‹ La vieChapitre 88 sur 171 · OMO · texte numérisé non relu

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ou tout autre arrangement en deux groupes,

chacun des groupes contenant une des bases; dans le se-

coud cas, on pourra avoir OAMO, etc.

La seule inspection de ces symboles doit faire comprendre l’intérêt de la question ; car, puisque de grandes différences de propriétés résultent dans une substance simple de quelque différence dans le groupement d'atomes identiques , il est impossible que les propriétés attachées à des groupements si différents à' atomes différents ne soient pas extrêmement différentes.

GROUPEMENT DES ATOMES

El lorsque nous voyons le sucre de canne et la gomme avoir la même composition avec des propriétés si différentes, nous sommes persuadés que ces différences tiennent à des diversités de groupements tels que. ceux figurés ci-dessus, et nous éprouvons un très-vif désir de connaître les lois de ces groupements.

Quelles sont donc ces lois?

Nous avons regret de dire que l’on n'en sait encore absolument rien \

En effet, c'est en décomposant les substances par le feu, par les acides, par la pile, etc., etc., qu'on parvient à analyser leurs éléments. Or, « les opérations de l'ana- « lyse chimique appliquées à un. produit, soit naturel,

« soit artificiel, font seulement connaître l’essence et*

1 Nous n'avons pas jugé utile d’expliquer, même sommairement, les systèmes professés jusqu’ici sûr ce sujet, parce qu’aucun d’eux, aujourd'hui, n’esl démontré ; et moins encore avons-nous cru devoir expliquer l’intérêt scientifique de la question des groupements, puisque nous supposons que notre lecteur ignore la chimie. Mais nous recommandons, sur ce grand sujet, i* les ouvrages de M. Dumas et 2° le livre posthume du malheureux Laurent (Méthode de Chimie. I’aris, 1854). Nous recommandons ce livre à tous les amis de la science, surtout aux jeunes gens qui désirent savoir où ils vont en étudiant la chimie, non-seulement à cause île l’utilité même du livre qu’on ne saurait trop relire, mais parce que Laurent a été victime des injustices les plus criantes, cl parce qu’il appartient aux jeunes savants, â l’avenir, de lui attribuer la large part qui lui est duc dans les progrès de la science. Cela n’a plus beaucoup d’inconvénients, puisqu’il est mort, et mort désolé faute d’avoir eu à sa disposition l’un des nombreux laboratoires de Paris pour continuer scs admirables recherches.

Quant â In question elle-même, nous sommes persuadé que c’est seulement par l’étude et la comparaison des séries de composés, lesquelles devront être préalablement complétées, qu'on pourra en atteindre la solution. Laurent a eu le sentiment très-complet de cette nécessité.

GROUPEMENT DES ATOMES

« les proportions de poids relatives des substances sin> « pies, ou réputées telles, qui le composent. Elles n’ap- « prennent point si les molécules matérielles de ces « principes constituants y entrent dans un étal de com- « lunaison général, le même pour toutes, ou si elles y « sont réparties en groupes distincts, combinés entre « eux, sans décomposition individuelle, et coexistants « avec leurs qualités propres dans le produit total. .. Sur « ce point, le plus élevé de la chimie rationnelle, l’ana- « lyse chimique ne peut nous donner aucune indication « immédiate, puisque ses résultats ne définissent chaque « composé que par les éléments simples qu’elle en re- « tire, soit isolés, soit combinés en groupes dont elle ne « saurait affirmer la préexistence. » (Biot.)

Le lecteur doit être porté à croire que, dans cet état de la science sur ce point, il ne doit pas y avoir grand’chose à en tirer.

Cependant, les conclusions suivantes, résumé incontestable de la science sur ce point, nous aideront à construire une théorie large, et que nous croyons solide.

[174/?] 1° Sans qu’on soit en état de l’expliquer clairement, on sait avec certitude qu’une très-petite différence dans les proportions pondérales des éléments des composés organiques , entraîne de grandes différences dans leurs propriétés.

'i 0 Sans qu’on sache à quoi cela tient et comment cela se fait, on sait avec certitude que pour les substances

GROUPEMENT DES ATOMES

composées aussi bien que pour les substances simples, certaines différences inconnues dans l'arramjement intérieur de leurs atomes entraînent de très-grandes différences de propriétés.

[175] Nous nous proposons d’aborder ici la question de l’origine des êtres.

