CH) (AO), (CO) (AH), (COA) (H
1 1 est encore possible que ces éléments soient disposés ainsi :
(C) (AH) (0), (C) (AO) (H), etc., etc., etc.
Ainsi, en résumé :
1° Les proportions pondérales des éléments du composé vital ne sont pas toujours et partout les mêmes dans toutes les cellules vivantes; d’où il suit qu’il existe plusieurs composés vitaux ayant nécessairement des propriétés différentes.
2" Les groupements des éléments du composé vilal peuvent être très-divers ; d’où il résulte encore, même à égalité de proportions pondérales, des propriétés trèsdifférentes.
PREUVES
1 175/’] Dans diverses conditions de température, etc., le sucre dissous dans l’eau et mélangé avec diverses substances entre en fermentation.
(A) Par exemple, ce phénomène se produit dans le jus sucré des raisins.
(B) Il se produit aussi lorsqu’une petite quantité de matière organique animale ou végétale en putréfaction est placée dans de l’eau sucrée.
PREUVES
Par suite de la fermentation, le sucre est décomposé. 11 y a formation d’acide carbonique, d'alcool ou d’acide lactique, selon les diversités de certaines conditions, et enlin formation d’une écume grisâtre que l’on nomme ferment ou levûre.
Or, cette écume grisâtre, ce ferment, examiné au microscope, n’est autre chose qu’une masse de petits êtres vivants, de formes et d’espèces différentes, selon que la fermentation a été alcoolique ou lactique.
Assurément, dans l’expérience (B) on ne saurait soutenir que la vie de ces organismes leur vient de la substance organique, puisque celle-ci est morte. Leur vie est le résultat de la combinaison formée aux dépens des éléments de la dissolution, de l’air, etc.
Et il n’est pas permis de croire que la vie de ces organismes élémentaires ne peut être due qu’à la transformation d’une substance organique morte, il est vrai, mais ayant eu vie avant eux, car s’il est vrai que leur développement s’arrête peu après que la substance organique est toute décomposée, cela tient à ce que la source d’une ou plusieurs des substances nécessaires se trouve tarie.
(C) En effet, d’après une expérience de M. Pasteur, si à la dissolution sucrée on ajoute un sel d’ammoniaque, notamment du phosphate double de magnésie et d’ammoniaque, cette matière minérale se dissout et, se combinant avec d’autres éléments de la dissolution et de l’air, se transforme en matière organique vivante.
(D) Bien plus, M. Pasteur ayant mêlé à de l’eau sucrée
PREUVES
pure une petite quantité d’un sel -il’ ammoniaque, des phosphates et du carbonate de chaux, après vingt-quatre heures la liqueur a commencé à se troubler et des gaz se sont dégagés. Peu à peu 1 ammoniaque a disparu, les phosphates et le sel calcaire se sont dissous, du lactate de chaux s’est formé, et il a vu naître des organismes végétaux et animaux, c’est-à-dire de la levure lactique et des protozoaires, dans un milieu où ne se trouvait nulle substance azotée ayant eu vie. La matière azotée vivante* le composé vital s’était formé aux dépens de l’ammoniaque.
Il est vrai qu'ayant recommencé ce mélange et supprimé tout contact avec l’air, il n’a obtenu aucun de ces organismes, mais il en est de même quand le jus de raisin est maintenu hors de contact avec l’air, parce que, ainsi que l’atteste toute la physiologie, l’air est nécessaire à l'organisation.
Il est vrai qu’ayant recommencé ce mélange et l’ayant porté à l’ébullition, puis mis en contact seulement avec de l’air chauffé au rouge, il n’a obtenu encore aucun de ces organismes. D’où il faut conclure que l’ébullition avait altéré le mélange et y avait modifié les groupements atomiques de telle sorte que la formation des composés vitaux n’y était plus possible.
D’ailleurs, l’ébullilion n’est pas toujours un obstacle à cette formation.
