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Chez la grenouille, les côtes manquent complètement. Le sternum très -développé les remplace pour soutenir la poitrine 1 .

Chez les tortues ( chéloniens ) (fig. 86), les côtes et le sternum sont modifiés étrange- . ment. Ces reptiles sont recouverls d’un vaste bouclier supérieur nom me carapace , et munis d'un autre bouclier inférieur nommé plastron. Leur corps est contenu dans la cavité formée par ces deux boucliers, et leur tête, leurs membres, leur queue, passent au dehors par des ouvertures, en avant et en arrière. Or, la carapace, en dessous, montre les vertèbres engagées dans sa masse, et fait voir clairement que cette carapace est formée par l'élargissement et l'union des vertèbres et des côtes. Le plastron, luimême, n’est autre chose que le sternum extrêmement élargi et modifié.

Pourtant il existe des tortues sans carapace et recouvertes seulement d’une peau plus ou moins coriace, et qui chez une espèce (sphanjis coriacea) atteint la consistance du Cuir.

Chez les sauriehs (crocodiles fig. 8b, lézards fig. 87)* on trouve un sternutn, un sacCum, des membres anté-

- Kig. 86.

* Voycr lo Itoisiànife volciftir.

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rieurs et postérieurs, ce qui rapproche extrêmement leur squelette de celui du mammifère ; mais les côtes sont plus nombreuses que chez lemammifère, etil s'en trouve à l’abdomen aussi bien qu’au thorax, a Même leurs vertèbres « du cou, dit Cuvier, portent des espèces de fausses côtes « qui, se touchant par leurs extrémités, empêchent l’ani- « mal de tourner entièrement la tète de côté. » Leur tronc est sous ce rapport un tronçon de serpent auquel sont ajoutés les membres ; c’est-à-dire que le saurien représente, dans la série des vertébrés, l’organisme du serpent s’élevant jusqu’à loucher la limite où va commencer le mammifère. Mais leurs os sont pleins comme ceux des poissons.

Vig. 87. Lézard marin. — a Drnt île ce reptile.

La plus grande variété de formes et de structure se retrouve également dans les membres des reptiles. Chez les tortues de terre, les doigts sont réunis dans presque toute leur longueur. Chez les tortues de mer, ils sont entièrement réunis et aplatis de manière à former une

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rame à l'extrémité de chaque membre. Chez les petites grenouilles nommées rainettes , les doigts sont terminés par des pelotes visqueuses qui les aident à monter le long des arbres. La peau des doigts du gecko (lézard du midi de la France) est repliée de manière à produire l'effet d’une ventouse, de sorte que l’animal peut adhérer et grimper partout. Chez le caméléon, les doigts sont opposables ' ; ce qui lui permet de saisir les branches. Sa queue, en outre, est prenante , c’est-à-dire qu’elle peut s’enrouler autour des objets comme un serpent.

Certains reptiles sont palmés , c’est-à-dire qu’il existe entre leurs doigts des membranes qui facilitent la nage ; tels sont les doigts des pattes postérieures des grenouilles. Chez le crocodile, les doigts, garnis d’ongles, sont séparés. Chez le dragon, petit reptile de l'Inde, voisin des lézards, il existe de chaque côté du corps un grand repli de la peau soutenu par les six premières fausses côtes étendues horizontalement ; ces appendices soutiennent l’animal en l’air lorsqu’il s’élance d’une branche à l’autre.

Le cerveau des reptiles est très-peu développé. Leur toucher est très-imparfait, car ils n’ont point d’organç spécial pour ce sens, et leurs téguments extérieurs sont, en général, rudes ou couverts d'écailles. Ces animaux

1 On dit que les doigts sont opposables lorsque les uns peuvent se plier vers les autres, en sens contraire des autres. Ainsi, dans la main de l’homme, le pouce est opposable aux autres doigts, et, dans le pied de l'homme, le pouce n'est pas opposable. Ainsi encore, chez beaucoup d’oiseaux, les doigts des pieds sont opposables.

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subissent des mues complètes ou incomplètes. Ainsi, les serpents changent de pe3u plusieurs fois par an, et chez les reptiles sans écailles l’épiderme tombe et se renouvelle souvent.

Les serpents, comme les poissons, n’ont point du tout de paupières. La peau, transparente en ce point, passe au-devant de l’œil. La salamandre a deux paupières en bourrelet, trop incomplètes pour recouvrir l’œil; mais chez tous les reptiles supérieurs, sauriens, etc., il s’y ajoute une troisième paupière que l’on retrouve chez les oiseaux.

L’oreille externe manque d’ordinaire complètement; l’oreille interne est plus perfectionnée que celle des poissons, et elle se perfectionne davantage à mesure que l'on s’élève dans la série.

