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AUX OUVRIERS CHAPELIERS REUNIS DE PARIS

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ss ôl.pass.dii Piaar3Dii,el7i.r. St-Boatré.

^CCAn*TI/"kM fondée par l'unanimit* ■IoûULI/aIIUIi dei membre de la So- . iLté des SECOURS MUTUELS. S l'aide do \c\in propre» rensource» — Par le choix it la perfection de leurt produits, il» o»ent compter »ur le lyrapathique concours de tous ceui aui détirent l'Auociatlon VRAIS.

Inuenneinent plac« de 'a Boune, M

L'âÇÇnpiATiniil démocratique des ouvrières che- HOOUulA I lUil niisières.rue delaCorderie-Saint- HoficTf, 7, a I honneur df prévenir le public que, grâ<:e à son bienveillant concours, elle est aujourd hui à même de soumettre à son choix un assoitimirnt complet de chemises à tout prix, tant pour hommes que pour femmes. Elle entreprend également les chemises surmesure,.qu'elle essaie avant d'en terminer la confection, qui peut rivaliser ajvec celle des meilleures maisons de Pans.

L'Association se charge des chemises à façon et de gilets de flanelle à un prix très-modéré, (59)

Club fraternel des lingères, etc, etc.. (1).

Malgré cette tendance, qni les caractérisa de tout temps, à compter sur « un retour du bon sens populaire « ou sur l'intervention de la Pro-

(1) Les agents payeurs des Ateliers nationaux avaient fondé en mars 1848, sous la présidence de Gariepug, le Club des Bureaucrates.

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vidence, transformée en gendarme éternel, les Modérés avaient senti le besoin de se grouper. Le Club de la République nouvelle, au Palais National, fondé en avril 1848, avait comme viceprésident, Auguste Barbier, l'auteur — un peu calmé — des ïambes. C'était aussi dans un salon du Palais National (ou Royal) que se réunissait V Association démocratique des amis de la Constitution, fondée en 1848 par Bûchez et dominée par l'influence du général Cavaignac (1).

Dans les clubs rouges, ils avaient des représentants, mais après l'élection de l'Assemblée nationale, croyant avoir cause gagnée, ils cessèrent d'assister aux séances, et les exaltés, les révolutionnaires, y régnèrent en maîtres.

Ces clubs rouges étaient très nombreux, surtout dans les quartiers populaires. Une cinquantaine d'entre eux jouaient un rôle très important.

(1) Au mois de novembre également fut fondé, pour soutenir la candidature de Louis-Napoléon à la Présidence, le Comité central électoral (boulevard Montmartre, 10), dont les présidents étaient Martin-Bruerre, iirnpriétaire, et Palornii ancien consul général de la Réiiiiblu]ue.

Quelques jours avant rélection le bruit courni iiiic lo général Cavaignac projetait de faire enlever son concurr<'Ml. Le Comité central électoral organisa ime garde (jni dc\âil veiller nuit et jour aux environs de Ihôtel du Rhin (plaie Vendôme) où habitait le prince Louis-Xapoléon. (ielle garde comptait une soixantaine de membres.

Le Comité central électoral fut l'origine de ^<( Suciélé <tii dixdéccmbre.

Sous l'inspiration de Ledru-Rollin et sous la direction d'un ancien détenu à Sainte- Pélagie, Villain, qui avait pris part à l'insurrection d'avril 1834, la Société des Droits de V Homme et du Citoyen (1) avait succédé, en mars 1848, à la première Société des Droits de VUomme, déjà républicaine, à l'époque de sa création, en 1830, et qui, en 1848, ne comptait plus que quelques membres.

A cette société se rattachaient le Comité central, au Palais national, présidé par Villain, placé sous l'influence de Barbés et d'Huber, et le Club central, au Conservatoire des Arts et Métiers, desquels dépendaient d'autres clubs , imbus du même esprit. Le Comité central était représenté par des commissaires d'arrondissement, parmi lesquels Pelin, peintre d'histoire, rédacteur en chef des Doulets Rouges, président du Club pacifique des Droits de V Homme (2), et Munier,

(1) Elle fut continuée, après .sa dissolution, i^ar la Nemesls, dont les membres les plus connus étaient Vitou, un des |)rincipaux fondateurs; Jean .lournel, Waltier, dit Crampon, (Ireppo, Miol, Joigneaux, Charles Corbet, chez qui on se ri'uiiissalt, dans une cave, boulevard Montparnasse. Il y avait aussi des i-éunions, rue h«aint-\ ictoi' el boulevard du Temple,' 42. l^a Sociélc des défenseurs de la fiépulili'iiie, la Société de Union dea Communes, continuée ]iai" la Société de la Commune de Paris, la Société de la Solidarité répuljlicuine {dirigée par Martin Bernard el Delescluze) poursuivaient le même but que la Nemesis.