(E) M. Pouchet a fait bouillir pendant une heure dans un ballon de verre un corps organique fermentescible avec de l’eau. Il n’a laissé rentrer dans le ballon que de
PREUVES
l'air lavé dans de l’acide sulfurique, et un mois après avoir été scellé l’appareil était tout rempli de champignons microscopiques.
Lorsque, pendant l’été de 1859, nous imprimions à Bruxelles, la première édition de ce livre, nous ne connaissions les belles expériences de M. Bouchet par aucun document direct, son traité de V Hétérogénie n’ayant pas encore paru. Aujourd'hui nous ne pouvons mieux faire que d’y renvoyer le lecteur. Ces expériences sont pour la plupart décisives. Au reste, l’intérêt bien mérité qu’elles excitent se rattache surtout à ce qu’elles tendent à combattre une erreur passée à l’état de doctrine. Or, nous sommes persuadé qu’avant vingt ans il semblera bouffon que l’on ait prétendu sérieusement (car telle est cette erreur) que l’air contient sans cesse et partout les germes de tous les êtres d’espèces si innombrables qui éclosent, à chaque instant, presque dans tout liquide exposé à l’air ; il paraîtra inouï que, malgré un encombrement de faits incompréhensibles dans celte supposition, on ait soutenu si longtemps cette hypothèse impossible.
Nous nous garderons bien de nous appesantir sur ce point ; tout le temps employé à discuter des erreurs est du temps perdu. Éternellement, il n’y a qu’un moyen de conjurer les ténèbres : c’est de faire la lumière. Il n’y a qu'un moyen de renverser les erreurs : c’est d’établir la vérité.
En matière scienliiiquo, la vérité se reconnaît à des caractères indubitables.
PREUVES
Elle est aussi claire que les erreurs sont obscures ; elle est d’accord avec toutes les vérités déjà démontrées, elle s’appuie sur elles.
Tandis que l’erreur est inconciliable avec les vérités connues et s’appuie sur Y indémontrable.
La vérité rend compte enfin avec une simplicité et une rectitude entière de faits que l’erreur, malgré tout son attirail, ne parvient pas à expliquer, et rapporte à des mystères insondables.
[4 75g] Revenons aux expériences citées.
Encore une fois, la matière organique qui, en se décomposant, détermine la formation d’organismes vivants, ne détermine pas cette formation en leur donnant la vie qu’elle n’a pas. Mais elle met enjeu les affinités des substances ambiantes et détermine ainsi, entre elles, la formation d'un composé vital qui, s’entourant d'une membrane, s’isolant du milieu où il se forme *, donne aussitôt naissance à des organismes dont la nature varie selon les substances employées, c’est-à-dire selon la nature du composé vital*.
* Comme s’isole un cristal par une membrane analogue s’il se forme dans l’air, selon M. Brame 1175c], ou par des pans de séparation s'il se forme dans l'intérieur d’une masse solide, ou par des surfaces limites solides s’il se forme dans un liquide.
* A l'appui de ce que nous venons de dire nous rapporterons l'expérience qui suit :
M. Poucliet plaça dans un grand verre plein d’eau filtrée dix grammes des os d’un crâne humain de l'époque mérovingienne, et, à côté, dans son laboratoire, un verre semblable, plein de la môme eau, reçut dix grammes des os d'un crâne d’ancien Égyptien apporté de Thèbes. Iæs animalcules
PREUVES
Outre la présence des éléments convenables pour la formation d’organismes vitaux, il faut pour cette formation que les actions mises en jeu soient très-nombreuses sinon très-énergiques, parce que tout composé vital contenant de l’azote et plusieurs autres éléments, et les affinités de l’azote étant faibles, il faut des actions simultanées nombreuses, sinon énergiques, pour déterminer ces combinaisons.
Et, en effet, les divers modes de décomposition des substances organiques (putréfaction, fermentation) sont au nombre des actions chimiques les plus complexes et môme les plus énergiques à certains égards.
