qu'elle s'appelait désormais rue de la Vertu!

Une affiche, placardée sans doute par un groupe de mécontents, demanda qu'on imposât d'autres noms, plus démocrati([ues, aux villes d'(Jrléans, de Nemours, de Montpensier, et une bandelette, apposée au bas de cette affiche par quelque fumiste, réclama le même traitement pour la ville de Paris, puisqu'on avait donné le titre de comte de Paris au petit- fils de Louis-lMiilippe.

Ces changements, si insignifiants en apparence, apaisaient dans une certaine mesure l'àme brutale mais sinn)liste du peuple, l-'n revanche ils contribuaient à maintenir une sorte d'atmosphère ré-

(1) Dès le leiulemain «les journées de février, les liabilants de celte rue lui donnèrent spontanément le nom du

poète.

volutionnaire et à effrayer les boutiquiers, qui d'ailleurs s'effraient de peu.

Aux maux réels s'ajoutaient, comme toujours, les maux imaginaires. On faisait courir les bruits les plus absurbes. Les volets de son magasin bien clos, l'ex-garde national, tremblant de peur dans son lit, au moindre bruit qui troublait le silence de la nuit, s'attendait au pillage et à l'incendie. Ah! comme il regrettait alors d'avoir aidé à la victoire de ces républicains qui n'étaient plus, pour lui, que des bandits!

Les étrangers fuyaient Paris. Dans la deuxième semaine d'avril, 1.323 Anglais s'embarquèrent à Calais ou à Boulogne.

L'argent se cachait ou se réfugiait dans des pays où il se trouvait moins exposé qu'en France aux revendications sociales et aux expédients budgétaires. Le bruit ayant couru qu'on se disposait à établir le cours forcé du papier-monnaie, des millions de commerçants, de petits rentiers, remplissant les rues qui conduisaient à la Banque de France, faisaient la queue tout un jour pour convertir leui-s billets de banque en louis d'or et en écus.

A la fin du mois d'août 1848, il existait, à Paris, environ 25.000 appartements à louer, principalement dans les prix de 1.500 à 2.500 francs, qui représenteraient aujourd'hui à peu })rès le

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triple. Sur le boulevard Beaumarchais, trentecinq maisons neuves ne contenaient pas en tout cinquante locataires. Beaucoup de Parisiens riches étaient allés vivre en province.

Un grand nombre de locataires ne pouvaient plus oune voulaient plus payer leurs termes. Lorsqu'on n'osait pas les leur réclamer, ce qui arrivait assez fréquemment dans les quartiers populaires, ils illuminaient leurs balcons ou ils y accrochaient des drapeaux portant cette inscription : honneur aux propriétaires généreux! Dans le cas contraire, un drapeau noir signalait à la réprobation des passants les misérables bourgeois qui n'acceptaient pas, peut-être parce qu'ils avaient besoin de manger comme les prolétaires, de loger gratis, et pour l'honneur, le peuple souverain.

La chose prit de telles proportions, et donna lieu à de tels abus, que le maire de Paris se crut obligé de rassurer, par une circulaire, le 10 avril, ces propriétaires à qui on refusait le droit de tirer parti de leur propriété.

Pour auçfmenter le désarroi, un autre fléau s'ajouta à la révolution : le choléra. Il débuta le 3 mars 1841», dura jusqu'à la fin de Pété et fit 16.165 victimes. En un seul jour, le 10 juin, il y eut 672 victimes.

Peut-être fut-il prolongé, sinon provoqué, par l'incurie de l'administration municipale pendant

cette période. La mairie de Paris, comme le Gouvernement provisoire, était absorbée par la politique, et tout le reste lui semblait négligeable. Cette armée de fainéants, qui encombrait les ateliers nationaux, on ne sut même pas l'utiliser par les plus élémentaires travaux de Aoirie. La direction, la surveillance, une méthode et un plan d'ensemble manquaient également. Ce ne fut qu'en 1850 qu'il y eut un effort et un progrès. On commença alors (par la rue de Richelieu et l'avenue des Champs-Elysées) à faire usage du macadam, et comme il séchait mal, une caricature représenta les Parisiens circulant sur les boulevards macadamisés avec des échasses. A la même époque, parurent pour la première fois dans Paris des voitures de place avec galeries pour les bagages. Désertées par les bourgeois, qui ne s'y sentaient pas en sûreté, sauf le Palais-Royal ou National qui continuait à attirer les gourmets et les joueurs, les promenades étaient envahies par le peuple. Aux Champs-Elysées, le carré des fêtes tendait à devenir une foire permanente. Des saltimbanques y venaient de tous les coins de Paris. Le cirque Loyal s'y était installé. On y donnait, quelques pas plus loin, un spectacle qui avait beaucoup de vogue, et qui s'intitulait « l'Enfer et le Paradis ». Louis-Philip[)e et Guizot, retournés de temps en temps par les démons, brûlaient dans

l'Enfer, taudis que dans le ciel, figuré pur des nuages d'un bleu criard, ti'ônaient, avec des auréoles de carton doré, Napoléon, le général Lamoricière, et un autre démocrate, qui me semble un peu suspect, Jules César.

