BOCAGE
Les Secrétaires: G. Florimond, Loyot
Les Commissaires: Giffard, Goffixon, Lefran- SAY, Gadion, Vignon
Le Trésorier: Fayet. »
L'opinion publique, et même, ce qui est significatif, une partie notable de l'opinion ouvrière se montraient de plus en plus hostiles aux ateliers nationaux. On commençait à trouver qu'ils coûtaient beaucoup trop cher (1) non seulement pour les travaux qui leur étaient confiés (et dont ils s'acquittaient fort mal) mais aussi pour les services qu'on en attendait.
En effet, dans la pensée du Gouvernement, les Ateliers nationaux devaient être à la fois « un expédient loyal pour offrir à la populatien ouvrière un salaire et du pain (2) » et un moyen de former « au lieu d'une force, à la merci des socialistes et des émeutes, une armée prétorienne, mais oisive, à la merci du pouvoir (3) ».
(1) Seuls les ateliers de femmes organisés dans les douze arrondissements de Paris ;ct où on confectionna, pour les armées, des chemises et autres objets de lingerie) rapportèrent à peu près ce qu'ils avaient coûté.
(2) Garnier-Pagès.
(3) Lamartine, Histoire de la Rêvolalion de /écrier, t. II, p. 120 — et il ajoute : " Commandés, dirigés, soutenus par des chefs qui avaient la pensée secrète de la partie antisocialiste du Gouvernement, les ateliers contre-balancèrent jus-
Or cette armée prétorienne, qui était aussi dans son ensemble une armée de fainéants, devenait par ses tendances, par sa masse, chaque jour plus dangereuse.
On ne pouvait plus, dans la détresse financière où se trouvait le pays, la nourrir ';[]. Il fallut la supprimer.
Mais ces ouvriers des Ateliers nationaux, ou du moins beaucoup d'entre eux, s'étaient bien vite habitués à être payés à ne rien faire. Ils ne demandaient qu'à continuer.
Dans la séance du 16 mai, à la Chartre, Dupin avait dit: «Nous avons tous le même but; nous sommes animés des mêmes sentiments ; nous formons le même désir, et ce désir est le vœu de la France entière, le vœu de Paris, du bo?i Paris. Car il ne faut pas prendre pour l'expression de la capitale cette population de travailleurs en disponibilité qu'on devrait envoyer dans des ateliers militairement organisés, pour lui faire gagner, en travail-
quà l'arrivée de l'Assemblée nationale, les ouvriers sectaires du Luxembourg et les ouvriers séditieux des clubs. Ils scandalisaient par leur niasse et l'inutililé de leurs travaux les yeux de Paris ; mais ils protégèrent et sauvèrent plusieurs fois Paris à son insu. »
(1) Le dernier recensement des Ateliers nationaux, le 20 juin, comptait 120.000 ouvriers, et constatait (fu'il y avait encore à cette date 50.000 demandes d'admission. « Tout Paris, disait Léon Faucher, dans son rapport à l'.Vssemblée, y passera. »
lant, des salaires qu'elle obtient aujourd'hui, en ne travaillant pas. »
A cette déclaration répondirent de nombreuses affiches placardées par des ouvriers et entre autres celle-ci qui parut aussi en brochure, et qui est due à un certain Sibert, qui avait la spécialité de ce genre d'affiches, et en vivait :