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FEUILLES

et violets [65]. « Dans une chambre éclairée par une « lumière jaune, orangée ou rouge, la plante sê com- « porte comme ilans l’obscurité, quelle que soit linten- « sité (le la lumière, c’est-à-dire (pie ni la tige ni les ra- « cines ne s’infléchissent. » (Payer.)

[158(/] L’arrangement des feuilles sur les liges végétales mérite beaucoup d’attention.

On appelle nœuds les points d’une tige, d’un rameau, où sont attachées les feuilles, et on appelle entre-nœuds les intervalles nus qui se trouvent entre ces points. Selon les espèces , chaque nœud porte une ou plusieurs feuilles; dans le chêne, il n’en porte qu’une. Au reste, dans l’ensemble des espèces végétales, le cas où chaque nœud ne porte qu’une feuille est le plus ordinaire.

Pour un grand nombre d’espèces, la régularité de l’arrangement des feuilles est facile à reconnaître. Tels sont les cas où les feuilles sont alternes, c’est-à-dire situées alternativement de chaque côté de la tige : exemple, le tilleul; ou opposées , c’est-à-dire prenant naissance à la même hauteur vis-à-vis l’une de l’autre : exemple, le lilas.

Or, chez beaucoup de végétaux, tels que le chêne, où chaque nœud ne porte qu’une feuille, ces feuilles se présentent de tous les côtés de la tige, sur laquelle, au premier abord, elles paraissent éparses.

Mais si l'on suit avec attention l’ordre d’insertion des feuilles, on voit qu’elles suivent une ligne spirale [24 r] autour de la tige, et que le nombre des feuilles insérées

sur un tour de spire est le même d’un bout à l’autre de la tige. Cette disposition est très-facile à reconnaître sur une branche de cerisier, fig. 5. On voit que la sixième

feuille vient se placer verticalement, au-dessus de la première, après deux tours de spire.

Le nombre des feuilles insérées sur un ou plusieurs tours de spire varie selon les espèces ; mais, quel qu’il soit, il est généralement le même sur toutes les branches d’un individu et sur tous les individus d’une même espèce.

En résumé, il existe donc deux types apparents de foliation ou arrangement des feuilles autour de la tige : P la foliation en spirale , où chaque nœud ne porte qu’une feuille; 2* la foliation verticillée , où chaque nœud porte au moins deux feuilles, et souvent beaucoup plus, qui sont disposées autour d'un même point de la tige, comme les rayons d’un parapluie.

Quelquefois les feuilles sont disposées par demi-verti cilles alternes , c’est-à-dire que trois feuilles, par exemple, s’insèrent alternativement de chaque côté de la tige et à une même hauteur; mais, quels que soient le nombre et la disposition des feuilles verticillées, on arrive à reconnaître qu elles sont encore en spirale, non pas sur une seule spirale, mais sur autant de spirales

FLEURS

qu’il y a de feuilles à chaque nœud. L’examen des végétaux prouve qu'en effet ces deux types de foliation ne sont pas essentiellement différents; car il arrive souvent qu’une plante à feuilles opposées, telle que le myrte, montre des feuilles alternes à l’extrémité de ses rameaux.

Enfin, presque toujours la spirale tourne dans le même sens sur les tiges et sur les rameaux d’un même végétal ; cependant, chez certaines espèces, la spirale tourne dans un sens sur la tige, et dans l'autre sens sur les rameaux.

[158ft] La situation des fleurs sur les végétaux n’est, pas la même dans toutes les espèces; mais, d’ordinaire, elles sont placées à l’extrémité des ramifications. L’arrangement des fleurs sur les rameaux est appelé inflorescence; il en existe de beaucoup de sortes.

Toute fleur, quels que soient sa forme, sa couleur, le nombre et la disposition de ses parties, est entièrement composée de feuilles plus ou moins modifiées. La métamorphose est extrême dans la plupart des fleurs ; mais, sur les fleurs de certaines espèces, on peut suivre toutes les transitions successives de la feuille ordinaire du végétal aux diverses parties de la fleur. Cela est très-bien démontré dans tous les ouvrages qui traitent de la botanique.

La fleur est donc, dans son ensemble, une sorte de bourgeon modifié.

