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La modification conyéniale à l'individu, c’est-à-dire ' qu’il a apportée avec lui en naissant, par exemple lorsque la graine d'une plante à feuilles plates a donné un individu à feuilles frisées, ne constitue pas toujours une variété. Si à ces feuilles frisées succèdent les feuilles ordinaires de l’espèce, ce n’était encore qu’un accident, un cas particulier.
Mais si la modification apportée en naissant subsiste pendant toute la vie du végétal et si ses graines donnent des individus modifiés comme lui, ou si, même, les individus nés de lui présentent comme lui, au commencement, la même modification fugitive de leurs feuilles, cette différence avec le type originaire constitue la variété.
Dans la suite plus ou moins prolongée .des générations de cet individu modifié, les altérations qui constituent la variété disparaissent quelquefois peu à peu ; alors la variété était fugitive, le type n'avait subi qu’une modification temporaire, comparable aux modifications de premier degré dans l’individu.
Mais si, dans la suite des générations, les altérations qui constituent la variété persistent, elle est fixée; le type a subi une modification durable, comparable aux modifications du second degré dans l’individu.
C’est donc par la génération que la modification doit passer pour atteindre le type de l’espèce. Toute modification qui ne s’est pas maintenue Pt transmise dans les obscurités de la transmission de l’ètre, n’est pas un ca-
raetère suffisant pour établir une variété. Toute modification du tvpe, qui a été transmise par génération, est un caractère suflisant pour constituer une variété de premier ou de second degré, selon qu’elle se perpétuera pendant un petit nombre ou un grand nombre de générations.
Nous reconnaissons donc une série croissante de quatre degrés de modifications :
Premier degré : temporaires dans l’individu ;
Deuxième degré: fixées dans l’individu;
Troisième degré: temporaires dans le tvpe de l’espèce (variété fugitive);
Quatrième degré: fixées dans le tvpe de l’espèce (variété permanente).
1726] Nous, ne discuterons pas ici la question de savoir si les modifications de premier detrré peuvent, en certains cas, se transmettre par génération, et se transformer directement en modifications de troisième degré, lorsque la reproduction a lieu pendant que les reproducteurs sont modifiés temporairement.
Mais nous montrerons comment des modifications de deuxième degré sont élevées au rang de modifications de troisième degré.
Premier exemple : Nous avons vu fixer en une dizaine d’années chez une race de canards blancs un caractère d’abord accidentel.
Dans l’origine, une femelle de cette variété blanche avait montré quelques plumes hérissées sur la tète, un
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coiiinicncemeiit de huppe. On s’était appliqué à recueillir ses œufs ; plusieurs individus huppés en étaient provenus, on avait tué tous les autres. Dans les premières couvées (jui suivirent, la plupart des jeunes n’avaient point de huppe ; on les faisait rôtir. Plus tard, le nombre des huppés l'emporta ; et, à la (in, l’absence de huppe était une exception rare chez les jeunes canards de cette race.
Deuxième exemple : Un cultivateur de la Prusse rhé- * liane, ayant eu jadis un coq né sans queue, obtint ensuite quelques poules sans queue. Il tua successivement tous ceux de sa basse-cour qui n’offraient pas cette bizarrerie, et aujourd’hui il jouit d’une race de coqs et de poules sans queue. C’est affreux, mais c’est son goût.
Troisième exemple : A coup sûr, l’acte de rapporter le gibier n’est pas naturel au chien ; cette modification de ses instincts, dans l'origine, n’a été obtenue qu’à force de soins et de corrections sur des individus très-dociles. Or, après avoir été longtemps continuée et maintenue sur les individus, cette modification a atteint le iype : elle s’est élevée au rang de troisième degré.
11 existe en ce même pays lihénun, pays de bonne chasse et de bons chasseurs, deux familles différentes de chiens d’arrêt, où, dès l'àge de six mois, tous les petits d'une même portée ont non-seulement quété, arrêté ferme la première pièce qu'ils ont éventée, mais entendu pour la première fois le coup de fusil sans frayeur et rapporté sans difficulté (l’un d’eux même sans y être convié) le premier perdreau qui a été tué à leur arrêta
Mais celte modification est encore instable, car tandis «jue tous ceux de ces chiens qui ont été habituellement conduits à la chasse ont perfectionné leur talent de rapporteurs, ufic superbe chienne, après avoir à huit mois fait tous les devoirs d’un vieux chien : quête, arrêt et rapport à ses deux premières chasses, n’ayant pas chassé pendant deux ans, avait perdu l’instinct du rapport, sans cesser de quêter et d'arrêter de la plus noble manière. Il fallut, plus tard, que l'éducation lui rapprit ce que l’instinct lui faisait faire à huit mois.
Ainsi, chez celte famille de chiens, l’instinct est définitivement modifié en quatrième degré pour ce qui concerne la quête en zigzag et l’arrêt ferme, mais ne l’est encore qu’en troisième degré pour ce qui concerne le rapport '.
Quatrième exemple : « Les Egyptiens font éclore arti- « ficiellement des œufs dans des fours construits à cet « effet, et cette coutume est si ancienne que la nature « s’est à peu près inclinée devant elle. Ainsi, les poules et « les oies écloses dans ce pays ne couvent pas ; elles ponce dent des œufs tout à fait mûrs et capables de reprod duclion, mais elles abandonnent le soin de les couver « aux habitants. Cette bizarrerie n’est point particulière
1 Ajoutons cette particularité bien remarquable, que la chienne dont nous venons de parler, et qui en chasse n’a jamais manifesté la moindre craiulc de la détonation d’un fusil calibre 14. chargé de sept grammes île poudre, éprouvait et éprouve encore une frayeur très-grande lorsque ’on lire près d'elle un pistolet de précision chargé seulement d’un demigramme de poudre.
« au climat, car les poules d'Europe apportées à Alexau- « drie ou au Caire par des Européens n’ont pas aban- « donné leur mode naturel d’incubation. »
Zimmermann.
Cinquième exemple : Nous n’hésitons pas à rapprocher des exemples qui précèdent les faits mis récemment en lumière par M. Davaine.
On avait découvert, depuis longtemps, que chez certains animaux inférieurs, comme pour plusieurs fougères et certaines mousses [15%], la vie pouvait rester suspendue pendant une longue dessiccation. (V. Notes).
D’après les recherches de M. Davaine, celte faculté est beaucoup plus répandue qu’on ne le croyait. Chez les animaux, elle paraît subordonnée à deux conditions l’une relative à la période de développement, l’autre relative à l’ habitat, c’est-à-dire aux lieux, aux milieux qu’ils habitent.
Chez Yanguillule de la nielle, la filaire de Médine, et aussi, parait-il , chez Yanguillule des tuiles , la larve seule résiste à la dessiccation.
« Parmi les fotifères, ceux que l’on trouve dans les « mousses, dans les sables des gouttières, peuvent être « revivifiés par 1 humidité après avoir été desséchés : « ceux qui vivent dans l’eau des ruisseaux, des étangs etc. , « périssent toujours par la dessiccation. »
« Les tardigrades des mousses, qui forment plusieurs « espèces, peuvent tous subir la dessiccation sans périr, « tandis qu’une espèce de tardigrade qui vit constam-