I.A ME PAHISIBX.XE
1 .700.000 i'raïu's environ, et Icsi-evcrnis nets représentaient 15 à 1.000.000 francs. Le U août 1827, la ferme des jeux fut attribuée a Bénazèt, qui devait paver un peu moins que son prédécesseur, 6.037.000 francs (1). Un arrêté du gouvernement, daté (lu 1'' janvier 1825, avait interdit plusieurs espèces de jeux et lîxé à 3 heures de l'aprèsmidi Touverture des nombreux tripots où d'incurables joueurs venaient perdre leur argent.
Parmi ces tripots, les plus connus étaient :
Les n°9, 31, 36, 5/i, 113, 129, 15/i du Palais- Royal (au n" 15i, il y avait une table où on ne pouvait jouer que de For).
Le Cercle des Etrangers, à l'Hôtel d'Oigny, rue Grange-Batelière, n"* 6. Le tenancier en était le chevalier de Revel. On commençait à 8 heures les jours de dîner et à 10 heures les autres jours, et on ne jouait que le trente-et-un et le creps. Au mois de mai 1817, une lilleGossin vola 36. 000 francs à la caisse.
Le n° 13 de la rue Marivaux, où il n'y avait qu'une roulette.
La Maison Lirrij, dite Frascaii, rue Richelieu, 108.
(1) Sur la renne des jeux le miiiislie de la Maison du roi prélevait une somme de 1.660.000 francs, qui servait à subvenlionner les théâtres, le Conservatoire de musique et rinsLilulion des Ouinze-Vingts.
CAFiîs, ni;sT.\i;it.\.NTS. mmsons diî jeux 91
La Maison Dnn'in^i, nu; du Mniit-lUaiic, 'iO (fermée sous la régie Bénazet)
La Maison de la demoiselle Clairville, vno Saint Martin.
Le n" 8() (le la rue Daa{)liine.
Le n" 3i de la rue du Bac.
r^aphos, iMK! du Temple, 110.
L'Holel d' Anglelerre, sur la place du Palais- Royal, à côté du café de la Régence. « Le proj)ri('taire de cetlo maison reçoit tous les matins 150 francs pour la location seulement de trois salles. C'est un ancien huissier qui a fait fortune (1). »
Il existait aussi, et en grand nombre, des Maisons de houillole. Pom- dépister la police, elles se déguisaient en tables d'hôte, en pensions de famille. .Vussitôt le dîner terminé, se dressaient les tables de jeu. On y jouait surtout l'écarté.
Après les Cent-Jonrs, afiluèrtmt à ces pseudotables d'hôte d'anciens officiers, des veuves de généraux, de colonels, qui tous, par un singnlier hasard, avaient été tués à Waterloo. On y voyait également des femmes à parlie, avides de rapprochements lucratifs, et pas mal d'escrocs.
Chaque maison de bouillotte avait son coinman-
(1) L. Priidiiommk. VdiiiK/e (Icsrriplif et hiAlori<]ue de /'a/irien cl du noiircuii l'ari.i... I. II, n. loi.
(lanl, m;iis ces commandants se rang-eaiont dans deux cat^'g-ories tri'S distinctes.
Il V avait le commandant bon garçon, bon vivant, paterne, et d'une amabilité si inaltérable qu'elle semblait professionnelle. Il disait des galanteries aux dames, allumait les parties et jugeait les coups douteux.
Dans d'autres maisons, sévissait le commandant agressif, querelleur, surtout quand il avait trop bu, et il lui arrivait rarement de n'avoir pas trop bu. C'était le demi-solde aigri, amer et tonitruant, celui qui deviendra plus tard le type de Ratapdil et qui jouera son rôle dans presque toutes les conspirations antiroyalistes. Nous le retrouverons et en jiarlerons plus en détail dans un prochain clui[>itre