Mais lorsqu’une combinaison vitale est formée, l’instabilité de cette combinaison, qui est due au caractère chimique essentiel de l’azote (son indifférence), a pour conséquence une extrême aptitude à des modifications' ultérieures.
Et c’est ainsi que l’indifférence chimique qui relègue l azote aux derniers rangs d'importance dans la chimie élémentaire ou minérale, le place au premier rang dans la chimie physiologique.
[175/t] Mais faut-il donc croire que la décomposition d’une molécule organique , sinon azotée , du moins ternaire, telle que le sucre qui figure seul dans l’expérience (D), soit nécessaire à la mise en jeu des
qui se produisirent dnns chacun de ccs vases, étaient a absolument différents; » et lorsque, plus lard, des végétaux élémentaires y furent observés, ils étaient encore tout différents. [H itfrogénie, p. 155.)
PREUVES
affinités spéciales d’où naissent les divers composés vitaux?
Évidemment, tout ensemble d'actions chimiques quelconques, capable de déterminer au même degré et de la même manière la mise en jeu de ces affinités dans un milieu où se trouveront réunis l’acide carbonique, l'ammoniaque, l’eau, l’air et quelques autres substances minérales requises, devra déterminer la formation de composés vitaux et d'organismes comme fait la décomposition d'une molécule organique.
Et si l’on, ne connaît pas encore les conditions de ces phénomènes, cela tient simplement à ce qu'on ne les a pas encore. étudiées.
Enfin, s’il fallait absolument rattacher la mise en jeu nécessaire des actions nombreuses et simultanées à la décomposition d'une substance complexe offrant le caractère chimique spécial que l’on a nommé organique, toute difficulté paraîtrait encore levée par des observations récenles.
11 résulte en effet d’analyses minutieuses que des roches primitives, même des aérolithes, ont présenté quelques traces de composés réunissant les éléments et les proportions complexes qui caractérisent les combinaisons organiques. De sorte qu’il en faut conclure que, do toute origine, dès les premières époques de la condensation planétaire, comme aujourd’hui encore sans doute dans certaines conditions, il s’est formé des combinaisons de COU, etc., qui n'ont pu se transformer directement
SOLUTION RATIONNELLE
fin organismes parce que leurs proportions pondérales ou leurs groupements atomiques, ne pouvaient parvenir à l'isolement vésiculaire et à l'élaboration dont sont capables beaucoup d’autres composés analogues, niais qui cependant, en leur qualité de composés complexes, étaient et sont sans doute encore capables de mettre en jeu, par leur décomposition, en présence des combinaisons binaires des éléments Cil A O, les actions nombreuses et simultanées requises.
SOLUTION RATIONNELLE
[1 75/] A l’époque reculée de l’cmersion des premières îles, l'acide carbonique et l'ammoniaque sortaient de la terre, comme aujourd’hui, par beaucoup d’ouvertures. Alors, sans aucun doute, ces exhalaisons souterraines étaient beaucoup plus abondantes. D’ailleurs, l’atmosphère contenait encore des masses d’acide carbonique et peut-être aussi d'ammoniaque, aujourd’hui fixées, dont l’origine se rattachait à la condensation primitive des matières qui composaient le sphéroïde [140] et aux réactions chimiques dont les zones supérieures de l'atmosphère avaient été longtemps et étaient sans doute encore le théâtre.
408 SOLUTION RATIONNELLE
Il y eut an moment où, à la surface du globe et dans l’atmosphère, l’eau liquide ou en vapeur, l’acide carbonique et l’ammoniaque sé trouvèrent en présence dans des conditions de température que l’on ne saurait exactement définir, mais dont les limites seraient faciles à assigner.
Par l’action des mêmes affinités chimiques qui, aujourd’hui, déterminent leur production, des molécules de divers composés vitaux se formèrent, se groupèrent, s'isolèrent en vésicules, soit dans les eaux à diverses profondeurs, soit dans l’atmosphère à diverses hauteurs. Et là parurent ainsi les premiers organismes vivants.
