CHANTEUR DE SOCIETE
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désii,''iie sous le nom, {)lus savant et plus expressif à la fois, de vélocipèdes. Quel agréable exercice de marche en voiture et de faire deux, trois, et môme quatre lieues à l'heure, suivant la nature des terrains ! La santé n'y gagnera pas moins que le plaisir, et les chars terrestres auront, je l'espère bien, leurs docteurs" qui les ordonneront, comme on ordonnait les chats aériens.
« Taillez proinptement vos plumes, auteurs de circonstance : dans peu de jours les courses vont commencer. Ce sera un nouveau Longchamp, et jugez comme nos dames vont raffoler des vélocipèdes, en apprenant qu'un cavalier pourra sans efforts y conduire une dame, comme dans une partie de traîneaux. Cependant, la mise en action de la machine exige un peu de mouvement, et pour cette fois il faudra bien que nos belles consentent à se laisser monei- par Icai-s maris : le tout sans liior à conséquence.
« Remarquez bien que tous ces détails sont oftici'ls : nous les tenons de M. Garcin, seul dépositaire pour la vente des vélocipèdes, rue de la Glacière, n" 3. Félicitons le baron allemand et le dépositaire français : dans un pays où Fou aime à faire son chemin le plus vite possible, leurs voitures doivent infaiHihlcmeiit les conduire sur celui (1(3 la fortune. »
Les ju'cmii'res coiii'scs (h; vc'locipiMlos eurent
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lieu dans le jardin du Luxembourg, le 0 avril 1818 . Elles furent, pour la plupart des spectateurs, une déception. Le chasseur du baron de Drais qui devait ])arcourir sur sa machine 300 toises en trois minutes, ne put avancer qu'avec une grande loiteur, et il lui arriva plus souvent de porter sou vélocij)ède ({ue d'être porté |)ar lui. Un amateur pensa ([u'il serait ]dus habile et il voulut à son tour essayer la machine du baron de Drais, 11 en tomba benucoup plus vite qu'il n'y était monté. Ce fut le seul incident gai de la journée.
Cependant, la nouvelle invention, quelque insuffisante qu'elle put paraître, intéressait bonnouibre de Piirisiens. simplement parce qu'elle était nouvelle. Le 13 mai 1818, les Variétés lui firent une sérieuse réclame avec une pièce de circonstance les Vélocipèdes. Des courses données au parc Monceau, le 29 juin, eurent plus de succès que les précédentes.
Les vélocipèdes, et surtout les vélocipèdes à chars (1), dans lesquels les dames se faisaient Iraîner, jouèreirt leur rôle daus les jardins d'été et dans les fêtes de banlieue : a Sceaux, îe 13 juillet; à Belleville, le 16 juillet, etc. La Petilc Chro-
(1) Il y avait deux sorles de vélocipèdes. Les uns étaient des l)àtons posés sur deux roues^ qu'on faisait mouvoir en appuyant les pieds par terre. On les relevait quand la machine était lancée. Les autres étaient des voitures roulantes que l'on poussait par derrière.
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ni(/uc (le Pdris, à la dalo du '10 juillet, leur roiidit un peu justice, t(Mit en affectant de ne pas trop les prendre au sérieux.
« La vitesse des nouveaux vélocipèdes, écrivaitelle, peut être comparée à celle du cheval au petit trot. En résultat, cet amusement, n'est qu'un véritable enfantillage, et c'est peut-être pour cette raison qu'il aura son moment de vogue. D'ailleurs, nous n'avons pas vu qu'on se moquât de ceux qui essayaient ces nouvelles machines. Le seul reproche que nous ayons entendu faire aux vélocipèdes, c'est le prix : 10 sous pour chaque course, et elle était si vite terminée 1 On pourrait ainsi, dans la soirée, dépenser une quarantaine de francs. Eu vt'rité, il y aurait du bénéfice à prendre la poste. »
En somme, les vélocipèdes à leurs débuts, comme le remarque très justement la Petite ('hro/iitjiie de Paris, n'étaient que des joujoux. rSous savons ce ([ue ces joujoux sont devenus.