Les organes du goût et de l’odorat sont peu développés ; cependant la langue est, en général, mieux organisée que celle des poissons.

Presque tous les reptiles sont armés d’un grand nombre de dents et carnivores. Leur bouche est d’ordinaire assez grande; celle des serpents peut s’ouvrir démesurément à cause de la structure particulière de leurs mâchoires. En outre, beaucoup de serpents sont munis d’un appareil venimeux destiné à paralyser et à tuer rapidement leur proie, souvent plus grosse qu’eux. Cel appareil se compose de dents aiguës, placées de chaque côté de la mâchoire supérieure, et creusées d’un canal ou d’une gouttière. Ces dents, visibles dans la fig. 85,

introduisent dans la plaie le venin sécrété par une glande située à la base de chaque dent et qui se trouve pressée pendant que le reptile mord. Dans beaucoup d’espèces; ces délits ou crochets venimeux sont mobiles, et lorsque l’animal les perd en mordant, ils se reproduisent.

D’autres reptiles, tels que le crapaud, n’ont point de dents ; chez les tortues, elles sont remplacées par un bec corné et tranchant analogue au hcc des oiseaux. Aucun reptile n’a des lèvres charnues et mobiles. Les intestins sont courts. L’appareil circulatoire varie.

[lG6f/] Chez les tortues, le cœur (lig. 88) se compose de deux oreillettes s’ouvrant dans un seul ventricule où se mêlent le sang veineux et le sang artériel. Ces trois cavités, attachées l’une à l’autre, sont entièrement distinctes.

Artère pulmonaire.

Veine pulmonaire.

Oreillette droite.

Veine cave.

Crosse oorliq. gauche.

Artère pulmonaire.

Veine pulmonaire.

Oreillette gauche.

Ventricule unique.

Artère aorte ventrale.

Chez les crocodiles, le cœur (fig. 89), est forme, comme chez les mammifères, de quatre cavités, deux oreillettes et deux ventricules. Mais, chose remarquable,

SÉRIES ASIMALES.

ces cavités ne forment pas extérieurement un seul corps ovalaire comme le cœur du mammifère (fig. 55). De

Artère pulmonaire.

Veine pulmonaire.

Oreillette drô le.

rig. R».

Artère pulmonaire.

Veine pulmonaire.

Oreillette gauche.

Ventricule cloisonné,

meme que chez la tortue, les deux oreillettes sont extérieurement distinctes de la cavité ventriculaire à laquelle elles sont unies, et celle cavité, divisée intérieurement par une cloison, forme les deux ventricules. Ainsi, une cloison qui sépare en deux Tunique ventricule de la tortue, voilà le progrès organique que nous montre le cœur du crocodile. Mais le perfectionnement du cœur n'est pas achevé. Le Cœur du crocodile ne forme pas, comme clicz le mammifère, un seul corps. Les oreillettes ne sont point encore soudées avec les autres parties de l’organe. L’organe entier montre que Yojoutement de nouvelles parties au cœur du poisson est récent.

Le cœur du crocodile étant formé de quatre cavités, le sang artériel ne s’y mêle pas au sang veineux. Mais les deux sangs se mêlent à une petite distance du cœur, et

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la moilié postérieure du corps ne reçoit qu’un mélange de sang artériel et dé sang veineux, tandis que la tète et la moitié antérieure du corps reçoivent dû sang arlériel pur. La circulation du crocodile est donc encore, sous ce rapport, un acheminement vers la circulation du mammifère.

Ltfs vaisseaux lymphatiques [16 k] des batraciens et des lézards présentent une particularité qui, sans doute, se retrouve chez les autres reptiles : ils sont munis d’un certain nombre de vésicules pulsatives, sortes de cœurs lymphatiques, dont les contractions accélèrent le cours de la lymphe et suppléent à l’insuffisance des valvules, qui ne sont que rudimentaires.

La respiration des reptiles est peu active. Ils consomment peu d’oxygène. Chez beaucoup de ces animaux, la peau exerce les fonctions respiratoires et agit sur l’oxygène dissous dans l’eau, aussi bien que sur l’oxygène de l’air.

Indépendamment de ces faits si remarquables : 1° que certains reptiles ont d’abord des branchies, puis des poumons et plus de branchies; 2° que d'autres, à l’état parfait, conservent toujours poumons et branchies, un fait général montre bien la gradation organique dont les reptiles donnent la démonstration évidente : les cellules de leurs poumons sont très-grandes, de sorte que la surface totale destinée à exercer la fonction respiratoire est moindre chez eux, à volume de poumon égal, que

chez le mammifère, où les cellules pulmonaires sont

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