La promenade de Longchamp, dont le nom rappelait de si somptueux défilés et l'étalage d'un luxe aimable et élégant, avait été complètement abandonnée, aux fêtes du vendredi saint de l'année 1848. En J849, on put y voir, avec quelques voitures, l'équipage du Président de la République (1). C'était encore peu de chose, mais c'était le début, et il se produisait ailleurs qu'à Longchani}), d'une reprise indécise, hésitante, de la vie mondaine. Paris se remettait à respirer et à sourire. Troublé et sali par l'émeute, il aspirait à en secouer le joug. Paris avait hâte de redevenir Paris.

Gomme un grand nombre de Parisiens, en 1848, et les plus facilement altérés, vivaient dans la rue, comme beaucoup défiler, beaucoup pérorer, conduit nécessairement à boire beaucoup, les cafés n'avaient pas eu à souffrir de l'universelle détresse.

Leur clientèle s'était à la fois accrue et encanaillée. La quantité des consommateurs rempla-

(1) V. le Mois, II- du 1" mai ISV.K

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çait la qualité. On servait des boissons moins coûteuses, moins lucratives, mais on en servait davantage.

Du reste, la plupart des cafés, que leur ancienneté n'obligeait pas à attendre des jours meilleurs en gardant une réserve prudente, s'étaient transformés en véritables clubs. Les journaux et les brochures du temps en citent quelques-uns, où des émeutes, entre deux verres de casse-poitrine, se préparèrent :

Le Café du Progrès, faubourg du Temple, n'>l;

Le Café du marchand de vin Desmoulins (qu'on appelait Camille Desmoulins), rue Saint- Maur;

Le Café de la Liberté, faubourg Saint-Antoine ;

Le Café de rUnion, rue du Roule-Saint-Honoré, qui était le siège de T Association des garçons limonadiers, et où fréquentaient Jeanne Deroin, Pauline Roland et d'autres femmes socialistes ;

L(/ Nouvelle France, faubourg Poissonnière, rendez-vous des démocrates étrangers ;

La France Nouvelle, faubourg Saint-Martin, tenu par Adolphe, dit Soulouquc.

Le Café Génin était également classé comme démocratique, à cause de sa dame de comptoir, la citoyenne Nina Lassave, qui avait épousé le pa-

tron de l'établissement, après avoir été la maîtresse de Fieschiil).

J'ignore si le sieur Muller, limonadier, au coin de la rue Saint- Antoine et de la rue Saint-Paul, avait des opinions politiques avancées ou rétrogradées, et si même il avait des opinions, mais il recevait dans son café d'autres clients que des républicains, à en juger par un incident, un fait divers, qui me semble avoir quelque intérêt comme indication de l'état d'esprit de l'armée à la fin de l'année 1849.

Dans les derniers jours du mois d'octobre, plusieurs officiers d'un régiment d'infanterie de ligne, en garnison à Paris, s'étaient réunis chez ce Muller, pour fêter et arroser la bienvenue d'un de leurs camarades. Les vins aidant, les esprits s'échauffèrent assez vite. On chanta, on discuta, on dit du mal du Gouvernement, et vers 9 heures et demie, un des officiers ouvrit la fenêtre qui donnait sur la rue Saint- Antoine et se mit à crier : IVi'e Henri 17 D'autres firent chorus, et à ce cri séditieux ajoutèrent celui de : A bas Le président ! La foule s'était amassée devant le café. Elle avait

(1) Au mois (le iioveinhre 1849, on annonç^a sa mort. Elle vinl elle-même dans les bureaux du journal la liépubUque affirmer qu'elle était vivante, très vivante, et quelle n'avait jamais exercé, comme on l'en accusait, la profession de chanteuse des rues. V. lu République, u- du 20 novembre 184».

commencé à murmurer, à menacer, puis à hurler, en guise de protestation : Vive la République !

Le sieur MuUer essayait de calmer les officiers, mais il n'y réussissait guère, leur légitimisme puisant sans cesse de nouvelles forces dans les liquides dont ils s'abreuvaient. La foule, de son côté, s'obstinait à manifester par des clameurs aussi furieuses qu'infatigables, son attachement à la République.

De guerre lasse, le cafetier se décida à en- A'oyer chercher la garde et, quelques minutes plus tard, les officiers, encadrés par des sergents de ville et légèrement dégrisés, étaient conduits au poste.