[175j] Les composés vitaux qui avaient formé ces organismes primitifs étant différents soit par la composition, soit par le groupement de leurs atomes, les propriétés de ces organismes élémentaires étaient diverses, notamment quant à la forme-type qu’ils pouvaient revêtir, de même que sont diverses les propriétés des diverses substances minérales, notamment quant à la forme initiale et type de leurs cristaux.
Ainsi, par exemple, un composé vital A ayant une capacité d’élaboration nécessairement en rapport avec sa composition, et la capacité d’élaboration de ce composé vital étant telle que le tégument extérieur devait, dès l’origine, prendre un développement considérable et très-prépondérant, il en résultait une forme animale se rapportant au type mollusque, en ce sens que déjà le protozoaire se rapportait par quelque chose à ce type.
SOLUTION RATIONNELLE
La capacité d'élaboration d'un autre composé vital B étant différente et déterminée de même, il en résultait une forme animale se rapportant à un type déterminé différent, par exemple, au type crustacé.
Et tout composé vital A formait un protozoaire mollusque, tout composé vital B formait un protozoaire crus • tacé, etc.
Et de même que, par des modifications successives, chaque tétraèdre ou prisme type [156»] est susceptible de passer par des formes de plus en plus complexes, de même, par des modifications successives, ces protozoaires primitifs étaient susceptibles de passer par des formes de plus en plus compliquées.
Et de même que, chez les cristaux, le procédé de modification, très-simple ert lui-mème, production de nouvelles farts par un ajoutement sériel de nouvelles molécules , engendre successivement toutes les formes les plus complexes d’un type donné, de même,- chez les vivants, le procédé de modification, très-simple en lui-même, production de nouvelles parties par un ajoutement série l de cellules nouvelles, engendre successivement toutes les formes les plus complexes d’un type donné.
Et de même que certaines formes géométriques ne peuvent, en aucune manière, résulter des modifications sérielles de certains types cristallins, de même certaines formes animales ne peuvent, en aucune manière, résulter des modifications sérielles de certains types vivants.
. Et de même que des modifications sérielles différentes
SOLUTION RATIONNELLE
sur doux formes géométriques différentes d’un mémo type cristallin peuvent arriver à produire deux formes géométriques identiques [136/], de même des modifications sérielles différentes de deux formes animales différentes d’un même type vivant peuvent arriver à produire deux êtres identiques; ce qui s’accorde avec ce que nous avons déjà trouvé par une autre voie [165o].
Enfin, de même que le nombre des types cristallins est limité par des nécessités mathématiques dépendantes des lois selon lesquelles sc construisent les différents polyèdres, indépendamment des substances dont ils sont composés, de même le nombre des types vivants est limité
par des nécessités mathématiques dépendantes des lois inconnues selon lesquelles peuvent se combiner et se grouper quatre éléments simples: carbone, azote, hydrogène et oxygène, puisque ici la substance, la fonction et la forme sont étroitement liées.
[175 k] Nous ne pouvons qu’énoncer maintenant cette théorie. Elle sera développée par la suite de l’ouvrage.
Nous nous bornerons ici à un exemple qui, en expliquant l'existence des ambigus, fera comprendre plus clairement le seul point obscur dans ce qui précède.
Par des séries de modifications d’organes, fixées [172] dans la suite prolongée des générations, un protozoaire appartenant au type vertébré, en passant par l'état de ver et de nombreux étals successifs qui l’ont amené à l'état de mammifère carnassier inférieur, a pu devenir enfin un quadrumane voisin du chien.
SOLUTION RATIONNELLE
Par des séries de modifications d'organes, fixées dans
la suite prolongée des générations, un autre protozoaire appartenant de même au type vertébré, en passant par de tout autres états successifs qui l’ont amené à l’état de mammifère rongeur inférieur, a pu devenir un quadrumane très-différent du précédent.
Mais il y a chez les êtres vivants une faculté reproductrice que n’ont point les cristaux, et qui leur permet de s’unir efficacement lorsque leurs différences ne sont pas trop grandes ; de sorte que le premier quadrumane aura pu féconder le second quadrumane : d'où l’on aura vu sortir un ambigu.
