FUCUS
masse à laquelle il appartient, et qu’on le place dans des conditions convenables, il devient le point de départ du développement d’une nouvelle masse filamenteuse pareille à la première.
Ici encore, la masse respire par toute sa surface, mais les cellules des conferves sont allongées, les filaments qu’elles forment sont une première apparence de tiges, leurs anastomoses représentent une ramification élémentaire.
[159b] Dans l’eau de mer, on trouve, quelquefois errantes, mais d’ordinaire cramponnées aux fonds et aux rochers, des plantes d’un vert olivâtre plus ou moins foncé, quelquefois rougeâtres, brunes et mêmes noires, qui, dans leur développement, prennent des formes variées. Les plus remarquables sont composées de longs rubans cartilagineux , épais et festonnés ou dentelés. Entés les uns sur les autres, ils semblent déjà présenter une forme végétale assez distincte. Les crampons par lesquels ils s’attachent imitent une racine; la partie qui s’élève au-dessus des crampons rappelle la forme d’une tige; les parties supérieures sont ramifiées et disposées comme des x’ameaux. Mais, en réalité, ces végétaux n’ont point de racine, de tige, de rameaux ni de feuilles. Toute leur masse est composée de cellules douées également, mais seulement, des propriétés d’absorption et d’élaboration qui caractérisent la cellule élémentaire. On les appelle fucus , algues; les habitants des bords de la mer les appellent aussi goëmonds, varechs*
VEGETATION
Cependant on voit apparaître ici des corps destinés à la reproduction. Dans l’épaisseur des lames membraneuses ou à leur surface, certaines cellules font saillie à l’extérieur. C’est là que s’élabore un corps reproducteur auquel on a donné le nom de spore ‘.
Mais les cellules qui contiennent les spores n’ont rien de spécial! Elles sont semblables aux autres, qui semblent toutes également aptes à contenir et à développer des spores. Il y a donc dans ces plantes des corps reproducteurs, mais point d’appareil spécial de reproduction.
[159r] Certaines plantes, très-communes dans les eaux douces, les ’chara (charaignes), sont tout entières composées de longs tubes articulés. Des nœuds de chaque articulation partent des rameaux formés de cellules tubulaires comme l’entre-nœud dont ils émanent. Ces rameaux sont disposés en verticille [1 f>8g] ; le corps reproducteur ou spore présente les formes d'un entre-nœud très-peu développé. Les radicelles (petites racines) partent des entre-nœuds comme les rameaux.
Un a constaté que le liquide intérieur des cellules ou tubes des cliaras est en mouvement; il s’y produit un mouvement ascendant d’un côté du tube et un mouvement descendant de l’autre côté. Cette circulation ( intracellulaire j a été observée dans les cellules de beaucoup d’autres plantes d’une organisation plus élevée, et l’on est porté à croire qu elle se produit à l’intérieur des cel-
1 Du grec spora, semence.