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MOUSSES

Iules de tous les végétaux, du moins dans les premiers temps du développement des cellules.

[159dJ Dans les lieux humides, même sous l’eau, croissent abondamment les nombreuses espèces de mousses; elles présentent des tiges très-déliées et souvent ramifiées, qui portent de petites feuilles au milieu desquelles une suite de cellules plus allongées que les autres dessinent une ébauche de nervure médiane. Ces jolis vé-

Hg. 20».

gétaux ont de petites racines chevelues et ramiliées. Les spores ou corps reproducteurs se développent dans des re'ceplacles en forme d’urne, auxquels on a donné le nom de sporanges, nom générique, d’ailleurs, de tout organe végétal distinct contenant des spores.

Plusieurs espèces de mousses, après qu’elles ont été

1 a, licopodium densum de b Nouvelle-Zélande, un mètre de hauteur. — b, branche de grandeur naturelle. — C, fragment grossi à la loupe.

SERIES VEGETALES.

arrachées et séchées, et que leur végétation a été longtemps interrompue, peuvent, lorsqu'elles sont de nouveau exposées à l’humidité, ressusciter et recommencer à végéter.

[159e] Les bois humides abritent les diverses espèces de lycopodes , fig. 20. Leurs feuilles rappellent celles des mousses, mais leur lige est plus ferme et droite, leurs racines plus profondes. Leurs spores sont contenues dans de petits sacs jaunâtres, situés à la base des feuilles. La tige de ces plantes montre un axe vasculaire [158/] qui les rapproche de la constitution des végétaux d'un ordre élevé.

[159/] Dans les prairies marécageuses croissent les presles (équisétacées) ; elles ressemblent à un petit arbre vert de vingt à soixante centimètres de hauteur. Elles sont fonnées de longues articulations creuses et fermées intérieurement par des cloisons. De chaque articulai ion partent des rameaux en verticille. Les rameaux se rarnilient de même, mais la plante est dépourvue de feuilles; elle respire par ses rameaux. Les racines sont profondes. L’appareil qui contient les spores est placé à l'extrémité de lu tige, et est beaucoup plus compliqué que chez les végétaux qui précèdent; mais, dans la tige des presles, on ne retrouve pas les longs vaisseaux des lycopodes.

[159</] Tout le monde connaît les foutjères. On voit au printemps sortir de terre leurs frondes recourbées comme des crosses d'évêque. Celle fronde est formée par la feuille roulée sur elle-même de telle manière que,

FOüGÈKES.

dans son jeune âge, la face inférieure est cachée. Bientôt cette feuille solitaire se déroule à l’extrémité d’un pétiole très-fort et plus ou moins allongé, selon les espèces. Dans nos climats, la tige reste couchée et rampante sous la terre ; mais, entre les tropiques, sous la zone la plus chaude du globe, cette tige s’élève verticalement [29]

Fig. 41. Fig. 24. Fig. 23.

dans l’atmosphère jusqu’à la hauteur de quinze ou vingt mètres. Les tig. 21, 22, 23, représentent trois différentes espèces de ces fougères. La première est de l’ile Bourbon, la seconde do l'Ile Maurice et la troisième du Brésil.

SÉRIES VÉGÉTALES

Les feuilles des fougères diffèrent beaucoup déformé, selon les especes : quelques-unes sont profondément et très-délicatement découpées. Toutes présentent des nervures nombreuses, souvent plus ramifiées encore que celles des plantes dicotylées. Los feuilles des fougères arborescentes sont réunies en touffe au sommet de la tige, ce qui donne à ces grands végétaux beaucoup de ressemblance avec les palmiers. La structure interne de leur lige est très-élémentaire ; au centre, on trouve une masse cellulaire ; près de la circonférence, un anneau de gros vaisseaux ligneux de formes très- inégales et irrégulières ; en dehors de cct anneau vasculaire, on voit une zone cellulaire recouverte par l’épiderme dans le jeune âge, et, plus tard, par une enveloppe coriace formée des bases des anciennes feuilles, tombées à mesure que la tige s’est élevée.

Dès qu’elle a atteint une certaine hauteur, la tige des fougères arborescentes cesse de croître en diamètre; elle s’élève seulement en conservant la même grosseur. Mais il arrive souvent que, près de la base, un grand nombre de filaments radiculaires sortent de cette tige, descendent vers la terre, et forment alentour un feutrage épais qui s’élargit en cône [24 i] jusqu’au sol.

Chez toutes les fougères, les spores sont contenues dans de petites capsules rangées à la face inférieure des feuilles.

Il existe dans nos climats des plantes de ce genre, qui, ainsi que certaines mousses, sont susceptibles de végéter

ACOTYLÉDONKES.

de nouveau vigoureusement après avoir été arrachées du sol et longtemps desséchées. ’ \

[159/t] Nous venons de parcourir rapidement une suite de végétaux où la complication des formes et des organes est croissante, mais reste bien éloignée des appareils perfectionnés des dicotvlées. Ce qui les distingue particulièrement, c’est la simplicité des corps reproducteurs. Chez les plus élémentaires, bissus, conferves, toutes les cellules qui composent la plante paraissent aptes à la reproduire. A partir des fucus jusqu'aux fuutjères, nous voyons bien des corps reproducteurs, les spores; mais ces corps n’ont rien de la structure des graines des dicotvlées : point d’enveloppes, point de cotylédons, ni de plumule, ni de radicule. Les spores ne sont que des vésicules remplies d'une substance huileuse variable selon les espèces. Kllcs ne donnent point passage à un embryon développé en elles par la germination ; elles se développent directement en s’allongeant par un point de leur contour, et bientôt le développement tigellaire accompagne le développement radiculaire par la formation de nouvelles cellules. Dans l'étude de la génération végétale, nous verrons même que les spores ne reproduisent pas toujours immédiatement la plante dont elles proviennent.

L’absence de cotylédons a fait donner aux plantes où on la constate le nom générique d ucot'jlédonées, c’est-àdire sans cotylédons.

Les espèces qui se reproduisent ainsi par leur simple cellule végétale ou par des spores sont extrêmement nom-

SERIES VEGETAI, K S.

breuses, et encore n’en connaît-on probablement qu’une partie ; mais les végétaux de cette classe que nous venons de décrire, rapprochés de ceux qui vont suivre, suffiront pour mettre le lecteur en état de comprendre le développement historique de la végétation.

[1 59i] Les eaux sont habitées par un grand nombre d’autres végétaux herbacés d'une organisation un peu plus élevée que les espèces précédentes. La structure de leurs tiges, composées surtout de cellules agglomérées avec des intervalles remplis d’air, est encore très-simple. Les vaisseaux circulatoires y sont très-rares. Ces végétaux se distinguent par un appareil reproducteur plus compliqué. Une ébauche de fleur, assez remarquable chez plusieurs, y produit un embryon d'une organisation plus ou moins distincte selon les espèces, et qui consiste essentiellement. en une ‘tigelle ou radicule très-renflée sur le coté, et une excroissance très-petite où l'on croit reconnaître l’indice d'un seul cotylédon. Ce renflement de la tigelle est riche en fécule et joue dans la germination le rôle des cotylédons [1 58»] .

Ces espèces sont beaucoup plus abondantes dans l’eau douce que dans l'eau de mer; elles sont les plus imparfaites de celles qui, à cause de leur unique cotylédon, ont été rangées par les classificateurs sous le litre général dp monocotylédotiées.

[159;] Après un grand nombre de végétaux intermédiaires dont la description, même sommaire, ne saurait trouver place ici, viennent des espèces I les cypéracées f

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