‹ La vieChapitre 64 sur 171 · SENSIBILITE · texte numérisé non relu

SENSIBILITE

incnt, à une distance très-grande, la forme des corps, leur situation, leur état de repos ou de mouvement, etc.

L’organe de la vue est l’œil, et, comme l’oreille, il est double, c’est-à-dire que de chaque côté de la tête un œil semblable à l’autre est placé symétriquement. Ces appareils sont encore plus ingénieux qu’ils ne sont compliqués : ce sont deux véritables cabinets de physique. Il serait beaucoup trop long de les décrire ‘.Ils sont contenus dans une chambre sphérique appelée ylobe de l’œil. Plusieurs muscles sont attachés à ces globes de manière à les mettre en mouvement à volonté dans les orbites; de sorte que l’animal peut, sans être toujours obligé de remuer la tète, diriger ses regards vers les objets qu'il s’agit de reconnaître. Les nerfs optiques reçoivent l’image, l’impression, et la transmettent au cerveau. Les deux paupières s’ouvrent et se ferment à volonté, par le moyen de muscles, pour soustraire cet organe précieux et délicat à l'action perturbatrice d’une lumière trop vive ou aux chocs, même aux vents et aux poussières qui pourraient l’offenser. Plusieurs glandes, entre autres la ylande lacrymale, qui sécrète les larmes et empêche que l’œil se dessèche, concourent à l’accomplissement de la fonction.

En définitive, tous les sens, tous les modes de la sensibilité, sont des modifications du tact. Le goût n’est autre chose que le tact des saveurs ; l'odorat est le tact

4 Voyez les Uaités de phy sique élémentaire.

des odeurs ; l’ouie est le tact des vibrations sonores ; la vue est le tact des vibrations lumineuses. La vue surtout est un véritable organe du toucher à distance. Ce toucher est beaucoup moins sûr et moins exact que le toucher par contact ; mais sous beaucoup de rapports il lui est très-supérieur, et il donne à l’animal en chaque lieu, d’un seul regard sur ce qui l’entoure, une connaissance que dix ans d’efforts ne sauraient lui communiquer par le toucher.

[164o] Un a vu que les nerfs du système cérébro-spinal [1 63«] interviennent dans tous les phénomènes de contractilité volontaire et de sensibilité. Il est nécessaire de détailler un peu leur constitution et de faire concevoir la manière dont ils interviennent.

Tout filament nerveux du système cérébro-spinal se compose de deux faisceaux distincts, quoique unis l’un à l'autre dans leur trajet à travers le corps. L’un des faisceaux est l’agent de la sensibilité ; c’est lui qui communique au cerveau les impressions venues du dehors. L’autre faisceau est l’agent de la contractilité volontaire ; c’est lui qui communique, aux muscles l’impulsion du cerveau. Chacun de ces faisceaux principaux se compose de toutes les fibres nerveuses, soit de sensibilité, soit de contractilité, qui se rendent à telles ou telles parties du corps. Chacune de ces fibres est un fil conducteur qui met en communication, soit de sensibilité, soit de contractilité, le cerveau et le point du corps où elle aboutit. Ces fibres ne se confondent jamais, quoiqu’elles se réu-

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