‹ La vieChapitre 11 sur 171 · MÉTAMORPHOSES · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSES

droite. Le sens de l’enroulement est constant dans chaque espèce, et il est impossible de les faire s’enrouler en senS contraire.

Les écailles qui recouvrent et protègent en hiver les bourgeons des chênes, ormes, hêtres, châtaigniers, etc., sont aussi des stipules transformés qui tombent quand les bourgeons se développent : ce sont des organes caduques.

Les écailles de l’érable sycomore sont des limbes atrophiés 1 et épaissis des feuilles extérieures des bourgeons.

Chez le frêne, le groseillier, • le rosier, elles sont formées Fi s- 1S -

par le pétiole des feuilles extérieures dont le limbe a avorté. Un bourgeon de rosier ou de groseillier nouvellement développé montre une série de transformations, depuis l’écaille proprement dite du bourgeon jusqu’à la feuille normale.

« Dans beaucoup de plantes aquatiques, les feuilles « varient selon le milieu dans lequel elles se développent. « Chez la renoncule aquatique, par exemple, les feuilles « supérieures qui s’élèvent aü-dessüs de l’eau ont un

1 Expression très-employée en physiologie; l'atrophie est une réduction extrême des formes d’un organe.

VÉGÉTATION

« limbe plein dont les nervures sont réunies entre elles « par un parenchyme complet; les inférieures, au court traire, qui sont nées sous l'eau, sont réduites à leurs « nervures, et ressemblent par suite, jusqu’à un certain « point, à des racines. » (Payer. Elém. de Botanique.)

Sur le néflier sauvage, les feuilles d’un grand nombre de bourgeons avortent complètement, et le bourgeon se réduit à une épine. Dans les jardins, par l’effet de la culture, aucun des bourgeons vie cet arbre ne se réduit ainsi à un piquant; tous portent des feuilles et des fruits. Analogie frappante de ce qu’on observe chez beaucoup d’humains où certaines facultés qui, développées, auraient donné des fruits, se réduisent par le manque de culture à des aspérités stériles et hostiles.

Une autre transformation des bourgeons mérite bien d’èlre remarquée.

En général, le bourgeon est destiné à produire une branche : mais sur certaines plantes, telles que le lis bulbifère, l’oignon d’Egypte cultivé pour la table, les bourgeons ne se développent pas en brançhes. Ils sont courts, ramassés, gonflés de sucs, et reproduisent la plante lorsqu'ils sont semés comme une graine ordinaire.

Les tiges de beaucoup de plantes affectent des formes qui, au premier abord, peuvent tromper sur leur vérita- , ble nature. Ainsi, les bulbes ou oignons des tulipes, et les pommes de terre, ne sont autre chose que de véritables liges souterraines, et les caïeux qui se trouvent à l’aisselle des écailles des bulbes peuvent, étant séparés de

Page 1