CHAPITRE III
Etude
La *
des animaux exploités à la Montagne
On rencontre, dans les montagnes, des moutons, des chevaux, mais surtout et presque exclusivement aujourd’hui des bovins.
Les moutons « Ravas d'Auvergne » étaient nombreux autrefois. Ils ont maintenant à peu près disparu. Il y à une trentaine d’années, la transhumance garnuissait de nombreuses montagnes de moutons venant par étapes des départements du midi de la France. Cette coutume s’est éteinte. Quelques propriétaires ont récemment tenté, mais sans succès, d’introduire le mouton d'Algérie. Celui-ci supporte mal l’humidité, et se trouve être décimé par la terrible maladie du piétin.
Par endroits, certains villages réunissant leurs ovins, les confient à une même berger qui les conduit dans la montagne voisine, mais en général ces animaux rentrent le soir dans les exploitations.
De temps à autre, de timides essais ont été faits pour introduire l’espèce chevaline, mais toujours sur une petite échelle. C’est ainsi qu’à Guéry, le cheval a remplacé pendant une courte période le bovin, victime d’une épidémie de charbon symptomatique. De nos jours, on voit simplement quelques jeunes chevaux qui vivent avec le troupeau de bovins. C’est là un phénomène rare qui n’a aucune tendance à se généraliser. On doit s’en féliciter, car le cheval mangeant l’herbe des « fumades » ne peut que diminuer la fertilité des montagnes. ,
On peut dire que c’est l’espèce bovine représentée par 6 à 8.000 têtes qui est la seule à bénéficier des avantages de la vie pastorale dans les Monts-Dores.
Ce sont la race ferrandaise et la race de Salers qui constituent l’immense majorité du troupeau bovin.
La race ferrandaise est définie, ainsi qu’il suit, par Parrêté préfectoral du 2 septembre 1905, organisant le Herd-Book départemental : pelage pie-rouge brique. Le chignon légèrement touffu, cornes blanches à extrémités foncées dirigées horizontalement, un peu en avant d’abord, puis contournées légèrement en arrière. Les muqueuses, le mufle, la peau qui borde les yeux, anus et la vulve doivent être de couleur rosée et sans taches noires, l'œil doit être grand, le regard vif, le fanon moyennement développé, la poitrine descendue un peu en avant, le bassin large, les membres courts, épais, bien d’aplomb, le pis carré étendu sous le ventre et les trayons volumineux.
Pitiot, dans son travail sur la race ferrandaise, fait très Justement remarquer que certains sujets ferran-
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dais, sont assez loin de réaliser ce type. En réalité, les ferrandais de « concours » sont rares, et dans nos montagnes on rencontre les sujets les plus divers comme formes et comme couleur.
Le caractère des muqueuses fait le plus souvent défaut, et les taches noires, malgré les efforts de la sélection, reparaissent obstinément.
Des ferrandaises de robe pie-noire se montrent dans certaines montagnes. Elles proviennent d’exploitations restées fidèles à ce type.
De nombreux éléments ferrandais sont issus de croisements, tantôt avec les ‘races voisines, salers, limousines, etc…., tantôt avec des races étrangères que des marchands avisés introduisent de temps à autre.
La race montbéliarde devait tenter les marchands, à cause de sa ressemblance comme couleur avec la ferrandaise. Tout récemment, de nombreux individus montbéliards ont été amenés sur notre marché. Des propriétaires se sont empressés de les acheter, et souvent à de très hauts prix pour améliorer leur cheptel ; mais la montbéliarde dans notre région a besoin de grands soins, et ses produits, à la deuxième génération, n’ont plus aucun caractère de la race importée. :
C’est le pays qui fait la race ; nos éleveurs l’avaient oublié ; ils sont maintenant convaincus de cette vérité première.
La race Salers est de grande taille, sa robe est uniformément acajou, sans tache blanche, les muqueuses sont rosées ou ivoire, les cornes sont fines de couleur blanche dirigées d’abord horizontalement en avant, puis se relevant pour se contourner en arrière s’ou-
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vrant en forme de lyre, le bassin est développé, la queue bien attachée, les membres sont forts et d’aplomb. La mamelle est sphérique, volumineuse. La race est plus ancienne que la ferrandaise, aussi, les caractères du type se retrouvent-ils beaucoup plus fréquemment que dans cette dernière race.
On rencontre quelques représentants de la race Limousine, mais celle-ci apparaît surtout dans des croisements qui éclaircissent le rouge de la race ferrandaise. On peut voir enfin la race charollaise, la race tarine, etc...
Avantages de la pratique de l’estivage
Le principal avantage de la vie pastorale dans nos montagnes est, sans contredit, l’économie réalisée par le propriétaire. Il s’en remet au bâttier pour la surveillance du bétail, et il peut diminuer l’étendue de ses pacages au profit de ses prés. Il lui est loisible de la sorte d’entretenir un plus grand nombre d’animaux pendant l’hiver, de les mieux nourrir, et surtout de se réserver une plus grande quantité de fourrage pour les printemps tardifs. Le procédé permet d’utiliser de vastes étendues qui, sans cela, resteraient à peu près improductives. Les années de sécheresse, les montagnes constituent des pâturages de secours pour les exploitations situées sur leurs confins. Alors que les pacages sont littéralement grillés par le soleil, les animaux trouvent sur les hauteurs une herbe, sinon de grande qualité, du moins abondante et fraîche.