PEN QE
« feu dans la section sera libre d'envoyer au pacage de & ces communaux le nombre de bêtes à cornes qu'il « hiverne de ses paille et foin récoltés dans la section.
&« Tous les bestiaux qui pacageront dans cette par- & tie des communaux devront y demeurer continuel- « lement jours et nuits pendant la belle saison, suivre « le même parcours, être sous la garde d’un pâtre « commun et être tous renfermés la nuit dans un & parc qui se composera d'autant de claies qu’il y « aura de bêtes au pacage ».
IT. — La vie à la montagne
En principe, « la montagne » est un pâturage situé entre 1.200 et 1.400 mètres d’aititude. Elle est d’étenduc variable de 50 à 300 hectares, pouvant contenir de 50 jusqu’à 300 animaux. Elle porte un nom en général basé sur sa situation géographique : le Puy Merl, la Sanadoire, Compéret, Guéry, l’Aiguiller. D’autres fois elle tire son nom de particularités : les Razas, les Barbes Sèches, le Creux de Fontbomme, etc.
La montagne, habituellement, possède un buron, qui sert à loger le bâttier et sa famille. Le buron est une construction basse aux murs épais, couverte en pierres ou en zinc, et comprenant une seule pièce. Un lit « wagon » est aménagé dans le fond ; sur l’un des côtés, une antique cheminée à crémaillère ; enfin, une table et des bancs. Rarement un plancher, quelquefois des dalles, mais le plus souvent de la terre battue. Parfois une trappe donne accès à la cave.
Fréquemment une petite écurie est contiguë. Elle sert à loger l’âne du bâttier et, le cas échéant, les bêtes malades.
L’écurie peut être plus importante, et tous les animaux de la montagne peuvent y trouver place. C’est alors la ferme qui s’est transportée tout entière comme dans la « remue » des Alpes.
On rencontre également sur ces hauteurs l’exploitation elle-même, où gens et bêtes vivent l’année entière : « La clé du Lac », « Guéry », « Puy met » en sont des exemples. Là, à 1.300 mètres, bloqués par d’épaisses couches de neige, tous passent l’hiver dans l’isolement le plus complet. Le traîneau, le cheval lui-même sont quelquefois impossibles, et seul le ski, depuis quelques années, permet des relations avec l'extérieur.
En été, on fauche la pelouse qui fournit un foin apprécié. Malheureusement, à cette altitude, le fanage est toujours une grosse affaire. Des essais d’ensilage ont été tentés et, semble-t-il, avec succès. On s’est borné, jusqu’à présent, à maintenir le foin pressé à l'abri de l’air, et les résultats obtenus ont donné satisfaction. Les animaux mangent ce fourrage avec plaisir, et semblent se bien trouver de ce régime. La quantité de lait est elle-même augmentée. Il est certain que, dans l’avenir, le silo sera de plus en plus employé dans ces régions déshéritées.
Point de haies, point d’arbres pour séparer les montagnes les unes des autres. C’est quelquefois un fossé tracé à la charrue ou de simples rocs émergeant de distance en distance (bornes). Le propriétaire ne redoute point
les incursions du voisin. Il considère que l’immensité est pour lui une garantie suffisante.
De temps à autre, et plus souvent encore de nos jours, on rencontre des clôtures en fil de fer entourant de vastes espaces. Les animaux vivent:là, en complète liberté, et ne sont vistés qu’une où deux fois par semaine. L'économie est évidente. Point de bâttier. Mais, en revanche, que de déboires ! Les animaux séjournent aux mêmes endroits, au grand détriment de la propriété qui ne reçoit que très irrégulièrement la fumure ‘indispensable ; et puis, il arrive que le troupeau, pris de panique aux jours d’orage, rompe la frêle barrière et s’enfuie quelquefois fort loin dans la campagne, causant des dégâts aux cultures. Les animaux sont ramenés, mais souvent en piteux état.
La montagne possède à peu près toujours une « carrosse ». C’est un lit clos, couvert en chaume, en bois, en Zinc, et monté sur deux roues. Un timon permet d’y atteler des vaches pour le déplacer. C’est la guérite de nuit du bâttier. Les animaux se couchent autour, sous la protection et la surveillance de leur gardien.
On voit souvent dans les montagnes des fosses bien alignées, en général sur une seule rangée, quelquefois sur deux ou trois rangées. Ces fosses sont rectangulaires, elles ont six ou huit mètres de côté et présentent une seule ouverture creusée sur la même face. Parfois existe une fosse un peu plus grande, soit au centre de l’alignement, soit un peu à l’écart.
Ces fosses sont recouvertes d’un épais gazon. On y a trouvé des traces de cheminées grossières avec des fragments de bois calciné. Ces fosses remontent bien