Rue d'Ilauteville Barrière de lÉcule-Militaire
MONTROUGIF'INNES
3'|. Moutroiig'c-Placc DcUijiliine.
liCS Carolines devaient leur nom à la duchesse de Berry. Celle-ci, dès le début, s'était intéressée à l'entreprise et elle avait parié contre le roi 10.000 francs pour les pauvres qu'elle ferait une course en oiunibus. Elle choisit l'itinéraire Madeleine-Br/slilli', et, sans grand olFort, g'agna son pari.
Miilgrt' ce haut patronage, malgré la réclame que leur lit le tln-àtre (1), les omii bus ne réussirent que UKMliocrement. Le rigoureux hiver de 18*29, la neige et le verglas qui rendirent les rues presqne inabordables à ces lourds vcdiicules, faillirent entraîner leur rnine définitive.
Le prix de "25 centimes ayant paru trop peu r(''innnérateur, on l'augmenta d un sou. Un fnt même obligé de supprimer un cheval .snr trois. Contre l'augmentation du prix, contre la (liniinulion (hi nombre des chevaux, le ptdilic protesta.
L'affaire marcha assez mal pendant plnsienrs
(1) On donna au VautloviUo, le 23 mars 1828, les Omnibus ou la Bévue en (;o//j;;t, vaudeville en deux actes, par de Councv, 1)li'k.ntv cl 1.assa(;nl:.
FIACRES, CAHrUOLF.ïS, COUCOUS ET OMNIBUS 107
aniK'es. Baiulry iiiounit à peu près ruiné et cloutant de son œuva-e, qui ne commença à prospérer qu'après sa disparition (1).
Les vélocipèdes ont précédé de dix ans les omnibus.
On les a confondus avec les vélocifères, qui n'avaient avec eux quune ressemblance de nom. Les vélocifères étaient des diligences qui essayèrent sans succès de lutter contre les grandes messageries. Lors de leur création, en 1803, ils eurent quelque vogue, et Ton joua au Vaudeville, le
(I) Un giiidu des voitures de Paris, publié en 182D, l'année (LUI suivit linaugiiralion des omnibus, signalait entre autres venicuies extraordinaires :
Les Te ho- Tell in y ou voitures-cuisines chinoises à vapeur, qui devaient vendre du bouillon, des plats de viandes (â 5 sous) et de légumes (à 4 sous), à raison de 2.000 râlions (prévues) par jour.
Une diligence à une seule roue, construite par Lange, sellier-carrossier, rue C'.liantereine, 19, constructeur des Carolines et des Difnjcnles. (^clte voiture portait 2 berlines à chaque extrémité, ci 10 cabriolets sur l'impériale. Elle était conduite par 5 chevaux et pouvait transporter 28 personnes.
Uoninibus-colosse, dont le modèle lut exposé au bureau des voitures du boulevard de la Madeleine, n<* 17. En forme de navire, il avait deux étages de 4 mètres de haut, 4 mètres de large, et 9 m. 70 de longueur. Dans l'intérieur un salon, au-ilcssus une galerie qui était en quelque sorte le pont du balcau.
Cet omnibus-colosse devait aller de Vincennes à Neuilly par le faubourg Saint-Ajiloine, les boulevards, la place Louis-XV et les Chauips-Klysées. Il était mû par qualrc chevauN maii h.iiil ."i riuli'iicur sui" nu plan iMcIiiié.
lOS LA VIE PARISIENNE
19 mai, une revue, les Vélocifères, dans laquelle un des acteurs chantait ce couplet :
Vous, partisans du petit trot, Cochers, qui ne vous pressez guère, Voulez-vous arriver plus tôt Que le plus prompt vélocifère?
Sachez remplacer aujourd'hui La i-apidité par l'adresse.
Oui, remplacez aujourd'hui La rapidité par l'adresse (1).
C'est en 1818, et non pas en 1803, que les vélocipèdes ou voitures sans chevaux ou draisiennes, du nom de leur inventeur, le baron Drais, débutèrent à Paris. La Petite Chronique de Paris (1) fit part à ses lecteurs de cet événement sensationnel.
« (Le 25 mars 1818). — Avouons-le : les 3/o/itagncs, déjà vieilles de près de deux ans, ne pouvaient suffire à nos jouissances printanières. Vive cet honnête baron de Drais, auquel nous allons devoir de nouveaux plaisirs ! Nous avions nommé ses voitures sans chevaux des draisiennes, mais ce n'est là que leur nom vulgiiire, et le bre- A^et d'inqiortation qu'elles viennent (robtenir les
(1) Il l'crilail encore, sous la Rer^lauialioii, ((uelquc vélociieres qui faisaient le service de t^arls à ISonen et >ur deux ou trois autres routes.
(2) Petite Chronique de Paris, faisant suite aux Mémoires de Bachaumonl, année 1818. A Paris, chez Alexis Eyniery, libraire-éditeur, rue Mazarine, n" 30; Cori'iard, lil)raire, Palais-Uoyal, galerie de fJois, 1S19.
I cssni d'Henr;/ Monnir