[1 75/] Maintenant, comment devons-nous interpréter en soi la nature de la différence entre les animaux et les végétaux ?
Il résulte directement de tout ce que nous avons vu précédemment, que les végétaux proviennent de composés vitaux originaires où la puissance chimique d’échange est moindre.
Mais des faits peu nombreux et d’une extrême importance semblent prouver, en outre, que les végétaux sont de véritables animaux atteints inévitablement de métamorphose rétrograde [1 66c/] .
[Mhm] On voit que la question de l’origine des êtres n’est pas à jamais insoluble* Car, quelque opinion qu’on se forme maintenant de nos vues à cet égard, on restera convaincu que, soit par cette théorie, soit par tonte autre, que l’expérience seule pourra amener à l’état de science
SOLUTION RATIONNELLE
démontrée, il est très-facile de s'expliquer l’origine de la vie par le concours des forces physiques et chimiques.
Et il faut bien s’y résoudre, puisque la vie, sévèrement analysée, ne se présente pas comme une cause, mais comme un résultat.
[175»] Ce grand phénomène originaire : formation d’organismes primitifs, ne s’est-il présenté qu'une seule fois? Non, bien loin de là.
Toutes les fois que l’ammoniaque, l’acide carbonique, l'air, l’eau, et quelques parcelles d’autres substances, se trouvent en présence dans certaines conditions de température et de pression, il peut y avoir ou n’y avoir pas formation de composés vitaux, selon que leurs affinités spéciales sont ou ne sont pas mises en jeu.
Et selon que ces memes conditions sont ou ne sont pas permanentes, sont ou ne sont pas modifiées ensuite d’une ou plusieurs manières que l’expérience n’a pas fait connaître, par l’unique raison qu’elle n’a pas été interrogée, ces composés vitaux donnent ou ne donnent pas naissance à des protozoaires ou à des végétaux bissoides ou confervoïdes élémentaires.
De sorte qu’à tous les instants, pour ainsi dire, l’œuvre est recommencée; de sorte qu’à tous les instants des siècles écoulés, depuis la première production d’organismes, on a pu trouver à la fois : 1° des organismes complexes résultant des modifications subies, des perfectionnements acquis par la postérité des plus anciens protozoaires ou végétaux élémentaires; 2° des séries
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d’organismes de moins en moins complexes résultant des modifications, des perfectionnements acquis par la postérité des protozoaires ou végétaux élémentaires de moins en moins anciens ; 5° enfin des protozoaires et des végétaux élémentaires formés au jour même où l'on se trouve.
[175oj Mais si les actions chimiques plus ou moins modifiées, seules, sont l’origine de la vie et la cause de son développement dans un organisme, pourquoi meurt-il?
Car, enfin, ces causes ne cessent pas d'être; pourquoi donc l’elfet, la vie, cesse-t-il?
L’être meurt, parce qu’il arrive un moment où le résultat chimique, qui est le pivot des phénomènes vitaux, l’échange de la matière, s’affaiblit et devient totalement insuffisant à entretenir les fonctions de l’être. Il s’affaiblit dans la machine totale, parce que sur certains points, dès l'origine, il était incomplet, et que l’accumulation de matière résultant de cet échange incomplet dans l’intérieur de l'être finit par former un obstacle inévitable à la prolongation de ses fonctions normales.
Mais alors, pour prolonger la vie, il suffirait donc d’entretenir le plus longtemps possible l’échange régulier de la matière selon les conditions les plus favorables à l’être que l’on examine?
Sans aucun doute. Perfectionner et maintenir l'échange de la matière dans les conditions normales particulières à chaque système distinct [1 7 Ofc] composant le corps humain, c’est-à-dire entretenir en grand nombre, en grande santé, en grande activité, les millions de petits êtres qui
SOLUTION RATIONNELLE
composent chaque système; accélérer leur disparition, leur élimination; les remplacer dès qu’ils vieillissent, comme on remplace les invalides par les conscrits dans une armée : voilà le principe fondamental de l’hygiène rationnelle *.
