FACE INFÉRIEURE
Iris
Œillet des jardins.
Plantain d’eau.
Cobea grimpant.
Lilas.
(Ëlétn. de bot. Jussieu.)
' L’expérience de la bulle de savon explique l’absorption de l’acide carbonique par les lacunes des feuilles aériennes, et les stomates facilitent évidemment le phénomène. Mais comment les choses se passent-elles chez les végétaux qui vivent sous les eaux?
Beaucoup présentent des lacunes dans le parenchyme ordinairement très-épais de leurs feuilles, et l’on comprend que ces lacunes puissent, sous les eaux, jouer le
NUTRITION
même rôle que dans l’air, c’est-à-dire absorber l'acide carbonique dissous dans l’eau comme celui qui est mêlé à l’air atmosphérique.
Mais, chez un grand nombre d’espèces vivant sous l’eau, les feuilles ne présentent point de lacunes. Or, ces feuilles immergées n’ont jamais d’épiderme; les cellules extérieures de leur parenchyme sont immédiatement en contact avec l’eau où elles sont plongées. Il faut donc en conclure que les liquides intérieurs de leurs cellules absorbent, à travers la très-mince paroi de ces cellules, l’acide carbonique dissous dans l’eau. Sous l’influence de la lumière, cet acide carbonique est décomposé dans le végétal sous l’eau comme dans l’air; son carbone est fixé de même et la chlorophylle est produite.
Quant aux végétaux dont les feuilles s’étalent à la surface des eaux, leur page supérieure en contact avec l’air est garnie d’épiderme et de stomates, et leur page inférieure n’a point d’épiderme, ni par conséquent de stomates. Leur respiration peut donc s’accomplir à la fois par le mode aérien des végétaux qui s’élèvent dans l’atmosphère et par le mode aquatique des végétaux immergés.
[158<j(] La nutrition est une fonction très-complexe par laquelle un être organisé, après avoir élaboré des substances précédemment absorbées, s’assimile tout ce qui, dans les produits de celte élaboration, peut entretenir et développer les différentes parties de son organisme.
VÉGÉTATION
Dans l’absorption radiculaire, on voit isolément le fonctionnaire , c’est-à-dire la racine, et la fonction, c'està-dire l’introduction de l’eau plus ou moins pure dans les racines.
Dans la respiration, on voit isolément le fonctionnaire, c’est-à-dire la feuille, et la fonction, c’est-à-dire l'absorplion d’acide carbonique et l’exhalation d’oxygène.
Mais quand il s’agit de la nutrition, il ne s'agit plus d’un seul organe ni d’une fonction ordinaire. Un grand nombre d’organes, sinon tous, concourent à la nutrition, qui 11 e s’accomplit que paf»une série d’opérations. L’absorption et la respiration sont des besognes partielles dont la nutrition détermine l’effet combiné, qui est le développement de l’être. Cette remarque ne doit pas être oubliée.
S'assimiler, en physiologie 1 , signifie faire semblable à soi, faire entrer en soi, de telle manière que la chose assimilée fasse part e de l'être qui l’a assimilée.
L’assimilation est donc un acte intermédiaire par lequel, après qu’il a élaboré en soi certains produits flottant encore dans les cavités de ses organes, l’être vivant s’incorpore ces produits et les fait entrer dans le tissu de ses organes.
[158r] Lorsqu’on dissèque, une plante, surtout à l'époque où elle est en pleine végétation, on trouve ainsi
1 La physiologie est la science qui traite des phénomènes de la vie et des fondions dos organes, soit dans les végétaux, soit dans les. animaux.
en elle des produits contenus dans ses organes; ces produits sont appelés substances organiques
Et l’on trouve des résultats de l’assimilitation formant le tissu des organes; les substances qui forment ces tissus des organes sont appelées substances organisées.
Ainsi, par exemple, les sucs particuliers, tels que la gomme, le sucre que l’on trouve dans certains vaisseaux, sont des substances organiques; et la substance qui forme la paroi de ces vaisseaux est une substance organisée.
Les substances produites dans l’organisme sous l’influence de la vie sont très-variées dans les diverses parties des végétaux, et plus variées encore chez les diverses espèces de végétaux. L’étude de leur composition et de leurs propriétés est un des objets de la chimie organique. Celle science est peu avancée, eu ce sens que l’on n’est point parvenu encore à découvrir les lois générales de la production des substances organiques; mais les recherches ont révélé un grand nombre de faits d’une haute importance. Nous dirons seulement ce qui paraît fondamental.
Dans les végétaux, on ne trouve guère que quatre substances élémentaires [104], carbone, hydrogène, oxygène et azote. La proportion des autres substances qu’on
' Plusieurs de ces substances organiques peuvent être formées de foules pièces dans le laboratoire ; c’est-à-dire que la chimie peut produire à volonté quelques-unes de ces substances, en combinant les éléments dont ils se composent sans qu’aucun organisipu vivant y ait concouru.
VEGETATION
y rencontre est toujours petite, et elles ne se trouvent point engagées dans les combinaisons organiques. Elles se trouvent isolées, à l’état de cristal [15G] dans les cellules, comme chez les cactus, ou bien elles incrustent certains tissus. La science n'est pas encore parvenue à expliquer toujours le rôle, sans doute très-important, de ces substances dans l’organisme.
Il est remarquable que les composés minéraux, cristallisés ainsi dans les tissus, y présentent souvent des formes cristallines différentes de leur forme habituelle.
Nous avons vu [94] que, dans les combinaisons chimiques minérales, les substances sont associées dans des rapports très-simples : 1 de A et 1 de B, 1 de A et 2 de B, etc. ; de sorte qu’une molécule [8] de ces combinaisons est formée d’un très-petit nombre d’atomes.
Dans les combinaisons chimiques organiques, cette simplicité ne se retrouve plus. Elles résultent du concours de trois éléments au moins, carbone, hydrogène, oxygène, et leurs proportions sont beaucoup plus complexes; par le tableau ci-dessous, on verra qu’une seule molécule de chacune des substances qui y figurent, paraît être composée de dix mille atomes.
De toutes ces substances, la plus répandue est la cellulose, ainsi nommée parce qu’elle forme la paroi membraneuse des cellules végétales. Nous avons déjà dit qu’elle se compose de carbone uni à de l’oxygène et de l’hydrogène. Les étoffes de chanvre et de lin, le papier* sont formées de cellulose à peu près pure;
SURSTANCES ORGANIQUES.
Le ligneux est la substance qui, en incrustant de couches successives les cellules végétales, les transforme en bois. 11 entre moins d'oxygène dans la composition du ligneux que dans celle de la cellulose.
La cellulose et le ligneux, ainsi que l’amidon, le sucre, les huiles, etc., sont souvent désignés sous le titre général de substances ternaires, parce que chez toutes on ne trouve que les éléments carbone, hydrogène, oxygène. Elles prédominent dans la masse totale des végétaux.
On appelle Substances quaternaires celles qui, outre ces éléments, contiennent de l’azote. Dans l’organisation végétale, la masse totale des substances quaternaires est beaucoup moindre que la masse totale des substances ternaires. Voici le tableau des albuminoïdes les plus répandues et la composition qu’on leur assigne : toutes trois se trouvent dans le blé, entre autres. D’ailleurs, la première compose la fibre animale; la seconde existe dans le lait, et la troisième abonde dans les œufs, dont
elle forme le blanc.