Nous n’ignorons pas que la plupart des savants déclarent cette question inabordable , impénétrable , insondable...

On s’épargne ainsi les efforts auxquels on serait obligé el les inconvénients auxquels on serait exposé, si l'on admettait que ce sujet peut être traité.

Mais ce refus d’examiner est, en définitive, un déni de raison et un manque de Toi. C’est d’ailleurs un manque de courage.

Et si, ne s’arrêtant pas devant ces mots sacramentels : insondable, impénétrable , etc., l’observateur pénètre tranquillement et avec bonncvolonté dans les obscurités *

de I histoire des êtres, il voit bientôt que la'science, interrogée, ne répond pas comme les savants.

Des découvertes sans nombre se sont succédé ; des phénomènes qui, il y a cinquante ans, paraissaient complètement isolés ou distincts les uns des autres, ne cachent plus leur mutuelle dépendance. Tout invite à tenter une généralisation devenue nécessaire.

Sans doute, lien n’est plus difficile et plus épuisant que cette poursuite des conclusions enfouies dans le long raisonnement dont l’humanité, en construisant chaque science spéciale, n’a encore posé que les prémisses. Cependant, après des heures et des jours de recherche aveugle et vainc dans les ténèbres, la pensée heurte parfois des écueils d’où jaillissent des éclairs. Et, au fond de ces ténèbres elle aperçoit, en un instant, l'enchaînement universel.

Instant trop court! éclairs trop vite éteints!.. Dans ces magnifiques et fulgurantes apparitions des horizons infinis, la pensée n’a pu rien saisir ; mais elle se souvient, du moins, qu’elle a entrevu l’ordre qui révèle la loi.

Il suffit : la recherche des lois est œuvre lente, mais sure. Et la découverte, la possession de toute loi, dès qu’clle est soupçonnée, est désormais assurée à l’humanité.

Non, il n’y a nulle part des mystères impénétrables : il n’y a que des inconnues.

La composition, la nature des oxydes étaient, il y a

cent ans, des mystères qui paraissaient tout aussi impénétrables que l’origine d’une plante et d'un animal. Ce n’étaient que des inconnues.

On a dégagé ces inconnues, dévoilé ces mystères : on les dévoilera tous.

Nous avons dit, sans crainte d’être, démenti par le génie exact de notre temps : Il n’y a ni hasard, ni miracle ; il n’y a que des phénomènes régis par des lois..

Considérons donc la vie et ses modes, non point comme un hasard, ni comme un miracle, mais comme un phénomène, et cherchons simplement l’origine du phénomène.

[175a] La vie, telle que nous la connaissons, soit dans les êtres qui se réduisent presque à une vésicule, soit dans les végétaux et les animaux les plus complets, est incompatible avec une certaine élévation de température. Il est évident qu’à la température rouge sombre, par. exemple, nul être organisé semblable à ceux que nous connaissons ne pourrait subsister, puisque, à cette température, tous les tissus végétaux et animaux Sont brûlés et décomposés.

Or, il est indubitable qu’à une époque extrêmement reculée, la surface entière du globe était dans un état de fusion ignée. Il en faut conclure qu’alors les organismes, tels que nous les connaissons, ni aucun de leurs analogues, ne pouvaient exister. Donc, puisqu'ils existent aujourd’hui, il 1 1 a eu une époque où la vie et les organismes ont commencé ù paraître sur le globe.

COMPOSÉ VITAL 395

[175A] De quelle nature étaient ces premiers organismes?

Si l’on se reporte à l'étude que nous avons faite de la végétation et de l'animalité, et surtout à nos recherches sur la série 1165/1, on se trouve conduit à affirmer que les premiers êtres vivants qui parurent sur le globe, étant chacun un premier terme d’une série, furent nécessairement très-petits et simples, c’est-à-dire plus ou moins analogues aux êtres microscopiques que nous pouvons observer de nos jours et qui se réduisent presque à une vésicule.

Comment ces premiers organismes furent-ils formés?

Pour parvenir à le concevoir, nous devons d’abord étudier la vésicule élémentaire, sa composition et ses propriétés.

COMPOSÉ VITAL

[175c] La vésicule végétale élémentaire est un saç membraneux d’une extrême petitesse, clos de toutes parts, et doué des propriétés d’absorption, d’élaboration, d’assimilation et d’élimination que nous avons fait connaître.