Le bourgeon ordinaire, qui termine la tige ou naît à

Vî

VÉGÉTATION

l’aisselle des feuilles, est destiné à continuer le développement de l’individu végétal ; mais les feuilles modifiées qui constituent la lleur ne portent pas de bourgeon à leur aisselle. Elles concourent à la formation des embryons ou graines destinées, non plus à développer l'individu, mais à développer l'espèce, à la propager. Ainsi, la fonction spéciale de toute fleur est la formation d'un ou plusieurs fruits ou semences , destinés à reproduire des individus semblables à celui qui les a engendrés.

L’étude des diverses parties des fleurs et de leurs fonctions reproductrices ne doit pas trouver place ici ; mais, pour l’intelligence de la suite de cet ouvrage, nous devons dès à présent dire quelles sont les parties essentielles des fleurs.

Une fleur complète et régulière se compose de quatre sortes de feuilles modifiées.

Prenons pour exemple la fleur idéale (fig. 6) qui, dans la fig. 7, est représentée coupée par son milieu, afin qu'on puisse mieux en distinguer les parties.

FLEURS

A l’extérieur se trouvent des folioles vertes, s , nommées sépales , qui forment ensemble le calice.

A l'intérieur du calice les folioles colorées, p , nommées pétales, forment ensemble la corolle.

A l’intérieur de la corolle on voit des filets , e , terminés par de petits sacs jaunes, a : ce sont les étamines. Les petits sacs a sont appelés anthères.

Enfin au centre de la fleur se trouvent des corps allongés ou carpelles , c, qui forment le pistil. Ici les cinq carpelles sont séparés ; souvent ils sont soudés ensemble et se terminent par un épanouissement nommé stigmate, comme on peut le voir en a fig. 1 , et en s fig. 9.

Le pistil contient une ou plusieurs cavités nommées ovaires, où se développent un ou plusieurs embryons, selon les espèces.

Les anthères, a, des étamines, contiennent une poussière jaune qui, en se répandant sur le stigmate du pistil, féconde l’embryon, c’est-à-dire le rend capable de se développer dans l’ovaire, et ensuite de germer et de produire une plante semblable à celle où il s’est développé.

Ainsi que nous l’avons dit, toutes ces parties de la fleur ne sont autre chose que des feuilles modifiées. Souvent les sépales du calice, par leur couleur verte et leur forme très-peu altérée, révèlent au premier coup d’œil leur véritable nature. Malgré leur couleur, très-rarement verte, les pétales de la corolle, par leurs nervures et leur texture, montrent encore une parenté étroite avec

VÉGÉTATION

les véritables feuilles. Les étamines, d’ordinaire si différentes d’une feuille, prennent cependant chez quelques espèces des formes qui ne laissent pas le moindre doute sur leur analogie. Et presque toujours le pistil est trèsvisiblement formé de véritables feuilles repliées et soudées, ou pressées les unes contre les autres. Chacune de ces feuilles repliées qui composent le pistil est appelée carpelle; quelquefois il n’y a qu’un carpelle.

Dans la fleur idéale que nous donnons pour exemple, les parties différentes sont disposées par verticilles alternes et emboîfés. Le plan de cetle fleur est- représenté (fig. 8) avec des proportions agrandies qui rendent cette disposition plus visible. Les points d’insertion des sépales s s... des pétales p p... des étamines e e... et les carpelles ce... alternent régulièrement par verticilles concentriques. Il existe aussi des fleurs où les parties de deux. verticilles contigus n’alternent pqint, mais sont superposées. Par exemple, les étamines, au lieu d’être insérées, comme fig. 7 , en face des sépales, peuvent être insérées en face des pétales.

Cette disposition par verticilles est très-fréquente ; mais un examen attentif montre que dans beaucoup de fleurs en apparence verticillées, les parties sont réellement disposées en spirale. L’arrangement de ces parties des fleurs se rapporte donc, comme on devait s'v atten-

FLEURS

die, à l’arrangement spiral de la foliation, dont nous avons parlé.

Toute tleur qui contient un même nombre de parties semblables dans chaque verticille alternant régulièrement est régulière et complète. Telle est la fleur idéale (lig. G) qui contient cinq parties semblables dans chaque verticille. Telle serait encore une fleur composée de trois sépales, trois pétales, trois étamines, et trois carpelles, tous semblables entre eux et alternant régulièrement.

