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VÉSICULE ÉLÉMENTAIRE

[157] Entre toutes les combinaisons [92] que peuvent former les substances, la plus remarquable est la combinaison qui constitue la molécule organique, c’est-à-dire la molécule élémentaire des êtres organisés [1586].

La substance originaire que composent ces molécules,

VÉGÉTATION

dont nous rechercherons ailleurs la composition, ne cristallise pas en forme polyédrique [156 f]; elle revêt la forme d’une vésicule 1 extrêmement petite.

Cette vésicule est douée d’une grande faculté d’absorption, notamment à l’égard des gaz et de l’eau, et cette faculté ne peut être considérée autrement que comme un cas particulier de l’attraction élémentaire [55].

Cette vésicule est en outre douée de la faculté d’élaborer* les gaz et l’eau, c’est-à-dire de retenir, par exemple, le carbone de l’acide carbonique qu’elle a absorbé, et de le combiner avec l’eau. Cette faculté ne peut être considérée autrement que comme un cas particulier dépendant des mêmes causes générales d’où résultent toutes les autres combinaisons. De cette élaboration résulte la production de nouvelles molécules organiques, et, à la paroi intérieure ou extérieure de la vésicule élaborante, la formation de vésicules semblables à la première, qui tiennent à la première par un point d’attache que l’on a nommé hile.

Dans cette petite vésicule est donc contenu le mystère de la vie.

l)isons-le dès maintenant, elle est le point de départ de tous les êtres vivants ; elle est l’élément constitutif de toutes les formes qu’ils nous présentent.

Et par sa faculté d’absorption, d’élaboration, de déve-

< Petite vessie, sphéroïde creux [24u|.

1 Élaborer : préparer un produit par un long travail.

VEGETATION

loppcment et de reproduction, elle apparaît même comme le symbole et le type de l’être organisé vivant.

LA VÉGÉTATION'

158] On ne saurait tenter de définir la végétation, ni le végétal.

Mais une impossibilité de définir n’est pas incompatible avec une connaissance même parfaite. Tout le monde connaît le bleu , le rouye, par exemple, et personne ne saurait les définir.

Très-peu de choses sont susceptibles d’une définition * précise et qui comprenne tous les éléments distinctifs de la chose dont on veut communiquer la notion, Ces choses sont pour la plupart des formes ou des rapports très-simples. Ainsi, on définit bien un triangle [24/;], on définit bien le rapport du centre à la circonférence [24»].

Quant à la végétation en général, qui comporte une

1 Végétation, se dit également de l’ensemble des êtres végétants et des fonctions de l’être végétant.

Dans le premier sens, où il s’agit des formes, la botanique est fort avancée; dans le second sens, où il s’agit de physiologie, elle l'est trèspeu, et beaucoup moins «|uc la physiologie animale.

VEGETATION

immense variété de formes et de rapports complexes 1 , l’impossibilité d’en donner une idée en trois lignes est évidente.

Chercherait-on à isoler dans une définition la forme, l’idée particulière d’un végétal déterminé? Si c’est le plus élémentaire, on ne définira que lui ; si c’est le plus complet, on ne définira encore que lui : tous les autres végétaux resteront donc en dehors de la définition, qui, par conséquent, ne fera pas connaître le type végétal, en supposant que ce type existe.

Mais par des études successives et séparées, des rapports complexes et des enchaînements déformes que nous pouvons observer, on parvient à connaître la végétation.

[158a] Partout où la végétation est fort active, au bord dune forêt, par exemple, non-seulement on remarque des espèces bien différentes et qui par leur aspect seul, — depuis l’humble mousse jusqu’au grand arbre, — nous donnent le sentiment de degrés très-divers de perfection ; mais on voit encore que, dans chaque individu d’une même espèce, — depuis le petit chêne à deux feuilles jusqu’au vieux centenaire qui couvre cent mètres carrés de son ombre, — le développement de l’être est inégal et varié.

Examinons d’abord la constitution d’un végétal trèsparfait et parvenu à un grand développement; par exemple, un chêne de cinquante ans.

' Complexe signifie : qui embrasse plusieurs choses différentes.

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VÉGÉTATION

lit

Au premier coup d’œil, on y reconnaît des parties différentes sous tous les rapports : les racines, le tronc, les branches, les feuilles.

Toutes ces parties, dans le chêne comme dans tout autre végétal, sont composées de vésicules [157] qui, en botanique, sont plus particulièrement appelées cellules'.

Mais ces vésicules, originairement sphéroïdales, prennent, dans l’intérieur des organes, des formes diverses, par suite de la pression plus ou moins grande, plus ou moins régulière, qu’elles exercent les unes sur les autres.

La rapidité avec laquelle les cellules végétales se multiplient est très-grande, surtout dans certaines espèces inférieures. On a calculé que certains champignons peuvent produire, en une minute, environ vingt mille cellules nouvelles.

[1 586] Les racines rayonnent et s’enfoncent dans la terre. Le tronc s’élève au-dessus du sol, et à une certaine hauteur il se ramifie, c’est-à-dire étend des branches autour de lui. Chaque branche se ramifie d’une manière analogue, et, dans nos climats, en été et en automne, les ramifications sont couvertes de feuilles d’un beau vert. l)e plus, à l'époque où la végétation de l’arbre est dans

1 On les appelle aussi utricttles , c’est-à-dire petites outres.

On sait qu’une outre est formée de la peau entière d’un animal. Cette espèce de sac est irès-emplovée dans beaucoup de pays pour enfermer et transporter des liquides.

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