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Il y eut aussi des pièces de circonstance à la Porte-Saint- Marlin, à l'Ambigu, à la Gaité, au Cirque-Olympique et au Panorama-Dramatique.
Le f mai sur le théâtre de la cour onjoua, Blanche de Provence ou la Cour des fées, paroles de Tiieaulon et de Rancé. musique deBoÏEi.DiEC, Bertox, CuÉRunixi, Paer et Kreutzer.
(1) lielation, publiée chez Petit, en 1822, p. 57.
par le roi dans la l)ourgeoisie parisienne, l'ut servi par le corps municipal. Puis, on passa dans la salle de concert, où les acteurs du théâtre Feydeau jouèrent un intermède. Après cet intermède, un rideau se leva et laissa voir les armes de Paris, la nef sur laquelle se détachait le portrait du duc de Bordeaux. Des transparents représentaient Palerme et le débarquement de la duchesse de Berry à ^Marseille. Le concert se termina par une cantate de Baour-Lormian, mise en musique par Ghérubini, et à 9 heures fut ouvert le bal, auquel assistèrent 8.000 invités.
« La grande salle de bal avait été construite dans l'emplacement occupé par la cour de PHôtel de Ville, élevée à l'égalité du premier étage et faisant suite aux autres appartements dont elle se trouvait ainsi entourée, La décoration de cette salle consistait en arcades de glaces enchâssées par des guirlandes de fleurs qui commençaient à hauteur d'appui et qui montaient jusqu'au plafond, sur lequel elles formaient des dessins élégants. Les colonnes et les lignes d'architecture se trouvaient masquées avec des massifs et des draperies d'or et d'argent, auxquels un nombre infini de lumières prêtait un nouvel éclat. Bien n'est à comparer à la ma^^nilicciicc de cette salle qui contenait près de 1.500 i)ersonnes (1 ) . »
(1) Annuaire de Lesli;, aiinôe 1821, ;"i l.i (l;ilo thi 2 mai.
Il y eut encore, le 3 mai, une fête populaire et des bals aux marchés des Blancs-Manteaux, de Saint-Martin, de Saint-Germain et de la Vallée.
Le dimanche 6 mai, à THôtcl de Ville dans la salle du Trône, le comte de Chabrol distribua 50.000 francs à des familles d'ouvriers. Le soir, une fête fut offerte à TOdéon (1) à la famille royale par les officiers généraux de la Maison du roi, et cette fête se termina par un bal paré.
Le 9 mai, le corps municipal reçut les députés des bonnes villes, et le 13 eut lieu l'ouverture du canal Saint-Denis, inauguré par deux bateaux, le Duc-de-Bordeaax, sur lequel s'étaient embarqués les princes, et la Ville de Paris, que montaient le préfet et les conseillers municipaux (2).
C'est un précieux privilège de la jeunesse que de ne pouvoir prolonger ses douleurs. Pleine de confiance et d'espoir, convaincue que la vie ne lui réserve que des joies, elle a toujours les yeux fixés sur l'avenir. Elle ne s'attarde pas aux stériles regrets. Elle a soif de bonheur, et ses larmes sèchent vite. Il faut, pour beaucoup souffrir, et longtemps, avoir vieilli.
(1) On joua une pièce iiililulée l'IIôlel de Bordeaux.
(2) Pour les autre fêles publiques de la Restauration, voir Appendice, n" II.
La duchesse de Berry s'était rapidement consolée de la mort de son mari. Son fils, qu'elle adorait, suffisait désormais à son besoin de tendresse. Elle veillait avec soin sur son éducation. Elle le voulait viril et militaire. A sept ou huit ans, le duc de Bordeaux prenait des leçons de gymnastique, sans aucune de ces précautions dont on entoure ceux qu'attend une haute destinée. Avec les enfants de son âge, il jouait au soldat, et les voltigeurs, qui montaient la garde à un poste voisin de l'Elysée, le virent souvent arriver le soir. Il faisait avec eux des parties de boules et s'amusait à leur commander l'exercice (1).
Mère admirable — et personne ne l'a jamais contesté, — la duchesse de Berry ne s'absorbait pas cependant dans l'éducation de son fils. Elle aimait tout ce qui séduit les jeunes femmes, la toilette, les bals, les concerts, le théâtre, et la joie de se sentir adorée par tant d'inconnus pei'dus dans la foule et de n'avoir qu'à semontir-r poui' phiire.
En même ionijis ([iic sa bonté, dont elle prodiguait les mar([ncs, surtout dans le monde en sommt3 11! plus intéressant, celui des artistes et des écrivains [i], on lui savait gré de ses goûts, si
(1) Dix Jours de 1830; souuepirs de la dernière Rèuolulion, par A. S., officier d'infanterie de la garde royale, Paris, 1831, p. Sô.
(2) « On ne sache pas (iu>llo ailjamais refusé d'assister à
dinérents de ceux de son entourage, et de ce caractère ardent, fougueux, épris de bruit el de mouvement, qui la rendait si séduisante. « Elle aimait le plaisir, a-t-on dit, en vraie descendante d'Henri IV (1). » Ressembler par ce côté — et sans pousser trop loin la ressemblance • — au Béarnais, n'était-ce pas le plus sûr moyen, à cette époque, de conquérir l'âme de la foule ?
La duchesse de Berry ne partagea pas l'impopularité de la famille royale. Les haines politiques, tout au moins depuis la naissance du duc de Bordeaux, l'épargnèrent. « M. de Laurencel, chargé de la direction des beaux-arts de Madame, raconte un contemporain (2 . m'a souvent donné une foule de détails qui expliquent comment, parmi tant de crayons que se sont prostitués pour outrager le malheur, il s'en est trouvé si peu poui" Finsulter personnellement. Pas un artiste ne pouvait dire lui avoir présenté inutilement ses ouvrages ; et les plus habiles et les plus à la mode
un bénélice dacleur ou daclrice ; on la toujours vue se monlrer avec le môme empressement aux théâtres des boulevards comme aux théâtres royaux. Elle savait que sa personne attirait la foule, aussi allait-elle volontiers à toutes les i-eprésentations, il suffisait de la prévenir la veille... conune elle disait avec son extrême bonté. » Brazier, Chroniques despelils Ihédlres de Paris... p. 68.
(Ij Ménwiressurla Restauration, parla duchesse d'Adh.xntès, t. II. p. J5y.
{2j Dix Jours en 1830... p. Si.
n'étaient point cenx qu'elle préférait exclusivement. »
Ce fut, à tout prendre, dans cette cour de vieux fantoches, au milieu de ces revenants, une figure vivante, charmante, une vraie femme, et Thistoii-e qui se laisse séduire, elle aussi, par la jeunesse et par la grâce, en est restée un peu amoureuse.
LETTRE DES QUATRE TÉMOJNS DE LA NAISSANCE DE S. A. R. MGR LE DUC DE BORDEAUX (l)