[175p] Par le titre que j’avais choisi, je m’étais engagé dans ce livre à expliquer ce qu’est la vie. Je l’ai fai! : je puis m’arrêter ici.
L’histoire du développement des organismes nous occupera dans les volumes suivants et apaisera ceux qui s’écrieraient en finissant ce livre : Mais il est impossible de comprendre qu’une vésicule puisse devenir un quadrumane !
Nous pourrions répondre que, sans le comprendre, il faut cependant bien l’admettre scientifiquement comme tant d’autres choses que l’on ne comprend pas davantage et qui sont aussi certaines. 11 faut l’admettre, disonsnous, car le fait se passe à chaque instant sous nos yeux,, tous les êtres vivants, sans exception, ayant pour origine aujourd’hui encore une simple vésicule.
Mais nous préférons alléguer, en terminant, un exemple dont la trivialité ne diminue pas la valeur.
1 Normalement, l'élimination des fluides s’opère surtout par la transpiration sensible ou insensible; la disparition des éléments non fluides, tels que les fibrilles des muscles, s’opère surtout par le fonctionnement qui les dépense, etc.
Cette grande- besogne d’élimination est produite, de la manière la plus hivorablc, par le travail.
Rationnellement, surtout clics les adultes en plein équilibre physiologique, le travail doit donc précéder la réfection.
DES LOIS
On fait en Allemagne des tuyaux do pipe en bois, plats, longs de cinquante centimètres et courbés en S. Quelqu’un nous disait naguère : Comment peut-on parvenir à creuser exactement des tuyaux de cette forme? Il est impossible de le comprendre.
— Pourquoi, répondis-je, imaginez-vous qu’ils soient creusés après qu’ils ont reçu cette forme? Pourquoi ne concevez- vous pas plutôt qu’ils sont d’abord percés droits, puis aplatis au rabot ou à la râpe, et enfin courbés à l’eau et au feu? Vous feriez ainsi disparaître toute la difficulté qui vous surpasse, et dont la solution vous semble inconcevable , mais qui en réalité n’existe pas.
DES LOIS
[176] Nous avons enfin terminé les préliminaires qu’il est indispensable de connaître pour comprendre l’histoire du globe et de l’organisation.
. Avant d'entrer définitivement dans notre sujet, nous aurions voulu résumer tout ce qui, dans l’ensemble du savoir humain, se rapporte à la notion abstraite de la force. Nous espérions pouvoir établir ici, d’une manière rigoureuse, l’unit de la force.
DES LOIS
Mais l'impossibilité de nous borner à l’emploi des notions déjà présentées pour l’explication claire de ce point difficile nous contraint de l’ajourner encore. Le développement méthodique de l’ouvrage nous rapprochera continuellement de la conclusion capitale.
Quels que soient l’origine, l’essence et l’enchaînement de ces forces qui nous étreignent, nous font vivre et nous tuent, nous savons bien que nous ne devons pas nous les représenter, autour de nous, en nous et dans l’espace, comme des personnages invisibles, comme des êtres qui agissent [ 18 ].
Mais nous voyons partout les forces agissant selon des lois...
Quelle idée devons -nous concevoir de ces lois qui nous servent aujourd’hui autant qu’elles nous dominent [1 56m]?
Autrefois, dans les temps où la science d’observation n’était pas même née , ne pouvant s’expliquer d’aucune façon précise et simple les phénomènes que nous expliquons aujourd’hui clairement, on en appelait immédiatement au hasard ou à la toute-puissance inconnue et indéterminée. On croyait, de bonne foi, que la toutepuissance s’amusait à produire, un à un, les phénomènes.
Aujourd’hui, on est tenté de considérer les lois, tant à causer de leur nom que par habitude d’esprit, comme édictées par un législateur auquel il a plu de les faire ainsi et non autrement.