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Le matin, les animaux semblent inquiets, ils attendent la ration de fourrage habituel. Ils cherchent l’abreuvoir, mais bientôt ils goûtent l’herbe nouvelle qu’ils trouvent bonne, et se mettent à paître.
YL — Le séjour à la montagne
Le troupeau continue sa vie régulière durant tout l'été. Le matin, le bâttier conduit ses animaux en un point de la montagne où il les laisse manger.
Deux fois par jour il les mène boire, puis, le soir, les conduit auprès de la « carrosse », où ils demeurent jusqu’au matin.
L’abreuvage des animaux est une chose importante que surveille très attentivement le bâttier conscienceux. Il est en effet indispensable que les animaux boivent à leur soif et qu’ils boivent tous. Il ne faut pas perdre de vue les faibles, les bêtes craintives que les autres peuvent empêcher de boire.
Le point d’eau dans la montagn a toujours été l’objet de la part du propriétaire de soins particuliers. C’est tantôt un important ruisseau où les animaux s’abreuvent directement, tantôt c’est un lac aux eaux claires et pures. Le plus souvent c’est une source qui a été captée, canalisée et dirigée dans de grands bacs, soit constitués par des troncs d’arbres évidés ou des madriers assemblés, soit en ciment armé.
Toujours, l’abreuvoir est décoré de petites croix de bois que des mains pieuses ont déposées là pour protéger les animaux.
REC NRA
Le lieu de parc est changé régulièrement de manière à fertiliser la montagne entière.
De temps à autre, les propriétaires viennent visiter leurs animaux pour se rendre compte de leur état. Ils font un brin de causette avec le bâttier, et lui laissent en partant un pourboire pour l’inciter à augmenter sa vigilance.
La vie du bâttier s'écoule tranquille et monotone. Parfois, les hasards du voisinage font naître des idylles champêtres qui se poursuivent avec le ciel pour témoin.
Le bâttier cultive, dans les points les mieux exposés, de petites parcelles de terre qui produisent chichement quelques choux étiques, quelques dures salades, quelques rares pommes de terre.
II va, de loin en loin, aux provisions, et ramène sur son âne de ces gros pains de seigle dont la mie fragmentée est si bonne trempée dans du lait. Il a aussi, dans le fond du sac, une de ces immenses fourmes, douce ou forte, selon son goût, du lard salé, sans oublier, bien entendu, un important « bousset » de vin rouge.
Il faut le voir par mauvais temps chaussé de gros sabots, le bas de la jambe entouré de houseaux de paille « les garaudoux », pour se protéger contre l’herbe mouillée, le corps disparaissant sous l’ample « limousine », son bâton à la main, son chien à ses côtés, il laisse errer son regard mélancolique sur tout ce qui entoure.
VIL — La descente
Dès la fin septembre, les animaux quittent la montagne. Ce sont d’abord quelques individus que l’on conduit aux foires, puis des groupes de plus en plus nombreux. Si le temps n’est pas trop mauvais, la vie pastorale se poursuit pendant les premiers jours d’octobre. Mais le 15 octobre, au plus tard, on retire les derniers animaux, on attelle la « carrosse », on ferme le buron, et la montagne s’endort jusqu’au printemps suivant.