COMPOSE VITAL

La membrane extérieure, transparente et incolore, est formée de cellulose et ne contient point d'azote ; mais la substance intérieure qui compose l’utricule primordial est quaternaire, c’est-à-dire azotée.

Cette substance quaternaire seule reproduit les cellules et est capable d'élaboration. (Juand une cellule végétale ne contient plus aucune parcelle de cette substance, ses fonctions élaborantes et reproductrices sont terminées. Elle peut servir de lieu de dépôt aux substances ligneuses, amylacées, etc. ; elle peut servir de canal à la sève : ainsi elle subsiste, mais elle n’élabore plus, elle ne vit plus.

La cellule animale, notamment la fibrille musculaire, est également un sac membraneux analogue, mais elle est azotée dans toutes ses parties, et généralement tant qu’elle subsiste elle vit, c’est-à-dire qu’elle élabore. Et lorsqu’elle cesse de vivre, généralement elle ne laisse point, comme la cellule végétale, une membrane extérieure inerte dans l’intérieur des organes ; elle est en entier résorbée, éliminée, elle disparaît.’

Qu’cst-ce qui constitue pour la cellule élémentaire sa qualité incontestable d’être vivant ?

Ce n’est pas sa forme vésiculaire, car les vapeurs sont capables d’un état vésiculaire [54]; et un chimiste, M. Brame, a reconnu que des cristaux très-petits qui apparaissent dans la vapeur de soufre en voie de refroidissement, commencent par se présenter sousla forme de vésicules microscopiques où, peu à peu, les faces cristal-

COMPOSÉ VITAL. 305

lines 8 ordonnent selon le type géométrique particulier à cette substance.

Ce n’est pas sa faculté d'absorber l'eau et les gaz, phénomènes physiques qui peuvent s accomplit également dans des appareds de laboratoire complètement privés de vie.

Ce ne sont pas même les mouvements rapides d’un nombre immense d'êtres cellulaires inférieurs qui vivent dans l'eau, car un botaniste anglais, Robert Brown, a découvert qu'à un certain étal de ténuité, les particules de matière non vivante, lorsqu’elles sont immergées dans les liquides, manifestent des mouvements analogues non moins rapides. D'ailleurs, beaucoup de cellules vivantes, dans les organes des êtres complexes, ne manifestent point ces nfouvements.

j | 75 ( /j L a -vie de la cellule élémentaire consiste essentiellement dans sa faculté d’élaboration , d’assimilation et d’élimination.

Qu'est-ce en soi que cette élaboration, sinon un ensemble de phénomènes chimiques auxquels certaines conditions de chaleur, etc., sont nécessaires, et que nous parvenons à produire dans des soucoupes [164i>]?

Qu'est-ce que l'assimilation et l’élimination, sinon les deux termes d’une double décomposition chimique particulière, qui même, dans la cellule végétale, ne dépend pas directement de la vie de la cellule, mais de l’action

de la lumière [158o]?

Ainsi, la vie de la cellule élémentaire, aussi bien que

COMPOSÉ VITAL

la vie d'un végétal ou d’un animal très-complet, ne nous apparaît que comme un résultat, un concours de phénomènes, et non pas comme une cause.

Si maintenant nous nous rappelons : 1° que dans l’animal supérieur, où, en général, toute cellule est quai ernaire dans toutes ses parties, l’échange de matière est beaucoup plus considérable et plus complet que dans le végétal [1 7 d </] ; 2° qu’une matière quaternaire existe dans toute cellule végétale élaborante, et qu'après que cette matière'quaternairc a disparu la cellule n’élabore plus, c'èsl à la substance quaternaire que se rattachera nécessairement pour nous la condition sine quâ non des phénomènes vitaux.

Il faut bien reconnaître que la vie est attachée à ce composé quaternaire, et qu’elle est apparemment une -conséquence de sa composition, comme l’acidité, l'alcalinité et toutes sortes de propriétés sont attachées à d'au.- Ircs combinaisons des substances , car si la vie n'était pas exclusivement attachée à ce composé , elle pourrait se manifester en d'autres composés : or, elle ne se manifeste qu’en celui-là.

Nous insistons sur ce point que nous croyons avoir louché le premier.

Si la vie était une force générale et spéciale, elle pourrait animer du fer, de la pierre, du cristal, de même que la pesanteur et la chaleur font tomber et échauffent toutes les substances.