Une fleur est incomplète lorsqu’elle manque de certaines parties, par exemple de pétales, d'étamines ou de pistil; et l’on conçoit quelle peut être irrégulière d'une multitude de manières, selon que l’insertion, la disposition, la ligure et le nombre de chacune des parties sont plus ou moins irréguliers. L’inégalité de développement des parties d’ün même verticille, soit du calice ou de la corolle, soit des étamines ou du pistil, constitue d’ailleurs, à elle seule, une irrégularité. Mais, en général, le nombre et la disposition , régulière ou non, des diverses parties de la fleur sont toujours les mêmes dans chaque espèce.

Dans beaucoup d’espèces, telles que les fuchsias, les sépales sont colorés ; quelquefois même ces sépales ont » toute l'apparence des pétales, comme chez l’ancolie, l’hortensia, etc. Cela ne constitue point une irrégularité.

Nous venons de dire que les fleurs peuvent manquer des étamines ou du pistil. Celles qui manquent d’étamines et qui ont un pistil sont appelées fleurs fetnelles, parce

tju’ elles contiennent les ovules ou embryons; telles sont : la fleur femelle du concombre, lig. 9 l , et le chaton a lig. 1; celles qui manquent de pistil et qui portent des étamines sont appelées fleurs mdles, parce que leur concours est nécessaire aux premières pour que l’embryon qu’elles contiennent puisse se développer dans l'ovaire et devenir capable de germer. Telles sont : le chaton b fig. 1 et la fleur mâle du concombre, lig. 11*.

Les fleurs qui portent à la lois des étamines et un pistil sont appelées hermaphrodites.

Chez beaucoup de végétaux, tels que les melons, les citrouilles, le noisetier, le chêne, les fleurs mâles et les

• co, calice soudé à l'ovaire, — p, corolle, — s, stigmates. î i jes enveloppes de celte fleur ont été fendues et écartées pour montrer l’intérieur : c, calice, — p, corolle, — e, étamines.

La fig- 10 représente une étamine séparée : f, filet, — a. anthère.

METAMORI’ 11 OSES.

Heurs femelles se rencontrent sur le même individu; chez d’autres, tels que le chanvre, les fleurs mâles et les fleurs femelles se rencontrent sur des individus différents.

Enfin , certains végétaux portent à la fois sur le même individu des fleurs mâles, des fleurs femelles et des fleurs hermaphrodites. Ces végétaux sont appelés polygames.

[158t] Les feuilles des végétaux ne se transforment pas seulement, en fleurs. Chez beaucoup d’espèces, telles que le pois, elles se transforment aussi en vrilles, a (fig. 12) en se réduisant à leurs nervures principales. D’autres fois, comme il arrive souvent dans Y épine-vinette, elles se transforment en piquants.

* Ces vrilles, ces piquants, peuvent d’ailleurs résulter de la transformation de parties autres que les feuilles. Ainsi, chez la vigne, les vrilles sont une transformation de la tige elle-même, et le sarment qui s’élève au-dessus du nœud où paraît la vrille n’est que le bourgeon axillaire , c’est-à-dire né à l’aisselle de la feuille correspondante, qui, cir se développant, a fait avorter la tige, et, prenant sa place dans le développement du végétal, l’a réduite à une vrille. Chez les melons, les concombres, ce sont les stipules qui se transforment en vrilles.

VEGETATION

Chez l’fljo/ic, [g prunellier épineux , lîg. 15, ce sont les rameaux qui se transforment en piquants ; chez 1 acacia, fig. 14, ce sont les stipules ss.

Les épines des rosiers, a, lig. 15, ne sont point des or-, ganes transformés, elles ne sont que des appendices irrégulièrement disposés sur les tiges r, les nervures des feuilles, etc., et comparables à des poils très-grossis.

Le houblon, les liserons, les haricots et beaucoup d’autres plantes grimpantes dépourvues de vrilles, s’enroulent par leur tige elle-mèmc, qui réunit ainsi les deux fonctions de tige et de vrille. Le sens dans lequel s’enroulent ces tiges grimpantes volubiles n’est pas le même dans toutes les espèces. Ainsi, les liserons s’enroulent de droite à gauche, et le houblon s’enroule de gaüche à

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