‹ La vieChapitre 66 sur 171 · INFUSOIRES · texte numérisé non relu

INFUSOIRES

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trouve colosse devant ces petits êtres; d’un seul pas il franchit toute une patrie de leurs nations.

[1 65a] Dans l’eau contenant des débris de corps organisés végétaux ou animaux, on découvre, à l’aide du microscope, des êtres d’une petitesse extrême et de formes variées qu’on appelle infusoires. Les plus élémentaires, les monades, sont à peu près sphériques. D’autres sont allongés, de différentes formes; ils sont généralement de consistance molle ; la plupart couverts de petits cils qui sont des organes de natatiou, ils se meuvent avec une grande rapidité. En général, ils paraissent renfermer plusieurs poches ou estomacs 1 qui semblent n'avoir pas d’ouverture extérieure, du moins dans la plupart des espèces. Beaucoup de naturalistes sont persuadés qu’ils se forment spontanément dans l’eau, pourvu que certaines conditions s’y trouvent réunies ; mais, une fois formés, plusieurs se reproduisent par la division spontanée de leur corps. Chaque fragment devient un animal semblable à l’infusoire d’où il provient.

Un de ces animaux microscopiques, Y actinophrys, étudié par Koelliker, quoique plus organisé que les monades, n’a cependant point d’estomac. Il est formé d’une substance gélatineuse très-contractile, sans tégument extérieur distinct. Sa surface est garnie de longs fdaments au moyen desquels il saisit les jeunes animalcules plus

1 C’est pourquoi on les appelle polygaslriijvet.

- SÉRIES ANIMALES

petits que lui qui flottent à sa portée. Dès que l’un de ces filaments a touché une proie, il se contracte; tous les autres filaments se portent aussitôt vers la victime, l’enveloppent et la pressent sur le corps de l’actinophrys, qui, au point de contact, se creuse, se contracte et engloutit la proie : les bords de celte cavité accidentelle se rejoignent et se ferment sur elle , les parties solubles de l’animalcule englouti se dissolvent, et ses parties insolubles sont expulsées ensuite comme le tout était entré.

On désigne aussi sous le nom d infusoires, de nombreuses espèces d’êtres encore plus petits que les précédents, mais revêtus de carapaces siliceuses ou ferrugineuses qui forment presque a elles seules les dépôts de la vase des mers et des marais; et il y a telle espèce de ces carapaces dont-il faut plus de deux millions pour former un millimètre cube.

Ce nom d’infusoires est môme appliqué, d’une manière très-impropre, à d'autres êtres moins petits quoique presque tous microscopiques, et revêtus de coquilles calcaires de formes très-variées. Ces petits êtres marins sont mieux nommés fovaminifères ‘ à cause des perforations que leurs coquilles présentent pour le passage des filaments leutaculaires, au moyen desquels ils rampent. Nous en reparlerons au troisième volume; d’ailleurs sur tout ceci , malgré de brillantes decouvertes, la science n’est qu'à peine ébauchée.

* Du latin foramen trou, et ferre porter.

É P OS fi ES.

[1656] Les spongiaires, dans les premiers temps de leur vie, ressemblent à des infusoires. Comme eux ils se meuvent à l’aide de cils natatoires. Mais bientôt ils se fixent aux rochers sous-marins et deviennent immobiles. La substance gélatineuse de leur corps se crible de trous et de canaux dû l'eau passe ; ils se déforment, ils deviennent filamenteux en grandissant; ils se remplissent de granulations et de minces pierrailles calcaires ou siliceuses. Parmi les espèces de ce genre se trouve Y éponge, connue de tout le monde.

A certaines époques, des spongiaires se développent dans l’éponge ; ils en sortent par les trous, et, après une courte existence animale, ils ne tardent pas à devenir immobiles et à se développer de l’étrange manière que nous venons de dire.

Cette destinée des spongiaires inspire une sorte de terreur. En eux, les choses marchent à rebours.

A peine l’être doué de mouvement a-t-il manifesté la supériorité de son type animal , qu une catastrophe subite le frappe d’immobilité, et aussitôt ce corps est en proie à un travail de dégradation proportionnel à son développement, Il retombe bien au-dessous de la plante; il ressemble à un paquet de filasse embrouillée, reste de la décomposition d’un végétal mort. Dans sa chute qui se continue, il descend encore plus bas ; il tend à devenir pierre, il s’incruste de chaux, de silice, pas même cristallisée. C’est effrayant.

[165c] Lés polypes sont des animaux mous et cylin-

SÉRIES ANIMALES, üriques. Il n’ont qu’une ouverture qui sert à la fois à l’inlroduclion des aliments et à l’expulsion des résidus de la digestion. Cette bouche-anus est entourée de tenta-, cales , c’est-à-dire d’appendices contractiles qui servent à saisir les aliments. Elle est l’orifice d’une grande cavité intérieure, l’estomac; leur grandeur, la forme et la disposition de leurs tentacules varient selon les espèces. Le polvpe représenté fig. 57 est celui du corail.

Ces animaux ne jouissent point de la locomotion, ils se fixent aux rochers par leur extrémité inférieure ; leur tégument extérieur se transforme en une enveloppe cornée ou calcaire. Celte enveloppe durcie forme ce qu’on nomme le polypier; tel est le polypier du corail (fig. 58).

Les polypes se reproduisent la plupart non-seulement par des œufs d ou sortent des larves analogues ^iux infusoires, mais par une sorle de bourgeonnement ; c’est-à-

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