‹ La vieChapitre 63 sur 171 · MOUVEMENTS · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS

que les squelettes de tous les animaux vertébrés sont composés à très-peu près des mêmes parties plus ou moins modifiées

4 Or voici comment s’opère, en général, le mouvement d’un membre quelconque (fig. 36). Soit a b l'os de la partie supérieure du bras humain, et b c l’os double de la partie inférieure : b est l’articulation du coude ; soit de le muscle qui sert à plier la partie inférieure du bras vers la partie " supérieure : on voit qu’au rao- t,g ‘ J °’

ment où la volonté agit sur ce muscle pour le contracter, son raccourcissement force l’os b c à se plier vers l’os a b , en tournant sur l’articulation du coude.

[164m] Nous avons fait connaître l’indépendance de la vitalité du cœur [164e] et du poumon [464g] . Ici se place une vérité du même ordre et d’un caractère plus général.

La contractilité musculaire est indépendante , c’est-àdire que cette contractilité existe dans la libre musculaire par suite de sa constitution même, et non pas comme conséquence dépendante de la vie générale de l’animal, ni comme un effet nécessairement subordonné à une action nerveuse.

Sans doute, l’action nerveuse est l’agent, mystérieux

! Ce sujet sera traité dans un chapitre spécial, au volume suivant.

encore, qui met le plus souvent en jeu la contractilité musculaire ; mais la fibre musculaire séparée du corps d'un animal vivant, soustraite à l’influence de la vie ijAnéralede l'organisme , dépourvue de tofit filament ner^ veux capable d'une action quelconque, conserve pendant quelque temps encore sa contractilité.

Entrevue jadis par Haller, et sortie enfin tout éclatante des expériences récentes et répétées de Reid, Flourens, C. Bernard, Brown-Sequard et Longet, cette vçrité va' changer les bases de la physiologie et chasser pour jamais de l’horizon philosophique tanl de fantômes et de nuages qui l’ont si longtemps obscurci.

[164m] Le fait fondamental des fonctions de relation est la sensibilité , c'est-à-dire la faculté générale par suite de laquelle les animaux reçoivent les impressions quelconques des choses.

La sensibilité est principalement localisée, concentrée, perfectionnée dans des appareils que l'on nomme organes des sens. Ces sens, ou modes de la sensibilité, sont au. nombre de cinq : le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe ou audition, et la vue.

Le tact, c'est-à-dire le mode de sensibilité qui donne le sentiment d'un contact avec un corps étranger ou avec une partie du corps même de l'animal, s’exerce par toute l’étendue de la peau, soit extérieure, qui est la peau proprement dite, soit des membranes analogues à la peau, qui revêtent toute l'étendue intérieure des cavités du corps, telles que la bouche, les fosses nasales

[164oj, etc., et que l’on nomme muqueuses. La structure de la peau et des muqueuses est compliquée; un grand nombre de petites houppes nerveuses aboutissent à leurs parois, et c’est par elles que le sentiment d'un attouchement est transmis au cerveau de l’animal. Mais ces houppes nerveuses sont très-inégalement réparties sur l’étendue de la peau et des muqueuses. Dans certaines parties, elles sont beaucoup plus pressées ; Yépiderme qui recouvre la peau est, dans certaines parties, beaucoup plus mince, et c'est là surtout que s’exerce la sensibilité tactile. Le toucher, considéré dans l’espèce humaine, où il est extrêmement délicat, donne la notion des grandeurs, de la dureté, du degré de poli, du degré de chaleur, etc. Dans les animaux, et notamment chez le cheval, il est beaucoup moins parfait, parce que, chez, l’homme, la main, qui sert aux appréciations dont nous venons de parler, est composée de parties mobiles indépendantes à leurs extrémités et riches en houppes nerveuses que recouvre à peine l’épiderme; tandis que, chez le cheval, toutes ces mêmes parties sont étroitement *iées les unes aux autres et enfermées par leurs extrémités dans un grand ongle, un sabot de corne qui rend le toucher très-obtus. Mais d’autres parties du corps, notamment les lèvres, sont pour le cheval des organes du toucher assez sensibles.

Le sens du rjoût s’exerce par le contact des objets avec les parties de la muqueuse intestinale qui tapissent la bouche et l’arrière-bouche, et surtout par la langue. Il

ANIMALITÉ

donne à l’animal Je sentiment des saveurs , et ce sont encore des houppes nerveuses qui reçoivent dans la bouche et transmettent au cerveau le sentiment des saveurs.

Les émanations, les odeurs, sont perçues par l’odorat. Le siège de ce sens est dans les conduits respiratoires, qui, par les narines, mettent en communication l’arrièrebouche avec l’air extérieur. Les particules extrêmement ténues des odeurs affectent les houppes nerveuses de la membrane pituitaire , qui tapisse les fosses nasales, et sont transmises au cerveau par les nerfs olfactifs.

L’ouïe fait connaître à l'animal les bruits, les sons, produits par les vibrations des corps [38]. L’appareil de l’ouïe est double, c’est-à-dire que deux organes semblables et symétriques aboutissent extérieurement aux deux oreilles de chaque côté de la tète. La complication de ces appareils est extrême; c’est tout un attirail de très-petits instruments fort délicats qui ont pour objet non-seulement de percevoir le son, mais de rendre l’ouïe plus distincte quand le sou est faible, et d’en amortir la violence quand il est trop fort. En résumé, l’oreille extérieure fait l’office de cornet pour recueillir le son et en augmenter l’intensité; un tambour intérieur, garni de membranes, vibre à l’unisson des bruits et des sons perçus, et les deux nerfs acoustiques transmettent au cerveau la sensation. .

La vue fait percevoir à l’animal les modifications de la lumière [62] qui éclaire les corps ou en émane, et lui donne ainsi le moyen de connaître plus ou moins cxacte-

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