Mais la preuve que la vie n’appartient qu’au composé

COMPOSÉ VITAL

quaternaire azoté, c’est que si une cellule élabore quelque autre substance que ce composé, c’est toujours à la laveur île ce composé. Les os, les coquilles, les tests, les élytrcs d’insectes, les cristaux des végétaux et toutes les substances autres que ce composé, qui figurent dans les êtres organisés, n’y figurent que par suite de l’élaboration commencée et commandée par ce composé.

Réduites à elles seules, les substances siliceuses ou calcaires, les cristaux, n’ont jamais présenté l’ensemble des phénomènes que l’on appelle vitaux et que nous avons bien définis.

Il est vrai qu’un cristal qui a perdu une légère quan • lité de substance peut, dans une dissolution de substance identique à la sienne, rétablir sa forme ; mais ce phénomène dépend simplement d’un mode d’attraction régu- • lière selon certains axes et certaines directions ; il ne

présente point les termes vitaux : élaboration, assimilation, élimination.

Donc, l’échange de matière, qui est le phénomène distinctif de la vie, est lié à ce composé quaternaire : il est son attribut, sa qualité.

Donc, la vie dans la cellule, aussi bien que chez les êtres supérieurs, n’est point le phénomène immédiat dù à une cause générale et distincte, comparable à la pesanteur : elle est un résultat complexe d’un ensemble de phénomènes dont la production est liée à la composition d’une certaine substance quaternaire.

[1 75^) Qu’est-ce que cette substance quaternaire? v. 25

COMPOSÉ VITAL

Elle contient : carbone, hydrogène, azote et oxygène; mais sa composition n’est pas identique dans toutes les cellules vivantes. Bien que la perfection des instruments et des procédés d’analyse, ni surtout la masse des observations ne soient pas encore assez grandes pour que l’on ai pu connaître tout ce qui concerne ces diversités de composition, on est assuré qu’il existe des diversités trèsnotables dans les proportions atomiques du composé quaternaire vital, selon qu’on l’extrait de la cellule d’un végétal ou d’un autre, d’un animal ou d’un autre.

Quelle est la nature chimique de ce composé? Comment sont groupés les atomes dans les molécules qui le composent?

En nous reportant à ce qnc nous savons de la nutrition des plantes parl’acidecarbonique, l’ammoniaque etl’eau, nous remarquerons qu’à un moment donné le compbsé quaternaire végétal peut contenir, outre le carbone de l’acide et l’azote de l’ammoniaque, deux masses d’hydrogène d’origine différente : l’une provenant de l’ammoniaque, l’autre provenant dcl’eau, et deux masses d’oxygène d’origine différente : l’une provenant de l’acide et l’autre provenant de l’eau.

Dans l’état physiologique, il retient tout l’azote et retient la plus grande partie du carbone. Mais lequel des deux oxygènes exhale-t-il, celui de l’acide carbonique ou celui de l’eau?

Et si l’eau de sa transpiration n’est pas seulement l’eaü absorbée, si elle est en tout ou en partie de l’eau formée

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COMPOSÉ VITAL

dans ses organes, cctle eau est-elle formée de l’hydrogène de l’ammoniaque ou de l’hydrogène de l’eau absorbée dont l’oxygène aurait été fixé ou exhalé?

Et s’il s’agit d’un animal qui, dans sa nourriture, remplace l'acide carbonique et l'ammoniaque par des substances ternaires et quaternaires, d’où provient l’oxygène de l’acide carbonique éliminé [164/] ? Vient-il de l’eau absorbée, ou de l'oxygène respiré, ou de l’oxygène des substances alimentaires?

Certainement la question est très-importante, elle est un premier terme indispensable à obtenir pour connaître la nature chimique du composé vital.

Laissons cependant de côté cette question, sur laquelle nous n’avons aucune donnée.

Cil AO, voilà les éléments du composé vital. Voyons qugls arrangements peuvent résulter de la. combinaison de ces éléments.

Nous figurerons l’union intime des atomes par des parenthèses. (CA) représentera, par exemple, l’unioit intime et binaire du carbone et de l’azote. (CHA) représentera une union intime et ternaire. La combinaison de deux composés binaires sera représentée ainsi : (CA) (HO), et celle d’un composé ternaire avec un élément isolé sera représentée ainsi : (C11A) (O).

Selon ce symbolisme, voici divers arrangements possibles que nous trouvons d’abord :

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