‹ La vieChapitre 65 sur 171 · SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

SENSIBILITÉ

nissent successivement pour former des faisceaux de plus en plus gros. Les fibres de la sensibilité naissent tout du long de la partie postérieure de la moelle épinière, c'està-dire du côté du dos. Les fibres de la contractilité naissent tout du long de la partie antérieure de la moelle épinière, c’est-à-dire du côté de la poitrine et de l’abdomen. Sur cela, des expériences multipliées n’ont laissé aucun doute. Si, dans le nerf principal d’où émanent toutes les ramifications nerveuses d’un membre, on tranche seulement le faisceau qui est 1 agent de la sensibilité, en laissant l’autre faisceau intact, le membre cesse de ressentir aucune sensation, soit de contact, soit de plaisir, soit de douleur ; mais il continue à se mouvoir sous l’action de la volonté. Si, au contraire, on tranche le faisceau qui est l’agent de la contractilité, en laissant intact l’autre faisceau, le membre ne peut plus se mouvoir sous l’action de la volonté ; mais il continue d’être sensible ayx contacts et aux impressions agréables ou douloureuses.

Les faisceaux nerveux de la sensibilité sont donc des agents de passivité générale. Les faisceaux nerveux de la contractilité sont donc des agents d’activité générale. Par les premiers, l’animal reçoit de tous ses organes des sensations, des renseignements de toute sorte; par les seconds, il donne à ses organes des impulsions dont le motif remonte aux impressions qu’il a ainsi reçues.

Il résulte de ce grand fait organique que l’animal est passif avant d’être actif. Les conséquences de ce fait fon-

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(lamentai sont innombrables et seront montrées ailleurs.

Comment les odeurs, les saveurs, etc., se transforment-elles en sensations? Et qu’est-ce que la sensation? Ces questions, qui se lient à beaucoup d’autres, seront étudiées aux Commencements de l'humanité.

[104pj On sait que les organes des végétaux sont composés de cellules surajoutées les unes aux autres, et qu’à son début l’embryon, d’où doit sortir le végétal complet, n’est qu’un simple utricule. Et si, parvenu à un grand développement, le végétal complet présente beaucoup d’organes dans lesquels cette origine cellulaire est masquée par les effets du développement, qui ont aplati, allongé ces assemblages de cellules, et les ont transformées en fibres, en lamelles, en membranes, etc., l’origine cellulaire de tous les tissus végétaux n'est cependant pas douteuse.

Or, le premier état auquel apparaît l’embryon du cheval, c’est également un utricule très-petit; et nous avons vu que, de même, arrivés à leur développement complet, beaucoup de tissus révèlent leur origine cellulaire.

« Si nous cherchons dans l’embryon (animal) à assister « à l'évolution des fibres élémentaires, nous voyons de « la manière la plus manifeste qu’elles passent, en se « constituant, par une phase commune ; la phase vésicu- « laire... On peut dire qu’il n’y a réellement qu'un seul •« élément anatomique, la cellule. » (Béclarh.)

Et pour que rien ne manque à l'analogie originaire entre les tissus animaux ef les tissus végétaux, ajoutons

SERIES ANIMALES

qu’on a observé des mouvements dans les liquides contenus par les cellules animales. Une différence générale très-importante entre les deux sortes de cellules parait cependant résulter de l’ensemble des observations sur ce point. Dans les végétaux, la circulation intra-cellulaire est régulière ; elle consiste en un mouvement ascendant du liquide d'un côté de la cellule et en un mouvement descendant de l'autre côté [159c], tandis que, dans les cellules animales, on n’a observé que des mouvements irréguliers du liquide intérieur.

Nous* terminons ici cet aperçu des principaux organes et des principales fonctions d'un animal très-complet. Il s’en faut de beaucoup que cet aperçu suffise à faire bien connaître un tel organisme ; il en fera seulement concevoir l'immense complication.

Nous ne pourrions d’ailleurs ébaucher l’histoire du développement des fœtus animaux sans entrer dans des détails qui ne seraient pas convenablement placés ici.

[165] Nous allons maintenant comparer rapidement une longue suite d’êtres, à partir des organismes les plus inférieurs jusqu’à l’animal complet.

J’avertis encore une fois le lecteur : il s’en faut de beaucoup que les espèces ni les genres dont nous allons

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parler soient les seuls qui composent la population animale de notre globe ; loin de là, car non-seulement cette population est encore bien moins complètement connue que la population végétale, mais elle est incomparablement plus riche en espèces. On évalue à 560,000 le nombre des insectes vivant sur la terre et se nourrissant, pour la plupart, de végétaux. Rien que des scarabées, on en connaît 50,000 ! Peut-être le nombre des espèces animales de notre globe est-il mille fois plus grand que le nombre des espèces végétales. [162e]

Avant l’invention des microscopes, les animatix assez gros pour être vus par nos yeux étaient seuls connus. Les perfectionnements successifs de cet instrument ont fait découvrir la profondeur et l’étendue de la vie animale. Partout frémissante, elle s’est révélée sous des formes où la petitesse se résume en nombres non moins formidables que la masse des soleils. Si nos yeux acquéraient tout à coup la puissance d’un microscope, nous serions épouvantés de ce qui se passe autour de nous parmi ces corpuscules vivants d’une variété étrange, qui s’agitent sans cesse, se cherchent, se combattent et se dévorent.

Nous ne nous occuperons point beaucoup d’abord de ces nations innombrables d’infiniment petits êtres, ni do leurs oeuvres, car ils font des oeuvres énormes. Notre but général se rapproche, il nous appelle; nous y marcherons par les voies les plus rapides.

L’homme, qui se voit atome devant les soleils, se re-

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