(2) Dans le Nil» arrondissement.

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président d'un Club également (1), et qui prenait le titre bizarre de « chef de la police de sûreté de la société des Droits de l'Homme (2) ».

Chaque membre d'un des clubs affiliés devait avoir un fusil et une certaine quantité de cartouches. Il recevait comme insigne une médaille qui portait d'un côté : « Société des Droits de l'Homme » et de l'auti-e, un triangle, avec ces mots : « Egalité, Solidarité, Fraternité. »

Quelles étaient les tendances de cette association, des extraits des discours prononcés au Club centi'dl le montreront suffisamment.

— Séance du 4 mars 1S48 Discours du citoyen Marx : « Je suis révolutionnaire : je veux marcher à Tombre du grand Robespierre ! Eh bien ! voici ce que nous dirait ce vertueux citoyen, s'il était encore de ce monde ■ Lorsqu'un vaisseau trop plein est surpris en mer par une violente tempête, on jette par dessus bord une partie de l'équipage, afin de sauver le reste. »

Cette partie de l'équipage que le citoyen Marx conseillait de jeter par-dessus bord, au nom de la Solidarité et de la Fraternité, c'était celle qui ne partageait pas ses opinions.

— Séance du 19 mars. Discours du président Villain, sur les bruits de banqueroute : « A ([ui la

(1) Dans le I" arrondissement.

(2) A. Llcas, les Clubs et les Clubistes. Paris, 1851, p. t»4.

République doit-elle en définitive? A ses ennemis, aux sangsues de la Restauration, aux corrompus du dernier règne. Eh bien ! Quand bien même la République ne paierait pas ces gens-là, où serait le mal ? Et ne serait-il pas beaucoup plus simple de ne pas leur donner que de leur reprendre ? »

— Séance du 6 avril . Discours d'un certain Denier, qui propose que désormais, « les maisons n'étant que des tas de pierres plus ou moins bien disposés » les locataires versent leur loyer au trésor public. Et ce vœu fut adopté.

Une partie du Gouvernement provisoire protégeait presque ouvertement la Société des Droits de r Homme et du Citoyen et avait mis à la disposition de son président, Villain, un appartement au Palais National. Il y avait fait monter des caves de Louis- Philippe, pour abreuver ses visiteurs, un tonneau de vin où était attaché par une chaînette un gobelet d'étain (1),

Barbes présidait le Club de La Révolution, inauguré, le 21 mars 1848, dans la salle du bal Molière, rue Saint-Martin. Les fondateurs de ce club étaient presque tous les citoyens qui, durant le dernier règne, avaient représenté dans la presse, dans les associations politiques, d'abord publiques et plus tard secrètes, dans les conspira-

(1) Déposition faite devant la Haute-Cour de Bourges.

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tions et dans les mouvements insurrectionnels, la tradition révolutionnaire (1). A côté de Barbes, on y voyait souvent Raisan, Marc Dufraisse, Dambel, Kersausie. Il avait pour organe le Travail, dont il ne parut que li numéros (jusqu'au 21 juin 1848, inclusivement).

Raspail avait londé et présidait le Club des Atnis du Peuple, dans la salle do la rue Montesquieu.

« Ce Club, remarque Louis Blanc (2), avait cela de particulier que ce fut plutôt une école de science et de philosophie qu'une arène mêlée à la discussion... » et Raspail lui-même disait, devantla Haute Cour de Bourges, le 5 mars 1849 : « J'avais pour auditeurs mes malades guéris, mes disciples dévoués, mes vieux compagnons dans l'œuvre d'instruire, de faire le bien et de souffrir. »

La Société républicaine centrale, plus connue sous le nom de Club Prado ou Club Blanqui, avait été inaugurée, dans la salle du Prado, le 26 février 1848. Elle se recrutait dans la classe bourgeoise beaucoup plus que parmi les ouvriers, peu séduits, malgré leur admiration pour le tribun, par l'éloquence sèche et âpre de Blancpii.

(1) Comité réuitlutionnaire. Club des Clubs ci la Commission, par LoNGEPiED, fondateur-président, et Laugier, secrétaire-trésorier. Paris, 1850, p. 32.

(2) Histoire de la Révolution de /,V//,V, t. 1", p. 29».

Les principaux membres étaient Hippolyte Bonnelier, Arnould Frémy, Alphonse Esquiros.