Gomme les cafés, et pour les mêmes raisons, les restaurants s'étaient démocratisés.

Quelque jugement que l'on porte sur le règne de Louis-Philippe, on sera obligé d'admettre qu'au point de vue culinaire, qui en vaut bien un autre, ce fut une grande époque. Egoïstes et obtus, si l'on veut, tous ces bourofeois mano^eaient bien et savaient manger. C'étaient de bonnes fourchettes. De nombreuses diligences, chaque matin et chaque soir, déposaient dans Paris des centaines de provinciaux, qui cachaient dans d'immenses cravates des têtes ornées de toupets, qui portaient de vastes houppelandes et des casquettes bizarres, mais (pii connaissaient, mieux que les Parisiens,

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les restaurants les plus estimables et qui y passaient, sans remords, loin d'une petite ville ennuyeuse et d'une épouse trop mûre, leurs meilleures heures.

L'inconvénient des révolutions, le plus grave peut-être, c'est de détraquer les estomacs, en les effrayant. Comment savourer un succulent repas, si l'on n'a pas la tranquillité d'esprit qui en double le charme, si l'on n'est pas certain de le digérer à son aise.^

La Révolution de 1848 eut sur l'alimentation de l'élite une influence désastreuse. Je ne parle pas de l'alimentation de la masse, qui a une bien moindre importance.

Les grands restaurants fermaient leurs portes ou se galvaudaient. Les cuisiniers, dont les fourneaux échauffaient les opinions démocratiques, se syndiquaient, manifestaient, prenaient part à toutes les émeutes (i).

Il y avait des Cuisiniers réunis, rue Saint-(iermain-l'Auxerrois. Il y en avait rue x\ubry-le-Boucher, il y en avait à la barrière du Maine. Ils cherchaient à monopoliser les restaurants populaires. Contre eux luttaient avec peine le restaurant Munck, à la barrière Pigalle, le restaurant des

(1) Le disciple le plus dévoué de Barbes, son lieutenant, Flotte, était cuisinier.

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frères Pottier, à la barrière des Amandiers, le Lingot (for de la Californie, tenu par Montier, à la Courtille, et, à la (]ourtille également, la;l/è/-e Angot.

Le café (irégoire, place du Caire, conservait une fidèle clientèle. C'était un des rares restaurants oîi la cuisine était bonne. Presque partout ailleurs, elle était ré})ublicaine, socialiste, amie du progrès et des lumières, mais abominablement mauvaise.

Dans ce Paris épouvanté, abêti, où des marmitons saucialistes jouaient un rôle, exerçaient une influence, ce qui semblait avoir le moins changé, c'étaient les bals publics. On dansait sur un volcan, mais on dansait encore. A. côté des vieilles barbes, des « quarante-huitards », des pontifes, des apôtres sans cesse occupés des destinées du genre humain, graves et pensifs, sérieux comme un àne qu'on étrille, à côté des mégères et des viiagos, qui n'étaient démocrates que parce qu'elles étaient mûres, il y avait dp vraies femmes et des jeunes gens qui s'intéressaient à autre chose qu'à la politique. Il y avait des étudiants et des grisettes, et l'amour ne chômait pas.

A tous ces couples <[ui maintenaient les bonnes traditions, les l)als publies servaient de champs de manœuvre.

Le plus important était la Closei'ie des Li/as,

ir,

S^-i l.V V11-: rAKISlE.NNE

([u'oii up|)elait simplement Balllei., du nom de son directeur.

Bullier était devenu démocrate. La Commune de Paris, Journal révolutionnaire, moniteur des Clubs, des corporations d'ouvriers et de Varinée (1), publia cette lettre de lui, dans son numéro du 5 mai 1848.

« CiTOYKN,

« Je vous félicite sincèrement de l'initiative (jue vous et vos collègues viennent de prendre pour la formation de la Commandité des travailleurs. Vous faites en cela preuve de patriotisme et de philanthropie ; il faut donc que tous les bons citoyens vous imitent, que ceux qui veulent la prospérité de notre belle France vous viennent en aide, que ceux enfin qui détestent les paresseux ouvrent les mains et aident de leurs capitaux cette digne classe des travailleurs.

D'après ce. voulant coopérer à cette bonne œuvre qui entre parfaitement dans m^s principes, veuillez, je vous prie, me considérer comme l'un de vos souscripteurs pour la somme de mille francs; })lus tard j'espère faire d'autres versements pour la consolider.

(1) <^élail le journal do Subrior. Il |iarul du t> niar.s au S juin.

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Honneur au ministre et surtout au comité à qui appartient l'initiative.

Salut et fraternité.

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