Si la séance dont on va lire le compte rendu, plus ou moins exact, eut réellement lieu, elle se place au 25 février — et c'est ce jour-là par conséquent qui aurait été celui de l'inauguration — ou au 26 février. Ce compte rendu est d'un journaliste témoin des scènes qu'il évoque ou qui prétendait en avoir été témoin (1):

« Nous montons au club, raconte Victor Bouton. On délibérait. La crosse des fusils retentissait sur les dalles^ et la salle était hérissée de baïonnettes se dessinant au-dessus des bonnets rouges. On a dit que, dans cette fameuse séance, je m'étais placé au bureau, près du président, que j'étais coiffé d'un bonnet phrygien, que je prenais des notes, et quoi encore? Niaiseries! Au bureau? Est-ce que j'avais besoin d'opiner? Coiffé d'un bonnet rouge? Pourquoi me faire remarquer? Prendre des notes? Ce n'était pas la peine.

La physionomie du club était singulière.

Le président Crousse (2) à la figure pâle, à l'œil voilé, dirigeait les débats avec une lenteur calculée.

(1) Victor Boutox, la Patrie en danger. Paris, 1850 C?), pp. 34 et saiv. (II place la date de cette sôaiice au 2.") février). ^2^j Ce Crouâse était un clerc d'avoué.

Delente, à la haute stature, au geste net, à la parole pleine, colère, vibrante, dominant ceux qui l'entouraient.

Fomberteaux père, au l'egarJ ardent, au visage bourgeonné, à la parole tranchante, au verbe inculte, faisait retentir son arme.

Vilcoq, avec une ironie cruelle sur les lèvres, se tenait dans un coin, appuyé sur sa canne.

Simard se distinguait par son air décidé. Sa figure accentuée, ses bras musculeux, sa parole tombant nette comme du plomb, son fusil à la main, son chef vêtu d'un bonnet rouge lui donnaient l'air d'un sectionnaire de 93.

Grandménil, lesyeux hébétés, la bouche baveuse y traînait ses gros souliers.

Desamy, au front fuyant, au grand nez, aux lèvres pendantes, aux yeux brillants d'un feu morne, agitait ses bras et poussait à l'insurrection. »

A ce moment, Blan([ui, dont on attendait impatiemment l'opinion, monta à la tribune.

« Aux premiers mots de ce petit homme grêle,

la tête grisonnante, aux vêtements usés sur les planches des cachots et conser-^ant dans ses yeux les éclairs d'un feu sombre, un frémissement secret parcourut l'assemblée.

— « Citovens, dit Blanqui à ce monde allumé, ne mettons pas la Républitiue en danger. L'heure

n'est pas encore venue d'en appeler au peuple des décrets de l'Hôtel de ville. Ils ont marché lentement, mais enfin ils ont marché, et ils ont promis satisfaction à nos droits. Si nous affichons cette proclamation (sur le drapeau rouge), Paris pourrait se lever tout entier et déraciner l'Hôtel de ville dans sa fureur, et qui sait ce qu'il en adviendrait. Toute réflexion faite, il faut ajourner notre projet. »

Une explosion de cris d'étonnement accueillit cette tortueuse harangue...

Cinq cents hommes armés, tout chauds encore de l'émeute et dans l'enivrement de la proclamation de la République; cinq cents hommes, les plus hardis que renfermât Paris, les plus rompus aux tentatives, ayant joué plus d'une fois déjà leur vie sur les pavés, eussent surpris le Gouvernement provisoire, eussent envahi l'Hôtel de ville; immolé Lamartine, à la voix duquel le drapeau rouge était tombé de la statue de Henri IV, et eussent gouvernés Paris par la Terreur.

Sous l'empire de quelle crainte Blanqui avait-il, d'un ofeste de sa main, commandé à ce flot de rentrer dans son lit?

L'un dit qu'en sortant de l'ILHel de ville, il se crut encore possible en raison des difficultés que le (jouvernement avait à vaincre: il espéra qu'on l'appellerait aux affaires.

L'autre dit qu'il ne comprit pas le secret de sa force, qu'à ses yeux un (louvernement improvisé ce soir-là par des hommes qui se fussent intitulés les Sections de Paris, et dont il eût été le Dictateur, lui sembla suranné ; qu'il avait désiré un mouvement populaire grandiose, un grand concours des masses, et qu'au lieu d'une manifestation il ne vit eu définitive, après plusieurs heures d'attente, qu'une conspiration étroite, et qu'il aima mieux attendre.

C'est au club du Prado que fut distribuée un jour à la porte cette chanson de Lachambeaudie, qui fut ensuite placardée sur les murs de Paris.

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